lundi 28 juillet 2014

27/07/2014 De la potentialité néfaste de la motivation



Ou comment un agrégat d'actions positives peuvent aboutir à un évènement négatif.

Je sens que je vous ai hameçonnés, alors je me permets de faire quelques circonvolutions afin de vous mettre en contexte.

Ce week-end, c'était la première fois que je restais à la maison depuis que j'ai ma tuture. J'ai décidé d'en profiter pour être productive : aller m'acheter des meubles, faire plein de courses, et enfin aménager un peu ma chambre.

Donc je fais un tour des garages sales du quartier (ce ne sont pas des abris pour voitures dégueulasses, mais j'en parlerai plus tard), j'encadre une peinture pour la première fois de ma vie, je me trouve un mignon petit bureau en verre et la chaise qui va avec; et je les monte fièrement, pour les mettre devant ma fenêtre, afin de travailler sur l'ordi avec une jolie vue sur le Wendy's en face de chez moi.

D'autre part, hier, c'était le dernier jour du ramadan. Le groupe a son pesant de musulmans qui ont été assez courageux pour le faire, et ils ont lancé un repas de fin de ramadan ou chacun ramène un plat et ça fait un gros festin à la fin. D'autre part, ceux qui le voulaient pouvaient tenter le défi de faire une journée de ramadan. 
Vous me connaissez. Le mot "défi" a entraîné un processus irréversible au sein de mon neurone, et par conséquent j'ai tenté le coup. 

En conséquence hier matin, comme une vraie, je me suis réveillée à 4h. J'ai absorbé deux patates et un oeuf, et surtout deux litres d'eau et je suis retournée au lit. Vous serez heureux d'apprendre que oui, ma légendaire vessie m'a accordé un nombre de voyages non moins légendaires vers la salle de bain au fil de la nuit.
Malgré les deux litres d'eau, j'étais quand même salement deshydratée au réveil. Et là, c'est super dur de se faire violence pour ne pas boire. Surtout qu'il faisait très très lourd hier.
Je me décide à ne pas être une loque et à aller au magasin pas loin pour acheter un marteau et des clous pour accrocher cette peinture merveilleusement encadrée la veille. 5 minutes de marche plus tard, je me délecte de la clim' qui règne en maîtresse dans le magasin. Pour un peu je m'allongerais dans un de leurs transats criards et j'y passerais la journée.

Deux minutes, deux questions et un usuel "oh, your accent is so cute, are you French?" (grmglrglmrlgmrgl...) plus tard, je ressors du magasin. En arrivant, j'accroche le cadre.
Autant vous dire qu'une telle quantité d'exercice me laisse presque pour morte, et je m'étends pour m'en remettre.
"Un peu" plus tard, je bats la flemme et me lève pour aller faire les courses. Faut bien que je prépare à manger pour le repas du soir ! Au passage mon gentil coloc me nargue en buvant un verre d'eau délicieuse et fraiche.
En mode un peu zombie, je prends mon temps pour faire mes courses, je me rappelle plein de trucs que je m'étais dit qu'il faudrait me procurer un jour (genre du cirage. Qui a besoin de cirage ? Qui s'achète du cirage comme ça en plein été alors qu'elle n'a que deux paires de pompes ? Et surtout qui a besoin de lire que j'achète du cirage ??? Cher lecteur, tu comprendras que je te bassine avec mon cirage pour une certaine raison).
Je vais aux caisses auto bondées parce que les caissiers américains aiment bien utiliser un sachet plastique par article et que ça m'emmerde. De toute façon je m'en fous j'ai tout mon temps.
Mon caddie et moi quittons le magasin alors que la pluie commence à tomber. Pluie lourde mais éparse. Qui s'épaissit durant le trajet pour devenir torrentielle.
En portant les affaires sur les 5 mètres qui me séparent de l'appart', j'arrive à me tremper comme une soupe (oui, j'aime cette expression). J'évite de justesse les grêlons d'un centimètre de diamètre qui commencent à tomber.

Mon coloc, un peu zombie aussi pour avoir trop festoyé la veille et pas assez dormi, admire l'orage, et me file un coup de main. Puis vient la phrase "Au fait, j'espère que tu as bien fermé ta fenêtre, parce que la pluie tombe de ton côté". Evidemment que non, par cette chaleur.
Paniquée (mais bon, pas ultra dynamique non, faut pas déconner), je me dis que la moquette (so US) va être trempée, donc je monte pour fermer la fenêtre.

Et là, mon magnifique bureau en verre fraichement monté m'attend. Le truc génial avec le verre, c'est que ça n'absorbe pas l'eau qui tombe. Mes yeux décrépits admirent donc une très belle couche de flotte d'un demi centimètre de haut, parfaitement homogène et bien répartie sur la surface miroitante du meuble.
Au milieu, trônant fièrement, mon ordinateur portable.

Je cours, me jette dessus, le débranche, le sèche dans mes draps, essuyant chaque petite partie accessible, chaque touche. Il vomit de l'eau. Par trop grandes quantités. Je ne vois pas l'étincelle de la vie le reprendre, il est resté noyé trop longtemps. Cinq ou six minutes maximum, qui suffisent à ôter toute magie d'un petit être. Même le linge éponge n'y fera bien, je sens bien que le froid glacial de la pluie l'a atteint au plus profond de ses entrailles.

Rest in rice, petit laptop. Rest in rice.


Je n'avais pas le coeur de prendre le mien en photo après l'évènement, alors voici une image volée trouvée sur gougueule qui vous donne une idée de ma tentative desespérée de sauvegarde... Verdict dans quelques jours...


Mon ordi, je l'avais baptisé Saïgon, histoire de me motiver pour aller au Vietnam, à l'époque. Ce coup-ci, les US ont bel et bien gagné la guerre et il semblerait qu'ils aient décidé de se venger sur ce pauvre petit être sans défense.

PS : Le repas post ramadan était une putain de tuerie. Snirf, pourquoi toujours des morts :'(

samedi 26 juillet 2014

26/07/2014 Eastern Market & Rando industrielle

(Originellement posté le 05/08/2014)
 
Qui a dit que Detroit était une ville morte et délabrée ?

Ah, moi

...
Comme quoi faut pas faire confiance aux gens qui ont mis 25 ans avant de connaître la vraie couleur du Cheval Blanc d'Henri IV.

Je continue les digressions dans cet article, puisqu'en parcourant des sites qui expliquent les différentes réponses à apporter à cette question si célèbre, je découvre la vraie provenance de l'expression "casser trois pattes à un canard" et je ne peux m'empêcher
1/D'être atrocement déçue
2/De la partager avec vous
"Saviez-vous par ailleurs que l’expression « casser trois pattes à un canard » ne fait pas référence aux canards que vous imaginez, mais bel et bien aux chevaux dont c’était auparavant le nom en argot ? J’ai longtemps cru que lorsque quelque chose ne cassait pas trois pattes à un canard, cela voulait dire que cela n’avait rien exceptionnel (car ce serait tout de même extraordinaire de casser trois pattes à un canard non mutant !) ; et bien non : ne pas casser trois pattes à un canard, cela  signifie en réalité que l’on a ménagé sa monture, que l’on n’a pas fait d’effort particulier."

C'est nul. J'exècre l'argot en cet instant précis et je reprends la célèbre phrase d'un des meilleurs films de 2012 pour bien l'illustrer : "Argot fuck yourself!".

Bref, pour en revenir à nos moutons ... et n'allez pas m'apprendre la provenance de cette phrase ! Je préfère les savoir se pavanant tranquillement en écosse, à poil comme il se doit ! Pour en revenir à nos moutons donc, Detroit n'est pas toujours la ville dangereuse et sombre caricaturale qu'on cherche à nous présenter.

Pour preuve par neuf, ou plutôt par vieux : le Eastern Market, grand marché qui prend place tous les samedis (et depuis peu, tous les dimanches aussi) dans le centre de Detroit.

C'est beau, c'est sain, c'est bon marché (... dans tous les sens du terme), et pour ne rien gâcher, il y a plein de gens motivés qui s'y baladent.

On y trouve:
- Trois énormes halles abritant des marchands en tous genres (avec un gros focus ford fruits et légumes)
- Des boutiques sympatoches qui bordent la rue, avec des musiciens postés devant qui mettent une ambiance festive
 Delphine & Sherice, avec qui j'ai découvert le marché
 L'intérieur d'une des boutiques, avec des bonbons à l'air dégueu

- Pas mal de restos, dont au moins deux célèbres pour leur excellent rapport qualité/prix (je peux en attester)
Supino's, les meilleures pizzas autour de Detroit

- Un magasin de viande où tu rentres dans le frigo où travaillent les bouchers ! Bon, on n'est pas direct dans celui où les carcasses pendouillent mais le concept est sympa

- Un petit coin "art & bricoles pour touristes en tous genres"

- Un stand où ils vendent des croissants pas trop mauvais !

Bon endroit pour commencer le week-end sainement, donc.


La dernière fois que j'y suis allée, en outre (enfin en vrai on a voyagé en voiture) on s'est ensuite rendues à la Russell Tower pas très loin.
Je ne peux pas refaire si rapidement ma blague sur Là-Haut et Gladiator, alors je être obligée d'introduire en disant que ce n'est pas la tour de 30 millions d'amis.

Le Russell Terrier, un chien qui vole à votre secours quand vous n'avez plus de vanne moisie

Aha !! Mais si ce n'est elle, c'est donc son frère ! 
Du calme, Jeannot. D'une part tu es mort depuis quelques centaines d'années; d'autre part la tour de 30 millions d'amis n'existe pas, donc elle ne peut pas avoir de frère; d'une troisième part, si tu continues à squatter mon neurone comme ça, on va finir par perdre des lecteurs; d'une quatrième part, non merci je n'ai plus faim.

Le Russell Industrial Center, ça fait partie des bâtiments emblématiques de Detroit. A l'origine un énorme complexe d'une entreprise du monde automobile qui a fait des carrosseries et autres parties automobiles, il souffre dès la fin de sa construction de la première crise de '29.
Pas con, son possesseur le reconvertit pour usiner des ailes d'avions pendant la seconde guerre mondiale. Et ça embauchait à cette époque pas moins de 13.000 personnes !

Après la guerre, petit à petit, les crises s'accumulant, de moins en moins de monde y travaille, entraînant un délabrement certain. Le centre est vendu et revendu par parcelles et très peu occupé. Pour ne pas améliorer les choses, une tempête agrémentée d'une tornade en 98 provoquent son inondation (partielle, c'est quand même une belle bête); la casse du transformateur principal du bâtiment, et le bris d'une multitude de fenêtres.

A ce moment, le propriétaire est forcé de vendre et on est au plus bas.
Sauf qu'en 2003, un investisseur du nom de Kefallanos rachète le bâtiment, le réaménage un peu et le convertit en studio d'artistes. Loués pour pas cher, ils attirent immédiatement du monde, surtout que les grandes fenêtres garantissent pas mal de lumière.

Donc avec Julie et Delphine, on est allées s'y balader un peu. Munies de pompes confortables et d'un peu de courage (l'endroit respire quand même sacrément la glauquitude), on a visité ce bâtiment en reconversion.

 Vu de l'extérieur. Charme et bucolisme.
 Certains des artistes laissent leur studio ouvert et nous proposent gentiment de visiter l'atelier
 Pas mal d'affaires en vrac dans les couloirs
 Longs corridors froids, souvent les portes sont décorées avec la patte de leur locataire
 Vieil ascenseur à marchandises apparemment encore en marche
 Je... mais... oui, c'est bien une guillotine
 Les escaliers de service invitatent particulièrement à la flânerie
 Certains corridors sont décorés plus modernement que d'autres
 "Dare"... Pas mal !
 Vous le reconnaissez ? Julie m'avait prévenu dont ça m'a sauté aux yeux. 
C'est un artiste célèbre. Réponse dans le premier commentaire.
 Celui-ci est moins évident. 
Ca reste une belle perf d'évoquer une forme humaine avec tant d'objets disparates !
 Au (très) loin, les tours du centre de Detroit
 Chimera, une peinture de plus de 800m² !
Au rez de chaussée, un bazar avec quelques stands permanent a été amenagé. 
Certains jours, un marché d'art assez florissant s'y installe.

lundi 21 juillet 2014

19/07/2014 Russell Island

(Originellement posté le 28/07/2014)

J'ai beau être très très fan du film "Là-haut", mon objectif final dans la vie n'a jamais été de m'exiler sur une île peuplée de petits postiers collectionneurs de badges scouts.


 Russell Island, l'île où on caresse des blés sur une musique épique et on rencontre des oiseaux exotiques qui s'appellent Kevin

C'est pourtant ce que m'a proposé ma collègue Laurel le Week-end du 19. Elle nous a invitées, Julie et moi, dans son petit paradis d'île.
Petit paradis en effet, parce qu'il s'agit d'un endroit complètement privé, et que les proprios en prennent soin. C'est minuscule, on fait le tour de l'île en moins d'une heure, et il y a environ 150 cottages dessus, et un seul commerce : le bar (qui vend aussi très peu de produit de première consommation, comme des chips, des éponges, sur une étagère ridiculement petite. C'est vraiment quand on ne peut pas sortir de l'île qu'on y a recours).

Grosse particularité de l'île : on ne peut s'y rendre en voiture. Il faut soit utiliser le ferry piéton qui s'y rend une fois l'heure, soit avoir son propre bateau. Sur l'île, on ne se déplace qu'à pied ou en voiturettes de golf. Vu la taille du bout de terrain, on pourrait s'attendre à ce que tout le monde utilise ses mignonnes petites papates pour marcher... Que nenni, vous oubliez que nous sommes aux US !!

La maison de Laurel (et sa famille), se trouve sur la rive qui a vue sur le Canada. Autant dire que c'est assez marrant de se dire qu'en nageant 300m (bon, faut être balaise parce qu'il y a du courant), déguisé en poisson pour éviter les (rares) patrouilles aux frontières, on arrive dans un autre pays. Et ça, c'est quand même impressionnant !
Ca ne se voit pas trop sur la carte tellement elle est petite, mais la frontière se situe sur la Saint Clair River

Ils ont aménagé une petite "plage" afin que tout le monde se retrouve (en gros, un espace avec sable et transats, qui jouxte -hé, ça fait combien combien de temps que vous n'aviez pas lu le verbe jouxter ?!- un dock équipe de plongeoirs et toboggans.

Le tout accompagné de bouffe bien US (poulet enrobé de cheddar et crackers; belle-mère qui s'éclipse pour ne pas goûter notre "petit-déjeuner" à la française); et de petits jeux de société sympatoches (la famille est fana de dominion !), ce fut un week-end très sympa.


 Vues depuis le ferry




 A bord du golf cart familial
 Plein de choupis cottages
 Comme d'hab c'est Julie qui a fait les meilleures photos mais je ne les ai pas encore récupérées

vendredi 18 juillet 2014

18/07/2014 Boumbo

(Originellement posté le 22/07/2014)

Vendredi dernier, c'était vendredi.


Hé ouais, truc de fou.
Un truc que j'ai remarqué ici, c'est que la plupart des mes gros évènements sont arrivés un vendredi (sécu, secretary of state, permis...)

Et la semaine dernière n'a pas dénoté puisque j'ai acquéri une superbe tuture (et je massacre le français si je veux, bande de grammar nazis. Après tout je ne suis pas en pays conquéri.)

"Non mais attends, on sait très bien que tu l'as fait exprès, spèce de provoqueuse de coïncidences !", entendé-je au loin. Alors déjà, bravo, vous criez très très fort. Ensuite, comme rien n'est simple en ce bas monde, figurez-vous que non, bande de sales amateurs de la théorie du complot dépourvus de baignoire.

Revenons donc un peu plus dans le passé... (J'aimerais que vous fassiez un effort pour avoir une musique de série télé pour les fondus enchaînés de type "flashback". Merci).
Parce que ce magnifique véhicule, je l'avais testé et approuvé dès le samedi précédent (le lendemain de l'obtention surprise de mon permis). Il devait faire un petit passage par le monsieur garantie et je le récupérais lundi soir. Trop.La.Fête.

Je hais cette photo de toute mon âme, mais elle immortalise ma première conduite aux US, ainsi que ma première conduite d'une automatique (celle de Ju).
Verdict : automatic is cheat !

Toute excitée à cette idée, je vais faire un peu de shopping avec Julie l'après-midi. Et là, grosse surprise, je découvre que ma carte bancaire US ne marche plus. Bon, ok, ça fait un bail que je ne l'ai pas rechargée, il ne doit plus rester grand chose dessus. Je tends ma superbe Visa Gold de JeSuisRicheBank, que je sais chargée à foison. Et là, bimbamboum, ça ne passe pas non plus. Tristesse.

Fort heureusement, j'ai pu faire ma femme entretenue grâce à Julie. Donc je vérifie les plafonds : j'ai droit à 2000 eurals de retrait par semaine et 8000 euros par mois. Autant dire que je suis très loin d'atteindre ce niveau de dépenses et qu'avec ces marges, je devrais pouvoir m'acheter... bah une voiture par exemple ! Donc les trois pauvres fringues au rabais qui ne passent pas me turlupinent quelque peu.

Je tente des trucs, me disant que c'est une erreur. Genre peut-être que c'est juste le distributeur à côté de chez moi qui est bloqué et le lecteur de CB du magasin qui ne captait pas les visas étrangères...
Donc je prends courageusement mon scooter (qui, bien entendu, n'a plus beaucoup d'essence pour bien me stresser), je teste un autres distrib de Bank of America, d'une autre banque, je retente un autre jour... Echec, échec, échec.

Le service Visa H24 me dit que je ne peux avoir des infos sur le souci que via mon agence bancaire. Qui sera bien évidemment fermée car on est lundi, et à plus forte raison lundi 14 juillet.

 L'écran de la solitude. Jamais eu autant de sous sur mon compte. Rarement eu si peu en poche.

Me sentant très maligne, j'appelle le garage pour les prévenir que je ne vais pas pouvoir prendre la voiture aujourd'hui, mais le lendemain ça devrait être ok. Bien évidemment, je ne peux pas non plus souscrire à une assurance, et il m'en faut une pour aller récupérer le bolide. Autant dire qu'avec mes $7.43 en poche, je vais aller très loin.

Donc j'écris à mon très gentil banquier pour lui expliquer à quel point je suis dans la panade, en espérant qu'il puisse résoudre le souci mardi matin rapidos.
Sauf que... rien sur mon compte n'indiquait qu'il était bloqué. Voilà qui rendit mon banquier fort marri (et moi donc). Suite à de nouvelles tentatives de retrait infructueuses, il a dû aller chercher dans les procédures un peu derrière les fagots. Et c'est là qu'on s'est aperçus que mon compte était bloqué pour fraude !

On remercie bien fort les algorithmes de ma banque qui bloquent un compte sans prévenir personne, qui le font automatiquement... et 15 jours seulement après les évènements en cause (Paiement un même jour en France et aux US).

Cela résolu (ça a pris pas mal de temps, quelques organismes externes à contacter), j'appelle joyeusement mon assurance pour effectuer le paiement de mon devis. Je dis joyeusement, mais les prix du Michigan m'ont oté le sourire assez rapidement... Le tarif, pour une jeune conductrice comme moi (et sachant qu'ils se foutent des permis étrangers, donc même si j'avais 10 ans de conduite en France ça aurait été très poliment jeté dans une merveilleuse fosse à purin, avec le sourire parce qu'ils sont très gentils quand tu souscris à quelque chose), est de 190$.

Par mois.

Pour l'assurance la moins chère.

Insure.com-rates-by-state.jpg
 Les Michiganais peuvent être heureux : ils sont n°1 des US et certainement du monde !!
"Allo monsieur le proctologue ? Oui, je vais avoir besoin de vous."

Bref, sur le moment j'ai juste envie de choper ma voiture donc je réponds aimablement à ces arracheurs de bras, et le soir même, heureuse et indépendante, je me dirige sur mon super scooter au garage, avec le sourire et un réservoir plein d'essence.

Après moult paperasses dont je vous passe les détails (ils sont en ce moment même au dessus de l'atlantique; et j'ai mal au bras), on en vient au paiement. Qui m'est refusé.
Je hurle, intérieurement bien sûr, pour ne pas passer pour une hystérique en plus d'une boubourse. On retente en divisant la somme par deux : peut-être y a-t-il un plafond "par somme débitée". Nope.
Par trois ? Youpie, le paiement passe, je suis propriétaire d'un tiers de voiture !
Second essai : refusé.

(Truc marrant, ces paiements -tout comme ceux de l'assurance- se faisaient par téléphone et j'ai donc entendu mon numéro de carte bleue récité une dizaine de fois dans la journée. Bonheur et joie.)

Gros fail, donc. J'appelle à nouveau le numéro H24 Visa qui m'explique gentiment que bravo, j'ai bien regardé les plafonds. Mais que ceux-ci ne s'appliquent que dans la zone euro. Hors zone euro, ça descend à 5000€/30 derniers jours, que j'ai malheureusement atteint avec divers billets d'avions + obtention de mon logement.

Je repars donc à dos de scooter, maugréant dans ma non-barbe à l'injustice de l'univers et autres pensées aussi sombres qu'album de Patrick Bruel.

Mon banquier est aussitôt supra réactif et m'élève mes plafonds de paiement. Oh ! Vais-je avoir ma voiture dès le mercredi ? Vous savez bien que non, bande de mignons chérubins, car c'est écrit en haut de l'article (ou alors vous avez une mémoire de poisson rouge, et tant mieux, vous serez sûrement plus tenus en haleine que les autres).
Parce que les bases de données des banques sont pleines de sécurité qui empêchent des faire des updates foireux (et c'est tout à leur honneur), le process peut prendre jusque 48 heures.

Jusque impliquant que j'ai eu l’extrême allégresse de réessayer le paiement et par conséquent de réciter 3 ou 4 fois de plus mon numéro de CB au téléphone sans succès.
Répéter mon numéro de CB à voix haute alors que je me suis fait chier à l'apprendre par coeur pour éviter que les sites le mémorisent, j'aime ça.

Et c'est donc vendredi matin que je me rendis héroïquement au garage à pieds (~1h15). Flippant ma race qu'une autre broutille me tombe dessus et m'empêche de payer leur dû aux gentils messieurs que j'ai fait suer toute la semaine avec mes conneries. D'autant que j'avais besoin pour de vrai de la titine dès le lendemain.

Bien entendu, le gars qui a traité mon dossier n'était pas là, et il a dû filer les instructions par texto à son collègue, ce qui a d'autant rallongé le stress pré-paiement.
Fun fact, à nouveau, ce coup-ci il n'y a pas eu besoin d'appeler leur numéro de débit pour faire le paiement, et le mec n'était pas très causant. J'ai donc su que ça avait marché au moment où il m'a tendu le reçu et basiquement dit "Ok c'est bon, elle est à vous. Allez ciao !"

Voilà la bête, pour vous féliciter d'avoir lu jusqu'au bout.
Toyota Camry 2003. Transmission manuelle, SVP.


C'est donc dans ces circonstances, et avec un retard de quasi deux heures sur mon horaire de travail habituel, que j'ai conduit seule pour la première fois de ma vie.
Je ne vous raconte même pas le nombre de fois où j'ai calé, c'était impressionnant. Et je ne pigeais pas ! J'y allais tout doucement, pourtant...
...
...
Je vous le dis, que j'ai réalisé seulement à la moitié du trajet que j'avais oublié le frein à main ?
Vaut mieux pas.

lundi 14 juillet 2014

14/07/2014 Peinte-à-pitres

(Originellement posté le 18/07/2014)

Ce jeu de mots moisi vous a été fourni par Jean Roucas   l'office du tourisme de la Guadeloupe   une expatriée qui a honte.

N'empêche qu'il illustre pas si mal le concept que l'on a testé lundi soir avec Julie. Le concept en question : l'atelier peinture créatif (comprendre : alcoolisé).
Un animateur/une animatrice,
Un seul modèle de peinture,
Une vingtaine-trentaine d'élèves,
Un bar avec des serveurs dédiés (précision pour les geeks : je parle de personnes, pas d'ordinateurs),
2 ou 3 heures de prévues en fonction de la difficulté du tableau.

 La mise en place, dans un pub très américain
C'est à dire qu'il y avait pas moins de 8 TV sur les murs avec pas moins de 8 programmes différents.


Ce genre de truc est apparemment assez répandu aux US, au même titre que nos laser games et autres activités de groupes.

L'animatrice prépare les palettes et canevas avant l'arrivée des gentils élèves, et va réaliser le modèle (pré-choisi) devant tout le monde, étape par étape, en expliquant bien que faire. Les gentils élèves essaient tant bien que mal de suivre, en ajoutant ou non leur patte personnelle.

 Le modèle choisi pour la soirée

Donc on s'installe, on nous explique les pinceaux, comment mélanger les peintures, et hop, on dessine un cercle de lune, puis on fait un chôli dégradé de bleu ciel à bleu foncé.
Puis on ajoute un arbre.

 Si, si, l'arbre tsunami existe

Puis on ajoute des branches de partout et on fait un truc beau, ou ultra glauque. Sauf pour les gens qui, comme moi, sont totalement incapables de faire des traits fins tellement artistes qu'ils décident de faire des branches "fantaisie" pour donner un aspect plus funky au tableau.


Et au final, bah euh... C'est pas taupe taupe. Un bon cadeau de Noeloscope en perspective !

N'empêche que certaines des personnes ont fait un super boulot/bouleau, et on les applaudit très fort ! C'est plutôt pas mal de pouvoir se dire qu'on a fait soi-même un truc dont on se croyait pas mal incapable au départ (enfin perso je me sentais capable de faire du gros caca, et j'ai parfaitement relevé le challenge).

Les modèles changent tous les jours et on peut choisir ce qu'on va peindre au moment de la réservation. Certains trucs sont super beaux et autrement plus compliqués que notre gentil arbre avec ses trois pauvres couleurs.

Vous vous voyez réaliser ça en trois heures ? Pas moi.

vendredi 11 juillet 2014

11/07/2014 Bo bo bonux

(Originellement posté le 14/07/2014)

(Il est important de prononcer le titre de cet article avec l'air de "Motus" en tête, afin de bien vous pourrir les neurones)


Vous vous souvenez de la lessive Bonux ? Qui avait décidé de mettre des cadeaux dans ses paquets ? Incroyable marketing qui celui qui te fait payer 10 francs de plus ton produit parce qu'un jouet à 1 franc est planqué dedans. N'empêche que ça marche et que grâce à ça, tous les enfants de l'époque sont maintenant passionnés de linge blanc, frais et propre; ravis de choisir leur adoucissant en fonction de leurs besoins et capables de savoir distinguer les 800 programmes de leur merveilleuse machine à laver.

Ah non.

Par contre bouffer des céréales et des kinder surprise, ça, on sait faire.

 

 Ah, les pubs des années 60. Maman et son sourire bright un peu flippant. 
Papa planqué derrière la porte, au cas où la surprise serait pour lui (sinon il est prêt à se casser en courant de ce lieu de perdition qu'est la buanderie pour aller boire une bière devant le foot). Grand-mère en tablier. Et en prime une marinière et un beau ruban dans les cheveux.


Du coup si vous vous souvenez de ça, vous savez que ces cadeaux sont devenus tellement populaires en France que c'est passé dans le langage courant. Jusqu'à en créer des expressions, telles que "Eh, t’as eu ton permis de conduire dans un paquet de Bonux ?".

Et c'est là tout l'objet de ce post, mes choupinets, parce que oui.
Précisément.

Enfin non, je n'ai même pas eu besoin d'aller acheter de lessive. Vendredi soir dernier, j'ai reçu un courrier chez Julie. Naturellement j'attendais mon permis définitif de Scooter donc j'étais contente.

Mais ces boulets, qu'ils en soient remerciés à jamais, se sont grossièrement trompés, et au lieu d'avoir un permis de type "M" (Moped), j'ai écopé d'un permis "O"perator tout ce qu'il y a de plus légal.

Et c'est ainsi qu'après avoir travaillé, lutté et dépensé comme une galérienne pour au final échouer, la narratrice obtenut son permis complètement à l'improviste. Voilà voilà.

Notez bien que dans mon cas ça tombe très bien puisque je sais déjà conduire. N'empêche que je pourrais n'avoir jamais mis les pieds sur un embrayage (*) un frein de ma vie et être autorisée à conduire sur les routes de Florice et de Nevaddra (essai très infructueux de créer une assonance avec "de France et de Navarre", mais en version US).

Alors bon, c'est compréhensible vu la démarche très habituelle que j'ai accomplie en allant passer deux permis le même jour au Secretary Of State, 
MAIS C'EST COMPLETEMENT, MIROBOLIQUEMENT, INCROYABLEMENT, DIANTREMENT, PAC-MENT ET FOLLEMENT DINGUE, NON !?!?!?

Perso je ne m'en remets pas. 

Et ce qui me ferait le plus tripper du monde, ce serait de choper l'équivalence Française avec ce permis donné, au sens propre du terme.

(*) l'embrayage est un mauvais exemple puisque la plupart des américains n'y touchent pas de leur vie, voiture automatique oblige.

lundi 7 juillet 2014

04/07/2014 4th of July camping trip

(Originellement posté le 14/07/2014)

Morbleu de bresse ! Il semblerait que je n'aie rien posté depuis une semaine, et je sais que mon cercle de lecteurs delurés se morfond déjà en s'approchant dangereusement du rayon lames de rasoir du Carrefour le plus proche.

Pour ceux qui n'auraient pas encore été déniaisés, le logo de carrefour n'est pas deux flèches stylisées accolées, mais un bête "C". 
De rien.
Plus probablement, vous êtes certainement tous en vacances ou au moins en week-end de trois jours et vous auriez tort de vous en priver.
Etant au boulot dans un moment de creux assez poussé (Cher Grand Frère Adoré, je rigole. Ce post a bien évidemment été écrit pendant la nuit et j'ai simplement mis un retardateur afin qu'il soit posté de jour. Ouhlala que je travaille dur aujourd'hui, tellement que j'en ai des céphalées - dit la baleine aphasique), et bien entendu jalouse de votre jour férié, je vais m'extasier sur la fête nationale emblématique de ces adorateurs de drapeau chez qui je vis.
 Donc le 4th of July, c'est l'Independance Day, sans soucoupe volante au dessus de Nouillorque. Quoi qu'en fait je n'en sais bigrement rien, je n'y étais pas. Parce que ce jour là, accompagnée de 22 autres joyeux péons de tous horizons, nous nous sommes rendus à Alcona, près de la phalange médiane de l'index (remember ? Le michigan est une main mouflée), pour faire du canoë et du camping.
Bon, vous allez me dire que je ne varie pas trop les plaisirs, entre la corse, sleeping bear dunes et ça. Sauf que l'ambiance était un peu différente comme vous n'allez pas tarder à vous rendre compte.
Déjà, les moins analphabètes d'entre vous auront noté que nous étions 23. 23 personnes c'est beaucoup, aussi une logistique de foufou fut-elle nécessaire. Et là, j'eus aimé donner un coup de main mais mon scooter et le temps pluvieux en ont décidé autrement. Donc grand merci à Natalie, Pauline, Julien et Louis principalement pour l'orga, que je vous laisse admirer.
 

Pas moins de 339 jello shots ont été préparés pour l'occasion

 Un nombre non moins négligeable de délicieux cookies (et aussi des muffins non pris en photo)
 Les caddies de courses m'ont rappelé les emplettes pré-corse de mon enfance


Le départ en flotte à 9h le lendemain matin a imposé qu'on se casse du bureau avant 16h, avec une légère mauvaise conscience du fait que l'on recevait encore des mails de Paris à cette heure là...
Comme à Sleeping Bear Dunes, un coin feu de bois était procuré.

Note : on n'a pas énormément de photos de ce séjour à cause des prévisions météorologiques de forts risques de chavirage de bateaux d'une part (prévisions avérées); et que les ressources en électricité étaient très limitées d'autre part.

 La première soirée s'est prolongée assez tard mais j'ai fait ma fiotte afin d'être en forme pour la journée sportive du lendemain.
Bah oui parce qu'on allait quand même rester de 9h30 à 17h30 sur l'eau ! Autant dire que ça fait les bras !

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Sauf que.
La conception de faire du canoë dans ce groupe de joyeux drilles était "accrocher un max d'embarcations entre elles et se laisser porter par la courant. Éventuellement, en dernier recours avant percutage de berge, donner 3 coups de pagaie pour se remettre dans la rivière".

Concept au demeurant très agréable.
 
 
Vous noterez au passage la présence de glacières sur chaque bateau, dont le contenu principal était évidemment de l'eau et de saines crudités bio





  Vous noterez au repassage que j'ai un certain air de Gilbert Montagné qui aurait fusionné avec une serpillère sur cette photo

Vous noterez au dernier passage que le paysage n'était pas dégueu


Fun fact: dans la groupe, nous étions majoritairement des Français, avec quelques indiens ou assimilés, deux américaines, et deux allemandes.
Deux allemandes. Et on était le 4 juillet. 
La plupart des lecteurs de ce blog se contrefoutent du foot (j'ai toujours envie de factoriser des phrases pareilles. Vous auriez compris se (contre + 1)foutent ? Non ? J'ai bien fait de résister à ma pulsion incoercible), mais certains auront noté un soupçon de parfum de discorde.
Parce que des milliardaires en short teutons affrontaient ce jour là des milliardaires en short gaulois. Et bon, dans le groupe, il y a pas mal de fanas du ballon rond. Bien entendu, c'est tombé face poil sur le jour où nous étions le plus coupés du monde possible, avec très peu de réseau, très peu d'électricité, et une humidité prévue et ressentie de 100% à plusieurs reprises dans la journée.
Donc l'un de nous s'est arrangé pour recevoir les résultats par texto dans un coffret étanche. Je vous raconte pas l'ambiance quand on a appris le 1-0. 
Naturellement, les pauvres allemandes ont fini à l'eau, renversées par les foutres du destin. Destin qui était légèrement aidé par de petites menottes françaises ce jour là.

Après tant d'efforts, le réconfort, avec barbecue, bière-pong France vs Rest of the World et une victoire incontestable de la France, qui a apprécié la revanche.
Jamais la marseillaise n'aura tant retenti que ce 4 juillet en terre étrangère.



Puis lendemain très tranquille avec micro plage, lac à température parfaite; et une soirée de derrière les fagots (et dessus les fagots pour certains danseurs de feu légèrement inconscients) s'en est suivie.

Enfin le dimanche, nous sommes rentrées avec des bouchons eux aussi très "marseillaise" (7h de trajet, contre 4 à l'aller).