samedi 30 août 2014

30/08/2014 La ville sous laquelle dormait Newton

(Originellement posté le 16/09/2014)  

Les plus fringants perspicaces astucieux l'auront deviné via mon dernier article, je suis allée à New York, New York il y a peu. Bravo à eux, ils gagnent un guide du petit détective mortellement chiant dédicacé par l'Inspecteur Derrick. A propos, info culturelle du jour, savez vous que la chanson de Sinatra de ce nom n'est pas liée à un effet de mode ou de bégaiement, c'est simplement qu'il énonce la ville, puis l'état. Comme quand je dis que je vis près de Detroit, Michigan.
Info culturelle de demain, cette chanson n'est en fait pas de Sinatra. Bam. C'est de Kander & Ebb, et la première interprète était Liza Minelli pour le film de Scorsese du même nom (New York New York, le nom. Bah oui, "Liza Minelli" ça ferait plus magasin de chaussures des Simpsons).

Je sais que ce jeu de mots ne marche pas en anglais, mais j'm'en fous, j'avais envie.
Je sais qu'il ne marche pas en français non plus. Bande de chipoteurs.

Et là je suis heureuse, parce que je m'étais dit que je n'allais pour une fois pas faire un article fleuve de description de week-end, mais je n'en suis qu'à l'énonciation du lieu et j'ai déjà tapoté une demi page. Mon prof de philo de prépa et son slogan "Rigueur, précision, concision" seraient fiers de moi.

Bref. Le premier lundi de septembre aux Etats-Unis est leur Fête du travail, soit l'équivalent de notre premier mai (à noter : les US ont le bon goût de toujours caler les jours fériés pendant des jours ouvrés, donc même s'il y en a moins qu'à la maison, il n'y a pas d'année où l'on se sent volé dans les tréfonds de son âme car 4 de ces jours merveilleux tombent en week-end) (kikoo mes deux premières années de boulot) (je mets de parenthèses si je veux) (elles peuvent même faire une petite danse des parenthèses ()))())()())())()) qui en perturbera plus d'un vu qu'il n'y a pas autant d'ouvrantes que de fermantes) (surtout les développeurs) (à propos du premier mai, c'est rigolo que les américains la fêtent en septembre, parce que ça commémore la grève généralisée de leurs syndicats à eux le 1er mai 1886) (même si évidemment nous autres français on avait déjà instauré des fêtes du travail avant, c'est ce jour là qui a gravé leur date dans le marbre) (ok j'arrête) (Rigueur, précision, concision).

Pour en revenir à nos moutons, ça fait un super week-end de trois jours où quasi tous les américains partent, vu que c'est aussi la dernière occasion de partir de l'été. Et en général les gens quittent le bureau vers 3h, ces jours là, avec évidemment une grosse productivité à la clé.

Bref, pas au courant du tout de ce système au moment de ma réservation de billets, je m'envole vers la grosse pomme à 21h au terme d'un travail acharné pour ma société chérie (la forme Grosgus ?).

Je retrouve avec bonheur la chaleur suffocante et odoriférante du métro, ses rats, ses gens bizarres et ses attentes interminables. (Je précise que cette dernière phrase n'est pas ironique. J'aime le métro, je suis comme ça, réussir à tenir mon bouquin entre deux doigts avec un angle improbable entre deux gros dégueulasses transpirants m'inspire de la joie.)

  Ode à la vie
 
Je retrouve également avec bonheur (mais moins, faut pas abuser) Ludo, un pote d'école qui est parti en VIE le même jour que moi, mais pour une destination bien moins glamour, il faut l'admettre. Ils ont eu le bon goût de m'attendre avec un pote à lui (Billy) avant de s'encanailler dans les bars New-Yorkais.

Sexy chinatown
 
Déposer mes affaires chez lui est l'occasion de découvrir Chinatown, et, par là-même, le fait que Chinatown sent à peu près la même odeur que les algues enrobant les makis. C'est à dire que... ça pue, tout simplement. L'avantage de ce quartier c'est qu'il est au coeur de Manhattan, proche d'endroits qui bougent, et que c'est moins cher que la plupart des voisinages environnants (c'est à dire qu'une chambre ne coûte que trois bras par mois). Grâce à la splendide carte des bons coins de New York, on enchaîne les tentatives de bars. Certains sont pleins, certains sont payants, certains sont bruyants. On s'en fiche, dans cette ville il suffit de faire 30 mètres pour trouver un nouvel endroit !

 Billy et Ludo, les mecs à l'air le plus intelligent du monde

Le lendemain, changement d'ambiance, je retrouve mes cousins qui viennent d'emménager (3 jours avant !) avec leurs deux filles dans un quartier proche de l'Empire State Building. Je prévois de partir à l'avance malgré la petite nuit pour trouver des fleurs sur la route, mais grâce à une classique confusion West/East sur le numéro de rue, j'y arrive à la bourre et sans rien.
Quartier mignon avec plein de petites maisons "à l'anglaise"

Retrouvailles sympa avec ces grands voyageurs, et le petit accident amusant : ma cousine se sert du four pour faire griller des toasts. Le four est très trop efficace et au bout de 30 secondes, l'appart est empli de fumée. Les alarmes assourdissantes retentissent. On tente de les arrêter mais sans succès. Au bout de deux très longues minutes le silence revient. Ouf, on va pouvoir prendre ce petit dej sur le toit de leur immeuble !
Sauf que, bruits dans l'escalier, porte qui s'ouvre : les pompiers New Yorkais entrent dans l'appart avec tout leur matos, prêts à éteindre l'énorme incendie qui vient de se déclarer. Réplique culte d'Anne-Laure "Désolée, je suis un peu meilleure cuisinière que ça, d'habitude...". Rires, photos, et surtout HALLUCINATION totale de notre part : les gentils sapeurs ont ramené deux camions et bloqué la rue pour 3 muffins anglais cramés. On sait pas si c'est une fausse manip quand on a tenté d'éteindre les détecteurs de fumée, mais en tout cas les impôts doivent être sacrément élevés dans le coin.

Vue imprenable du toit-terrasse sur la rue et ses camions de pompiers

Suite à un délicieux brunch en terrasse, je retrouve Ludo & Billy au Guggenheim pour un peu de culture.
 
 Ce musée a la particularité d'avoir une architecture en spirale : on progresse dans l'exposition en montant un sol légèrement incliné qui fait le contour du bâtiment.

L'expo principale concerne le futurisme, un mouvement dont j'ignore tout, mais qui porte bien ce nom puisqu'il veut justement incarner... le mouvement et la dynamique. J'aime assez ce que je découvre, même si leur manifeste est haïssable au possible par endroits.
Plus tard, on m'a appris que l'exposition "dans la spirale" est en fait temporaire, et les galeries sur le côté ont elles les collections permanentes (avec du Kandinsky et des impressionnistes notamment)

Comme je vous aime bien et je veux prouver que je suis une dingue qui ne respecte pas les consignes de ne pas prendre de photos, vous avez droit à quelques tableaux futuristes que j'ai appréciés.



Suite à ça, Ludo et moi nous rendons à LA (non, pas Los Angeles, ne hurlez pas, j'utilise simplement un procédé d'emphase à base de gras et de majuscules) raison de mon voyage à NYC : Flushing Meadows, aussi appelés les internationaux de tennis américains, aussi appelé US Open. Ce qui me permet de passer un excellent moment, d'apprendre le tennis à Ludo, et -beaucoup plus important- de compléter ma collection de casquettes de Grand Chelem. Futurs appartements, prenez garde, je vais massacrer vos murs à grands coups de couvre-chefs ! 

Autres goodies en vente à l'USO. Mais je me refuse aux canards aux US !

 J'ai l'air con mais je m'en fous-euh.

Après un double mixte en gros plan et à un match de filles plutôt pas mal entre Eugénie Bouchard (dont le doux patronyme nous inspire d'aussi doux encouragements) et Zahlavova Strycova (plus communément appelée "la russe") (mais en fait elle est tchèque), on assiste à un duel génial entre Robredo et Kyrgios. Ca joue bien, il y a une belle opposition de styles, et comme il se fait tard, les gens se cassent et nous permettent de nous rapprocher. Parfait match pour conclure ma première tournée des majeurs. Bientôt celle des pouces ? (avec Tsonga) (cette dernière "blague" est incompréhensible pour les non-amateurs de tennis. Bien fait pour vous.)

Les nocturnes de l'US Open se terminent à 1h du mat', mais on est dans la ville qui ne dort pas. Alors bien évidemment, on ne va pas aller faire nos faibles !
On se rend donc à Brooklyn pour aller voir un DJ set dans un club un peu underground avec une ambiance bien particulière d'entrepôt désaffecté. Ça rappellerait presque la maison.

Les tags visibles depuis la méga terrasse de la boîte

On rate un métro à cause de manque de crédit, on décide de faire nos riches à rentrer en taxi, et bim, dodo bien mérité.

La journée du dimanche est un peu plus calme. Le matin, alors que je suis censée me lever pour une visite guidée de studios et galeries d'artistes dans Lower East Side, l'appel du canap' est trop fort. Balades dans les sympathiques quartiers de Little Italy et vers Washington Square où on retrouve Billy pour une foire d'artisanat de rue. Sauf qu'il commence à dracher comme vache qui pleut des cordes et que les gens remballent leurs stands. On se fait tremper comme des soupes polonaises (kikoo Steph) et on finit par se poser dans un random Chipotle parce que les torrents qui tombent du ciel (c'est donc de là que vient l'adjectif torrentiel !!) ne sont pas à notre goût.

 
Washington Square, très touristique avec plein de spectacles de rue

Ca finit par se calmer, et s'ensuit une balade sympa dans les quartiers de Greenwich et West Village.
 Le Café Wha, une scène ouverte qui a vu débuter des noms comme Bob Dylan, Jimi Hendrix, the Temptations, the Supremes, Bruce Springsteen, ou encore Kool&The Gang.

Les noms "village" ne sont pas usurpés dans ces coins, puisque l'atmosphère est vraiment celle d'une petite et charmante bourgade accessible, bien loin du gigantisme ambiant du financial district.

On se sépare pour la fin d'aprem, avant de se retrouver à Time's square pour dîner avec des colocs de Ludo. Occasion parfaite pour moi pour refaire un tour à Central Park, dont je n'ai pas vu la moitié inférieure lors de ma dernière visite en 2009.

 Et en fait j'y arrive au crépuscule, donc je n'ai toujours pas vu grand chose de l'endroit...
 Mince. Il faudra que je revienne.

Le dîner, on le prend chez Ellen's Stardust, un diner connu de Time's square (il y a toujours la queue) pour sa déco typique des sixties et ses serveurs qui interprètent des titres connus et font l'animation pendant le repas. A noter que ce sont des personnes qui ont échoué de peu aux recrutements pour les comédies musicales de broadway, donc la qualité des voix est au rendez-vous !
 
Il est ensuite temps pour nous de compléter un peu mieux la carte de Ludo.

Premier arrêt, le Ice Bar "Minus 5" qui vous gèle le cortex dans un cadre enchanteur (mais onéreux) tout en glace. A noter qu'encore une fois j'ai fait ma rebelle puisque les appareils photos étaient interdits (de façon à revendre ensuite les prises de vue)

 Dernier arrêt, un bar jazzy de East Village. On a eu beau arriver à 3h30, il y avait encore du monde et on a vu pas moins de 3 groupes différents sur scène. En outre ils proposent de jouer au babyfoot, au ping pong et autres jeux de palets.

Lundi et déjà le dernier jour du périple ! Bien écourté par un lever assez tardif cette fois encore. On traverse le pont de Brooklyn en contemplant sa vue imprenable sur la skyline du financial district. S'ensuit une déambulation dans les rues cossues de Brooklyn Heights et un brunch en terrasse dans une chaleur assez étouffante qui invite à se limiter à des fruits (je devrais aller vivre dans un pays tropical non climatisé pour perdre tout appétit).

Haut lieu de tourisme... Plutôt mérité.

Et voilà comment se clôt un excellent week-end ! Avec un léger stress à l'aéroport et en voiture, puisque d'énormes orages dans la zone de Détroit (Encore. Ouaip.) ont failli annuler mon vol, l'ont finalement "juste" retardé de deux heures, et ont inondé l'autoroute me ramenant chez moi, provoquant une demi-heure supplémentaire de retard. Autant dire que ma fraicheur le lendemain n'avait d'égal que ma motivation. Au moins ce fut l'occasion pour moi d'être pour une fois rigoureuse, précise et concise.

vendredi 29 août 2014

29/08/2014 Et de quatre !

(Originellement posté le 08/09/2014) 

Vous croyiez que j'étais morte ?

A vrai dire, non, j'ai eu pas mal de boulot la semaine dernière. Comme quoi tout arrive.
Vous me direz, j'aurais pu bouger mon postérieur durant le week-end. Figurez-vous que je l'ai fait, au sens propre du terme... De toute façon, la zone proche de Detroit a souffert de nombreuses coupures de courant ces deux derniers jours, donc je n'aurais rien pu y faire, à moins d'apprendre à générer des champs de Wi-Fi spontanés sur la planète Yardrat.
N'ayant pu piquer de capsule au commando Ginue, cela n'a malheureusement pas fait partie de mon planning fin d'hebdromadaire.
(Si vous n'avez pas compris les dernières phrases, c'est que vous avez eu une enfance normale. Ségolène Royal vous félicite ainsi que votre famille)

Et comme je pars dès demain en Ontario, ce blog risque de ne guère guérir de sa non-mise-à-jour-ite aiguë incessamment sous peu.

Sachez juste ceci, mes petits amis :
J'en connais une dans mon passé qui est sacrément heureuse. Et figurez-vous que l'actuelle a passé un plutôt très bon moment également.

mardi 12 août 2014

12/08/2014 Comme vache qui pleut



- Nous interrompons votre programme de touristeries gentillettes pour vous faire part de la situation incroyablement aqueuse dans le Michigan -

Les habitants de la région de Detroit ne vont décidément pas beaucoup aimer 2014. Outre le pire hiver de mémoire d'homme vécu cette dernière saison, cet été n'est définitivement pas l'incarnation de la clémence. 

Normalement les étés du Michigan sont la contrepartie de la saison froide : temps chaud et sec, et ce de manière discontinue. 

Au lieu de cela, nous avons assisté hier à une mousson sans précédent qui, non contente d'empêcher certaines personnes très motivées de se rendre au club de gym le plus proche, a inondé trois des principaux axes routiers des environs. Provoquant un trafic incroyable, la fuite des automobilistes (plus de 1000 voitures laissées à l'abandon car noyées), et l'impossibilité pour certains de rentrer chez eux. Une dame a même succombé à des attaques liées au stress, en voyant son véhicule se faire submerger. En moyenne, 15 cm de précipitation dans la région en moins d'une douzaine d'heures. Nos autoroutes, pour la plupart en profondeur par rapport au niveau terrestre moyen, ont la chance d'en collecter une grande partie.

En plus de cette catastrophe pour les personnes en mobilité, on constate l'inondation d'un grand nombre d'habitations et d'encore plus de caves, ainsi que des pannes d'électricité pour plus de 30 000 usagers.

La situation était censée s'améliorer aujourd'hui, avec uniquement de légères et éparses pluies dans les prévisions. Etant donné ce qui tombe actuellement, nous pouvons dire que la légendaire fiabilité des bulletins météo reste fidèle à elle-même.

L'état des autoroutes, qui appelait déjà hier à les maintenir fermés durant quelques jours pour besoin de drainage et de nettoyage (principalement des voitures abandonnées), se maintient donc au pas-beau fixe.

Quelques images pour régaler les yeux des lecteurs :
Cars are stuck in the flood waters on the Lodge freeway near the Oakmand Blvd. overpass.Hazel Park officer Jeff Czarnecki helps rescue Nabil Kinaia of Sterling Heights who was trapped along northbound 75 at Woodward Heights on Monday August 11, 2014 after heavy rains flooded multiple expressways in metro Detroit. Over seven vehicles were completely submerged.Flooding in Eastpointe on Monday, August 11, 2014.
The roofs of submerged vehicles along northbound I-75 near Woodward Heights Blvd. are all that remain afloat on Monday August 11, 2014 after heavy rains flooded multiple expressways in metro Detroit. Over seven vehicles were completely submerged. Ryan Garza / Detroit Free Press
Vous pourrez trouver plus de photos de l'événement, qui s'est déjà trouvé le charmant petit surnom de Floodageddon, ici : http://www.freep.com/article/20140812/NEWS05/308120049/detroit-flood-social-media


Quelques anecdotes personnelles également :
- J'ai la chance d'habiter à 10 minutes de mon travail et de ne pas nécessiter l'emprunt des grands axes. Néanmoins j'ai du conduire à plusieurs reprises dans d'énormes flaques de plus de 30 cm de profondeur.
- Un collègue a mis hier 2h30 à rentrer chez lui (contre 20 minutes d'habitude), ayant dû contourner une bonne dizaine de routes usuelles complètement submergées par les eaux.
- Un autre n'est pas venu aujourd'hui parce qu'il a 30 cm d'eau dans sa cave. Et de toute façon l'autoroute qui le mène au travail est bloqué.
- Un ami a eu 3 cm d'eau dans sa chambre. Son proprio est venu le sauver avec un super aspirateur à humidité.
- La fille de mon chef a failli se noyer en rentrant chez lui. Elle l'a appelé paniquée, parce qu'elle était obligée de griller les feux rouges et les stops pour éviter que le moteur prenne trop l'eau. Elle voulait savoir si c'était très grave...

samedi 9 août 2014

09/08/2014 Homerun

(Originellement posté le 25/08/2014) 

En venant aux Etats-Unis, il y a une liste de sports typiques que tout bon touriste longue durée se doit de remplir. Certains plus attrayants que d'autres, d'ailleurs.

Ainsi, des choses qui sont moins populaires en France, comme le foot US, le basketball, le baseball, le bière-pong et le hockey sur glace sont ici des institutions.

J'ai eu la chance de tester le pénultième en quelques variantes depuis mon arrivée mais récemment j'ai fait l'expérience un peu plus macro du baseball, que je m'apprête à vous narrer. Surtout maintenant que j'ai réalisé mon ambition de caser "pénultième" sans le faire précéder d'"ante-" dans une phrase.

Tout d'abord, les règles !
Deux équipes de 9 joueurs s'affrontent et occupent à tour de rôle les positions d'attaquants et de défenseurs. Ca se joue en 9 manches ou "innings", qui comportent chacune un tour d'attaque et de défense par équipe.
Un tour se termine lorsque trois batteurs sont éliminés par la défense (soit ils ratent une balle bien lancée trois fois, soit ils se font éliminer si la balle qu'ils ont frappée revient à la base avant eux). Lorsqu'un batteur frappe, il a le droit de courir, son but étant d'atteindre une base. S'il fait le tour des 4 bases qui composent le carré principal, il marque un point. Et ça switche constamment. 

Le stade des Cubs, tout mignon avec son ourson tatoué dans la pelouse

Maintenant que vous savez les règles pour les joueurs, voici celle pour le public :
Toute personne qui assiste au match se doit de s'en contrefoutre.

Sérieusement. Le sport est ultra populaire aux US, mais les gens y vont uniquement pour picoler et manger des cacahuètes. Moi aussi j'ai du mal à comprendre comment le business se pérénise sachant qu'il y a des lieux qu'on appelle des bars qui existent, qui ne font pas payer l'entrée, où on est mieux assis et où les consommations sont moins chères.

J'ai eu la chance d'avoir une invitation pour y aller, sans quoi j'aurais certainement été très déçue de sortir le portefeuille pour ce genre de match. La plupart des gens qui me connaissent savent que j'aime beaucoup le sport. Enfin je veux dire, regarder le sport, faut pas pousser. 
Donc j'ai bien entendu lutté contre la norme et posé mes fesses et mes yeux devant le match tandis que l'énorme majorité du groupe (15 personnes sur 18) se dirigeaient à la super terrasse panoramique d'où on voit très bien Chicago et très pas du tout la rencontre.

 Les américains mettent des cupholders PARTOUT. Par contre, pas de poubelle, ce qui fait que tout le monde balance ses pelures de cacahuètes (le casse dalle typique pour du baseball) PARTOUT, et que le stade devient très vite dégueulasse. "Ca crée de l'emploi", dixit les américains.

Et figurez-vous que... C'est très, très, très chiant.
C'est quelqu'un qui apprécie le biathlon qui vous dit ça, hein. Vous savez, le sport où les gens font exactement le même mouvement pendant 20 minutes, puis s'allongent et tirent 5 cartouches ? Voilà. Ce genre de truc me passionne.

Je pense que je suis tombée sur un match particulièrement moisi, mais il n'empêche que de manière générale, au baseball, tu regardes juste des gens qui se ratent. Rate le lancer. Rate la balle. Ne court pas parce que sa frappe risque de tomber aux mains de la défense. C'est un sport de négation plutôt que d'action, en fait.
Ah, truc rigolo. Les batteurs sont censés courir autour du terrain, vous vous souvenez ? Certains sont tellement des athlètes qu'ils atteignent la première base, et là se font remplacer par quelqu'un qui court plus vite.

Donc bon, au bout d'une heure (un match dure 180 longues minutes en moyenne), j'ai succombé et décidé de me comporter en bonne vraie américaine et de n'en avoir rien à faire. La chance que j'avais, c'était d'être à Chicago qui possède l'un des plus anciens stades du monde : le Wrigley Stadium, qui fête son centenaire cette année.

100 ans de gens qui s'en foutent, yee-hah !

Effectivement, l'environnement est sympa, ça a été bien préservé et ça correspond bien à l'image qu'on se fait d'un stade de baseball d'après les films et autres séries US dont nous autres européens nous gorgeons (toujours très légalement). Julie m'emmène faire un tour de touristeries.

Il y a un stand pour les gens qui viennent voir leur premier match ! La plupart des gens qui font la queue sont accompagnés... par leurs parents.

 USA oblige, on trouve de la bouffe partout dans les allées. Evidemment, pour les plus feignasses, il y a aussi des vendeurs qui se déplacent pour toi dans le stade et te vendent sodas, bières, hot-dogs, cahuètes...

 
Ceci se déroule bien pendant le match. C'est bondé de partout, parce que vraiment tout le monde s'en carre.

 La terrasse panoramique qui est en effet un lieu très sympa. Tellement sympa que certains n'en décollent pas une seule seconde.


Pour faire ma vraie touriste, j'ai goûté un hot-dog typique de Chicago. Ce qui change par rapport au traditionnel c'est qu'il n'y a pas de moutarde, que du ketchup. Et également plein de garniture qui le rend impossible à manger proprement.

La vue sur Chicago est quand même plutôt chouette.

Au final, les Cubs (équipe locale) ont perdu 2-0, et pour vous dire à quel point ça m'a passionnée, je ne me souviens même plus contre qui ils jouaient. 

2-0 en trois heures. 
Diantre, vivement l'US Open. 
Je me demande bien quand ça va commencer... ;-)

vendredi 8 août 2014

03/08/2014 Boston Part 3 - Cambridge & Airport

(Originellement posté le 21/08/2014)

Dernier jour à Boston... Qui commence doucement puisque nous faisons une escale à la piscine de l'hôtel avec Noëmie alors que Lina rentre à New York.

Le petit détail sympa : les douches disposent d'une salle de hammam dont nous ne nous sommes pas privées (tout de même, ce serait dommage ! Avec tous ces enfants qui meurent de manque de vapeur autour d'eux dans le monde ! Ah non, ça ne marche pas.)

Puis nous rejoignons Jonathan, Cem et une amie (dont j'ai oublié le nom, honte sur moi !) pour un brunch dans un endroit trendy près de Harvard où le menu se décompose en deux catégories : "Pizza" et "Not Pizza". Tellement trendy qu'on attend un peu avant de pouvoir s'asseoir à table. Là où ils sont malins, c'est qu'au lieu de mettre une file d'attente pénible à souhait, nous patientons dans une sorte de cafet' où on peut s'asseoir, brancher son PC, et prendre un petit en-cas (Muffin, croissant, café etc...). Nous ne nous privons pas pendant les vingt minutes où nous devions patienter (et nous réalisons au passage qu'ils comptent en base 25, ces margoulins).

S'en suit une petite balade dans Cambridge au terme de laquelle nous disons au revoir à la plupart des gens pour se retrouver avec juste Noë et moi.

 Peinture sur bus
 Harvard plagie les tuileries ! Cocorico !
 La statue super célèbre du fondateur d'Harvard. Tout le monde se prend en photo en touchant la statue. J'ai appris par deux élèves que le bizutage des premières années consiste à les faire pisser sur la statue.
 La co-op, boutique de goodies Harvard, a des articles très intéressants...
 Le campus célèbre est celui avec la statue. Noë me propose d'aller visiter le sien, de l'autre côté de la rivière.
C'est là ! La demoiselle a fait ses études dans le Tata building, qui a un nom inversement proportionnellement cool à sa décoration.
 En fait ce campus est aussi grand que l'autre, mais plus vert, moins fréquenté, et avec plus de jolis bâtiments
 On profite de la sortie de gens pour aller voir les salons intérieurs.

Puis, l'heure tournant inexorablement, nous nous dirigeons vers l'hôtel d'un pas ferme, mais déjà nostalgique. Ce afin de récupérer nos affaires et faire de larmoyants adieux sur le front de mer, les cheveux balayés par la brise venant d'orient.
(On s'est dit "à plus", quoi. Mais ça me donne une bonne excuse pour avoir les cheveux en bordel)

Mon vol ne partant que le lendemain, je tâche de joindre des iiens qui traînent dans le coin, mais sans succès. Donc je me balade et profite de la diversité de cette ville qui me plaît bien.








Dans le parc, une pièce de théâtre en plein air est en train de se jouer. Séduite, je m'assois et contemple. Sauf que je suis très loin, j'entends mal, et qui plus est je suis arrivée au milieu de la pièce qui est une adaptation contemporaine de Shakespeare. Autant dire que je ne pige goutte à ce spectacle, et je préfère continuer mon pédestre périple.

Vers 11h, j'arrive à l'aéroport, dans le but de ... passer la nuit là-bas !
Hé ouais, je l'ai dit à personne parce que je ne voulais pas vous faire flipper. Mais le fait est qu'une chambre d'hotel à Boston coûte dans les 300$, qu'à ça j'aurais dû ajouter le taxi à 40$ pour m'emmener à l'aéroport, et que mon vol étant à 6h30 du mat', il m'aurait fallu me lever à 5h dernier carat. 300$ pour 6h ça fait la modique somme de 50$ de l'heure. Je me suis dit qu'un peu de gratuité zebrée d'aventure ne me ferait pas de mal.
(Pour les objecteurs : oui, j'ai également regardé airbnb et craigslist, mais il n'y avait rien à moins de 100$, ce que je trouve onereux pour une demi-nuit de sommeil).

J'avais tout de même préparé mon coup en empruntant une couverture/plaid à Julie et en parcourant le site http://www.sleepinginairports.net/ en long, en large et en travers avant de partir.
On apprend plein de trucs. Déjà que des gens dorment à l'aéroport ! Ce que perso je ne soupçonnais pas le moins du monde, à part en cas de grève ou autre Eyjafjallajokull faisant des siennes (j'ai écrit de tête. Si j'ai bon vous m'offrez un coup à boire). Aussi quels sont les endroits à privilégier, avec, pour chaque aéroport, des témoignages et autres conseils.

 En chemin vers l'aéroport, un petit clin d'oeil à la Mad hâteuse que je suis...



Donc je savais déjà que je pouvais trouver une chapelle et des rocking chairs entre le terminal B et C. J'avais l'intention de me diriger vers la première, a priori très tranquille, mais ce n'était pas ouvert la nuit. Et on entendait un peu trop bien l'ignoble bruit de l'escalator non loin.

J'ai pas l'air d'une bonne SDF, là, sous mon escalier près de la chapelle ?

Je décide donc de suivre les conseils d'internet et de me diriger vers le coin rocking chairs. C'est pas mal foutu et ça a l'air nettement plus confortable que les gens qui dorment sur les banquettes à accoudoirs dans les terminaux où les annonces sont incessantes. Ici la lumière est tamisée et tout le monde est là pour dormir. En plus il y a des prises de courant.

Il est pas choupi ce petit coin ? En tout plus d'une vingtaine de chaises sont mises à dispo.

Les chaises sont dures, même avec un plaid, mais ça reste acceptable. Au bout d'un moment et de pas mal de lecture, j'arrive à m'endormir. Bien sûr quand je me réveille peu de temps après, j'ai mal au dos, au bide à cause de ma ceinture, à la nuque, un peu partout... A peu près tous les occupants des chaises se sont allongés par terre. Je fais de même sans grand succès, puis, mon vol étant exceptionnellement tôt, je fais simplement ma toilette avant d'embarquer.

Jamais si bien dormi dans un avion.