Jusque-là, nous fûmes pris par le carnaval. Il surgissait à chaque coin de rue, soit sous la forme familière des chars, soit sous celle de passants déguisés déambulant sous les rues colorées de mauve-vert-or (couleurs officielles du carnaval depuis 1872, où le grand Duc russe Alexis Alexandrovich Romanoff est passé en visite).
A partir du lundi, une vraie tornade (et on ne parle pas de ce phénomène à la légère dans cette région !) s'abattit. La ville était le carnaval, nous étions la ville, la folie se poursuivait et s'intensifiait, chose qui semblait impossible tant l'atmosphère des premiers jours sortait déjà de l'ordinaire.
Mais avant de décrire ce bouquet final, petit point podologie.
Après nos moult déambulations citadines adjointes à nos nombreuses soirées où le taux d'alcool descendait rarement à un statut acceptablement légal, Laetitia et Ludo se sont retrouvés quasiment mutilés des petons. Personnellement, je n'ai jamais trouvé qu'un pied pouvait être magnifique (sérieusement, les fétichistes, qu'est ce qui se passe dans votre tête ?), en revanche le contraire est plutôt fréquent. Une petite pensée pour ces pauvres chinoises à qui on bandait les panards pour un résultant supposément mignon (bien gerbant à mon humble avis); et une grosse pensée pour cette ignoble publicité sur les mycoses des pieds que nous a imposé la télévision française dont la seule évocation me fait frémir d'horreur.
A bien y réfléchir, j'ai même une sacrée mémoire des pieds dégueulasses vu que le souvenir des cloques de Xavier Malisse à Roland Garros 2004 reste très présent à mon esprit. Un jour j'apprendrai à mon esprit à mieux digérer les réminiscences néfastes au lieu de s'en gorger et de les remâcher. Mais aujourd'hui, il semble que j'aie piscine...
Bref, réjouissez-vous : je n'ai pas de photo à vous partager. Sachez juste que beaucoup de bleus, de gonflements, de saignements, d'ongles pétés et de masses noires d'origine douteuse étaient impliquées dans l'affaire, provocant la nécessité de racheter des pompes à Ludo et celle de prendre le taxi pour Laeti.
D'où mon conseil : si vous participez un jour à ce mardi gras, équipez vos panards correctement, les semelles orthopédiques ne seront pas de trop.
Revenons-en donc à notre non diététique semaine (mardi gras, remember ?). N'ayant jamais vécu dans la Rome antique, ce que je m'apprête à énoncer semblera péremptoire : les chars du carnaval de la Nouvelle-Orléans pètent la binette à celui de Ben Hur. Salement.
Déjà, il y en a plus. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Tellement plus que quand on voit l'étendue des défilés, on se demande comment ils ont assez de place dans la ville pour les ranger en temps normal. Au total, plus de 1000 d'entre eux déambulent dans les rues de la capitale Lousienne. A cela s'ajoutent près de 600 fanfares marchantes. En cumulé, les krewes (déformation créole de "crew" : les bandes) sont actives plus de 204 heures pendant la totalité du carnaval ! Ca fait HUIT JOURS ET DEMI. Le tout étalé sur un mois seulement et concentré à mort la dernière semaine.
Les Krewes c'est une vraie tradition à NOLA, certains ont une histoire plus que centenaire (Rex et Zulu sont mythiques), chacun a sa spécialité et suit plus ou moins un thème (on se doutera qu'avec le nombre incroyable de véhicules, on s'approche souvent du "moins"). L'un des trucs de dingue de cet évènement, c'est qu'il n'est pas clairement organisé ! Chacun des krewes se prépare dans son coin et réserve son spot horaire. La mairie n'encadre qu'au strict minimum, la police donne des permis de parader mais sans coordonner la cinquantaine de groupes qui va défiler. D'ailleurs nos amis poulets seront présents pendant la parade mais distants. Et puis, pas de barrière, tous les chars sont touchables par le premier péon venu.
Pas de sponsors acceptés pour les crews. Ils sont financés par les membres (cotisations + achats de marchandises) et par des projets de collectes de fonds mis en place toute l'année. Chacun des Krewes est complètement autonome. Et pas une thune n'est dépensée pour faire sa promo : les touristes viennent d'eux-mêmes !
Bref, cet évènement, à l'instar de la ville qui l'accueille, c'est un gros bordel festif, on comprend pas trop comment ça peut si bien se passer mais tout se met en place merveilleusement.
Tout ça pour dire que, jusqu'à présent, pour moi, un char de carnaval, c'était ça :
C'est pas mal, c'est sympa, mais ça aurait pu être fait par une classe en travaux manuels (on distingue le papier d'alu sur l'une des tourelles, personne ne doit se tenir dessus, pas besoin de solidité dans la structure).
Déjà, il y en a plus. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Tellement plus que quand on voit l'étendue des défilés, on se demande comment ils ont assez de place dans la ville pour les ranger en temps normal. Au total, plus de 1000 d'entre eux déambulent dans les rues de la capitale Lousienne. A cela s'ajoutent près de 600 fanfares marchantes. En cumulé, les krewes (déformation créole de "crew" : les bandes) sont actives plus de 204 heures pendant la totalité du carnaval ! Ca fait HUIT JOURS ET DEMI. Le tout étalé sur un mois seulement et concentré à mort la dernière semaine.
Les Krewes c'est une vraie tradition à NOLA, certains ont une histoire plus que centenaire (Rex et Zulu sont mythiques), chacun a sa spécialité et suit plus ou moins un thème (on se doutera qu'avec le nombre incroyable de véhicules, on s'approche souvent du "moins"). L'un des trucs de dingue de cet évènement, c'est qu'il n'est pas clairement organisé ! Chacun des krewes se prépare dans son coin et réserve son spot horaire. La mairie n'encadre qu'au strict minimum, la police donne des permis de parader mais sans coordonner la cinquantaine de groupes qui va défiler. D'ailleurs nos amis poulets seront présents pendant la parade mais distants. Et puis, pas de barrière, tous les chars sont touchables par le premier péon venu.
Pas de sponsors acceptés pour les crews. Ils sont financés par les membres (cotisations + achats de marchandises) et par des projets de collectes de fonds mis en place toute l'année. Chacun des Krewes est complètement autonome. Et pas une thune n'est dépensée pour faire sa promo : les touristes viennent d'eux-mêmes !
Bref, cet évènement, à l'instar de la ville qui l'accueille, c'est un gros bordel festif, on comprend pas trop comment ça peut si bien se passer mais tout se met en place merveilleusement.
Tout ça pour dire que, jusqu'à présent, pour moi, un char de carnaval, c'était ça :
C'est pas mal, c'est sympa, mais ça aurait pu être fait par une classe en travaux manuels (on distingue le papier d'alu sur l'une des tourelles, personne ne doit se tenir dessus, pas besoin de solidité dans la structure).
Maintenant, en revanche...
Mais nom de
Alors on me rétorquera que ce bon Ben (il avait pas un prénom un peu en avance sur son temps, d'ailleurs ??) Hur, il se pavanait tracté par des chevaux pur-sang. A cela, j'ai une réponse bien sentie.
Massey Ferguson, baby. Alors les canassons, on fait moins les malins ?
Là où j'ai pris une incroyable baffe dans la gueule, c'est quand celui-ci (du krewe Orpheus) est passé.
Un train. Un frackin' train. Avec une bonne douzaine de wagons. Tout bonnement surréaliste.
Donc voilà, j'ai appris qu'on pouvait admirer au sens propre un carnaval (et pas seulement l'effort qui a été mis dedans).
Ensuite. Les groupes. Ville musicale oblige, il y avait du level. Evidemment ça n'allait pas non plus être un concert symphonique de type pleyel, mais on n'a pas manqué de se demander s'ils n'avaient pas dû réquisitionner tous les musiciens des US pour pouvoir gérer l'évènement convenablement. Ou alors peut-être que certains courraient dès la fin de leur parade pour enfiler la tenue d'un autre groupe et rebeloter ??
En plus d'être bons, ils étaient fichtrement courageux, car ce lundi soir-là, on se pelait vertement la michette. Le beau temps du samedi n'a pas perduré et on a tapé le zéro degré bien tassé.
Enfin, le côté qui m'a le plus surprise. Les goodies.
On m'avait prévenue, pourtant. La tradition de la Nouvelle-Orléans, c'est de te filer des colliers. Vous savez, les vieilles "perles" de plastoc made in China ? Ces bazars affreux qu'on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi de porter, sous peine de ridicule ?
Autant dire que je me suis esclaffée et que j'ai dit que j'y allais avant tout pour visiter la ville, et que ces enfantillages ne me concerneraient point.
Ha.
Vous la sentez venir, la suite ?
Mais je me suis presque battue pour les choper, ces colliers ! J'ai fulminé contre mon voisin qui portait sa fille sur son dos et qui racolait ainsi beaucoup plus de don : concurrence déloyale !
Les premiers colliers, tu les récupères parce que, bah, on te montre comment faire. Du coup tu veux pas faire ta chieuse, t'en chopes un ou deux au vol. Parce que oui, en fait, les mecs dans les chars ont basiquement une quantité illimitée de trucs à balancer à la foule : principalement ces colliers dégueu, mais également des colliers tout aussi dégueus en plus rares (grosses perles au couleur du carnaval, par exemple) qui en deviennent précieux, des pendentifs et bagues lumineux pour éblouir tes voisins, de rares doublons (pièces représentatives du krewe), et tout un tas d'objets purement aléatoires : peluches, lances en mousse, frisbee, balles rebondissantes, aliens en plastique gonflable, lunettes de soleil. Yann a même chopé une précieuse chaussure en plastique pailletée, symbole du Krewe Of Selene). Encore une fois, le pull bleu a fait des miracles puisque Yann récupérait environ 2 fois plus de choses que n'importe lequel d'entre nous. Grmlgmrlgmr.
Donc voilà, tu récupères une ou deux breloques, tu les mets autour de ton cou, c'est funky mais kitschouille. Sauf que, à voir tout ce monde, ta conscientisation du ridicule disparait complètement, annihilée par ton esprit de compétition. Soudainement, (et heureusement très temporairement) il devient important de remporter un maximum de ces trophées, plus que tu ne peux en porter. Sérieusement, c'est impressionnant : le dernier mardi, les gens amènent des sacs géants pour pouvoir fourrer tous leurs gains.
Et les jours où nous faisions la collecte (pas tous, heureusement), nous avions mal à la nuque en fin de soirée tant le cumul de tout ce plastoc pesait.
C'est incroyable la mutation qui s'opère. De blasés, on se prend au jeu pour devenir obnibulés. On tente de capturer le regard des distributeurs de goodies au moment opportun, qu'il y ait un éclair de reconnaissance pour qu'il nous envoie l'insigne de cette infime connivence. C'est quasiment de la séduction, en mode speed speed speed dating. Une règle tacite impose que les goodies tombés n'ont plus de valeur, il faut donc allier la dextérité au charisme. Exercice parfois très ardu. Le but du jeu est bien sûr d'avoir le plus d'objets "jolis" pour pouvoir se la péter auprès des potes.
Maintenant je comprends mieux pourquoi certains chefs de tribu ont vendu leurs congénères : les européens ont dû comprendre à l'époque à quel point l'esprit humain est malléable quand il s'agit de pérorer. Et paf, à coups de battle de qui aura les joyaux les plus voyants, l'esclavage était né. (On me fait signe dans l'oreillette que l'histoire est un peu plus compliquée que ça. Quelle bande de chipoteurs vous faites !)
Et tu sais que tu n'en as rien à foutre et que tout va finir à la poubelle, mais c'est une simple et irrésistible poussée de ton être : loot gratuit => DO.WANT.
Le résultat de nos cueillettes iiennes, de gauche à droite :
Moi, Hébus (=Yann, désolée mais ce n'est franchement pas intuitif de l'appeler par son prénom et j'en ai marre de me corriger à chaque fois), Ludo.
Et tout cela n'a été récupéré qu'en trois petites sessions. Imaginez le potentiel bricoles !!
Et tout cela n'a été récupéré qu'en trois petites sessions. Imaginez le potentiel bricoles !!
Et voilà ce que ça donne en porté
(j'omets le paquet de peluches et autres balles anti-stress ramassées de-ci de-là)
(à noter : me défaire de ces divers ornements m'a coûté un bon dixième de mes cheveux)
C'est donc sous le signe de cette folie ambiante et omniprésente que tout le séjour s'est passé. Sans trop détailler : la soirée de lundi a été totalement improvisée. Nous avions prévu de reretourner dans le centre après avoir déposé nos babioles au bercail, et en sortant nous tombons sur des voisins. Qui nous disent qu'ils ont prévu un gros show de rap underground pour le soir. Paf, incruste. Comme ils nous ont fourni le bon plan, nous offrons des tournées. Ils ne paradent pas (déjà eu assez de ça pour la journée !) et ripostent. Touchés au foie, nous assenons tout de même un dernier coup. Celui-ci sera quasi fatal pour la suite de la soirée. Et bon, heureusement, parce que le concert n'était pas ultra galvanisant. Nous ne rentrons pas trop tard (en heure Louisienne, ça veut dire alentour de 3-4h) afin d'être au taquet pour les défilés du lendemain, qui commencent ultra tôt.
Après s'être pâmés devant toutes les joyeusetés décrites plus haut et avoir pesté contre ces salopiauds de gamins qui, non contents de te piquer la marchandise sous le nez grâce à leur mignonnerie, te courent dans les pattes; nous attaquons la dernière soirée. Qui sera épique, comme il se doit. Mais avant d'aborder ce passage, un petit point "gens qui font peur".
On parle beaucoup de l'amérique puritaine, j'ai rarement vu d'illustration plus criante qu'à la Nouvelle Orléans. Au milieu de toute cette fiesta (parfois alcoolisée, toujours bon enfant !), un groupe d'irréductibles campe matin, midi, soir et nuit dans Bourbon Street avec d'effrayants panneaux qui se résument en "Aime Dieu ou crève".
Alors ok, y'en a qui sont gentilles, genre "Jesus saves from Hell", mais les autres sont clairement insultantes. Preuve que les gens ont bien compris le message de la religion, qui bien entendu enseigne la haine et la peur de son prochain. Ha, comment ça c'est le contraire ??
Y'en a pour tous les goûts, même pour les bons chrétiens qui auraient le malheur de ne pas suivre le même courant de pensée que toi sont également de la partie.
Voilà voilà, on a les trois quarts de notre religion en commun, mais les autres ils vont crever en enfer. Logique. Parce qu'il n'y a que le dernier quart qui vaille la peine, en fait.
Le pire que j'ai trouvé, je crois que c'est lui (la photo n'est pas de moi, mais la pancarte valait son pesant de cahuètes) :
Je ne parle pas du type qui fait la selfie (qui évidemment, mérite une mort horrible et des millénaires de tourments posthumes), mais de celui qui tient le panneau. On ne voit pas très bien, mais en gros il liste les pécheurs. Alors, il y a les gens qui battent leur femme/mari et les racistes. En effet, eux, c'est des connards. Pas de quoi vouloir les tuer mais on est d'accord que ce sont de bonnes raclures.
Et puis les nanas qui font du strip tease. Ok, pas très ouvert, la nénette n'a sans doute pas beaucoup le choix, mais ça incarne assez bien l'idée qu'on se fait du péché...
Egalement... toutes les autres religions (même les mormons et témoins de Jéhovah, qui pourtant doivent être très proches mentalement). Là oui, la tolérance n'a pas l'air d'être ton fort mon coco. Je souligne à peine la citation des évolutionnistes, ça coule de source que ce sont les ennemis de l'humanité. Mais aussi les libéraux. Euh. Qu'est ce que la politique vient foutre là-dedans, s'il te plaît !? Et les "environnmental wackos" ? Ha mais fichtre oui ! Ces petits sagouins qui tentent de sauver la planète, décimons-les, ils sont foncièrement mauvais !!
Enfin bref, un paquet de manifestants qui avaient manifestement juste envie de ruiner la bonne humeur collective tout en échouant salement à incarner l'esprit de leur religion. Chapeau bas et bottes de cuir, les gars, belle image. A tel point que d'autres gens se sentaient obligés de sortir des pancartes pour dire "Je suis protestant et je vous prie de pardonner les dérives de mes co-religionnaires". Sûr que ça doit foutre les boules de pouvoir être assimilé à des tarés comme ça. Au final, ces gros blaireaux ignorants et intolérants ont plus servi à amuser la plupart des gens qu'à ruiner l'ambiance (cf : la photo). Ca reste triste.
Mais bon, je reviens à ma narration. On s'habitue vite à voir ces idiots faire le pied de grue et on les ignore sans même se rendre compte, profitant à fond de la meilleure ville du monde. Nous savions que nous finirions la soirée dans notre bar chéri d'amour de dueling pianos. Par conséquent, il fallait en étrenner un paquet avant de le rejoindre, pour nous pas faire nos habitués plan-plan dès la première visite.
Effectivement, Bourbon Street ne manque pas de surprises. Ici, cette énorme terrasse avec un taureau mécanique en plein air sur lequel Laetitia a fait le show !
Je tiens à rappeler que, toute fin de mardi gras que ce soit, c'était quand même un mardi. Et les rues étaient emplies de monde, comme s'il s'agissait du premier samedi d'un long week-end de trois jours. (il faut savoir que la journée est "feriée" pour la ville : chomage technique partout sauf chez les restos et bars. Et encore, beaucoup de restos excentrés ferment. Pas le lendemain par contre, où j'imagine qu'une gueule de bois assez violente s'abat sur la région tout' entière). Après avoir diversifié nos expériences un peu, il fut temps de nous restaurer. Dernier repas à NOLA, tristesse. Les spécialités régionales étaient à la carte et nous nous en sommes repus. Néanmoins pas autant que de ceci :
Il s'agit bien d'un reliez-les-points pour enfants de moins de 4 ans. Il s'agit bien d'une erreur effectuée par un ingénieur en informatique bac+5. On remercie bien fort le groupe moléculaire hydroxyle de sa participation.
Nous décidons ensuite de revenir à la charge au Café du Monde, songeant qu'il y aura sans doute moins de monde un mardi à 23h qu'un dimanche midi. On nous y offre un costume de Sherlock Holmes à l'entrée tant les gens sont impressionnés par notre intuition. Bon, c'est faux. N'empêche qu'on a chopé une table rapidos, et on peut enfin tester ces beignets dont tout le monde parle. Qui ne sont d'ailleurs pas mauvais (pas extraordinnaires non plus). Et beignent/baignent dans le sucre glace. Nous ressortons donc en ayant l'air de cocaïnomanes transis, puisqu'une bataille de poudre blanche nous a semblé être la meilleure idée du monde.
C'est à ce moment là que Laetitia et Benoît nous laissent entre iiens : ils sont claqués. De notre côté, le French Quarter nous appelle pour ces dernières heures de carnaval. L'ambiance est dingue partout : les gens savent que ça se terminera bientôt et veulent en profiter un max, c'est l'euphorie partout où on rentre. Nous testons une spécialité du plus vieux bar de la Nouvelle-Orléans en espérant tomber sur une gemme, mais non. C'est une espèce de vieille dégueulasserie à base de granité ignoble. Seul le charisme au pull bleu a senti venir l'arnaque et s'est commandé une vraie boisson. Ludo et moi ne terminerons pas.
Nous décidons ensuite que le Jazz dans les rues au quotidien ainsi que les deux précédents endroits dédiés fréquentés ne sont pas suffisants pour une ville censée incarner l'esprit de cette musique. Ca tombe bien, le prochain endroit choisi au pifomètre abrite un groupe talentueux. Hop, on s'y pose. La musique est géniale, on commence à danser. C'est viscéral à ce niveau. La serveuse nous tombe dessus en s'excusant "mais on ne danse pas ici". Oh. Dommage.
Nous feignons l'obéissance cinq minutes avant de recommencer à s'agiter un peu. La serveuse tolère un temps, puis revient nous voir et affirmant qu'elle est réellement désolée mais c'est non. Là, sa manager vient la voir et grosso modo lui balance "Allez ma grande, ce soir c'est l'exception, dernier jour de carnaval oblige ! Danse avec eux, même !". Elle ne se fait pas prier, et nous nous laissons donc aller avec la musique. Excellente trouvaille, encore une fois, à croire qu'il n'y a pas d'endroit qui ne nous réserve pas de bonne surprise.
On aurait envie d'y rester toute la nuit... Mais là commence notre pèlerinage de clôture du carnaval. Celui-ci ferme vers 1h30, zou, on fonce au mybar@635 (je reste incrédule qu'un nom si pourrave puisse garantir une si bonne qualité de divertissement) où tout le monde est déchaîné. Les pianistes sont déjà quasiment sur le départ lors de notre arrivée, mais on arrive à lancer une bonne dizaine de rappels, où ils partent en jam sur des airs ultra connus aux US. Tout le monde chante à tue-tête, nous yaourtons à tue-tête. L'heure de clôture officielle et légale est passée depuis longtemps quand ils mettent tout le monde dehors. Passé 2h30, trouver un endroit ouvert aux US devient compliqué. Heureusement, Bourbon Street n'est pas "n'importe où". Nous voici dans une boîte où tous les rescapés veulent profiter encore quelques heures de cette atmosphère exceptionnelle avant de retomber dans la vie de tous les jours. L'avion du lendemain matin ? Pfff, c'est un problème pour les iiens du futur, ça !
En attendant, les iiens du présent s'amusent, et ça donne ça :
Hébus, toujours en veine pull-bleutée, a quand même dégoté un alien gonflable + un gilet qui ne ressemble à rien et sauve des vies + un truc en plumes !
Quand vers 6 heures, on nous met dehors, on sait que ce coup-ci la fête est bel et bien finie. Nous faisons le trajet à pieds une ultime fois : Ludo a un train trois heures plus tard, je dois partir vers l'aéroport dans deux heures, et Hébus a du bol : lui reste encore un peu à la Nouvelle Orléans avant de poursuivre son périple vers la Floride et au delà... en tricycle ! En attendant c'est lui qui va ranger l'appart parce que vu notre état de forme, réussir à repartir sera déjà un achèvement majeur, hinhinhin.
Considérant que je n'ai qu'une heure à passer à l'appart pour tout faire, je me couche telle quelle histoire de gagner 10 minutes (soit 25%) de temps de sommeil avant de repartir. Tant pis pour mon voisin dans l'avion (qui s'avère être aussi daubé que moi). La journée qui suit est brutale. Plus de voix, plus de pieds, plus un seul neurone éveillé. Conduire depuis l'aéroport pour déposer Laetitia représente une difficulté considérable au vu de la fatigue cumulée (et de la luminosité à Détroit particulièrement violente ce jour là, comme de par hasard). Je me perds un paquet de fois, pourtant en environnement connu.
Arrivée chez moi, je m'effrondre histoire de tenter de récupérer. Le lendemain, j'ai la crève. Qui se transformera bien plus tard en otite aigüe (appellation scientifique : otitus-de-putainus-de-batardus-qui-faitus-malus-sa-mèrus).
Mais nom d'un marsouin, qu'est ce que ça en valait la peine ! Et je me rends compte que je n'ai quasiment pas parlé de la ville, ou des costumes de maboules que les gens portaient dans les rues, ou même des balcons de Bourbon Street et de leurs traditions stupides mais funky... Et j'ai à peine exploré un quartier !
Si vous avez l'occasion de fréquenter la Nouvelle-Orléans, ne réfléchissez-même pas : allez-y ! Et surtout pas les yeux fermés : il faut en prendre plein les mirettes et les oreilles !










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