samedi 4 octobre 2014

04/10/2014 La croisière s'amuse

(Originellement posté le 07/11/2014)

"Ô temps, suspends ton vol ! Et vous, heures propices, suspendez votre cours !

Laissez-nous savourer les rapides délices, des plus beaux de nos jours !

Sans quoi, nous autres procrastinateurs, artistes et troubadours

Serons dans l'incapacité de blogguer et de manger du boulghour."
                           - Alppronsimatif de Lamartine ; Lac, Méditation XIV (1820)

Nom d'un petit bonhomme en mousse de canard enchainé marne la vallée. Je m'empare de bretelles, d'une coiffe en dentelle et d'une voix rocailleuse pour émettre cette platitude extrême mais si vraie : "Diantre que le temps passe vite".
C'est vrai quand même, on a à peine le dos tourné qu'il se passe deux semaines sans aucun post sur le blog et qu'on a par conséquent plus d'un mois de retard.

En fait ce n'est pas plus mal car cet article-ci et les quelques suivants risquent de déclencher des crises de "nom de zeus, et dire que mes impôts aident à payer les vacances de ces gougnafiers de VIE !".
Donc, deux points avant le début de cet article qui fait déjà une page de long alors qu'on n'a pas commencé d'aborder le sujet, je sais, chut, si ça continue comme ça j'arrête d'écrire :
- 1. Merci, c'est vraiment chouette de ta part de bosser pour que je voyage.
- 2. A l'heure qu'il est, il fait plus froid chez moi que chez toi, tu peux donc me rire au nez avec la voix de Nelson des Simpsons (on approche à grands pas du 0° Celsius... Et vendredi dernier nous a offert notre première neige).

Ceci fait, je peux maintenant ouvrir mon dictionnaire de synonymes de paradisiaque pour commencer ma narration.

Julie, dont le deuxième prénom est "reine des bons plans" (cruels parents), nous a dégotté une semaine de croisière dans les Caraïbes au tarif imbattable de 650$ par personne, tout compris même le vol. Même avec le cassage de gueule de l'euro vous êtes en droit de me détester.

Personnellement, je n'avais jamais fait de croisière ni même envisagé d'en faire une, mes références en la matière étant Titanic ou Agatha Christie. Les rencontres mondaines entre personnes de haut lignage, c'est un peu comme des Chocapic périmés depuis 10 ans : j'en ai une énorme pas envie.

Il se trouve qu'en fait, pour les américains (et peut-être les européens aussi, à vrai dire), ça s'est beaucoup démocratisé et que c'est même un mode de vacances assez privilégié vu que nos amis d'outre-atlantique tendent à apprécier le all inclusive. Donc assez peu de Charles-Henris ou de Cunégondes à bord, ce qui est bien dommage pour les gens qui aiment se moquer des autres et qui se retrouvent avec le seul prénom composé à consonance prout-prout de la croisière.

Après trois heures à ronfler la bouche ouverte admirer la beauté du ciel dans notre vol pour Miami, et une petite balade sous une "légère" pluie tropicale, nous voici à bord du Carnival Glory, un fameux un mat fin comme un cachalot. 


La terre vue du ciel, par Julie Arthus Bertrand


 Dès l'entrée du bateau, une tendance se dessine qui s'affirmera par la suite : on fait tout pour pousser le chaland à l'achat.

Ce frèle esquif fait 300 mètres de long et peut héberger 2900 passagers et 1100 membres du personnel.
 Première impression en montant à bord: c'est kitsch. Trèèèèès très kitsch. Ca a beau être grand et posséder plein d'ambiances différentes, l'unité se fait autour de cette Valérie Damidot touch qu'on retrouve presque partout.


Le hall principal, pour vous donner une idée. Ca se veut classe. Ca ne réussit pas, c'est du plastique bas-de-gamme à tire-larigot.

Finalement, en considérant que c'est une vraie petite ville à l'intérieur, avec multiples piscines, cinéma, salle de spectacle, casino, salle de sport & spa, terrains de sport en extérieur, discothèque, salle de cabaret, bars, magasins et j'en passe, on se fait vite à ce côté un peu Disneyland et on prend plaisir à explorer le vaste monde qui s'offre à nous et sera notre maison pour la semaine.
Le "Fun Times", avec le programme quotidien, notre allié du séjour

Avant de partir, franchement, je ne savais rien du monde des croisières. Dans mon imagination, c'était un peu pénible puisque tu restais à bord du bateau en permanence et tu tournes donc un peu en rond. Dans notre cas comme dans celui de Mulder, la vérité était ailleurs puisque sur nos 6 jours de bateau, nous aurions quatre journées d'escale dans de magnificients endroits où le sublime se mèlerait à l'idyllique et à la concordance des temps foireuse.

Les lieux en question :
- Half Moon Cay, île privée de la compagnie Carnival aux Bahamas
- Saint Thomas, aux îles vierges
- San Juan, à Puerto Rico
- Grand Turks, des îles Grand Turks & Caïcos.

Après une soirée sympathique au piano bar, un bon dîner (inclus, chaque chambre a une table réservée dans son restaurant. Il y en a plusieurs en fonction du type de cabine. Nous on était au restaurant des pauvres, qui reste très très correct avec menu varié entrée/plat/dessert tous les soirs - et évidemment une décoration à chier), et un spectacle musical "Motown" dans le théâtre, première nuit en mer avant de débarquer à Half-Moon Cay.

Ce bar-ci était l'un des rares avec des éléments de mobilier sympa.

Je l'ai dit plus haut, l'île en question est privée. Donc les locaux sont tous des employés Carnival, les bars sont des bars Carnival, les bus de découverte sont aussi estampillés Carnival. On reste donc dans un environnement très proche du parc d'attraction, avec des prix qui rendraient presque nostalgique de Paris, des files d'attente un peu partout, peu d'authenticité (cabanes trop colorées, musique de boîte un peu partout), et du monde massé au même endroit.

Le gros avantage de cette île sur un parc d'attraction, c'est qu'il est très aisé d'éviter la foule. La foule aime les transats. Les transats sont proches des bars à touristes et du bateau (il ne faudrait pas prendre le risque de fatiguer le voyageur, tout de même !). Julie et moi enfilons nos costumes d'aventurières pour effectuer le pénible et dangereux périple semé d'embuches que constitue trois cent mètres de sable fin. Et nous voilà seules au monde sur l'une des plus belles plages qui m'ait été donné de voir de ma vie : mer (la vraie !) azur et farine de sable à perte de vue, le tout bordé de plantes tropicales luxuriantes, de pins, et de roches sculptés par l'érosion.

 Oui, ça existe en vrai
 Je précise que c'est non retouché et que je n'ai qu'un appareil photo compact à la con
Le ciel était presque aussi beau que la mer
Serait-il cruel de préciser que la température de l'eau complétait ce tableau enchanteur, avec un 30° des plus agréable, qui nous rafraichissait après d'épuisants bains de soleil.

Etant plus nordistes que bretonnes, nous n'avons pas fait les crêpes toute la journée et avons décidé de faire un tour dans l'île, histoire d'explorer un peu. Surtout que d'après la liste des excursions du jour, l'île possédait un sentier de balade orientée nature, ainsi qu'un coin pour faire du snorkeling avec la possibilité de voir des raies.

Après nous être paumées dans le maquis local sur mon initiative (la pauvre Julie s'est récolté une sale estafilade au front grâce à une ronce vicieuse), nous avons trouvé un petit lagon perdu où nous avons testé nos masques et tubas. Sans grand succès, puisque la seule chose exotique aperçu fut un car chargé de touristes où une guide donnait des explications peu pertinentes d'une voix monocorde (ça sera 25 dollars pour ce tour passionnant que vous auriez pu effectuer à pieds. Merci). 
 Comme l'île n'était pas large, la plupart des sentiers avaient le bon goût de donner vue sur la mer
 L'authenticité de ces villas de plage n'a pas de prix. Ah si, 300$ la journée.
 Le personnel organisait pas mal d'activités de plage proches du bateau:
- Concours de chateaux de sable
- Concours de course Alerte à Malibu
- Visite de l'authentique fausse épave-bar
Tout cela avait l'air bien sympa mais nous avons préféré nous concocter notre propre programme.
 Le petit lagon.
L'authenticité de cette paillotte avec des logos de boisson gravés dans le bois.
Afin de ne pas avoir trimballé notre attirail pour rien, nous sommes ensuite retournées tout au bout de l'île, près des rochers, où de jolis poissons tropicaux nous ont fait coucou. Comme nous n'aimons pas nous faire remarquer, nous ne sommes pas du tout remontées les dernières dans la dernière navette ramenant les croisés au bateau en devant tracer sur la plage (oui, je sais que "croisé" désigne les participants d'une croisade et non d'une croisière. Mais comme ces premières n'existent plus, autant utiliser ce mot qui se perdrait sinon, non ?).

Un resto et une soirée Game Show avec Monsieur Patate en guest plus tard, nous voici prêtes pour notre premier "Fun day at sea"... A suivre au prochain post !

Avant de vous laisser, quelques images empruntées au site de Carnival, vu que nous n'avons pas suffisamment pensé à immortaliser ce lieu de délices artistiques.
 Le magnifique théâtre du XVIIème, où Molière effectua sa dernière représentation de l'épileptique imaginaire.
 La salle de sport et son sol peint par Raphaël.
 Le casino, qui nous montre que l'esclavage a tout de même eu du bon.
 Gaudi est passé par ici, comme on le voit dans le Grand Hall.
 Le Platine Restaurant fut l'occasion de solutionner le grand problème du recyclage de sabre laser causé par l'extinction des Jedis.
 A cause de l'implantation de ce rocher naturel au coeur du bateau, de nombreux touristes ne sont pas descendus à la première escale, croyant être déjà sur l'île.

Bon, je me moque mais il y avait tout de même des endroits corrects.

 Le pont, tout de bois vêtu, avec moults transats permettant d'assister au séances "Dive-in cinema"

 Les cabines premier prix n'étaient somme tout pas si mal

 Le sauna/hammam avec vue sur la mer

 L'espace "Serenity" très cosy, interdit aux enfants pour garantir la tranquillité des passagers

dimanche 14 septembre 2014

14/09/2014 Detroit, Art City

(Originellement posté le 27/10/2014)

Et bim, ellipse narrative de dingo déglingo : je zappe sur le samedi 13.
Résumé de la journée : On a roulé, on a fait des lessives, on a mangé près de l'Eastern Market, on n'est _pas_ allés au Musée Ford, on a mangé un tout petit morceau de Fudge souvenir (merci Steph pour tes parts raisonnables), on a fait du shopping, et on a fait un tour à Ferndale, ville vivante et bar-bue.

Pourquoi cette injustice ? Est-ce de la Flemme, est-ce de la Superstition, est-ce du dédain envers cette merveilleuse journée, est-ce un oiseau, est-ce un avion  ?

Non, c'est Superman-ifestment-en-retard ! Outre le fait que j'ai 1 mois de demi à rattraper sur ce blog. Bah c'est le mien. Et j'fais ce que je veux. Et je n'ai pas de photo du 13, donc ça voudrait dire faire un article sans image et avec massivement du texte.

 Sans plus de préambules, passons-donc au dimanche 14 septembre. Le truc chouette du dimanche 14 septembre, en plus de son décuple set, c'est que nous sommes allés dans Detroit ! Et comme vous avez déjà lu cet article là, je vais pouvoir expédier celui-ci plus ou moins rapidement.


Première destination, le Heidelberg project !
Après s'être perdus environ deux fois pour y aller (merci à Google de nous avoir dirigés vers le siège social du projet...), nous y arrivons.
Quelques images pour vous mettre dans l'ambiance.



 Vous voyez donc que c'est un bringuebalant bazar en bizarre bordel !
En fait, ce projet artistique est assez génial. Non content d'être né en 1986, meilleure année du monde (n'est-ce pas, Sylvain, Steph, Flo, Coluche & Tchernobyl ?), il a permis, par son culot innovant, de rehabiliter un quartier totalement déserté par ses riverrains.
Tyree Guyton, un habitant de la rue Heidelberg, a voulu revenir habiter l'endroit où il avait grandi après son service à l'armée. Là, il se rend compte que les environs ont été métamorphosés pendant son absence, et pas en bien : c'est comme si une bombe y avait explosé. Les émeutes de 1967 ont fait fuir tout le monde et la déterioration a commencé ... et pris très rapidement.
Son projet est très simple. Au départ, peindre une ou deux maisons de points et y accrocher des objets de récupération pour leur rendre un peu de vie.
Ceci a fait arpenter la rue à Tyree Guyton jour et nuit pendant des semaines. Celui-ci a en plus invité les enfants du quartier à participer. Rendant les environs plus vivables de jour en jour, puisqu'à la base, les gens avaient peur d'y circuler, même de jour.
Maintenant pas moins de trois blocs ont été ainsi redécorés, attirant la curiosité du public, et rehabilitant les maisons ainsi peintes en oeuvres d'art. Les riverrains sont désormais fiers d'y vivre et le quartier se repeuple petit à petit. La rue s'est ainsi transformée en Musée vivant d'intérieur et d'extérieur. Les artistes qui y vivent travaillent quotidiennement à son agrandissement. 

On peut aller s'y balader quand on veut, et il n'est pas rare de tomber sur Tyree (nous, par exemple, on l'a vu).
 Un peu glauque, ce thé qui rappelle celui d'Alice au pays des Merveilles sur une maison cramée.
 Beaucoup de taxis. Pour représenter un quartier qui bouge ?
 Quelques notes d'humour...

Puis nous nous rendons au centre-ville, pour y voir deux des statues emblématiques de Detroit.

 Le Spirit, représentation du lien entre Dieux et Hommes (humanité dans une main, divinité dans l'autre)
 Le Point de Detroit, représentation de l'amour des américains pour le Pierre Feuille Ciseaux (et accessoirement de leur grande force ouvrière au début du siècle précédent)

Petite note sympa : une association distribuait des petits dejs gratuits juste à côté. Comme ça, pour le plaisir. Personne de nous a gonflés, personne ne demandait de sous. Et il y avait la masse de trucs !! Des fruits frais, du pain perdu, de la glace, des garnitures différentes, le tout à volonté !


 La vue sur le Canada, avec une statue qui explique qu'à l'époque de la ségrégation, un exode assez massif se faisait vers ce pays, nettement plus accueillant avec la population noire.
 Un panneau historique, en français dans le texte, s'il vous plaît, expliquant que les premiers colons du Détroit furent des Canadiens-Français en 1701.
Petit passage devant le Renaissance Center de GM avant de raccompagner les loulous à l'aéroport.

vendredi 12 septembre 2014

12/09/2014 Pinery Park

(Originellement posté le 27/10/2014)

Les plus assidus d'entre vous auront peut-être repéré que j'ai modifié le titre de tous mes articles pour ajouter la date approximative d'occurrence de l'évènement. Rien à voir avec le fait que j'ai quasiment deux mois de retard sur ma narration locale... Je passe également en mode "Roman photo".

Previously, in North America... 3 girls and one guy arrive in a creepy house, in the middle of nowhere, to spend the day. They don't know what will happen to them...

* Générique *

En vrai on savait très bien ce qu'on allait faire, mais c'est sûr que la baraque isolée et un peu vieillotte dans un village paumé, ça faisait un peu film d'horreur, surtout avec la poupée affreuse.

Donc ! Journée sportive à l'horizon puisque nous prévoyons de nous rendre à Pinery Park, un petit parc naturel Ontarien le long du lac Huron, pas très loin de la frontière Etatsunienne.
Au programme pré-semaine : faire du canoë et descendre la rivière AuSable à l'endroit où elle se jette.

Le temps nous a fait réviser notre programme (et on a tous torché l'interro), pour se rabattre sur des vélos (je vous rassure on ne leur a pas fait mal).

 Le style Florentin est classieux mais peu efficace dans les côtes.
 Sans les jambes, sans les mains... Quelle acrobate... Mais...
 Niveau acrobaties, Steph et Sylvain nous ont pourri en prenant le tandem ! Après 2 minutes de mise en jambes assez amusante, ils ont même eu le mauvais goût de très bien gérer.

(Florence et moi avons essayé un peu plus tard et avons beaucoup plus admirablement merdé. Mon sens de l'équilibre déplorable m'interdisant de lever les pieds tant que je ne me sens pas en totale confiance - fait impossible en l'état. Désolée Florence.)
 Un beau paysage, des gens superbes.
 Malgré tous ses efforts, Sylvain ne sort pas du cadre.
 Pédalage, puis cours de ricochets. Heureusement qu'on avait révisé.
 L'air naturel, notre passion.
 Les fameux Daltons de la rivière AuSable.
 Malgré tous ses efforts, Sylvain ne parvient toujours pas à sortir du cadre.

Après l'effort, ... l'effort ! Deux petites balades dans la Dune et la végétation particulière de l'endroit, appelée "Savane de chênes"
Après l'effort... l'effort encore ! Nous grimpons la Grande Dune de Lambton Shores. Heureusement le sable était à moitié solidifié par la pluie récente, nous autorisant à ne pas trop trop peiner.

 Idée du siècle ! Et si on descendait la dune en luge, comme au bon vieux temps ? Nos ponchos d'hier  feront parfaitement l'affaire !
 Sauf que non... Heureusement que le ridicule ne tue pas, car je n'ai pas avancé d'un centimètre.
 Et enfin, après l'effort... Le réconfort autour d'un bon feu de camp !


...


En fait non, ce fut sans doute l'effort le plus fourni de la journée. Le barbeuk ne fonctionnait pas, et on a mis pas moins d'une heure et demi à faire démarrer ce foutu feu (merci aux feuilles d'itinéraire qui ont permis de le faire brûler lors de la troisième tentative "de la dernière chance") . 
Autant dire que les steaks dans la poêle en fonte pourrie ont nettement moins de charme. 
Et les yeux mixomatosés par la fumée, c'est cadeau.