lundi 28 juillet 2014

27/07/2014 De la potentialité néfaste de la motivation



Ou comment un agrégat d'actions positives peuvent aboutir à un évènement négatif.

Je sens que je vous ai hameçonnés, alors je me permets de faire quelques circonvolutions afin de vous mettre en contexte.

Ce week-end, c'était la première fois que je restais à la maison depuis que j'ai ma tuture. J'ai décidé d'en profiter pour être productive : aller m'acheter des meubles, faire plein de courses, et enfin aménager un peu ma chambre.

Donc je fais un tour des garages sales du quartier (ce ne sont pas des abris pour voitures dégueulasses, mais j'en parlerai plus tard), j'encadre une peinture pour la première fois de ma vie, je me trouve un mignon petit bureau en verre et la chaise qui va avec; et je les monte fièrement, pour les mettre devant ma fenêtre, afin de travailler sur l'ordi avec une jolie vue sur le Wendy's en face de chez moi.

D'autre part, hier, c'était le dernier jour du ramadan. Le groupe a son pesant de musulmans qui ont été assez courageux pour le faire, et ils ont lancé un repas de fin de ramadan ou chacun ramène un plat et ça fait un gros festin à la fin. D'autre part, ceux qui le voulaient pouvaient tenter le défi de faire une journée de ramadan. 
Vous me connaissez. Le mot "défi" a entraîné un processus irréversible au sein de mon neurone, et par conséquent j'ai tenté le coup. 

En conséquence hier matin, comme une vraie, je me suis réveillée à 4h. J'ai absorbé deux patates et un oeuf, et surtout deux litres d'eau et je suis retournée au lit. Vous serez heureux d'apprendre que oui, ma légendaire vessie m'a accordé un nombre de voyages non moins légendaires vers la salle de bain au fil de la nuit.
Malgré les deux litres d'eau, j'étais quand même salement deshydratée au réveil. Et là, c'est super dur de se faire violence pour ne pas boire. Surtout qu'il faisait très très lourd hier.
Je me décide à ne pas être une loque et à aller au magasin pas loin pour acheter un marteau et des clous pour accrocher cette peinture merveilleusement encadrée la veille. 5 minutes de marche plus tard, je me délecte de la clim' qui règne en maîtresse dans le magasin. Pour un peu je m'allongerais dans un de leurs transats criards et j'y passerais la journée.

Deux minutes, deux questions et un usuel "oh, your accent is so cute, are you French?" (grmglrglmrlgmrgl...) plus tard, je ressors du magasin. En arrivant, j'accroche le cadre.
Autant vous dire qu'une telle quantité d'exercice me laisse presque pour morte, et je m'étends pour m'en remettre.
"Un peu" plus tard, je bats la flemme et me lève pour aller faire les courses. Faut bien que je prépare à manger pour le repas du soir ! Au passage mon gentil coloc me nargue en buvant un verre d'eau délicieuse et fraiche.
En mode un peu zombie, je prends mon temps pour faire mes courses, je me rappelle plein de trucs que je m'étais dit qu'il faudrait me procurer un jour (genre du cirage. Qui a besoin de cirage ? Qui s'achète du cirage comme ça en plein été alors qu'elle n'a que deux paires de pompes ? Et surtout qui a besoin de lire que j'achète du cirage ??? Cher lecteur, tu comprendras que je te bassine avec mon cirage pour une certaine raison).
Je vais aux caisses auto bondées parce que les caissiers américains aiment bien utiliser un sachet plastique par article et que ça m'emmerde. De toute façon je m'en fous j'ai tout mon temps.
Mon caddie et moi quittons le magasin alors que la pluie commence à tomber. Pluie lourde mais éparse. Qui s'épaissit durant le trajet pour devenir torrentielle.
En portant les affaires sur les 5 mètres qui me séparent de l'appart', j'arrive à me tremper comme une soupe (oui, j'aime cette expression). J'évite de justesse les grêlons d'un centimètre de diamètre qui commencent à tomber.

Mon coloc, un peu zombie aussi pour avoir trop festoyé la veille et pas assez dormi, admire l'orage, et me file un coup de main. Puis vient la phrase "Au fait, j'espère que tu as bien fermé ta fenêtre, parce que la pluie tombe de ton côté". Evidemment que non, par cette chaleur.
Paniquée (mais bon, pas ultra dynamique non, faut pas déconner), je me dis que la moquette (so US) va être trempée, donc je monte pour fermer la fenêtre.

Et là, mon magnifique bureau en verre fraichement monté m'attend. Le truc génial avec le verre, c'est que ça n'absorbe pas l'eau qui tombe. Mes yeux décrépits admirent donc une très belle couche de flotte d'un demi centimètre de haut, parfaitement homogène et bien répartie sur la surface miroitante du meuble.
Au milieu, trônant fièrement, mon ordinateur portable.

Je cours, me jette dessus, le débranche, le sèche dans mes draps, essuyant chaque petite partie accessible, chaque touche. Il vomit de l'eau. Par trop grandes quantités. Je ne vois pas l'étincelle de la vie le reprendre, il est resté noyé trop longtemps. Cinq ou six minutes maximum, qui suffisent à ôter toute magie d'un petit être. Même le linge éponge n'y fera bien, je sens bien que le froid glacial de la pluie l'a atteint au plus profond de ses entrailles.

Rest in rice, petit laptop. Rest in rice.


Je n'avais pas le coeur de prendre le mien en photo après l'évènement, alors voici une image volée trouvée sur gougueule qui vous donne une idée de ma tentative desespérée de sauvegarde... Verdict dans quelques jours...


Mon ordi, je l'avais baptisé Saïgon, histoire de me motiver pour aller au Vietnam, à l'époque. Ce coup-ci, les US ont bel et bien gagné la guerre et il semblerait qu'ils aient décidé de se venger sur ce pauvre petit être sans défense.

PS : Le repas post ramadan était une putain de tuerie. Snirf, pourquoi toujours des morts :'(

5 commentaires:

  1. ils ont pensé a tout même a faire le macbook d'une taille telle qu'il peut rentrer aisément dans un plat :)

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    1. Ravie de voir ce que t'évoque mon drame personnel :p

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  2. J'avais écrit une super oraison funèbre en mémoire de Saïgon, mais les bugs de mozilla auront eut raison de sa publication.

    Saïgon a rejoint Sophie dans un monde meilleur,
    celle-ci avait connu le même triste sort
    J'aimerais que l'on ait une minute de pensée émue à leur égard. Recueillons nous pour Saïgon, Sophie, et Leslie'phone (quelle idée de ne pas le prénommer!!), qui lui non plus n'a pas su nager.
    à jamais dans nos mémoires.

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    1. Tu crois que le paradis des engins électroniques est un espèce de foutoir empli quasi exclusivement de vidéos de chat ?

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  3. Je ne leur souhaite pas!

    Ils en ont suffisamment supporté de leur vivant les pauvres petits :x

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