vendredi 31 octobre 2014

31/10/2014 Halloween

(Originellement posté le 17/11/2014)

Avec un poil de retard, abordons maintenant une institution de la vie aux Etats-Unis : Halloween. Je l'ai déjà mentionnée dans ce post sur l'automne où vous avez pu voir un paquet de citrouilles.

Tout d'abord, un peu de contexte grâce à cette bonne vieille wikipedia.

"Ce nom est une contraction de l'anglais All Hallows Eve qui signifie the eve of All Saints' Day en anglais contemporain et peut se traduire comme « la veillée de la Toussaint ». 

En dépit de son nom d'origine chrétienne et anglaise, la grande majorité des sources présentent Halloween comme un héritage de la fête païenne de Samain qui était célébrée au début de l'automne par les Celtes et constituait pour eux une sorte de fête du nouvel an. (NDM : En même temps, c'est assez logique : la Toussaint a été créée au VIIIème siècle par les papes de l'époque, afin d'opérer un syncrétisme avec Samain...)

La fête d'Halloween est introduite en Amérique du Nord après l'arrivée massive d'émigrants irlandais et écossais notamment à la suite de la Grande famine en Irlande (1845-1851). Elle y gagne en popularité à partir des années 1920 et c'est sur le nouveau continent qu'apparaissent les lanternes Jack-O'-lanterns confectionnées à partir de citrouilles, d'origine locale, en remplacement des rutabagas utilisés en Europe."

Une des multiples maisons décorées du voisinage... Quand je vous dit que les américains ne déconnent pas.

Et d'ailleurs, pourquoi ces lanternes ? Hop, un autre copier-coller, je sens que je vais aimer "écrire" cet article.

"Jack-o'-lantern est probablement le personnage le plus populaire associé à Halloween. Il nous provient d'un vieux conte irlandais. Jack aurait été un avare, un personnage ivrogne, méchant et égocentrique. Un soir, alors qu'il était dans une taverne, le diable lui apparut et lui réclama son âme. Jack demande au diable de lui offrir à boire, un dernier verre avant de partir pour l'enfer. Le diable accepte et se transforme en pièce de six pence. Jack la saisit et la place immédiatement dans sa bourse. Cette dernière ayant une serrure en forme de croix, le diable ne peut s'en échapper. Finalement, Jack accepta de libérer le diable, à condition que ce dernier lui accorde dix ans de plus à vivre. Dix ans plus tard, Jack fit une autre farce au Diable, le laissant en haut d'un arbre (sur lequel il avait gravé une croix grâce à son couteau) avec la promesse qu'il ne le poursuivrait plus.
Lorsque Jack meurt, l'entrée au paradis lui est refusée, et le diable refuse également de le laisser entrer en enfer. Jack réussit néanmoins à convaincre le diable de lui donner un morceau de charbon ardent afin d'éclairer son chemin dans le noir. Il place le charbon dans un navet creusé en guise de lanterne et est condamné à errer sans but, jusqu'au jour du jugement dernier. Il est alors nommé Jack of the Lantern, ou Jack-o'-lantern. Il réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween."


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mon jack'o perso, spécialement creepy de nuit.


Enfin, d'où vient cette tradition de s'incruster chez les gens et de les racketter ? (Pour celle-ci, je traduis)

Dès les années 1000+, les commémorations de Samain incluaient déjà des feux de joie, et des masquarades. En plus de celà, les pauvres allaient de maison en maison et recevaient des patisseries appelées "Gateaux de l'âme" en échange de la promesse de prier pour la famille des donateurs. C'est donc une prolongation de cette tradition qui se passe maintenant.
Sachant tout de même qu'elle a été beaucoup détournée au début du siècle dernier, puisque les "farces" faites à l'époque étaient pour beaucoup à base de dézingage des environs, avec plus de 100 000$ de dommages décomptés dans les grosses métropoles. Ca a empiré après la grande dépression de 29, et les célébrations devenaient franchement violentes, avec pas mal d'agressions dénombrées cette nuit là.
Ces excès ont conduit à la création d'un comité du Trick-or-treating dans les années 30, qui a posé des limites à la pratique et réduit les "farces" violentes faites en représailles du non-don de bonbecs.
Aujourd'hui, c'est 6 millions de dollars qui sont dépensés chaque année aux US pour la célébration de la fête (répartis entre costumes, friandises, décorations de maisons), en faisant la seconde fête commerciale aux US.

Okay, maintenant que le contexte est bien posé, sachez que cette fête est vraiment énorme ici. Les gens ne lésinent pas : intérieur et extérieur, dans les commerces comme les maisons, tout évoque l'épouvante (le mot ici est "spooky", c'est tellement plus mignon).

Si bien que j'ai eu l'occasion de célébrer Halloween pas une, pas deux, mais trois fois. Avec trois costumes différents, SVP (mais je n'ai malheureusement pas de photo du troisième où j'incarnais un magnifique nain de jardin).

- La première fois, c'était la Boo Bash, une énorme soirée organisée dans un théâtre à Royal Oak (the ville cool de la région). Qui a eu le bon goût de tomber le vendredi soir de la pire semaine de taf de l'histoire de l'univers, autant dire que ça se fêtait !

Juste après la préparation chez Ju. Sylvain, Augustin (le jour où tu auras le temps de lire ce blog) : vous n'avez pas vu cette photo
 
Tout le groupe était de la partie, avec pré-soirée et tout le tralala. La musique était assurée par un groupe très américain (je vous invite à retrouver de qui il s'agit !). Excellente ambiance (ils s'en assurent en fournissant trois tickets conso à utiliser obligatoirement avant 23h), mais malheureusement ça a fini très tôt (1h30).
 
 Les joyeux drilles de party animals. Il y avait du level chez certains (plusieurs heures de maquillage !)
 La musique était bien fat

- La seconde était au taf. Halloween n'est pas ferié ici... Mais quasiment. Presque toutes les entreprises organisent quelque chose. 
Chez Parrot, on avait le repas offert pour tous les gens qui venaient déguisés (au final, tout le monde), plus un apéro, plus la possibilité de partir plus tôt. 
J'ai un pote qui travaille dans une boîte où il y avait un concours de déco des booth des gens, et ils ont passé la journée à mettre ça en place, ils avaient cuisiné des petites collations flippantes (cookies momie, patisseries en forme de doigts découpés, bonbecs "vers" maison faits à base de jelly et de chocolat).
 
Bref, le mot d'ordre était bel et bien la productivité.
 
La nouvelle égérie de Parrot étant Conchita Wurst, nous avons décidé de marquer le coup
 
 
- La dernière était aussi le jour J, Delphine avait organisé une petite fête chez elle et Raul et elle s'étaient aussi mis en quatre pour le buffet et la déco de la maison, après avoir trick-or-treaté. Fun fact : il a fait un temps de chien ce jour-là, notamment pile à l'heure où les gentils n'enfants commençaient leur tournée des voisins. Qui s'est donc vue très très écourtée. Et perso j'avais acheté des bonbecs pour l'occasion, mais personne n'est venu sonner à la maison (j'ai appris après qu'il fallait allumer la lumière sur le pas de sa porte pour signaler qu'on participait... Plus de sucre pour coloc et moi !!)
 
 On ne voit pas tout, malheureusement, mais déjà admirez la cervelle sculptée, les oranges-citrouilles, le gâteau de l'horreur et les muffins décorés. 
En outre, on a eu des saucisses-momifiées à la pâte feuilletée, des oeufs-araignée, du guacamole "vomi de citrouille"... Spooky-Pétage de bide.
 
La fête en question s'est terminée par l'un des jeux les plus stupides de mon existence (pire que les m&m's, pour les connaisseurs). 

mercredi 29 octobre 2014

28/10/2014 Bucolismie et champétrisation

La meilleure saison, dans le Michigan, tout le monde en conviendra, c'est l'automne. Demandez à n'importe qui, la réponse ne changera pas (à part les gens bien qui diront que c'est la Saison 4 de Game of Thrones, évidemment). 

Pourquoi ? Demanderez-vous, et c'est bien naturel. Plein d'activités sympa pour illustrer ceçaci :

1/Visiter un Cider Mill

Quand on m'a proposé d'aller visiter un moulin à cidre, bien entendu, ma raison s'y est opposée puisque l'alcool c'est mal et que je ne voulais pas me laisser aller à la débauche.
Mais c'était sans compter que le cidre ici, c'est simplement le nom qu'ils donnent au jus de pomme "non filtré". Pleine d'une déception entrain bien compréhensible, nous avons visité celui de Franklin avec mon colloc Justin, et le verger de Blake avec Emilie, Julie et Rachida.

Premier constat, effectivement ce nectar a exactement le même goût que la compote de pomme que je faisais avec la rape orange de ma môman quand j'étais petite. Delicious.

 La presse à jus "Where the magic happens"

 

 


Second constat, ces endroits sont trop mignons tout choupis. En général ce sont des vrais moulins d'époque (= début du siècle dernier, = une éternité ici), et c'est tout beau, tout coloré, tout boisé, tout naturel.




Troisième constat: Qui dit moulin, dit visite, dit touristes, dit produits dérivés. Ici, c'est l'antre de la bouffe et la visite des vergers donne la possibilité d'acheter moults produits plus ou moins du terroir. Evidemment beaucoup de dérivés de la pomme, mais aussi du miel, du jambon fumé, des donuts souvent délicieux et ... des hot dogs, puisqu'il y a des hot dogs partout dans ce pays.
Justin dégustant un donut à la pomme trempé dans le cidre




Quatrième constat: les Etats-Unis sont un endroit de feignasses pures et dures, mais sont aussi super partisans du "Do It Yourself". Aussi dans le Verger de Blake, on a pu aller cueillir nos fruits et légumes nous mêmes dans un terrain gigantesque : le principe est de faire son propre choix et de payer au poids à la sortie... en se servant bien copieusement au passage. Pour goûter, bien sûr.

Pas moins de 12 variétés de pommes et quelques framboises dans l'estomac plus tard (nous n'avons goûté ni les potirons, ni les courges, ni les poivrons, ni les haricots, ni les choux.... etc... le choix est vraiment de la partie !), nous sommes reparties avec nos courses de primeurs de la semaine. Encore mieux que le marché.







2/Apprécier le paysage de multiples façons...
2.1 - Version flemmasse. Prendre la voiture. S'en prendre plein les mirettes.
Ca, je n'ai pas encore vraiment fait de voyage spécialement dédicacé pour simplement regarder les arbres mais du monde me l'a recommandé, et c'est vrai que les bords des routes sont vraiment tops.

2.2 - Version active. Aller faire une balade dans un parc. S'en prendre plein les mirettes.
Avec Julie on a testé le concept meetup. C'est le "Onvasortir" local, pour ceux qui connaissent. Là on a choisi un groupe qui fait des sports d'extérieur, et qui propose régulièrement des sorties rando etc... Celle-ci nous a mené près de Stoney Creek.


Quitte à être près de Stoney Creek, on a ensuite visité le parc en lui-même... Not bad.


2.3 - Version un peu tarée. Se lever avant six heures pour aller au taf à pieds. La route n'est pas très belle mais le lever de soleil attise le spectacle. Par conséquent, s'en prendre plein les mirettes.

Je précise que l'idée est de Julie, qui est une dingue de son podomètre et vise plus de 10.000 pas par jour. C'est une façon pas mal de commencer la journée, même si ça fait se lever tôt lorsqu'on a un meeting à 7h30 le matin...

C'est pas la première fois qu'on testait la marche, mais les couleurs du matin étaient sympathiques. On remet le couvert demain, wish us luck.






3/Préparer Halloween

 La grande fête de fin octobre n'est pas un mythe ! Tout le monde y va de sa décoration à coups de fantômes dans le jardin, les magasins se remplissent de déguisements, tous les cafés et autres restaurants ajoutent leur parfum "pumpkin" à leur menu, on trouve des bonbons partout, et, parlant de citrouilles, celles-ci pullulent...

Dimanche dernier, Louis a organisé un atelier sculpture chez lui ! Je ne voulais pas louper ça.
1ère étape: trouver la citrouille. J'ai récupéré la mienne au Blake Orchard, où je l'ai portée environ 1km avant de la mettre dans le coffre. Autant vous dire que j'aurais pu me faire des courbatures vu la taille de la bête.

2ème étape: Faire un trou circulaire en haut de la citrouille. C'est super chaud avec un couteau. Heureusement les américains vendent des kits de sculpture sur citrouille pas cher juste avant la période. Malheureusement, on était super nombreux et j'ai dû y aller au couteau, faisant un magnifique cercle en forme d'heptagone-non-régulier
3ème étape: Choisir son motif, et le poinçonner sur la citrouille. Puis prendre un bébé scie (ou un couteau pour les plus téméraires) et découper les motifs
(Optional): Gather the seeds to roast them and eat them

 
Certains sont plus rapides que d'autres...
 4ème étape: Admirer le résultat. Badass, non ? Eventuellement, améliorer le rendu en creusant un peu mieux l'intérieur.
5ème étape: Admirer le boulot des autres

6ème étape: Illuminer !

Petit bonus: on peut même acheter un costume pour son animal de compagnie...
C'est aussi ça le rêve américain.

4/Se faire vacciner contre la grippe (en pharmacie)

Ca se passe de commentaire. Ah, les US et leur phobie virale !

Et au passage, on remarquera que j'ai bien flemmassé en groupant 4 ou 5 articles en un. Youhou, vive l'Automne !

jeudi 23 octobre 2014

23/10/2014 Slam dunk millionnaire

(Originellement posté le 17/11/2014)  

Durant ce que j'ai baptisé "la semaine la plus chargée de ma vie" qui allia moult sorties à moult moult moult boulot, j'ai eu l'occasion d'expérimenter le second sport US de mon séjour : le basketball. 
Quelques collègues français étaient là et comme d'hab, Ju a fait les guides touristiques et nous a emmenés au Palace d'Auburn Hills, home of the Pistons. On n'était pas du tout à l'arrache, et d'ailleurs on était sûrs d'avoir des places puisqu'on avait acheté les billets bien longtemps à l'avance. On assistait à une rencontre Detroit Pistons vs Philadelphia 76ers.

Les américains ont une nette préférence pour la moquette, d'habitude, mais là ils ont eu le bon goût de se restreindre

Contrairement au baseball, j'ai beaucoup apprécié le match. Je vous en énumère les raisons :

- J'étais déjà un peu familière de l'ambiance, grâce à un manga (Slam dunk!) et un jeu en ligne (Basket RPG). C'est peu glorieux, je l'admets, alors je vais retirer la dernière phrase et la changer en "J'étais déjà un peu familière de l'ambiance grâce aux Jeux Olympiques", qui passe nettement mieux.





N'empêche qu'il n'y a rien de mieux pour apprendre "le panier de paysan" et que la fin de Slam Dunk, elle cartonne

- Il se passe des trucs ! Plein de trucs, même !! Les joueurs courent. Les joueurs sautent. Les joueurs sont en confrontation directe. Tout simplement, les joueurs ont l'air d'en avoir quelque chose à carrer.
Et ça change tout, parce que du coup le public mord à l'hameçon. Il crie "Défense ! Défense !" quand des éléphants entrent sur le court la situation devient tendue et que les Pistons doivent protéger leur panier. Il commente ce qu'il se passe et ne se contente pas de secouer la tête lors d'un ratage. Quand on sort momentanément du stade, il y a certes des gens dans les allées, mais quand même moins.
De base un match de basketball est riche en rebondissements (uh uh, c'est le cas de le dire), mais celui que nous avons vu était spécialement top. Detroit a commencé par mener assez confortablement (avance de plus de 20 points à un moment donné). Mais v'la-t'y pas qu'au troisième quart temps, ces philous de Philly commencent à remonter doucement, doucement... Jusqu'à rejoindre et dépasser Detroit au début du dernier quart temps.
Gros stress.
Et là les pistons se mettent à carburer (uh uh, en plus ce sport permet plein de jeux de mots, un autre bon point !), et repassent devant sur le fil pour terminer sur un 109-103 de toute beauté. Sacrée ambiance, mais tout de même rien de comparable à l'angoisse qui peut s'emparer d'un stade de tennis dans les moments clefs.
La mascotte des Pistons était exceptionnellement un Perroquet ce soir-là

- Le peu de temps morts est occupé par des évènements multiples :

  • Des chorés de pom-pom girls (très appréciées par les mecs)
  • Un match avec des enfants (qui ont le bol de repartir avec la tenue offerte gracieusement par le stade) - bon, cette partie là devient rapidement reloue
  • Des acrobates qui font des pyramides
  • La mascotte qui passe et encourage le public
  • Lancers de T-shirts dans les gradins à chaque 3 points marqué par Detroit
  • La caméra qui s'arrête sur les gens pour les pousser à danser/s'embrasser
  • Et surtout, surtout... les pizzas-parachutes ! Sérieux, ça ne peut pas exister ailleurs qu'aux US. A un moment du match, ils larguent une trentaine de pizzas dans le public, qui voguent en l'air, ralenties par des parachutes. Tout bonnement génial de débilité.
Rien que pour elles, le public devient très très attentif. Et franchement, il y a du niveau.


En résumé, ce sport a un intérêt. Et je ne vois aucun inconvénient à y retourner ! Mais avant, j'aimerais faire un petit détour par une patinoire de hockey et un stade de foot US (enfin... pour ce dernier je vais attendre que Clément revienne à la météo pour éviter les engelures).

mercredi 8 octobre 2014

08/10/2014 La croisière s'amuse III

(Originellement posté le 14/11/2014) 

Avec la neige qui commence à tomber et le froid qui s'insinue de plus en plus et tue régulièrement ma batterie de voiture (bon, ça devrait s'améliorer de ce côté, j'en ai une nouvelle depuis hier), ça va devenir pénible d'écrire sur les Caraïbes.

Par exemple, j'ai du mal à croire qu'il y a aussi peu de temps qu'un mois, je crevais de chaud sous 40° à Puerto Rico... à 7 heures du matin à peine.

Ah, Puerto Rico. Avant c'était simplement l'un de mes jeux de plateaux préférés et l'une de mes chansons préférées de Vaya Con Dios (qui accompagnera parfaitement votre lecture de l'article, et j'ose espérer que vous apprécierez à sa juste mesure le word art karaoké qui l'accompagne). Maintenant c'est également mon meilleur souvenir de tout ce périple (ce qui n'est pas rien, je vous l'assure). La vieille ville de San Juan est tout bonnement à tomber par terre, entourée qu'elle est de ses imposants remparts du XVIème siècle au dessus desquels on peut voir une eau d'un azur profond à perte de vue, et renfermant ces adorables ruelles colorées dans un environnement vallonné... 


 Des places pas trop moches, également

Quand je deviens lyrique c'est toujours mauvais signe. Ce qui, en tant que canard, est suffisamment effrayant pour que je tente de me remplumer à coup d'humour qui vole high (ou, plus souvent, bat de l'aile).

Un peu d'histoire Puerto Ricaine, entraperçue dans notre rapide tour du centre-ville. C'est ce brave Christophe Colomb (décidément, la basse-cour reste avec nous) lui-même qui a débarqué sur l'île lors de son second voyage de 1493. Il la baptise San Juan Bautista, et son emplacement stratégique la fait devenir le plus gros des avant postes espagnols de l'époque. La ville principale de la colonie est appelée Puerto Rico.

 Petite rue typique (qui manque de vieillarde en train de pendre le linge, j'en conviens)
 A l'approche de San Felipe
La selfie qui gâche moins le paysage

Seulement, sa localisation et sa beauté font des envieux et les britanniques et néerlandais attaquent très régulièrement cette place forte.
D'énormes batailles y ont lieu, et les espagnols, qui veulent à tout prix la protéger, construisent à cette époque les remparts ainsi que deux superbes forts : San Cristobal et San Felipe.
Truc rigolo et inexplicable : au cours des années 1920, des blaireaux ont mélangé les noms, et l'île est devenue Puerto Rico alors que la capitale prenait le nom de San Juan. On sent le bon esprit colonisateur je-m'en-foutiste des européens de l'époque. 

 La grande plaine devant San Felipe, théâtre de nombreuses et sanglantes batailles
 Le fort en lui même, situé sur une pointe de l'île, donnant un angle de vue de 270° sur les attaquants

Au cours des siècles, la force militaire de Porto Rico est modifiée pour être une force économique, en faisant de l'île la seule des Caraïbes où l'industrie et du commerce a dépassé la production agricole et industrielle.

Moins connu : San Juan est aussi un havre pour les très nombreux chats vagabonds
Les remparts de la ville, plutôt costauds. Un petit chemin de balade, le Paseo de la Princesa, a été créé à leurs pieds.

 Vue depuis le fort San Cristobal
 Julie sur le pont levis
La selfie avec un imposant fort, un non moins balaise bateau, et des yeux fermés derrière les lunettes de soleil parce qu'on a la classe ou on ne l'a pas

Voilà pour la grosse histoire. Maintenant, sachez que nous ne sommes restées que deux heures durant à San Juan parce que l'île possède également l'unique forêt tropicale d'amérique du nord. Nous nous devions, pour la communauté constituée par nous mêmes et les lecteurs de ce blog, d'aller y jeter un oeil (après tout, en territoire pirate, se faire borgne est de bon ton).

Nous louons donc une voiture, et pour la première fois de ma vie, je peux me rendre utile en conduisant en vacances ! La boîte automatique me confuse un peu au départ, mais on s'y fait vite. La forêt d'El Yunque a le bon goût de se situer dans une zone un peu montagneuse et j'expérimente les lacets étroits et sans visibilité pour la première fois également. Autant dire que l'amatrice de sensations fortes que je suis a a-do-ré.

Musique de psychose

N'empêche, c'est assez saisissant de passer en un instant du paysage "autoroute dans des plaines à moitié désertiques" à celui de "petite route vallonnée dans une jungle épaisse et ultra verdoyante".

Etant donné que l'escale ne dure qu'une demi-journée et que le bateau n'attend pas, nous suivons les conseils du mec de l'agence de location qui nous a dit d'éviter les randonnées les plus célèbres de la forêt, et de se diriger plutôt vers la petite rivière paisible de gros galets à l'entrée du parc national. Ce qui a aussi le mérite de nous faire éviter les cohortes de touristes qui vont voir les chutes de La Mina.

Un petit bambou-squet


Après la courte descente vers le point d'eau, Julie, agile comme un félin, traverse la rivière à pieds secs et se retrouve de l'autre côté en sautant de pierre en pierre. Je fais évidemment de même. Ou alors je n'essaie même pas et je me retrouve à marcher dans l'eau "avec grâce" pour atteindre l'autre rive trempée, forte de l'intime conviction d'avoir autant le sens de l'équilibre qu'un pangolin décédé.

 Racines 3D, on se serait crues en cours de modélisation
 Aux palmes, aux palmes masquées ohé ohé
 Ca m'a beaucoup rappelé une balade près des Aiguilles de Bavella, en Corse
 ...Sauf que la flore était un chouïa différente

Vue vers l'amont, où la montagne continue (Psychose bis)
On barbote, on pique-nique installées confortablement sur des pierres plates chauffées par le soleil, on admire la végétation luxuriante, on tente de faire du toboggan dans les mini-torrents créés entre les gros galets de la rivière. Je vais reprendre la célèbre citation de Michael Youn: "Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté, et en plus, le gros kif, j'avoue, on n'a même pas besoin de cagoule".

 Julie aime décidément beaucoup les animaux, et ils le lui rendent bien
 Petite pause lecture au milieu de l'eau...
 ...et du point de vue de Ju, ça donnait ça.
Je n'ai toujours pas fini David Copperfield. Diantre. 

Retour au bateau avec une soirée spéciale jeu d'équipes bien marrant (le concept était de nommer quelque chose, et que chaque équipe devait se battre pour ramener ce quelque chose sur la scène le plus vite possible. Ca allait du programme du jour à deux personnes dansant une gigue en passant par une sac de nénette complètement vide portée par un homme dans des chaussures à talons). Autant dire que votre serviteuse servitrice serviteure (non, servante n'est pas le mot que je cherche, rah y'a quand même un paquet de mots qui manquent dans la langue française !) narratrice en a profité pour se ridiculiser passablement.



Le lendemain, notre dernière escale nous amène à Grand Turks, une autre île paradisiaque. Nous sommes certaines qu'il y a matière à visiter (...outre le troupeau de bijouteries qui nous attend à la sortie du bateau), mais le programme du jour sera de nature subaquatique, puisque nous avons succombé à l'excursion plongée proposée par la croisière.

La déco corporate de l'île


 Le bateau de plongée

Je découvre avec joie que j'ai oublié pas mal de notions portant sur le gréage du matériel, mais fort heureusement nos monos sont sympa et filent un coup de main. Les équipes sont scindées en deux entre expérimentés et petits nouveaux : Ju va avec les balaises (elle est niveau 2+), je vais avec les débutants. Le truc rigolo c'est que finalement la classification n'a pas été respectée du tout, et que plein de gens décident d'aller dans le groupe des forts alors qu'ils ont peu de plongées dans les pattes.

Nous, on se retrouve pépère en équipe de 5, et finalement notre groupe aura nettement moins de soucis que l'autre. Le mono me demande de contrôler des trucs que je ne comprends pas (jamais eu à le faire avant, et son accent est particulier). Entre ça et ma mauvaise préparation des bouteilles, j'ai une légère appréhension. Fort heureusement, une fois la plongée enclenchée, tout se passe bien, l'eau est merveilleusement chaude et claire, y'a plein de poissons tropicaux et les coraux et autres paysages sous-marins sont un régal pour les yeux.
Moi qui ai toujours un peu le stress de consommer trop d'oxygène et de forcer les gens à rentrer trop vite - leur pourrissant ainsi leur aventure subaquatique -, je me retrouve en fait à la fin en tête à tête avec le mono qui n'a pas eu peur de faire remonter les autres au fur et à mesure. Grosse fierté, même si au final on ne s'éloigne pas beaucoup du bateau pour cette prolongation. En remontant, on apprend que la plongée a été un cauchemar pour le mono de l'autre équipe, puisqu'un paquet de gens contrôlaient très mal leur flottabilité et le groupe - trop large - était délicat à gérer (ce qui a bien emmerdé les gens qui avaient une réelle bonne expérience). Grosse fierté bis, vive les débutants.

En se dirigeant vers le second site, une floppée de dauphins nous accompagnent. C'est un peu cliché mais voir ces joyeux cétacés bondissant au gré des vagues m'emplit toujours de joie.

La deuxième plongée est encore plus top : en plus de la faune "habituelle" des magnifiques poissons tropicaux, on voit des tortues, des barracudas, une petite murène planquée dans un rocher, une grosse araignée de mer, l'eau est encore plus transparente... Bref, l'éclate.
Sauf qu'en remontant, prêts à narrer nos aventures sous-marines à l'autre équipée, nous réalisons bien vite qu'on va pouvoir se la fermer : les dauphins de tout à l'heure sont passés leur faire un coucou. Genre à 50 cm. La fierté cède rapidement la place à la jalousie. M'en fous, un jour moi aussi je nagerai avec des dauphins. Et des requins (mais des gentils, ne t'en fais pas, mam'). Et des ornithorynques. Na.
 Vue du bateau sur cette flaque de boue qu'est la mer des caraïbes
 Un terrain vague de Grand Turks
 Être confrontée à ce bidonville était à la limite de l'insoutenable

Nous remontons à bord pour un dernier fun day at sea. Comme cet article n'est pas encore assez long (et surtout il faut vraiment que je boucle les caraïbes, que diantre), quelques derniers points sur l'intérieur du bateau :
- La petite tradition sympa des responsables de cabine, c'était de faire du pliage de serviette. Et du coup, tous les passagers se retrouvaient avec un adorable animal (pas toujours identifiable) dans la chambre le soir. Je vous laisse admirer.
 Le premier était le moins beau. Une grenouille ?
 Très classe, ce rossignol.


Un chien allongé (je parle de l'être en blanc, hein !)
 On ne l'a pas aperçu de suite, celui-là !
 Odile ! Enfin !
- Les deux derniers jours, nos serveurs au restaurant nous ont gratifié de chorégraphies pendant le repas. Pas forcément des masses de skill, mais en revanche beaucoup d'auto-dérision (L'une des danses était Gangnam style, sachant qu'ils sont quasiment tous d'origine asiatique, pas mal...)
 Perruques et show sur colonnes, rien que ça
Nos trois serveurs dédiés (ovh faisait des soldes) y ont mis du leur

Et enfin, nous arrivons à Miami à nouveau. Le vol n'étant que le soir, nous profitons de Miami beach toute la journée. Je ne détaille pas, sachez juste que si vous y allez, il est bon de se renseigner sur la taille des cocktails avant de commander. On a vite fait de se retrouver avec un aquarium sur la table.
 Il paraît que je parlais fort après... Ah, ces r(h)umeurs !
 Ces corbeaux là n'ont pas l'air d'annoncer l'hiver...
 Le taxi aquatique a un avantage indéniable sur le routier
 Non, Ju, ça ne suffira pas à choper une green card
 Notre ami l'écureuil avait oublié son surf
Le maître nageur possédait une planche qui nous a vaguement rappelé quelque chose...

Au final nous sommes rentrées le samedi à l'aéroport de Detroit où nous attendaient mon vaillant coloc et 20 degrés de moins, et où j'ai eu tôt fait d'oublier ces vacances tant les deux semaines suivantes ont été intensives. Voilà, maintenant que ces récits "estivaux" sont terminés, ce site prend un habillage plus automnal.