samedi 30 août 2014

30/08/2014 La ville sous laquelle dormait Newton

(Originellement posté le 16/09/2014)  

Les plus fringants perspicaces astucieux l'auront deviné via mon dernier article, je suis allée à New York, New York il y a peu. Bravo à eux, ils gagnent un guide du petit détective mortellement chiant dédicacé par l'Inspecteur Derrick. A propos, info culturelle du jour, savez vous que la chanson de Sinatra de ce nom n'est pas liée à un effet de mode ou de bégaiement, c'est simplement qu'il énonce la ville, puis l'état. Comme quand je dis que je vis près de Detroit, Michigan.
Info culturelle de demain, cette chanson n'est en fait pas de Sinatra. Bam. C'est de Kander & Ebb, et la première interprète était Liza Minelli pour le film de Scorsese du même nom (New York New York, le nom. Bah oui, "Liza Minelli" ça ferait plus magasin de chaussures des Simpsons).

Je sais que ce jeu de mots ne marche pas en anglais, mais j'm'en fous, j'avais envie.
Je sais qu'il ne marche pas en français non plus. Bande de chipoteurs.

Et là je suis heureuse, parce que je m'étais dit que je n'allais pour une fois pas faire un article fleuve de description de week-end, mais je n'en suis qu'à l'énonciation du lieu et j'ai déjà tapoté une demi page. Mon prof de philo de prépa et son slogan "Rigueur, précision, concision" seraient fiers de moi.

Bref. Le premier lundi de septembre aux Etats-Unis est leur Fête du travail, soit l'équivalent de notre premier mai (à noter : les US ont le bon goût de toujours caler les jours fériés pendant des jours ouvrés, donc même s'il y en a moins qu'à la maison, il n'y a pas d'année où l'on se sent volé dans les tréfonds de son âme car 4 de ces jours merveilleux tombent en week-end) (kikoo mes deux premières années de boulot) (je mets de parenthèses si je veux) (elles peuvent même faire une petite danse des parenthèses ()))())()())())()) qui en perturbera plus d'un vu qu'il n'y a pas autant d'ouvrantes que de fermantes) (surtout les développeurs) (à propos du premier mai, c'est rigolo que les américains la fêtent en septembre, parce que ça commémore la grève généralisée de leurs syndicats à eux le 1er mai 1886) (même si évidemment nous autres français on avait déjà instauré des fêtes du travail avant, c'est ce jour là qui a gravé leur date dans le marbre) (ok j'arrête) (Rigueur, précision, concision).

Pour en revenir à nos moutons, ça fait un super week-end de trois jours où quasi tous les américains partent, vu que c'est aussi la dernière occasion de partir de l'été. Et en général les gens quittent le bureau vers 3h, ces jours là, avec évidemment une grosse productivité à la clé.

Bref, pas au courant du tout de ce système au moment de ma réservation de billets, je m'envole vers la grosse pomme à 21h au terme d'un travail acharné pour ma société chérie (la forme Grosgus ?).

Je retrouve avec bonheur la chaleur suffocante et odoriférante du métro, ses rats, ses gens bizarres et ses attentes interminables. (Je précise que cette dernière phrase n'est pas ironique. J'aime le métro, je suis comme ça, réussir à tenir mon bouquin entre deux doigts avec un angle improbable entre deux gros dégueulasses transpirants m'inspire de la joie.)

  Ode à la vie
 
Je retrouve également avec bonheur (mais moins, faut pas abuser) Ludo, un pote d'école qui est parti en VIE le même jour que moi, mais pour une destination bien moins glamour, il faut l'admettre. Ils ont eu le bon goût de m'attendre avec un pote à lui (Billy) avant de s'encanailler dans les bars New-Yorkais.

Sexy chinatown
 
Déposer mes affaires chez lui est l'occasion de découvrir Chinatown, et, par là-même, le fait que Chinatown sent à peu près la même odeur que les algues enrobant les makis. C'est à dire que... ça pue, tout simplement. L'avantage de ce quartier c'est qu'il est au coeur de Manhattan, proche d'endroits qui bougent, et que c'est moins cher que la plupart des voisinages environnants (c'est à dire qu'une chambre ne coûte que trois bras par mois). Grâce à la splendide carte des bons coins de New York, on enchaîne les tentatives de bars. Certains sont pleins, certains sont payants, certains sont bruyants. On s'en fiche, dans cette ville il suffit de faire 30 mètres pour trouver un nouvel endroit !

 Billy et Ludo, les mecs à l'air le plus intelligent du monde

Le lendemain, changement d'ambiance, je retrouve mes cousins qui viennent d'emménager (3 jours avant !) avec leurs deux filles dans un quartier proche de l'Empire State Building. Je prévois de partir à l'avance malgré la petite nuit pour trouver des fleurs sur la route, mais grâce à une classique confusion West/East sur le numéro de rue, j'y arrive à la bourre et sans rien.
Quartier mignon avec plein de petites maisons "à l'anglaise"

Retrouvailles sympa avec ces grands voyageurs, et le petit accident amusant : ma cousine se sert du four pour faire griller des toasts. Le four est très trop efficace et au bout de 30 secondes, l'appart est empli de fumée. Les alarmes assourdissantes retentissent. On tente de les arrêter mais sans succès. Au bout de deux très longues minutes le silence revient. Ouf, on va pouvoir prendre ce petit dej sur le toit de leur immeuble !
Sauf que, bruits dans l'escalier, porte qui s'ouvre : les pompiers New Yorkais entrent dans l'appart avec tout leur matos, prêts à éteindre l'énorme incendie qui vient de se déclarer. Réplique culte d'Anne-Laure "Désolée, je suis un peu meilleure cuisinière que ça, d'habitude...". Rires, photos, et surtout HALLUCINATION totale de notre part : les gentils sapeurs ont ramené deux camions et bloqué la rue pour 3 muffins anglais cramés. On sait pas si c'est une fausse manip quand on a tenté d'éteindre les détecteurs de fumée, mais en tout cas les impôts doivent être sacrément élevés dans le coin.

Vue imprenable du toit-terrasse sur la rue et ses camions de pompiers

Suite à un délicieux brunch en terrasse, je retrouve Ludo & Billy au Guggenheim pour un peu de culture.
 
 Ce musée a la particularité d'avoir une architecture en spirale : on progresse dans l'exposition en montant un sol légèrement incliné qui fait le contour du bâtiment.

L'expo principale concerne le futurisme, un mouvement dont j'ignore tout, mais qui porte bien ce nom puisqu'il veut justement incarner... le mouvement et la dynamique. J'aime assez ce que je découvre, même si leur manifeste est haïssable au possible par endroits.
Plus tard, on m'a appris que l'exposition "dans la spirale" est en fait temporaire, et les galeries sur le côté ont elles les collections permanentes (avec du Kandinsky et des impressionnistes notamment)

Comme je vous aime bien et je veux prouver que je suis une dingue qui ne respecte pas les consignes de ne pas prendre de photos, vous avez droit à quelques tableaux futuristes que j'ai appréciés.



Suite à ça, Ludo et moi nous rendons à LA (non, pas Los Angeles, ne hurlez pas, j'utilise simplement un procédé d'emphase à base de gras et de majuscules) raison de mon voyage à NYC : Flushing Meadows, aussi appelés les internationaux de tennis américains, aussi appelé US Open. Ce qui me permet de passer un excellent moment, d'apprendre le tennis à Ludo, et -beaucoup plus important- de compléter ma collection de casquettes de Grand Chelem. Futurs appartements, prenez garde, je vais massacrer vos murs à grands coups de couvre-chefs ! 

Autres goodies en vente à l'USO. Mais je me refuse aux canards aux US !

 J'ai l'air con mais je m'en fous-euh.

Après un double mixte en gros plan et à un match de filles plutôt pas mal entre Eugénie Bouchard (dont le doux patronyme nous inspire d'aussi doux encouragements) et Zahlavova Strycova (plus communément appelée "la russe") (mais en fait elle est tchèque), on assiste à un duel génial entre Robredo et Kyrgios. Ca joue bien, il y a une belle opposition de styles, et comme il se fait tard, les gens se cassent et nous permettent de nous rapprocher. Parfait match pour conclure ma première tournée des majeurs. Bientôt celle des pouces ? (avec Tsonga) (cette dernière "blague" est incompréhensible pour les non-amateurs de tennis. Bien fait pour vous.)

Les nocturnes de l'US Open se terminent à 1h du mat', mais on est dans la ville qui ne dort pas. Alors bien évidemment, on ne va pas aller faire nos faibles !
On se rend donc à Brooklyn pour aller voir un DJ set dans un club un peu underground avec une ambiance bien particulière d'entrepôt désaffecté. Ça rappellerait presque la maison.

Les tags visibles depuis la méga terrasse de la boîte

On rate un métro à cause de manque de crédit, on décide de faire nos riches à rentrer en taxi, et bim, dodo bien mérité.

La journée du dimanche est un peu plus calme. Le matin, alors que je suis censée me lever pour une visite guidée de studios et galeries d'artistes dans Lower East Side, l'appel du canap' est trop fort. Balades dans les sympathiques quartiers de Little Italy et vers Washington Square où on retrouve Billy pour une foire d'artisanat de rue. Sauf qu'il commence à dracher comme vache qui pleut des cordes et que les gens remballent leurs stands. On se fait tremper comme des soupes polonaises (kikoo Steph) et on finit par se poser dans un random Chipotle parce que les torrents qui tombent du ciel (c'est donc de là que vient l'adjectif torrentiel !!) ne sont pas à notre goût.

 
Washington Square, très touristique avec plein de spectacles de rue

Ca finit par se calmer, et s'ensuit une balade sympa dans les quartiers de Greenwich et West Village.
 Le Café Wha, une scène ouverte qui a vu débuter des noms comme Bob Dylan, Jimi Hendrix, the Temptations, the Supremes, Bruce Springsteen, ou encore Kool&The Gang.

Les noms "village" ne sont pas usurpés dans ces coins, puisque l'atmosphère est vraiment celle d'une petite et charmante bourgade accessible, bien loin du gigantisme ambiant du financial district.

On se sépare pour la fin d'aprem, avant de se retrouver à Time's square pour dîner avec des colocs de Ludo. Occasion parfaite pour moi pour refaire un tour à Central Park, dont je n'ai pas vu la moitié inférieure lors de ma dernière visite en 2009.

 Et en fait j'y arrive au crépuscule, donc je n'ai toujours pas vu grand chose de l'endroit...
 Mince. Il faudra que je revienne.

Le dîner, on le prend chez Ellen's Stardust, un diner connu de Time's square (il y a toujours la queue) pour sa déco typique des sixties et ses serveurs qui interprètent des titres connus et font l'animation pendant le repas. A noter que ce sont des personnes qui ont échoué de peu aux recrutements pour les comédies musicales de broadway, donc la qualité des voix est au rendez-vous !
 
Il est ensuite temps pour nous de compléter un peu mieux la carte de Ludo.

Premier arrêt, le Ice Bar "Minus 5" qui vous gèle le cortex dans un cadre enchanteur (mais onéreux) tout en glace. A noter qu'encore une fois j'ai fait ma rebelle puisque les appareils photos étaient interdits (de façon à revendre ensuite les prises de vue)

 Dernier arrêt, un bar jazzy de East Village. On a eu beau arriver à 3h30, il y avait encore du monde et on a vu pas moins de 3 groupes différents sur scène. En outre ils proposent de jouer au babyfoot, au ping pong et autres jeux de palets.

Lundi et déjà le dernier jour du périple ! Bien écourté par un lever assez tardif cette fois encore. On traverse le pont de Brooklyn en contemplant sa vue imprenable sur la skyline du financial district. S'ensuit une déambulation dans les rues cossues de Brooklyn Heights et un brunch en terrasse dans une chaleur assez étouffante qui invite à se limiter à des fruits (je devrais aller vivre dans un pays tropical non climatisé pour perdre tout appétit).

Haut lieu de tourisme... Plutôt mérité.

Et voilà comment se clôt un excellent week-end ! Avec un léger stress à l'aéroport et en voiture, puisque d'énormes orages dans la zone de Détroit (Encore. Ouaip.) ont failli annuler mon vol, l'ont finalement "juste" retardé de deux heures, et ont inondé l'autoroute me ramenant chez moi, provoquant une demi-heure supplémentaire de retard. Autant dire que ma fraicheur le lendemain n'avait d'égal que ma motivation. Au moins ce fut l'occasion pour moi d'être pour une fois rigoureuse, précise et concise.

2 commentaires:

  1. Nan mais yaurait tellement à dire quoi.. pfiouuu cette virée à N-Y N-Y était fort remplite!
    Je penserai à toi la prochaine fois que j'ai mauvaise conscience de me lever à 16h :D

    Le club underground a l'air vachement sympa!

    Bon je te fais confiance pour que le prochain article soit moins concis, ça manque de détails et fotos là :D

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  2. Des canard US Open quoi !!! Des canards US Open !!!!

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