Si vous lisez cet article, ça veut dire que j'ai réussi mon challenge de rattraper le présent avant de partir en grandes vacances. Sachez-le donc : je suis très fière de moi.
Sachez-le aussi : à partir de mercredi, je vais vous spammer à coup de posts très courts sur les vacances sus-nommées.
A mesure que l'on se rapproche de décembre, je me rends compte que mon temps ici est compté. Surtout le beau temps, à vrai dire : les week-ends estivaux dans le Michigan qui me restent se comptent sur les doigts d'une main. Or, la région, et l'Ontario avoisinant, regorgent de splendeurs naturelles nettement plus appréciables lorsque la chaleur est de la partie.
Ainsi, très récemment, Alec (encore un nouveau !) mentionnait à Marion et Robin l'existence de la ville de Tobermory, au Canada. Il suffit à ces derniers de faire une rapide recherche sur google images pour inscrire le lieu à la liste des MUST à visiter avant de partir.
Après un transfert de connaissances, je les imitai.
Tentez l'expérience : vous aussi aurez envie d'y aller.
Il fallait agir vite, en tout cas. Donc pif paf pouf, le 6 juillet on décide d'y aller, et le 25 juillet on se met en route. C'est comme ça.
Robin dégotte un camping pas trop bondé (alors que le restant des locations est -encore une fois !- rempli à craquer). On y arrive en fin de soirée vendredi, et Lyse et Alec nous rejoignent au beau milieu de la nuit (ils n'ont pas eu la chance de pouvoir quitter le taf tôt, et il y a plus de 5h de route).
Premier jour :
- Petit dej de méga champions (Alec, en bon américain, a ramené le matos de camping de folie, et nous fait des croissants chauds et du bacon)
- Visite du village de Tobermory, et tentative de réservation de bateau pour Flower Pot Island
- Déconfiture (comme si on n'avait pas assez déjeuné !) et décision de reporter au lendemain (l'autre alternative étant de ne rien faire)
- Espérance de squatter le bateau d'un gars appelé Paul, qu'Alec a abordé en lui demandant s'il pouvait nous emmener faire un tour, on le paierait.
- Nouvelle déconfiture : après avoir d'abord dit oui (mais il ne veut pas accepter d'argent), il lui ensuite fait comprendre qu'en fait ça ne l'arrange pas. On vannera Alec tout le week-end sur son ami imaginaire.
- Départ vers le Bruce Peninsula National Park où de multiples superbes attractions nous font de l'oeil
- Nouvelle déconfiture : le parc est bondé. On nous dit de repasser en fin d'aprem.
- Pleins de ressources, nous choisissons une autre entrée du parc. Là aussi plus une seule place dispo, mais l'attente est moindre. On prend notre mal en patience. On fait bien.
Plage de galets blancs à perte de vue, avec également des rochers sculptés par l'érosion. Le tout longeant une massive forêt de pinèdes.
...
Et là, vous avez les couleurs dégueu de ma fonction panoramique.
...
En vrai, c'est comme ça :
Oui oui, c'est le lac Huron.
En plus d'avoir une gueule paradisiaque, on est forcés d'escalader pour évoluer...
Oh bah zut alors :D :D :D
Oui, j'ai été actrice et ça se voit.
Alec prend un certain plaisir à nous expliquer que Pépé le putois, dans sa version originale, est français et non italien. Aussi l'imite-t-il avec un fort accent bien de chez nous.
On se baigne, et cette eau ultra claire et d'un bleu-vert turquoise profond (kikoo Marion !), sur une plage de galets bien bien casse gueule, ne peut que me rappeler la petite crique en Corse où toute ma famille doit évoluer en ce moment. Coucou les loulous ! L'an prochain !!
En revanche, le lac a quasi dix degrés de moins que la méditerranée à Porti-Poddu...
Après nos petites excursions aquatiques et terratiques, nous retournons à la voiture. Bah oui, on n'a pas encore pu voir les beaux coins ;-)
Folie furieuse de ce samedi : le parc est ENCORE bondé. Alors que nous arrivons 1h plus tard que prévu (~6h, normalement toutes les familles devraient être parties). Le ranger nous explique que, comme il devait faire un temps caca tout l'aprem, les gens sont arrivés très tôt. Et étant donné que l'ultrèmement fiable météo Nord-Américaine a encore frappé, il a fait magnifique toute la journée. Donc le monde arrivé le matin, pas con, s'est dit : hé bah on va rester !
Ils laissent quand même entrer quelques voitures au compte goutte. Si un nombre suffisant de bagnoles sort avant que nous arrivions au comptoir de l'entrée, on nous laissera passer. Sinon, roulez jeunesse. Alors on fixe, on fixe, on espère et on attend.
Et YOUHOUUUU quand la 6ème voiture sort, c'est notre ticket d'entrée !!
Comme nous arrivons bien plus tard que prévu, l'impasse est faite sur Cyprus lake et d'autres endroits mignons que nous voulions admirer de nos yeux ébaubis. Direction : The Grotto, l'attraction #1 du coin.
Même le petit chemin en forêt est trop mimi choupinours
Puis on atteint à nouveau la plage de galets, décorée d'une arche naturelle qu'on se demande ce qu'elle fout là (et qu'on prend en photo avec des gens dedans après)
Et nous voilà à la grotte ! Uhm pas mal, mais je m'attendais à un peu mieux.
Oh, il y en a une seconde un peu plus loin ?
Ha oui. On ne joue plus dans la même cour, là.
Un endroit des plus opportuns pour caser nos têtes (et ainsi le masquer...)
Evidemment, vous connaissez la suite : on y descend !
La lumière à l'extérieur...
...comme à l'intérieur...
...ainsi que les textures sont tout simplement dingues.
Mais ce n'est pas ça, le mieux. Le mieux c'est qu'il y a un trou sous-marin, qui mène vers l'extérieur du lac. Nous avons justement amené des masques et tubas. La couleur azur qui se dégage du trou lorsque l'on plonge, avec les petits flocons de lumière dorée qu'on aperçoit se reflétant sont quasi hallucinatoires. Avec Alec et Lyse, on plonge, et replonge, et rereplonge.
Je sens que je pourrais passer en dessous, mais l'eau est vraiment très très froide, et le simple fait d'aller à 2m de fond me tétanise à moitié. L'idée de me retrouver coincée sous le trou et de laisser les quatre autres avec un cadavre n'est pas non plus outrageusement encourageante. Je me contente de me caler en dessous et d'admirer, puis de remonte du même côté.
Pour vous donner une idée de la physionomie du bazar :
Et la vidéo ne rend justice ni à la difficulté d'évoluer sous l'eau (pour nous il faisait noir à l'intérieur de la grotte, et nous ne disposions pas de palmes), ni au froid, ni à la beauté de lieu.
Bref, à un moment il faut partir, il commence à se faire tard, et nous avons encore des choses à voir avant le coucher du soleil. Problème pour moi : avec mon syndrome Jacques Maillol, je ne me suis pas aperçue que je crevais de froid. Neuf de mes dix doigts ne sont plus irrigués et ne renvoie plus de sensations. Juste avant de remonter (nécessité d'escalader), ce n'est pas très rassurant.
Heureusement l'ascension est moins difficile que la descente et tout le monde y parvient sans heurt.
On longe ensuite la côté vers Overhanging point, un endroit où l'érosion a créé une sorte de vague dans la roche, donnant ainsi l'impression de se déplacer sous un toit.
Seulement nous avons perdu trop de temps dans la grotte (ooops. Ma faute.), et nous devrons nous "contenter" de ce coucher de soleil :
Bon... ok... si vous insistez.
Le trajet retour se fera principalement de nuit : le temps est passé si vite ! Et quand nous retournons à la voiture, il est déjà près de 10 heures. Nous pensions à la base faire des courses et manger autour du feu de camp, sauf que les supermarchés sont fermés. Heureusement, on trouve un resto qui veut bien de nous. Puis on rentre, et décide que l'expérience camping ne serait pas complète sans un feu nocturne.
Vouaaaala ! Maintenant on a le droit d'aller dormir.
Le dimanche, il faut démonter le camp et se préparer avant d'aller prendre le bateau pour Flower Pot Island. Autant dire que le réveil fait plaisir...
Mais on s'en fout ! A peine arrivés sur le quai, Paul nous accueille avec son ciré jaune et son air de vieux loup de mer. De suite, ça fait plaisir !
Le trajet, à bord du Flower Pot Express, finit de nous réveiller tout à fait. Le capitaine décide de se faire plaisir et de nous faire plaisir, et fonce à toute berzingue le long des côtes. Il maîtrise totalement son environnement, et les différentes profondeurs des environs. C'est grisant.
Et on arrive. Et c'est beau.
C'est à ces formations rocheuses que l'île doit son nom. C'est vrai que ça peut ressembler à un pot de fleurs, d'autant que la végétation arrive à s'implanter dessus.Encore une fois, on en profite pour se baigner
(Encore une fois, on se les pèle)
Marion s'est trouvé un nounours. Pas facile à faire entrer dans les bagages.
Ils ont pas le style, nos Pépé "lé piou" et sympathisants ?
Ca a beau ne pas rimer : Lac Huron, ça vous gagne !
Vue sur le plus gros des deux Flower Pots depuis le sentier forestier
Pour la petite histoire : tout était immergé il y a des millions d'années, et on a eu le même genre de phénomène d'érosion qu'à Bryce, avec des couches de roches plus ou moins résistantes.
Pour ceux qui se foutent de la petite histoire : ok, vous avez un point, c'est joli.
Quelques petites randos plus tard, on trace pour reprendre le bateau, ce coup-ci avec escale épaves (celles-ci seront bien plus imposantes que celles de Alpena, et l'eau plus claire).
Et il est déjà temps de rentrer.
Mais avant, quand même, un café pour la route (avec Paul).


















