Aux US, le dernier lundi de mai, c'est Memorial Day. En deux (longs) mots, il s'agit du jour de commémoration des morts dans les forces armées du pays. C'est à dire que contrairement à nous qui célébrons 2 armistices séparément, ils ont pragmatiquement regroupé tous les soldats tombés en un seul jour. So américain !
Pour certaines personnes, ça veut dire défilé, patriotisme et visites de cimetières. Mais bon, avouons-le bien, pour la plupart des gens, c'est surtout JOUR FÉRIÉ ! YOUHOUUUU !
Qui dit week-end de trois jours dit "où va-t-on ?", du coup on se prépare un petit périple camping avec Laetitia et Julie. Nous décidons de partir pour le Canada, afin d'éviter l'engorgement des sites US et des routes qui y mènent, car nous sommes bien conscientes de ne pas posséder le monopole de l'idée "passer la nuit sous la tente". A la dernière minute, Lyse se joint à nous.
En milieu d'après-midi (cette règle de pouvoir partir plus tôt les veilles de jours fériés est splendide), nous quittons donc le travail, direction chez Laeti pour une grande partie de Tetris.
Elle a beau avoir un gros break, on galère à faire rentrer le volumineux matos de camping dedans.
Et on n'a même pas les denrées alimentaires ! A cinq, c'était mort.
Direction : Long Point Provincial Park. Je parlais hier des noms fort inspirés d'Amérique du Nord, celui-ci en est l'illustration parfaite, jugez plutôt :
Ils ont dû hésiter entre "Long Point", "Peninsula", "You know, that place on Lake Erie that is nearly an island with huge sandy beaches on"... Dur dur.
Avec un léger retard au démarrage, additionné d'un passage de douane non immédiat (Vrai dialogue avec l'officier Canadien : - "Vous avez de l'alcool ?" - "Non" - "Mais vous êtes dingues ?? c'est nettement plus cher de l'autre côté de la frontière !"), agrémenté de courses, assaisonné d'un petit dîner sustentatoire, le tout saupoudré d'une légère galère GPS, nous abordons l'entrée du parc peu après minuit.
Évidemment, personne dans la cahute à laquelle nous devions nous enregistrer. Qu'à cela ne tienne, de toute façon on connaît notre emplacement, migrons-y et laissons la gestion de la paperasse à la dream team du futur.
Comme des oufs, nous montons les tentes, de nuit, en deux temps trois mouvements. Même la tente pentagonale de Julie sur laquelle nous avions galéré la dernière fois. On s'installe, bonne nuit et... on crève de froid. Comme jamais.
Il doit faire environ 0 degrés, nos duvets sont conçus pour des températures bien plus estivales que ça, et dans la précipitation, nous n'avons pas enfilé 8 épaisseurs avant de nous coucher. Erreur fatale. D'autant qu'à deux par tente, on n'ose pas trop allumer et farfouiller dans nos affaires pour se la jouer Rasta Rockett à la sortie de l'aéroport de Calgary.
Il doit faire environ 0 degrés, nos duvets sont conçus pour des températures bien plus estivales que ça, et dans la précipitation, nous n'avons pas enfilé 8 épaisseurs avant de nous coucher. Erreur fatale. D'autant qu'à deux par tente, on n'ose pas trop allumer et farfouiller dans nos affaires pour se la jouer Rasta Rockett à la sortie de l'aéroport de Calgary.
- Sanka, t'es mort ?
- Presque, man.
Le froid ne nous réveille pas au milieu de la nuit, non, il nous empêche carrément de trouver le sommeil. J'imagine qu'à un certain point le cerveau se dit que s'il s'endort, il risque de ne jamais se remettre en route ? Ce n'est que vers 5h30, quand les premières lueurs de l'aube se pointent et commencent de réchauffer l'atmosphère, que le corps peut suffisamment se détendre pour plonger dans une léthargie réparatrice.
Résultat, nous sommes très très inactives pour cette première journée. Les activités : aller à la cahute nous enregistrer - en voiture, 'pas déconner -, lire sur la plage, puis (après ces deux expériences exténuantes) siester sur la plage, qui a le bon goût d'être à deux pas de notre emplacement.
Repérez ma pause décontractée : jean relevé jusqu'à mi-mollet.
Je le regrette encore à cette heure (1 mois plus tard !) où la marque reste impeccablement visible.
Histoire de dire qu'on aura fait quelque chose de notre journée, on part tout de même en balade sur la plage en fin d'aprem avec Laeti et Lyse. La côte est choupi tout plein, j'ai l'impression d'être en mer du Nord, avec un lac Érié qui fait des vagues et donne donc la couleur du sable à l'eau. Le soir, on lance le barbeuk sur le grill intégré (ha, cette amérique du nord, elle pense à tout !) de notre coin feu. La température tombe vite après la disparition du soleil, aussi nous ne nous éternisons pas. Ce soir, la technique de l'oignon est de rigueur pour éviter de trop grelotter.
Malgré ça, on dort encore plutôt mal.
Le len'demain mating, prises par une vague de motivation, Laeti et moi décidons d'aller nous baigner. L'eau doit être à un bon 13°C, autant dire qu'on s'y jette allègrement et qu'on reste des heures à barboter comme dans un sauna. (En vrai, même elle galère à y entrer avec son shorty. De mon côté, malgré la merveilleuse "technique bretonne" qui consiste à entrer en cheminant de manière parallèle à la plage afin de se mouiller plus doucement et de se réchauffer en marchant, j'ai l'impression d'être transpercée par une infinité de petits couteaux appartenant aux Autres. Une fois immergée, nous avons du mal à évoluer tant les muscles sont tétanisés. Ainsi nos nages auraient-elles alerté cette brave Pamela, si elle avait été de garde).
Mettre les mains dans l'eau ? Le plus tard sera le mieux.
Après ça, les trois courageuses sont allées courir pendant que je lisais tranquillou sur le banc de notre emplacement (oui oui, c'est la même narratrice que celle qui a écrit l'article juste avant). En même temps, ces grandes malades ont partiellement couru dans le sable !
L'aprem nous avons visité le mignon petit bourg de Long Point, accolé au parc. Ce que l'on peut en déduire :
L'aprem nous avons visité le mignon petit bourg de Long Point, accolé au parc. Ce que l'on peut en déduire :
C'est charmant !
- Dans un beau cadre !
- Avec des portions de nourriture très américaines
(Il s'agit de glaces une boule !)
- Ha, on note aussi un sens du goût... uhm... différent
- Les poulets tentent de piquer le courrier des riverains et s'y pètent la patte
- Les bouts de bois flotté aiment prendre la pose
- Les habitant n'ont pas l'air trop à plaindre
(surtout si l'on considère que 95% des habitations sont des résidences secondaires)
Le soir, le camping est devenu quasi désert car tous les autres aventuriers du week-end, étant canadiens, sont rentrés à leur bercail. Génial, on a tout l'espace pour nous ! En plus, pour la première fois, il fait une température acceptable ! On sort les cartes et les chamallows, et avec nos vêtements de camping on prend des photos top sexy.
La vomisseuse
L'imbécile heureuse
La poissonneuse
La... Nom d'un chien ! Popeye ? C'est toi ??
Ce n'est pas désagréable d'avoir une vraie soirée et la bonne nuit de sommeil non icebergien qui s'ensuit !
Surtout qu'on se permet même une semi grasse mat' au vu du non engorgement total du camping et du silence royal qui en découle. Nous finissons quand même par remballer, et par rouler direction Detroit.
Deux petites escales sur la route...
- La première, dans un coin pique-nique random d'un village random que nous traversons, parce qu'on y a aperçu un grill !
Il faut bien manger !
Enfin "bien", c'est un grand mot. Il nous reste des burgers à moitié décongelés, du "produit fromager" américain, et pour faire cuire le tout, un espèce d'allume-feu à l'éthanol qui dure 40 minutes et qui manquera nous faire déclencher un incendie lorsqu'on tentera de l'étouffer au bout de 10.
Repas absolument divin, sous l'oeil de mennonites qui se réunissaient dans ce parc et nous oeillaient bizarrement du haut de leurs chemises à carreaux ou robes à la Laura Hingalls.
- La seconde, au parc de la Pointe Pelée, qui contient le point le plus au sud du Canada !
C'est l'occasion de rappeler que Détroit est au Nord du Canada,
ce que plein de gens ont du mal à réaliser !
L'endroit est très chouette mais nous n'avons que peu de temps. Nous choisissons de limiter notre visite aux deux balades les plus recommandées : le marais, et d'abord la Pointe sud, évidemment !
En warriorettes chevronnées, nous évitons la navette à touristes, et nous élançons à pieds vers ce lieu à la si faible latitude (Fun fact : celle-ci se situe entre celles de Perpignan et de Barcelone. Plus près de l'espagnole !).
On trace la route parce qu'on ne veut pas rentrer trop tard,
...et on se rend compte que le sentier suivi n'est peut-être pas l'officiel, puisqu'on se retrouve à devoir escalader un muret et traverser une végétation touffue sur une dizaine de mètres avant de se retrouver sur terrain praticable. Ouf.
Tadam ! On dirait le suuuuudeuh
Petit souvenir d'Utah.
Et l'occasion de rappeler que Detroit est également au niveau du 42ème parallèle,
plus méridionale que Toulouse.
Comme quoi, on l'aime notre climat tempéré.
Ensuite, la jetée du marais, qu'on hésitait à zapper, nous réserve finalement une très jolie surprise...
C'est sur ces vues improbables que nous réintégrons la voiture, et n'avons qu'à rouler une heure pour regagner le Michigan ! Un week-end détente & nature entre nénettes qui aura fait du bien.
















