lundi 26 janvier 2015

25/01/2015 Bricolage

(Paf. Je démarre par une parenthèse parce que je suis une déglingo. En cherchant un jeu de mot à la con pour mon titre - on ne se refait pas -, grosse découverte : des gens font des sculptures en fromage ! Mais c'est pas complètement fou, ça !?)

Ces derniers temps, en proie à une inaction toute januarienne, je me loquise pas mal quand je suis ach'baraque. Et devant mes échecs successifs à m'approprier le Tesseract par un simple Actio; il a bien fallu trouver une autre façon de se bouger un peu le séant.

Ca fait un moment que je me disais qu'il fallait que j'aménage un peu plus ma chambre, au décor follement proche d'un complexe hospitalier. Assez peu hospitalier, donc. Et c'est ainsi que j'ai décidé de ... lire deux bouquins; finir les Friends; regarder la série Black Mirror (que je recommande chaudement d'ailleurs) et d'autres films. Autant vous dire que le concept de "se remuer" est parfaitement intégré chez l'homo-sapiens-canapiens.

Après avoir flemmisé une fois de trop, ce week-end, j'ai pris les choses en main ! Depuis le temps que ça me trottait dans la tête, j'avais une migraine pas possible à cause du bruit de sabots une idée assez précise de ce que je voulais. Et j'ai pu parfaitement le réaliser. Et par "parfaitement", j'entends "ça se ressemble à rien mais on s'en fout".

 Recette pour ... 4 micro-étagères custo

Ingrédients :
- Des planches de bois vernis parfaitement découpés
     - 4 rectangulaires 5x20 cm
- Des supports pour étagère métalliques à visser dans le mur. De préférence de type "tablette invisible"
- Des embauchoirs de type bien particulier pour maintenir les objets à exposer

Outils :
- Une visseuse électrique et ses vis

Bon, ça, c'eut été la version optimale. Sauf qu'évidemment je n'avais rien de tout ça. Et en plus, n'étant pas chez moi et doutant de la ré-utilisabilité de mon projet pour qui que ce soit d'autre, il me fallait éviter de percer des trous dans le mur.

Inventaire de ce que j'ai sous la main :
- Restes de découpe des meubles en kit que j'ai achetés. Les fameux "mais qu'est-ce que j'en fous de ce bazar" qui restent dans la main après trois heures de travail acharné à décrypter les dessins parfois abscons pour monter Skrüvsta. 
     - 2 planches d'environ 8cm sur 70. Epaisseur 2cm.
     - 2 planches d'environ 4cm sur 70. Epaisseur 1.5cm.
     - 2 planches d'environ 2cm sur 15. Epaisseur 1.5cm.

Ha bah voilà, je vais pouvoir découper les premières planches pour en faire des morceaux de taille adéquate ! Hop, je me saisis de ma scie circulaire et....

Uhm. Coloc ? T'aurais une scie circulaire ? Non ? Une scie à débiter ? Arf. Une normale alors ? Oh. J'sais pas, moi, un truc qui coupe un peu, quoi. Steuplé ?
Evidemment, il reste l'option raisonnable "se bouger le postérieur et aller dans un magasin de bricolage pour demander un travail de pro". C'est ainsi que munie d'un couteau de cuisine pourri mais un peu dentelé quand même, je me suis attaquée à la découpe.

Le travail de précision, c'est ma grande passion.
Le couteau a l'air balaise, comme ça, hein ? Je vous assure que non, c'était la merdicité même.

Voilà, je pense que je m'en serais aussi bien sortie avec ceux-ci.
On en avait des mieux mais il me fallait éviter de bousiller les affaires couteuses de coloc.

Malgré les deux crampes au bras et trouzmille échardes de sciure présentes dans mes petites mimines à la fin de cette étape, tout n'était pas terminé. (J'en profite pour remercier tous les fabricants de meubles de type "à monter soi-même" de choisir du bois tout pourri, sans quoi j'y serais encore).

Hé oui, sa majesté Dame Gravité nous gratifiant de la joie de sa présence à chaque instant, il me fallait trouver un moyen de fixer planchettes au mur en respectant deux principes fondateurs :
- 1/Eviter de transformer mon mur en gruyère (encore, le cheddar serait passé. Chiottes.)
- 2/Pouvoir supporter une masse légère mais quand même bien présente.

C'est ainsi que j'ai pensé avoir recours au meilleur ami du bricoleur daubesque : le scotch à double face ! (J'ai également envisagé le "Ni clou ni vis", seulement je n'en avais pas sous la main, et puis le double face a un effet "léché" encore plus merdique, il faut bien le dire, et quitte à avoir du matos de merde, autant le faire jusqu'au bout).

Seulement, bien au courant qu'une surface de collage de 2cm d'épaisseur ne suffirait pas à soutenir quoi que ce soit, il a fallu trouver un support plus large. Il me restait justement un peu de placo-bois qui pourrait remplir parfaitement cet office. Facile : suffit de re-découper les chutes en deux.

Ha. ha. ha. Une agonie & un sol ressemblant de plus en plus à du vieux parquet décati qu'à de la moquette plus tard; me voilà en présence des éléments finaux. Reste à intégrer le tout.

(En vrai je ne vous raconte pas ça dans l'ordre exact où se sont déroulées les choses, parce que j'avais déterminé dès le début que je me servirais des chutes pour le support, et même que je savais qu'il fallait que je taille les "gros morceaux" près des bords afin de pouvoir les clouer aux "petits morceaux" sans devoir poncer. Mais cette histoire de type 3617 MaVie (Hey !! Salut les années 90, ça farte ?) est déjà suffisamment chiante, il faut bien que je trouve des rebondissements.)

Munie d'un marteau et de mes faux cils et d'un paquet de clous, je fixe donc le petit dans le grand et, quelques coups plus tard, les voilà tous deux béats. Pas autant que mes pouces qui ont gagné une apposition gratuite de vernis bleu.

Admirez le service antivol incorporé à base d'échardes acérées

Ne reste plus qu'à faire la fixation et à placer les objets à exposer. Trop facile. (Si vous vous demandez depuis le début où je veux en venir avec ces foutues étagères, nous ne sommes plus loin du but. Je vous file un indice et trois secondes de réflexion : il s'agit de mettre en valeur des souvenirs que j'ai pris à des endroits et des moments très éloignés les uns des autres. Mais à quatre évènements très similaires ... ayant pour protagonistes principaux des millionnaires en short qui ne se baladent pas par troupeaux de onze).

Etape 1: done. Je m'attendais à moitié à ce que ça ne marche pas, mais...
3
2
1
Fin de la réflexion !

Tadam ! Voilà ! 
Il fallait bien qu'elles servent à quelque chose, ces foutues casquettes au rapport qualité-prix exagérément bas.
Pour bien faire cheap jusqu'au bout, se servir de vieux sachets plastiques et autres restes de papiers d'emballage de chaussure en tant que rembourrage de casquettes.

Et ne pas oublier de fixer les 4 mini-étagères de manière à moitié aléatoire sans faire de mesure préalable pour bien s'assurer que le tout ait l'air bancal.
Le truc ballot c'est que maintenant, je me carre à moitié du tennis, sauf pour Fed ... qui a perdu au troisième tour de l'Open d'Australie, réduisant mon intérêt pour ce tournoi de 99%.

N'empêche que depuis le temps que j'avais cette idée derrière la tête, ça me fait bien plaisir de voir ces couvre-chefs couvrir mon mur, pour changer. En plus maintenant je ne me sens plus suivie.

dimanche 11 janvier 2015

11/01/2015 Une semaine qui fait froid dans le dos.

A la base, je m'étais dit que je pourrais vous préparer un article sur la vague de froid polaire qui a touché l'Amérique du Nord cette semaine.

Et puis il y a eu mercredi.
Pas vraiment de mots pour ce qui s'est passé, il y a déjà eu énormément d'articles écrits par des gens bien plus qualifiés que moi. 
Simplement, comme beaucoup, j'ai été profondément touchée. Horreur et tristesse.

Incapable de décrocher des sites d'infos, de twitter, de facebook, que j'évite d'habitude comme la peste. Ce qui bien sûr, n'a rien amélioré. Parce que certaines réactions laissent un goût encore plus bilieux dans la gorge.
Entre la suite tragique des évènements, les "revanches" quasi immédiates sur les symboles du monde musulman qui visent les mauvaises cibles, les gens qui s'emparent de la situation pour chier sur les idéaux des victimes, les massacres inhumains au Nigéria - et ailleurs - qui passent comme une lettre à la poste pendant que tout le monde reste concentré sur l'évènement qui a mis la planète sous le choc, l'actualité a été vraiment réjouissante.

Alors bien sûr, il a aussi beaucoup de manifestations de solidarité, d'unité, et d'invitations à la tolérance qui feraient presque chaud au coeur.

Mais le sentiment qui domine et qui va clore cet article au plus haut de l'humour, de la joie et de l'optimiste, ça reste quand même la citation de ce grand homme qu'est George Abitbol.

Monde de merde.

lundi 5 janvier 2015

5/12/2014 J'ai testé pour vous... le thermolactyl en machine !


Je l'ai dit, je le redirai : dans le Michigan, l'hiver, il fait froid. Ainsi on m'avait conseillé de me munir de vêtements de corps chauds pour survivre.
Ni une, ni deux, j'avais fait un saut chez Damart avant mon départ pour me munir de quelques onéreux t-shirts ainsi que d'un tue l'amour (on appelle aussi ça "sous-pantalon") à tissu chauffant.

La fin novembre ayant été frisquette, j'ai décidé d’étrenner le bébé.
Bien m'en a pris, car comme le disait le philosophe Jean-Paul Tseu : "Froid >> Sexyness".

Puis j'ai décidé de le laver. Sans lire l'étiquette.
Bien m'en a pris, car ... ça fait une photo rigolote.



PS : Remarquez aussi la magnifique serpillère autour de mon cou ? A la base c'était un très très beau et très très doux foulard en soie beige à rayures colorées.

27/11/2014 Donnons des mercis !

L'une des fêtes que nous envions aux américains (surtout pour les deux jours fériés prodigués, précisons-le bien), c'est Thanksgiving !

Je connaissais cette fête grâce aux séries TV américaines qui la mettent bien en avant avec des épisodes dédiés quasiment tous les ans (je pense notamment à Friends et HIMYM), il était donc temps de la vivre en vrai, comme une authentique habitante du nouveau monde. Je saisis mon manuel de la petite Sherlockette Holmes, ma loupe et mon imper, et me préparai pour cette enquête qui promettait d'être passionnante...

On dit que l'habit ne fait pas le moine, mais une détective digne de ce nom se doit d'avoir de l'élégance.

Etape n°1 : Prise de renseignements.
Afin de ne pas sembler trop en décalage dans ma mission d'intégration avec nos bons amis outre-atlantique, il me fallait un mémo complet sur les origines de la célébration. Pour cela, j'ai eu recours à mon informateur habituel, Lady Wikipedia.
Dans un coin secret de l'open space, elle me glissa - avec sa discrétion habituelle - un microfilm chargé de données inestimables.
Historiquement, Thanksgiving était un jour de fête chrétienne durant lequel on remerciait Dieu par des prières et des réjouissances pour les bonheurs que l’on avait pu recevoir pendant l’année, cette célébration est désormais laïque en Amérique du Nord, les administrations et la plupart des entreprises étant fermées ce jour-là.
Cette fête semblait être présente dans de nombreux pays, aussi je décidai de me concentrer sur celui de ma résidence pour ne pas perdre trop de temps.
En 1620, une centaine de dissidents anglais, nommés Pères pèlerins, débarquent du Mayflower dans la baie de Plymouth au Massachusetts. Ils y fondent la Colonie de Plymouth et la ville éponyme [Je dus me concentrer très fort pour ne pas imaginer le cheval de Zelda avec la bouche pliée. Forte de mon expérience, je ratai lamentablement]. Mais les débuts de la colonisation furent difficiles et la moitié des arrivants périrent du scorbut.
Ces derniers ne durent leur salut qu'à l'intervention d'un autochtone nommé Squanto qui, avec l'aide de sa tribu, les Wampanoags, leur offrit de la nourriture, puis leur apprit à pêcher, chasser et cultiver du maïs.
[Cette pièce à conviction accompagnant les infos de mon indic' représentait le premier Thanksgiving, où colons et indiens célébraient conjointement.]

Afin de célébrer la première récolte, à l’automne 1621, le gouverneur William Bradford décréta trois jours d'action de grâce [Mon oreillette me souffla que c'était la traduction Française de Thanksgiving]. Les colons invitèrent alors le chef des Wampanoags, Massasoit, et 90 de ses hommes à venir partager leur repas en guise de remerciement pour leur aide. Durant ce festin, des dindes sauvages et des pigeons furent offerts.
Les Pères pèlerins tinrent une célébration encore plus grande de Thanksgiving en 1623, après un passage de l'agriculture communale à l'agriculture privatisée et après une plus grande moisson grâce à de la pluie inattendue.
Le 29 juin 1671, Charlestown tint le premier Thanksgiving qui soit décrété par une administration publique.
Très intéressant... La fin du microfilm m'apprit que par la suite, la tradition se renouvela dans les colonies puis à l'échelle américaine, et des Thanksgiving days nationaux furent décrétés par certains présidents à partir de 1789. Jusqu'en 1863 où Abraham Lincoln proclama que tous les derniers jeudis de novembre seraient journées nationales dédiées à cette fête.

Etape n°2 : Les coutumes
Munie de ces précieuses informations, je décidai de me mêler à la populace afin de participer à l'une de leurs manifestations typiques de célébration : la parade. Mais il me fallait éviter de me faire remarquer. Heureusement, trois amis - l'énigmatique Lyse Black, ainsi que Lady Marion Jones et son mari Sir Robin Smith - proposèrent de me servir de couverture en m'accompagnant.

Avec ce sourire niais aux lèvres, il est évident que mes co-agents passeront inaperçus. Tentant d'imiter leur professionnalisme, je muscle également mes zygomatiques à bon escient.

Je passais ainsi pour la touriste lambda, et peu se doutèrent que j'étais là en mission spéciale... J'avais bien fait de suivre l'avis éclairé d'un collègue en étrennant un camouflage "Pièce de poulet" ajouté à ma pipe et ma loupe.

 On me proposa également ce couvre-chef, mais je ne pouvais accepter : c'était clairement un piège.

Il faut croire que le FBI a des sources sacrément bien initiées, car il tenta tout de même de mettre à mal mon expédition en utilisant un générateur de froid polaire artificiel pour congeler la ville, sachant très bien que les locaux résisteraient à cette attaque. C'était là bien mal connaître l’opiniâtreté française. Grâce à un équipement adéquat et un prompt ravitaillement en café dans la guinguette d'en face, nous fûmes à même d'assister à l'intégralité de la parade. Et ainsi à constater l'effroyable vérité : les américains se contrefoutent du sens profond de thanksgiving.
Je sais. Pour nous aussi, ce fut difficile à croire. Mais force fut de noter, à mesure que les différents protagonistes avançaient, qu'à peu près aucun groupe ne célébrait les colons, la moisson ou même les dindes. La moitié des chars et des groupes de musique ou majorettes étaient plutôt grimés de manière à rappeler Noël. D'infâmes clowns tentèrent de nous divertir à de multiples reprises, mais sans succès : notre mission nous était trop précieuse pour que de si basses techniques fonctionnent sur nous.

 La ligne rouge. Évidemment, ils tentent de faire retomber le blâme sur les communistes.
Evidente tentative de créer une crise de panique, cet affreux bébé gonflable, et plus encore ses porteurs.
D'autres espions Français traînaient dans les parages dans des costumes de dissimulation parfaits.

La clôture du défilé par un char précédé de rennes et habité par des lutins et le Père Noël finit de nous achever. Thanksgiving n'était qu'un leurre, un prétexte pour que ces damnés Yankees puissent décimer des dindes et se péter la panse sans arrières-pensées. Un complot rudement bien mené.
Malgré leurs amusantes chorégraphies, nous voyions clair dans leur jeu : ils tentaient de camoufler l'Alzheimer global s'emparant des Etats-Unis. 
Bien vu, mais vos costumes de Noël vous trahissent, les gars.

Il fallait en avoir le cœur net. J'interrogeais donc mon deuxième indic', Mister Coloc. C'est un agent double qui a la nationalité américaine, et que j'emploie au service des renseignements français contre un pot-de-bière de temps à autres. Celui-ci confirma mes doutes : quand je lui demandai de passer un thanksgiving "à l'américaine", il ne fit que mentionner la nourriture. Pour ne rien laisser paraître de ma désillusion, je me pliai à la tâche et l'aidai à confectionner un repas digne de ce nom.

Cette dinde serait-elle un indice ? Je décidai de la torturer à coups de mâchoire pour en savoir plus.

Une connaissance érudite en symbolique me fit part de son analyse du placement des mets : "Ceux-ci signalent une énorme recrudescence en consommation de Maalox dans les jours qui vont suivre". Uhm, une piste chez les industries pharmaceutiques, donc ?

Il tenta bien de me bercer de patriotisme US en lançant la traditionnelle question : "De quoi es-tu reconnaissante pour cette année?", mais je suis dans le métier depuis trop longtemps pour qu'on me berne avec une simple pauvre phrase. Je lui donnai le change en établissant une liste plausible pour endormir sa méfiance... Cela fonctionna à merveille ! Le petit margoulin se sentait tellement en confiance qu'il laissa échapper que cette fête avait bel et bien perdu sa signification originelle pour se tourner vers un gavage excessif. De surcroît, il s'agissait d'un complot consumériste visant à laisser les gens se reposer tranquillement afin d'être prêts pour dévaliser les magasins lors des soldes monstres du jour suivant. Jour suivant qui était évidemment férié pour les gens ne travaillant pas en magasin.

La main dans le sac. Voilà qui méritait qu'on s'y penche. Alors comme ça thanksgiving constituait avant tout un appât pour que l'on ne se penche pas trop sur Black Friday ? Pas joli joli.
Voilà qui pourrait faire un joli second opus pour la détective émérite que j'étais. Seulement... Cela attendrait. Les ricains m'avaient bel et bien eue, avec toute cette volaille et cette farce, et voilà que je me retrouvée plantée devant la télé en buvant du lait de poule, à regarder un film typique de cette période de l'année : "Planes, trains & automobiles",  échangeant des blagues avec mon indic'.

Pour le coup, j'en remisais mon costume en tweed écossais au placard.

22/11/2014 Mont-Réal, quand tombe l'hiver...

Bon bon bon... On dirait qu'on est en 2015 ! Wahou ! Vous êtes toujours là ? Merci et bienvenue ! Bonne année, et bonne santé aussi, c'est important la santé.
Je sais pas pour vous, mais ne voyant personne qui porte ses poches sur l'envers ou, bien pire, personne ne circulant en hoverboard, je suis quelque peu déçue par ce lancement annuel (ouais, j'adore faire des références à des films que j'ai pas vus). Aussi vous proposé-je un petit retour en 2014 (ouais, j'adore également trouver des excuses pourries pour contrevenir à mon retard dans l'écriture).

Les plus courageux d'entre vous (peut-être les plus oisifs ?) qui ont été jusques-au-bout de mon dernier article ont compris que j'ai fait un petit pèlerinage en terre québecoise il y a peu en novembre dernier. Fichtre qu'il est facile de prendre du retard sur ce blog, tout spécialement en période de non-glande approfondie.

Je ne visitais pas cette ville uniquement pour me pâmer devant le charisme à l'Irlandaise. La Russie et l'Egypte étaient également au programme puisque je renouais avec Olga et Mina, deux amis de France ayant émigré au Canada (sans doute pour chiner dans des maroquineries et manger des glaces à l'italienne ou du chili con carne en sirotant un monaco). Aussi, depuis les US, au Nord vais-je et finis-je(?) ce paragraphe super cosmopolite avant de vous endormir.

Cosmopolite, Montreal l'est, ce que je n'ignorais pas pour être venue y vivre quelques mois à la fin de mes études, en 2009. C'étaient donc également des retrouvailles attendrissantes avec cette ville Franco-Anglaise assez unique en son genre.

Mina ayant fait le choix incompréhensible de ne pas assister au concert de Damien Rice, il (oui, c'est un garçon. Prénom d'un ancien souverain Egyptien légendaire) nous attendait pendant le temps du concert et a eu tout le temps de s'interroger sur sa merveilleusement longue durée. Nous quittâmes le Metropolis, valise en main, vers minuit (j'ai d'ailleurs bien failli ne pas récupérer mon bien, mon ticket de vestiaire s'étant égaré - à croire qu'il voulait aller voir le spectacle de plus près (non, je n'ai pas fini de vous saouler avec Damien Rice, héhéhé), mais le gentil monsieur a reconnu la madame toute stressée avec sa valisette et m'a laissée partir sans encombres et avec bagages. Merci à toi, adorable spécimen de l'incroyablement aimable faune Québecoise).


 Quand même, c'était Superman en personne qui - subjugué - avait invité notre brave chanteur folk à venir se produire

De causerie en causerie avec Olga, nous nous retrouvons dans le métro Montrealais, haut lieu de rigoloterie mondiale. Non pas qu'ils mettent des blagues dans leurs rames, simplement j'ai un sens de l'humour suffisamment naze pour pouffer en entendant des noms à consonance locale comme Angrignon, Honoré Beaugrand, Plamondon, De La Savane ou Lionel Groulx. Et c'est également le lieu à plus haute concentration d'accent québequois du monde, ce qui en fait une attraction à classifier au patrimoine mondial de l'Unesco. Sérieusement, qu'est ce qui fait que nous autres français trouvons cet accent si amusant ? Aucune idée, mais tabernac' c'est ben rafraîchissant à écouter, à c'soir.

Nous dégustons des délices de la gastronomie locale en arrivant chez mes hôtes : chips et pizza. Et y'a pas à dire, rien de mieux qu'un repas sain pour bien attaquer le week-end !
Ils me montrent ensuite ce qui sera l'attraction du week-end - et pour eux, l'attraction de plusieurs années : leur imprimante 3D. En effet, ces aventuriers modernes se lancent dans la création d'entreprise, et celle-ci tournera autour des objets imprimés.
Mina m'explique donc qu'il a créé sa bestiole tout seul comme un grand, et que ces petites choses nécessitent un calibrage extrêmement précis (ça lui a pris beaucoup plus de temps de faire les réglages pour avoir un rendu fidèle que d'assembler les parties). 
Mon âme d'enfant, adepte de légos et autres jouets un peu geek, ne peut qu'être incroyablement séduite devant ce bijou technologique.

 La bête.
(Non Mina, je ne parle pas de toi)
Pour fêter ça, nous décidons qu'ils me fassent visiter leurs locaux le lendemain, histoire de voir de quoi la titine est capable. Mine de rien, il se fait bigrement tard et nous migrons donc vers Morphée City à grands renforts de ronflements. (En fait à ma connaissance notre sommeil ne fut pas si sonore mais je trouvais que la phrase sonnait bien, donc c'est comme ça et ne me cherchez pas : je suis loin).

Samedi, réveil tardif, et les âmes assoiffées de culture que nous sommes ne résistons pas à l'appel du Musée des Beaux Arts de Montreal (parce qu'ils ne passaient pas encore Dumb & Dumber to au ciné). Ainsi revêtons nous nos plus beaux atours afin de ne point créer de contraste trop déshonorant en ce lieu gorgé de beauté. Puis, tâtant de la température extérieure, nous remontons et enfilons moult damarts, doudounes, cagoules et autres moufles. L'art ne se veut-il pas accessible aux plus humbles ?

Cette photo est censée mettre en avant la cohabitation des différents styles architecturaux Montrealais (Moderne/Ancien/Classieux) et mon amour pour celle-ci avec le coeur.
Sauf que le rendu du dit coeur ressemble un peu trop à une paire de gonades pour cela puisse être pris au sérieux...


Donc nous découvrons l'expressionnisme à l'exposition "De Van Gogh à Kandinsky" avec pas mal de textes de mise en contexte très intéressants que j'ai bien entendu oublié depuis le temps. Mais en résumé, les mecs au début du siècle dernier, ils étaient un peu dingues en termes d'inventions artistiques. Et les Français/résidents Français étaient en grande partie responsables de cet élan, cocorico ! Fait intéressant et méconnu (en tout cas de moi), les musées allemands furent les premiers à les reconnaître, donc au départ ils exposaient surtout en teutonie...

Les photos étaient interdites donc je ne vous en tartine pas, mais ils avaient un paquet de toiles fameuses d'artistes non moins célèbres (Van Gogh et Kandinsky, oui, bravo à toi au cinquième rang ! Encore que le second n'était que peu représenté -au grand dam d'Olga, fan de la première heure. Mais aussi pas mal de Gauguins, Cézannes, Rousseaus, etc... Jolie collection ! Mais ultra bondée, ce qui gênait un peu l'observation profonde que nous aurions pu vouloir faire. Un petit aperçu est disponible sur la page du musée indiquée un peu plus haut.

Mouaha, évidemment que j'ai fait ma rebelle. Plan aérien de ce que serait l'expo universelle de 1900.

Olga accompagne sa signature du livre d'or d'un petit dessin : wouhou, je connais une fille exposée dans un musée international !



Il y avait également une expo gratuite sur Warhol et le pop-art que nous nous empressâmes d'aller explorer. Autant dire qu'on changeait totalement d'univers, avec les murs entièrement peints de vaches roses et couverts de tableaux et magazines aux formes répétées et couleurs flashy. Très sympa aussi.

En plus de ses tableaux célèbres, Warhol a également beaucoup bossé sur des illustrations de magazine et dans la pub.


J'avoue à ma grande honte que c'était le premier musée que je visitais en Terre de Caribous, vu que j'étais fauchée comme les blés lors de mon stage non payé en 2009. Ce qui m'avait conduite à la nécessité de procéder à des économies en certains domaines (bon et aussi, j'étais peut-être un tantinet moins dans une phase de vie "adulte responsable et culturée").

Après tant d'expressionnisme impressionnant, rien de tel qu'une petite balade "digestive" de par les rues du centre de Montréal. Nous avons échangé de bonnes adresses avec les résidents locaux, Olga & Mina me montrant leurs cafés préférés tandis que je reconnaissais de ci de là des établissements fréquentés lors de mon passage dans la métropole Québecoise. Qui avait d'ailleurs beaucoup changé en cinq ans, et ça ne m'a pas facilité la tâche ! C'est quand même avec plaisir que je marchais à nouveau dans le quartier de Guy-Concordia et son université où j'avais eu l'occasion de glander, découvrir facebook et twitter, faire un maximum de Uno sur IRC parce que mes camarades de labo étaient de foutus asociaux m'épanouir en travaillant sur un projet hautement intéressant de recherche opérationnelle qui occupait le plus clair de mon temps.


Selfie presque pas foireuse dans un petit café local

Quelques emplettes plus tard, nous voici au QG de 3DBranches, la boîte nouvellement créée par nos deux multi-expatriés. Leur local est très chouette, situé au sein de l'Alliance Française (qui a dû oublier de checker leur acte de naissance ;-)), donc hyper central et leur prodiguant pas mal de visibilité. Ils me montrent un paquet d'impressions différentes, et j'obtiens également quelques détails techniques que j'ai bien entendu parfaitement retenus depuis.
Puis vient le moment amusant du scan, hautement millimétré : Mina tenait le Kinect à la main tandis que je tournoyais sur un siège à roulettes qui tendait à basculer et se déplacer de son propre chef. Autant dire qu'on a dû s'y reprendre à plusieurs fois, mais c'était sympa de servir de cobaye à leur future attraction avant qu'elle devienne moins artisanale (je risque même de servir de modèle de vente sur leur site, vous imaginez ? Hé ouais, Gisèle Bundchen et Charlize Theron n'ont qu'à bien se tenir !).
Deutsche Qualität.

Nos pérégrinations nous conduisent ensuite vers un restaurant bien franchouillard au sein du Plateau où le parfum enivrant et délicat du fromage affiné envahit nos narines dès le trottoir (= ça puait. Joie.). Autant dire que l'américaine cheddarisée que je suis avait des petites étoiles dans les yeux au moment de commander une fondue savoyarde. Pas besoin d'entremets compliqués ou de fine gastronomie pour parler à mon coeur-estomac : prendre un paquet de fromton, le fiche dans une casserole, touiller, et tremper des bouts de pain. Ô perfection culinaire. En dégustant, je repense au texto que m'envoya l'ami François au moment de mon départ "Fondue Savoyarde, je te fais cadeau de ces mots que tu n'entendras plus avant longtemps". Dans ta gueule, François, j'ai boustifaillé la spécialité Suisse sur le continent Américain. Hé bim.
La maison a même le bon goût de nous offrir un trou normand.  Bref, soirée agréable qui fait bien plaisir et s'inscrit parfaitement dans la décadence de fin d'année.

En rentrant, Mina lance l'impression de ... ma tronche (je ne vous cache pas que c'est très bizarre). Il faut savoir que le procédé prend super longtemps donc il est impératif de le lancer avant de dormir sans quoi je ne pourrai pas repartir avec mon mini-moi. Un dodo plus tard, Olga et moi partons à la piscine afin de lutter un peu contre ce fromage qui s'est installé à l'insu de notre plein gré en terre cellulaire. Nous récupérons Mina, ma valise et mon modèle réduit généreusement offert lors d'une escale à leur appartement avant de repartir en balade.

Si vous n'avez jamais vu d'impression 3D, sachez que cette mignonne machine est ultra hypnotisante.


L'après-midi sera vouée à la ré-exploration de l'avenue du Mont-Royal, l'une des grandes rues effervescentes du quartier Français. Ambiance géniale, avec plein de petits commerces en enfilade, et des souvenirs made in Marie dont tout le monde se foutait qui ajoutaient un petit grain de sel à la visite : "Ohhhh, j'avais acheté ma couverture ici", "Ohhh, c'est le café où j'avais regardé PHM se faire exploser par Federer pendant Roland Garros", "Ooooh, c'est le premier parc où j'ai vu quelqu'un se servir d'un sachet spécial crottes de chien" et autres réminiscences hautement importantes dans l'histoire de l'humanité furent légion.

Petite rue typiquement Montréalaise avec ses escaliers extérieurs partout. Il y a des raisons historiques à ça, mais n'empêche que ça doit être diablement casse-gueule avec la neige verglacée du petit matin.

Puis, le week-end s'étant écoulé de manière sournoisement rapide en cette bonne compagnie, il fut temps de reprendre l'avion. Avec un vol retour nettement moins éprouvant que son petit camarade, on l'en remercie.
Olga, Mina, merci encore pour votre accueil ! Au plaisir de vous revoir rapidement :-) !