(Originellement posté le 14/11/2014)
Avec la neige qui commence à tomber et le froid qui s'insinue de plus en plus et tue régulièrement ma batterie de voiture (bon, ça devrait s'améliorer de ce côté, j'en ai une nouvelle depuis hier), ça va devenir pénible d'écrire sur les Caraïbes.
Avec la neige qui commence à tomber et le froid qui s'insinue de plus en plus et tue régulièrement ma batterie de voiture (bon, ça devrait s'améliorer de ce côté, j'en ai une nouvelle depuis hier), ça va devenir pénible d'écrire sur les Caraïbes.
Par exemple, j'ai du mal à croire qu'il y a aussi peu de temps qu'un mois, je crevais de chaud sous 40° à Puerto Rico... à 7 heures du matin à peine.
Ah, Puerto Rico. Avant c'était simplement l'un de mes jeux de plateaux préférés et l'une de mes chansons préférées de Vaya Con Dios (qui accompagnera parfaitement votre lecture de l'article, et j'ose espérer que vous apprécierez à sa juste mesure le word art karaoké qui l'accompagne). Maintenant c'est également mon meilleur souvenir de tout ce périple (ce qui n'est pas rien, je vous l'assure). La vieille ville de San Juan est tout bonnement à tomber par terre, entourée qu'elle est de ses imposants remparts du XVIème siècle au dessus desquels on peut voir une eau d'un azur profond à perte de vue, et renfermant ces adorables ruelles colorées dans un environnement vallonné...
Des places pas trop moches, également
Quand je deviens lyrique c'est toujours mauvais signe. Ce qui, en tant que canard, est suffisamment effrayant pour que je tente de me remplumer à coup d'humour qui vole high (ou, plus souvent, bat de l'aile).
Un peu d'histoire Puerto Ricaine, entraperçue dans notre rapide tour du centre-ville. C'est ce brave Christophe Colomb (décidément, la basse-cour reste avec nous) lui-même qui a débarqué sur l'île lors de son second voyage de 1493. Il la baptise San Juan Bautista, et son emplacement stratégique la fait devenir le plus gros des avant postes espagnols de l'époque. La ville principale de la colonie est appelée Puerto Rico.
Petite rue typique (qui manque de vieillarde en train de pendre le linge, j'en conviens)
A l'approche de San Felipe
La selfie qui gâche moins le paysage
Seulement, sa localisation et sa beauté font des envieux et les britanniques et néerlandais attaquent très régulièrement cette place forte.
D'énormes batailles y ont lieu, et les espagnols, qui veulent à tout prix la protéger, construisent à cette époque les remparts ainsi que deux superbes forts : San Cristobal et San Felipe.
Truc rigolo et inexplicable : au cours des années 1920, des blaireaux ont mélangé les noms, et l'île est devenue Puerto Rico alors que la capitale prenait le nom de San Juan. On sent le bon esprit colonisateur je-m'en-foutiste des européens de l'époque.
La grande plaine devant San Felipe, théâtre de nombreuses et sanglantes batailles
Le fort en lui même, situé sur une pointe de l'île, donnant un angle de vue de 270° sur les attaquants
Au cours des siècles, la force militaire de Porto Rico est modifiée pour
être une force économique, en faisant de l'île la seule des Caraïbes où
l'industrie et du commerce a dépassé la production agricole et
industrielle.
Moins connu : San Juan est aussi un havre pour les très nombreux chats vagabonds
Les remparts de la ville, plutôt costauds. Un petit chemin de balade, le Paseo de la Princesa, a été créé à leurs pieds.
Vue depuis le fort San Cristobal
Julie sur le pont levis
La selfie avec un imposant fort, un non moins balaise bateau, et des yeux fermés derrière les lunettes de soleil parce qu'on a la classe ou on ne l'a pas
Voilà pour la grosse histoire. Maintenant, sachez que nous ne sommes restées que deux heures durant à San Juan parce que l'île possède également l'unique forêt tropicale d'amérique du nord. Nous nous devions, pour la communauté constituée par nous mêmes et les lecteurs de ce blog, d'aller y jeter un oeil (après tout, en territoire pirate, se faire borgne est de bon ton).
Nous louons donc une voiture, et pour la première fois de ma vie, je peux me rendre utile en conduisant en vacances ! La boîte automatique me confuse un peu au départ, mais on s'y fait vite. La forêt d'El Yunque a le bon goût de se situer dans une zone un peu montagneuse et j'expérimente les lacets étroits et sans visibilité pour la première fois également. Autant dire que l'amatrice de sensations fortes que je suis a a-do-ré.
Musique de psychose
N'empêche, c'est assez saisissant de passer en un instant du paysage "autoroute dans des plaines à moitié désertiques" à celui de "petite route vallonnée dans une jungle épaisse et ultra verdoyante".
Etant donné que l'escale ne dure qu'une demi-journée et que le bateau n'attend pas, nous suivons les conseils du mec de l'agence de location qui nous a dit d'éviter les randonnées les plus célèbres de la forêt, et de se diriger plutôt vers la petite rivière paisible de gros galets à l'entrée du parc national. Ce qui a aussi le mérite de nous faire éviter les cohortes de touristes qui vont voir les chutes de La Mina.
Un petit bambou-squet
Après la courte descente vers le point d'eau, Julie, agile comme un félin, traverse la rivière à pieds secs et se retrouve de l'autre côté en sautant de pierre en pierre. Je fais évidemment de même. Ou alors je n'essaie même pas et je me retrouve à marcher dans l'eau "avec grâce" pour atteindre l'autre rive trempée, forte de l'intime conviction d'avoir autant le sens de l'équilibre qu'un pangolin décédé.
Racines 3D, on se serait crues en cours de modélisation
Aux palmes, aux palmes masquées ohé ohé
Ca m'a beaucoup rappelé une balade près des Aiguilles de Bavella, en Corse
Vue vers l'amont, où la montagne continue (Psychose bis)
On barbote, on pique-nique installées confortablement sur des pierres plates chauffées par le soleil, on admire la végétation luxuriante, on tente de faire du toboggan dans les mini-torrents créés entre les gros galets de la rivière. Je vais reprendre la célèbre citation de Michael Youn: "Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté, et en plus, le gros kif, j'avoue, on n'a même pas besoin de cagoule".
Julie aime décidément beaucoup les animaux, et ils le lui rendent bien
Petite pause lecture au milieu de l'eau...
...et du point de vue de Ju, ça donnait ça.
Je n'ai toujours pas fini David Copperfield. Diantre.
Retour au bateau avec une soirée spéciale jeu d'équipes bien marrant (le concept était de nommer quelque chose, et que chaque équipe devait se battre pour ramener ce quelque chose sur la scène le plus vite possible. Ca allait du programme du jour à deux personnes dansant une gigue en passant par une sac de nénette complètement vide portée par un homme dans des chaussures à talons). Autant dire que votre serviteuse servitrice serviteure (non, servante n'est pas le mot que je cherche, rah y'a quand même un paquet de mots qui manquent dans la langue française !) narratrice en a profité pour se ridiculiser passablement.
Le lendemain, notre dernière escale nous amène à Grand Turks, une autre île paradisiaque. Nous sommes certaines qu'il y a matière à visiter (...outre le troupeau de bijouteries qui nous attend à la sortie du bateau), mais le programme du jour sera de nature subaquatique, puisque nous avons succombé à l'excursion plongée proposée par la croisière.
La déco corporate de l'île
Le bateau de plongée
Je découvre avec joie que j'ai oublié pas mal de notions portant sur le gréage du matériel, mais fort heureusement nos monos sont sympa et filent un coup de main. Les équipes sont scindées en deux entre expérimentés et petits nouveaux : Ju va avec les balaises (elle est niveau 2+), je vais avec les débutants. Le truc rigolo c'est que finalement la classification n'a pas été respectée du tout, et que plein de gens décident d'aller dans le groupe des forts alors qu'ils ont peu de plongées dans les pattes.
Nous, on se retrouve pépère en équipe de 5, et finalement notre groupe aura nettement moins de soucis que l'autre. Le mono me demande de contrôler des trucs que je ne comprends pas (jamais eu à le faire avant, et son accent est particulier). Entre ça et ma mauvaise préparation des bouteilles, j'ai une légère appréhension. Fort heureusement, une fois la plongée enclenchée, tout se passe bien, l'eau est merveilleusement chaude et claire, y'a plein de poissons tropicaux et les coraux et autres paysages sous-marins sont un régal pour les yeux.
Moi qui ai toujours un peu le stress de consommer trop d'oxygène et de forcer les gens à rentrer trop vite - leur pourrissant ainsi leur aventure subaquatique -, je me retrouve en fait à la fin en tête à tête avec le mono qui n'a pas eu peur de faire remonter les autres au fur et à mesure. Grosse fierté, même si au final on ne s'éloigne pas beaucoup du bateau pour cette prolongation. En remontant, on apprend que la plongée a été un cauchemar pour le mono de l'autre équipe, puisqu'un paquet de gens contrôlaient très mal leur flottabilité et le groupe - trop large - était délicat à gérer (ce qui a bien emmerdé les gens qui avaient une réelle bonne expérience). Grosse fierté bis, vive les débutants.
En se dirigeant vers le second site, une floppée de dauphins nous accompagnent. C'est un peu cliché mais voir ces joyeux cétacés bondissant au gré des vagues m'emplit toujours de joie.
La deuxième plongée est encore plus top : en plus de la faune "habituelle" des magnifiques poissons tropicaux, on voit des tortues, des barracudas, une petite murène planquée dans un rocher, une grosse araignée de mer, l'eau est encore plus transparente... Bref, l'éclate.
Sauf qu'en remontant, prêts à narrer nos aventures sous-marines à l'autre équipée, nous réalisons bien vite qu'on va pouvoir se la fermer : les dauphins de tout à l'heure sont passés leur faire un coucou. Genre à 50 cm. La fierté cède rapidement la place à la jalousie. M'en fous, un jour moi aussi je nagerai avec des dauphins. Et des requins (mais des gentils, ne t'en fais pas, mam'). Et des ornithorynques. Na.
Vue du bateau sur cette flaque de boue qu'est la mer des caraïbes
Un terrain vague de Grand Turks
Être confrontée à ce bidonville était à la limite de l'insoutenable
Nous remontons à bord pour un dernier fun day at sea. Comme cet article n'est pas encore assez long (et surtout il faut vraiment que je boucle les caraïbes, que diantre), quelques derniers points sur l'intérieur du bateau :
- La petite tradition sympa des responsables de cabine, c'était de faire du pliage de serviette. Et du coup, tous les passagers se retrouvaient avec un adorable animal (pas toujours identifiable) dans la chambre le soir. Je vous laisse admirer.
Le premier était le moins beau. Une grenouille ?
Très classe, ce rossignol.
Un chien allongé (je parle de l'être en blanc, hein !)
On ne l'a pas aperçu de suite, celui-là !
Odile ! Enfin !
On ne l'a pas aperçu de suite, celui-là !
Odile ! Enfin !
- Les deux derniers jours, nos serveurs au restaurant nous ont gratifié de chorégraphies pendant le repas. Pas forcément des masses de skill, mais en revanche beaucoup d'auto-dérision (L'une des danses était Gangnam style, sachant qu'ils sont quasiment tous d'origine asiatique, pas mal...)
Perruques et show sur colonnes, rien que ça
Nos trois serveurs dédiés (ovh faisait des soldes) y ont mis du leur
Et enfin, nous arrivons à Miami à nouveau. Le vol n'étant que le soir, nous profitons de Miami beach toute la journée. Je ne détaille pas, sachez juste que si vous y allez, il est bon de se renseigner sur la taille des cocktails avant de commander. On a vite fait de se retrouver avec un aquarium sur la table.
Il paraît que je parlais fort après... Ah, ces r(h)umeurs !
Ces corbeaux là n'ont pas l'air d'annoncer l'hiver...
Le taxi aquatique a un avantage indéniable sur le routier
Non, Ju, ça ne suffira pas à choper une green card
Notre ami l'écureuil avait oublié son surf
Le maître nageur possédait une planche qui nous a vaguement rappelé quelque chose...
Au final nous sommes rentrées le samedi à l'aéroport de Detroit où nous attendaient mon vaillant coloc et 20 degrés de moins, et où j'ai eu tôt fait d'oublier ces vacances tant les deux semaines suivantes ont été intensives. Voilà, maintenant que ces récits "estivaux" sont terminés, ce site prend un habillage plus automnal.

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