mercredi 6 mai 2015

16/02/2015 Nouvelle-Orléans, la fin

Jusque-là, nous fûmes pris par le carnaval. Il surgissait à chaque coin de rue, soit sous la forme familière des chars, soit sous celle de passants déguisés déambulant sous les rues colorées de mauve-vert-or (couleurs officielles du carnaval depuis 1872, où le grand Duc russe Alexis Alexandrovich Romanoff est passé en visite).

A partir du lundi, une vraie tornade (et on ne parle pas de ce phénomène à la légère dans cette région !) s'abattit. La ville était le carnaval, nous étions la ville, la folie se poursuivait et s'intensifiait, chose qui semblait impossible tant l'atmosphère des premiers jours sortait déjà de l'ordinaire.

Mais avant de décrire ce bouquet final, petit point podologie. 
Après nos moult déambulations citadines adjointes à nos nombreuses soirées où le taux d'alcool descendait rarement à un statut acceptablement légal, Laetitia et Ludo se sont retrouvés quasiment mutilés des petons. Personnellement, je n'ai jamais trouvé qu'un pied pouvait être magnifique (sérieusement, les fétichistes, qu'est ce qui se passe dans votre tête ?), en revanche le contraire est plutôt fréquent. Une petite pensée pour ces pauvres chinoises à qui on bandait les panards pour un résultant supposément mignon (bien gerbant à mon humble avis); et une grosse pensée pour cette ignoble publicité sur les mycoses des pieds que nous a imposé la télévision française dont la seule évocation me fait frémir d'horreur. 
A bien y réfléchir, j'ai même une sacrée mémoire des pieds dégueulasses vu que le souvenir des cloques de Xavier Malisse à Roland Garros 2004 reste très présent à mon esprit. Un jour j'apprendrai à mon esprit à mieux digérer les réminiscences néfastes au lieu de s'en gorger et de les remâcher. Mais aujourd'hui, il semble que j'aie piscine...
Bref, réjouissez-vous : je n'ai pas de photo à vous partager. Sachez juste que beaucoup de bleus, de gonflements, de saignements, d'ongles pétés et de masses noires d'origine douteuse étaient impliquées dans l'affaire, provocant la nécessité de racheter des pompes à Ludo et celle de prendre le taxi pour Laeti. 
D'où mon conseil : si vous participez un jour à ce mardi gras, équipez vos panards correctement, les semelles orthopédiques ne seront pas de trop.


Revenons-en donc à notre non diététique semaine (mardi gras, remember ?). N'ayant jamais vécu dans la Rome antique, ce que je m'apprête à énoncer semblera péremptoire : les chars du carnaval de la Nouvelle-Orléans pètent la binette à celui de Ben Hur. Salement.

Déjà, il y en a plus. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Tellement plus que quand on voit l'étendue des défilés, on se demande comment ils ont assez de place dans la ville pour les ranger en temps normal. Au total, plus de 1000 d'entre eux déambulent dans les rues de la capitale Lousienne. A cela s'ajoutent près de 600 fanfares marchantes. En cumulé, les krewes (déformation créole de "crew" : les bandes) sont actives plus de 204 heures pendant la totalité du carnaval ! Ca fait HUIT JOURS ET DEMI. Le tout étalé sur un mois seulement et concentré à mort la dernière semaine.

Les Krewes c'est une vraie tradition à NOLA, certains ont une histoire plus que centenaire (Rex et Zulu sont mythiques), chacun a sa spécialité et suit plus ou moins un thème (on se doutera qu'avec le nombre incroyable de véhicules, on s'approche souvent du "moins"). L'un des trucs de dingue de cet évènement, c'est qu'il n'est pas clairement organisé ! Chacun des krewes se prépare dans son coin et réserve son spot horaire. La mairie n'encadre qu'au strict minimum, la police donne des permis de parader mais sans coordonner la cinquantaine de groupes qui va défiler. D'ailleurs nos amis poulets seront présents pendant la parade mais distants. Et puis, pas de barrière, tous les chars sont touchables par le premier péon venu.
Pas de sponsors acceptés pour les crews. Ils sont financés par les membres (cotisations + achats de marchandises) et par des projets de collectes de fonds mis en place toute l'année. Chacun des Krewes est complètement autonome. Et  pas une thune n'est dépensée pour faire sa promo : les touristes viennent d'eux-mêmes !
Bref, cet évènement, à l'instar de la ville qui l'accueille, c'est un gros bordel festif, on comprend pas trop comment ça peut si bien se passer mais tout se met en place merveilleusement.

Tout ça pour dire que, jusqu'à présent, pour moi, un char de carnaval, c'était ça :
C'est pas mal, c'est sympa, mais ça aurait pu être fait par une classe en travaux manuels (on distingue le papier d'alu sur l'une des tourelles, personne ne doit se tenir dessus, pas besoin de solidité dans la structure).
Maintenant, en revanche...






Mais nom de Zeus Bacchus ! Ils sont tous magnifiques, sans exception ! Et énormes ! Et originaux ! Et peuplés (j'y reviendrai) !

Alors on me rétorquera que ce bon Ben (il avait pas un prénom un peu en avance sur son temps, d'ailleurs ??) Hur, il se pavanait tracté par des chevaux pur-sang. A cela, j'ai une réponse bien sentie.
Massey Ferguson, baby. Alors les canassons, on fait moins les malins ?


Là où j'ai pris une incroyable baffe dans la gueule, c'est quand celui-ci (du krewe Orpheus) est passé.

Un train. Un frackin' train. Avec une bonne douzaine de wagons. Tout bonnement surréaliste.
Donc voilà, j'ai appris qu'on pouvait admirer au sens propre un carnaval (et pas seulement l'effort qui a été mis dedans).


Ensuite. Les groupes. Ville musicale oblige, il y avait du level. Evidemment ça n'allait pas non plus être un concert symphonique de type pleyel, mais on n'a pas manqué de se demander s'ils n'avaient pas dû réquisitionner tous les musiciens des US pour pouvoir gérer l'évènement convenablement. Ou alors peut-être que certains courraient dès la fin de leur parade pour enfiler la tenue d'un autre groupe et rebeloter ??

En plus d'être bons, ils étaient fichtrement courageux, car ce lundi soir-là, on se pelait vertement la michette. Le beau temps du samedi n'a pas perduré et on a tapé le zéro degré bien tassé.
Enfin, le côté qui m'a le plus surprise. Les goodies.
On m'avait prévenue, pourtant. La tradition de la Nouvelle-Orléans, c'est de te filer des colliers. Vous savez, les vieilles "perles" de plastoc made in China ? Ces bazars affreux qu'on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi de porter, sous peine de ridicule ? 
Autant dire que je me suis esclaffée et que j'ai dit que j'y allais avant tout pour visiter la ville, et que ces enfantillages ne me concerneraient point.

Ha. 
Vous la sentez venir, la suite ?
Mais je me suis presque battue pour les choper, ces colliers ! J'ai fulminé contre mon voisin qui portait sa fille sur son dos et qui racolait ainsi beaucoup plus de don : concurrence déloyale !
Les premiers colliers, tu les récupères parce que, bah, on te montre comment faire. Du coup tu veux pas faire ta chieuse, t'en chopes un ou deux au vol. Parce que oui, en fait, les mecs dans les chars ont basiquement une quantité illimitée de trucs à balancer à la foule : principalement ces colliers dégueu, mais également des colliers tout aussi dégueus en plus rares (grosses perles au couleur du carnaval, par exemple) qui en deviennent précieux, des pendentifs et bagues lumineux pour éblouir tes voisins, de rares doublons (pièces représentatives du krewe), et tout un tas d'objets purement aléatoires : peluches, lances en mousse, frisbee, balles rebondissantes, aliens en plastique gonflable, lunettes de soleil. Yann a même chopé une précieuse chaussure en plastique pailletée, symbole du Krewe Of Selene). Encore une fois, le pull bleu a fait des miracles puisque Yann récupérait environ 2 fois plus de choses que n'importe lequel d'entre nous. Grmlgmrlgmr.

Donc voilà, tu récupères une ou deux breloques, tu les mets autour de ton cou, c'est funky mais kitschouille. Sauf que, à voir tout ce monde, ta conscientisation du ridicule disparait complètement, annihilée par ton esprit de compétition. Soudainement, (et heureusement très temporairement) il devient important de remporter un maximum de ces trophées, plus que tu ne peux en porter. Sérieusement, c'est impressionnant : le dernier mardi, les gens amènent des sacs géants pour pouvoir fourrer tous leurs gains.

Et les jours où nous faisions la collecte (pas tous, heureusement), nous avions mal à la nuque en fin de soirée tant le cumul de tout ce plastoc pesait.
C'est incroyable la mutation qui s'opère. De blasés, on se prend au jeu pour devenir obnibulés. On tente de capturer le regard des distributeurs de goodies au moment opportun, qu'il y ait un éclair de reconnaissance pour qu'il nous envoie l'insigne de cette infime connivence. C'est quasiment de la séduction, en mode speed speed speed dating. Une règle tacite impose que les goodies tombés n'ont plus de valeur, il faut donc allier la dextérité au charisme. Exercice parfois très ardu. Le but du jeu est bien sûr d'avoir le plus d'objets "jolis" pour pouvoir se la péter auprès des potes. 
Maintenant je comprends mieux pourquoi certains chefs de tribu ont vendu leurs congénères : les européens ont dû comprendre à l'époque à quel point l'esprit humain est malléable quand il s'agit de pérorer. Et paf, à coups de battle de qui aura les joyaux les plus voyants, l'esclavage était né. (On me fait signe dans l'oreillette que l'histoire est un peu plus compliquée que ça. Quelle bande de chipoteurs vous faites !)
Et tu sais que tu n'en as rien à foutre et que tout va finir à la poubelle, mais c'est une simple et irrésistible poussée de ton être : loot gratuit => DO.WANT.

Le résultat de nos cueillettes iiennes, de gauche à droite :
Moi, Hébus (=Yann, désolée mais ce n'est franchement pas intuitif de l'appeler par son prénom et j'en ai marre de me corriger à chaque fois), Ludo.
Et tout cela n'a été récupéré qu'en trois petites sessions. Imaginez le potentiel bricoles !!

Et voilà ce que ça donne en porté 
(j'omets le paquet de peluches et autres balles anti-stress ramassées de-ci de-là)
(à noter : me défaire de ces divers ornements m'a coûté un bon dixième de mes cheveux)

C'est donc sous le signe de cette folie ambiante et omniprésente que tout le séjour s'est passé. Sans trop détailler : la soirée de lundi a été totalement improvisée. Nous avions prévu de reretourner dans le centre après avoir déposé nos babioles au bercail, et en sortant nous tombons sur des voisins. Qui nous disent qu'ils ont prévu un gros show de rap underground pour le soir. Paf, incruste. Comme ils nous ont fourni le bon plan, nous offrons des tournées. Ils ne paradent pas (déjà eu assez de ça pour la journée !) et ripostent. Touchés au foie, nous assenons tout de même un dernier coup. Celui-ci sera quasi fatal pour la suite de la soirée. Et bon, heureusement, parce que le concert n'était pas ultra galvanisant. Nous ne rentrons pas trop tard (en heure Louisienne, ça veut dire alentour de 3-4h) afin d'être au taquet pour les défilés du lendemain, qui commencent ultra tôt.

Après s'être pâmés devant toutes les joyeusetés décrites plus haut et avoir pesté contre ces salopiauds de gamins qui, non contents de te piquer la marchandise sous le nez grâce à leur mignonnerie, te courent dans les pattes; nous attaquons la dernière soirée. Qui sera épique, comme il se doit. Mais avant d'aborder ce passage, un petit point "gens qui font peur".

On parle beaucoup de l'amérique puritaine, j'ai rarement vu d'illustration plus criante qu'à la Nouvelle Orléans. Au milieu de toute cette fiesta (parfois alcoolisée, toujours bon enfant !), un groupe d'irréductibles campe matin, midi, soir et nuit dans Bourbon Street avec d'effrayants panneaux qui se résument en "Aime Dieu ou crève".


 Alors ok, y'en a qui sont gentilles, genre "Jesus saves from Hell", mais les autres sont clairement insultantes. Preuve que les gens ont bien compris le message de la religion, qui bien entendu enseigne la haine et la peur de son prochain. Ha, comment ça c'est le contraire ?? 
Y'en a pour tous les goûts, même pour les bons chrétiens qui auraient le malheur de ne pas suivre le même courant de pensée que toi sont également de la partie.

Voilà voilà, on a les trois quarts de notre religion en commun, mais les autres ils vont crever en enfer. Logique. Parce qu'il n'y a que le dernier quart qui vaille la peine, en fait.
Le pire que j'ai trouvé, je crois que c'est lui (la photo n'est pas de moi, mais la pancarte valait son pesant de cahuètes) :
Je ne parle pas du type qui fait la selfie (qui évidemment, mérite une mort horrible et des millénaires de tourments posthumes), mais de celui qui tient le panneau. On ne voit pas très bien, mais en gros il liste les pécheurs. Alors, il y a les gens qui battent leur femme/mari et les racistes. En effet, eux, c'est des connards. Pas de quoi vouloir les tuer mais on est d'accord que ce sont de bonnes raclures.
Et puis les nanas qui font du strip tease. Ok, pas très ouvert, la nénette n'a sans doute pas beaucoup le choix, mais ça incarne assez bien l'idée qu'on se fait du péché... 
Egalement... toutes les autres religions (même les mormons et témoins de Jéhovah, qui pourtant doivent être très proches mentalement). Là oui, la tolérance n'a pas l'air d'être ton fort mon coco. Je souligne à peine la citation des évolutionnistes, ça coule de source que ce sont les ennemis de l'humanité. Mais aussi les libéraux. Euh. Qu'est ce que la politique vient foutre là-dedans, s'il te plaît !? Et les "environnmental wackos" ? Ha mais fichtre oui ! Ces petits sagouins qui tentent de sauver la planète, décimons-les, ils sont foncièrement mauvais !!

Enfin bref, un paquet de manifestants qui avaient manifestement juste envie de ruiner la bonne humeur collective tout en échouant salement à incarner l'esprit de leur religion. Chapeau bas et bottes de cuir, les gars, belle image. A tel point que d'autres gens se sentaient obligés de sortir des pancartes pour dire "Je suis protestant et je vous prie de pardonner les dérives de mes co-religionnaires". Sûr que ça doit foutre les boules de pouvoir être assimilé à des tarés comme ça. Au final, ces gros blaireaux ignorants et intolérants ont plus servi à amuser la plupart des gens qu'à ruiner l'ambiance (cf : la photo). Ca reste triste. 

Mais bon, je reviens à ma narration. On s'habitue vite à voir ces idiots faire le pied de grue et on les ignore sans même se rendre compte, profitant à fond de la meilleure ville du monde. Nous savions que nous finirions la soirée dans notre bar chéri d'amour de dueling pianos. Par conséquent, il fallait en étrenner un paquet avant de le rejoindre, pour nous pas faire nos habitués plan-plan dès la première visite.
Effectivement, Bourbon Street ne manque pas de surprises. Ici, cette énorme terrasse avec un taureau mécanique en plein air sur lequel Laetitia a fait le show !
Je tiens à rappeler que, toute fin de mardi gras que ce soit, c'était quand même un mardi. Et les rues étaient emplies de monde, comme s'il s'agissait du premier samedi d'un long week-end de trois jours. (il faut savoir que la journée est "feriée" pour la ville : chomage technique partout sauf chez les restos et bars. Et encore, beaucoup de restos excentrés ferment. Pas le lendemain par contre, où j'imagine qu'une gueule de bois assez violente s'abat sur la région tout' entière). Après avoir diversifié nos expériences un peu, il fut temps de nous restaurer. Dernier repas à NOLA, tristesse. Les spécialités régionales étaient à la carte et nous nous en sommes repus. Néanmoins pas autant que de ceci :
Il s'agit bien d'un reliez-les-points pour enfants de moins de 4 ans. Il s'agit bien d'une erreur effectuée par un ingénieur en informatique bac+5. On remercie bien fort le groupe moléculaire hydroxyle de sa participation.

Nous décidons ensuite de revenir à la charge au Café du Monde, songeant qu'il y aura sans doute moins de monde un mardi à 23h qu'un dimanche midi. On nous y offre un costume de Sherlock Holmes à l'entrée tant les gens sont impressionnés par notre intuition. Bon, c'est faux. N'empêche qu'on a chopé une table rapidos, et on peut enfin tester ces beignets dont tout le monde parle. Qui ne sont d'ailleurs pas mauvais (pas extraordinnaires non plus). Et beignent/baignent dans le sucre glace. Nous ressortons donc en ayant l'air de cocaïnomanes transis, puisqu'une bataille de poudre blanche nous a semblé être la meilleure idée du monde.

C'est à ce moment là que Laetitia et Benoît nous laissent entre iiens : ils sont claqués. De notre côté, le French Quarter nous appelle pour ces dernières heures de carnaval. L'ambiance est dingue partout : les gens savent que ça se terminera bientôt et veulent en profiter un max, c'est l'euphorie partout où on rentre. Nous testons une spécialité du plus vieux bar de la Nouvelle-Orléans en espérant tomber sur une gemme, mais non. C'est une espèce de vieille dégueulasserie à base de granité ignoble. Seul le charisme au pull bleu a senti venir l'arnaque et s'est commandé une vraie boisson. Ludo et moi ne terminerons pas.
Nous décidons ensuite que le Jazz dans les rues au quotidien ainsi que les deux précédents endroits dédiés fréquentés ne sont pas suffisants pour une ville censée incarner l'esprit de cette musique. Ca tombe bien, le prochain endroit choisi au pifomètre abrite un groupe talentueux. Hop, on s'y pose. La musique est géniale, on commence à danser. C'est viscéral à ce niveau. La serveuse nous tombe dessus en s'excusant "mais on ne danse pas ici". Oh. Dommage. 
Nous feignons l'obéissance cinq minutes avant de recommencer à s'agiter un peu. La serveuse tolère un temps, puis revient nous voir et affirmant qu'elle est réellement désolée mais c'est non. Là, sa manager vient la voir et grosso modo lui balance "Allez ma grande, ce soir c'est l'exception, dernier jour de carnaval oblige ! Danse avec eux, même !". Elle ne se fait pas prier, et nous nous laissons donc aller avec la musique. Excellente trouvaille, encore une fois, à croire qu'il n'y a pas d'endroit qui ne nous réserve pas de bonne surprise.
On aurait envie d'y rester toute la nuit... Mais là commence notre pèlerinage de clôture du carnaval. Celui-ci ferme vers 1h30, zou, on fonce au mybar@635 (je reste incrédule qu'un nom si pourrave puisse garantir une si bonne qualité de divertissement) où tout le monde est déchaîné. Les pianistes sont déjà quasiment sur le départ lors de notre arrivée, mais on arrive à lancer une bonne dizaine de rappels, où ils partent en jam sur des airs ultra connus aux US. Tout le monde chante à tue-tête, nous yaourtons à tue-tête. L'heure de clôture officielle et légale est passée depuis longtemps quand ils mettent tout le monde dehors. Passé 2h30, trouver un endroit ouvert aux US devient compliqué. Heureusement, Bourbon Street n'est pas "n'importe où". Nous voici dans une boîte où tous les rescapés veulent profiter encore quelques heures de cette atmosphère exceptionnelle avant de retomber dans la vie de tous les jours. L'avion du lendemain matin ? Pfff, c'est un problème pour les iiens du futur, ça !
En attendant, les iiens du présent s'amusent, et ça donne ça :
Hébus, toujours en veine pull-bleutée, a quand même dégoté un alien gonflable + un gilet qui ne ressemble à rien et sauve des vies + un truc en plumes !
Quand vers 6 heures, on nous met dehors, on sait que ce coup-ci la fête est bel et bien finie. Nous faisons le trajet à pieds une ultime fois : Ludo a un train trois heures plus tard, je dois partir vers l'aéroport dans deux heures, et Hébus a du bol : lui reste encore un peu à la Nouvelle Orléans avant de poursuivre son périple vers la Floride et au delà... en tricycle ! En attendant c'est lui qui va ranger l'appart parce que vu notre état de forme, réussir à repartir sera déjà un achèvement majeur, hinhinhin.

Considérant que je n'ai qu'une heure à passer à l'appart pour tout faire, je me couche telle quelle histoire de gagner 10 minutes (soit 25%) de temps de sommeil avant de repartir. Tant pis pour mon voisin dans l'avion (qui s'avère être aussi daubé que moi). La journée qui suit est brutale. Plus de voix, plus de pieds, plus un seul neurone éveillé. Conduire depuis l'aéroport pour déposer Laetitia représente une difficulté considérable au vu de la fatigue cumulée (et de la luminosité à Détroit particulièrement violente ce jour là, comme de par hasard). Je me perds un paquet de fois, pourtant en environnement connu.

Arrivée chez moi, je m'effrondre histoire de tenter de récupérer. Le lendemain, j'ai la crève. Qui se transformera bien plus tard en otite aigüe (appellation scientifique : otitus-de-putainus-de-batardus-qui-faitus-malus-sa-mèrus). 
Mais nom d'un marsouin, qu'est ce que ça en valait la peine ! Et je me rends compte que je n'ai quasiment pas parlé de la ville, ou des costumes de maboules que les gens portaient dans les rues, ou même des balcons de Bourbon Street et de leurs traditions stupides mais funky... Et j'ai à peine exploré un quartier !

Si vous avez l'occasion de fréquenter la Nouvelle-Orléans, ne réfléchissez-même pas : allez-y ! Et surtout pas les yeux fermés : il faut en prendre plein les mirettes et les oreilles !

jeudi 30 avril 2015

15/02/2015 Nouvelle-Orléans, la suite de la suite

Au programme de ce dimanche, le centre-ville (que l'on commence déjà à bien connaître de nuit), un brunch jazzy sur le Mississippi, et évidemment, les omniprésents sont de la partie : la fête et le carnaval.

Départ de la baraque après une nouvelle courte nuit. Comme d'hab, on suit un défilé vers le centre-ville puisqu'on rappelle : il y en a tout le temps.

Nous passons par le French Market qui ne nous impressionne pas outre-mesure : c'est über artificiel en comparaison du reste de la ville. Fausses pattes de croco en résine, souvenirs kitschouille à gogo et plus de 50% des étalages qui vendent plutôt de la bouffe à emporter (mais pas des primeurs, vous vous êtes crus dans un marché ?). 
                                Le French Market : un peu trop d'ordre dans cette ville chaotique, 
                                      qui provoque une criante impression de non-authenticité

A un moment, tout de même, ce bon Ludo bloque sur place, comme tétanisé. S'est-il fait mordre par un serpent en plastique ? Non ! Il a aperçu qu'une des gargotes proposait à son menu... de la tortue !
Sorti de sa torpeur, il en commande un plat. Juste pour goûter vu que 1/On n'a pas faim (les plats d'hier sont encore présents dans l'estomac), 2/ moins d'une heure plus tard nous allons monter à bord du bateau de Tom Sawyer (de rien pour la chanson en tête, je ne fais que partager notre playlist de "passage 5 jours près du Mississippi"). Bilan : la sauce est bonne mais du coup on ne sait pas vraiment le goût de la bestiole. Très cartilagineux et assez gras sont les deux caractéristiques qui se dégagent.

Réussir à déceler la présence du chélonien planqué au milieu des alligators prouve la forte sensibilité Ludienne à la bouffe bizarre

Continuant notre vadrouille, nous passons près du Café du Monde, une institution locale très réputée pour ses beignets. Un dimanche pré-carnaval à midi, c'est ultra blindé de monde : 1h de queue pour avoir une table, 40 minutes pour commander à emporter. Mouais, non merci.

Le Café du Monde fait face à Jackson Square, LA place un peu classouille de NOLA.

Il est temps de nous diriger vers notre repas mouvant et musical. Tous à bord du Steamboat Nachez, où nous avons réservé une table. 
On n'a pas pensé à le prendre en photo de l'extérieur, donc merci Google pour cette illustration.
Un bateau à roues à aubes, n'est-ce pas délicieusement désuet ??

Légère frayeur alors que nous faisons la queue pour monter : l'équipage s'amuse à faire jouer des morceaux par les cheminées du bateau, et le rendu sonore est puissamment horrible. D'autant qu'ils ne choisissent que des airs de parc d'attraction, on craint pour le côté "Jazzy" de la croisière. 
Heureusement, ça finit par s'arrêter et nous sommes accueillis à appendices supérieurs horriblement mutilés et sanglants à bras ouverts et on nous indique notre table.

La.Classe.

Là nous attend un buffet assez simple mais correct (d'après moi). Le groupe de Jazz est posté au bout de la salle et attend que tout le monde ait fini de manger pour entonner. Ambiance assez tamisée, et musique calme, presque trop tranquille.
C'est pas mal mais un peu décevant : je m'attendais à du jazz super pêchu qui fait danser tout le monde

Du coup évidemment on va se balader dehors : c'est pas tous les jours qu'on se promène sur un bateau à l'ancienne comme celui-ci ! Le paysage n'est pas délirant, surtout avec la grisaille, mais regarder le mécanisme tourner constitue un spectacle assez hypnotique !

 Mais où est Victoria Silvstedt ? C'est de la magie !!
 Remarquez ce que tient Ludo : c'est la tortue. Qu'il se trimbalera toute la journée. Le sac plastique a été gentiment procuré par le personnel du Steamboat Nachez pour cause de sauce dégueulasse répandue sur leur moquette.
Evidemment, le drapeau des US se doit de résider sur un bâtiment comme celui-là.

Après être restés sans rien faire pendant deux bonnes heures, il faut évidemment nous remettre de nos émotions ! Une micro-brasserie qui traînait par là nous ouvre ses portes. Comme dans tous les lieux de restauration de la Nouvelle-Orléans, il y a une scène, et quelqu'un qui joue du Jazz dessus.

Jolie ligne de teintes, non ? 
Les deux trognonnes peluches sont les compagnes de voyage de Yann, qu'il emmène partout avec lui dans son trip pour qu'elles voient le monde.
Son Pull Bleu fut également l'un des éléments clefs du week-end, car il devient irrésistible dès lors qu'il le porte.

Ensuite a démarré ce que nous baptisâmes par la suite du voyage "la soirée de la loose". Pourtant, tout commençait bien : nous découvrons un bar à cocktails lounge très classe où on nous sert des boissons atypiques accompagnées d'un apéro tout aussi atypique. Puis rejoignons Bourbon Street où nous enchaînons quelques bars sympathiques. 
Juste une parenthèse. Énormément de gens se baladaient dans les rues avec de longs verres verts pas en vair vers lesquels nous nous destinions, ceux-ci ayant l'air rigolos (l'extrémité ayant une forme de grenade). 1/ C'était dégueulasse (sucré et écœurant, comme toute denrée aromatisée au soi-disant melon). 2/ C'était cher. 
Bref, pour se venger de la manifeste arnarque, 
1/ Ludo a terminé sa tortue (froide, bien sûr !) comme un vieux hobo sur un coin du bar servant ces stupides boissons, embaumant ainsi le reste des potentiels clients
2/ Nous avons rick-rollé le bar qui avait un jukebox électronique
En vrai il me semble que c'était dans un bar différent, sauf que je ne veux pas passer pour une sadique gratuite.
Je voulais le mettre 5 fois d'affilée mais ce n'était pas possible. Grosse tristesse.

Puis ce fut le grand retour à notre repaire de dueling pianos, avec comme toujours une ambiance de malade. On y serait bien restés toute la nuit, cependant, c'eut été un peu gâcher au vu du nombre de possibilités s'offrant à nous. Qu'à cela ne tienne, avec la tortue en moins nous sommes nettement plus mobiles. Nous suivont Katie, une amie Néo-Orléanaise de Yann, qui nous emmène dans un bar à Karaoké assez sympa. Bondé, en revanche. On n'y reste qu'une petite demi-heure et on cherche un endroit plus tranquille.
En remontant un peu plus loin que la rue de la soif, on en trouve un. Il y a une cover (=il faut payer un droit d'entrée) et pas de musicien live. On y va quand même, il paraît que c'est bien.
En fait, pas terrible : les boissons sont chères, la musique pas incroyable, l'ambiance correcte sans plus. Si on n'avait pas payé l'entrée, on serait déjà partis. Là on décide de rester quand même une heure, histoire de rentabiliser (bref : le bar nous aura pourris deux fois !!).

Très mal nous en a pris, puisque Laetitia perd sa carte d'identité. Malgré nos recherches poussées sous les canaps et partout sur le sol, impossible de la retrouver. On demande au bar, on s'imagine que quelqu'un l'a piquée, on refouille et rerefouille. Finalement on décide d'attendre la fermeture du bar histoire de pouvoir chercher bien comme il faut. Donc en attendant, l'ambiance étant retombée, on se pose sur un canap', et, grosso modo, on attend chiantisemment (malgré l'insistance de Laetitia qui nous dit d'aller ailleurs profiter de notre soirée).

Au bout d'environ une heure, Yann et Katie vont dans un autre endroit et nous préviennent mais je n'entends pas. Benoît est rentré depuis 3 bars. Encore un peu plus tard, la meilleure idée devient d'aller au commissariat. Laetitia décide d'y aller seule. Du coup je vais chercher les trois autres. Je fais un tour du bar : personne. Un deuxième tour : la même. Plus de batterie pour contacter qui que ce soit.
Je jette un oeil dehors, personne non plus. Bon. Je m'imagine qu'ils sont partis tous les trois à un moment, las d'attendre. Du coup je rentre seule à l'appart'. Bah les 40 minutes de marche qui m'en séparent ont rarement paru si longues et douloureuses pour les panards !

Epilogue : Laetitia a vu plein de gens rigolos et torchés au commissariat. Le lendemain, le bar l'appelait pour signaler qu'ils avait retrouvé sa carte, glissée sous un canapé.
En démêlant le "comment on s'est tous perdus hier soir ??" je découvre que Yann et Katie avaient prévenu de leur départ. Et que Ludo avait juste pris prendre l'air pendant 5 minutes en faisant un tour de pâté de maison. Évidemment, la déesse du timing a fait en sorte que je le cherche pile poil à ce moment là, et en gros on sera tous rentrés chacun de son côté comme des boulets.


Vous avez vu comme j'ai réussi à me tenir à ma nouvelle formule longtemps ?? Ouaip. Trop fière.

dimanche 26 avril 2015

14/02/2015 Nouvelle Orléans, la suite

Revenons donc à l'ordre chronologique des évènements, avec une tempo-téléportation en février. Nous nous étions quittés après la première soirée en Lousiane et nous apprétions à décrire la première journée complète qui s'ensuivit.
D'un commun accord, lors de la préparation du voyage, nous avions décidé de caser toutes les activités culturelles un peu excentrées le premier jour, histoire d'avoir tout le temps de profiter de la ville et du carnaval par la suite.

Au programme de ce samedi, donc : visitation d'une plantation et tour sur le bayou. Et bien évidemment, gastronomie culturelle pour agrémenter.

Le réveil à huit heures fut fort douloureux. Encore heureux, c'est Benoît qui avait la bonté de conduire et ce brave jeune homme avait plus de sommeil dans les patounes que nous autres.

Direction : La Laura Plantation, l'une des plus recommandées du coin pour sa visite intéressante.
 L'entrée du tour, avec vue sur la maison de type colonial. La peinture n'est pas d'époque mais a été refaite en adéquation avec les couleurs originelles.
Remarquez qu'on était à la mi février, qu'à Detroit il faisait -20, et qu'ici on pouvait se balader en pull.
 Notre guide Ethan n'aurait pas dénoté chez les One Direction. Blague à part sur sa jeunesse apparente, il connaissait l'histoire de la famille sur le bout des doigts.
 Tout le mobilier était d'origine ou reproduit via des peintures. Ils ont pu créer ce tour à partir des notes de Laura, une fille des propriétaires (qui devint ensuite la propriétaire elle-même)
 Je m'attendais à ce qu'on se balade plus à l'intérieur de la plantation, mais la visite est déjà très complète sans cela. Ils mettent beaucoup l'accent sur l'histoire de la famille des proprios mais en profitent pour bien décrire le système de l'époque.

 On apprend aussi que certains esclaves étaient de fameux architectes, puisque c'est eux qui ont bâti cette baraque, encore debout de nos jours dans une région assez peu favorable climatiquement (marais + ouragans font rarement bon ménage avec les habitations).

 Les baraquements que l'on voit là sont les anciennes cuisines. Les esclaves, eux, logeaient dans des cabanes de bois au milieu des plantations : plus rapide pour aller travailler aux champs.
Petit électrochoc : les prix des esclaves en vente en 1808 traduits en euros 2003 (en prenant compte de l'inflation). 100k€ max pour la vie d'un homme, sympa.

 Lire le règlement sur la façon de traiter les esclaves fait sacrément frémir; surtout quand on sait qu'aussi dures que soient les conditions décrites, elles n'étaient pas toujours suivies. Il y a seulement 200 ans de cela ! 
 D'après le guide, les esclaves "américains" n'étaient pas traités différemment des esclaves "français" (la Louisiane étant restée cocoriquienne jusqu'à 1803, et les gens n'ayant pas changé de langue ou de culture du jour au lendemain).


 Si nous avions eu du temps, les visites suivantes tentaient bien... Mais avec le tour du bayou prévu dans l'aprem et il la nécessité de nous sustenter, impasse.



Nous voici donc dans un petit boui-boui au bord de la route à la décoration pour le moins intéressante.


Plein de spécialités locales. Nous optons tous pour des écrevisses, recommandées par Benoît. Sauf Ludo, parce qu'il kiffe faire son intéressant.

Les rations sont pour le moins... Imposantes. (A tel point qu'on est tous en train de les photographier, comme vous le voyez).

Tristesse et preuve que l'esclavage laisse encore des traces dans la région : ils vendent également.... des roux, oui. Mais vintage !

Destination suivante : le bayou ! Nous avons réservé un petit tour en bateau sur les marais si typiques de la région. Enfin je dis typique, c'est un euphémisme : la Louisiane à l'origine est un gigantesque marais, c'est d'ailleurs assez saisissant vu de l'avion.

Notre guide Brandon, dont la ressemblance avec son homonyme de Beverly Hills nous saisit tous, est un vrai américain pur et dur. En guise d'apéro pour le tour, il nous fait passer son album photo où on le voit faire mumuse avec des alligators (logique, c'est dans le cadre de notre visite), mais aussi... Chasser le sanglier en famille et autres joyeusetés. Euh. Ok.

Il n'y a pas foule d'alligators en cette saison (ces feignasses hibernent), mais la faune bayouienne comprend aussi ces charmantes bestioles que sont les ratons-laveurs. Qui sont apparemment de vraies plaies pour la faune et la flore locales, sauf qu'on s'en fout parce qu'ils sont trop kawaii avec leurs 'tites papates.

On croise aussi un héron-je-crois, typique des descriptions fauniennes de Marie

Et PAF ! Alligator ! Trop bien, il semble encore tout endormi, aucun besoin de trop s'en éloigner. 
En fait, Brandon nous explique que contrairement à l'image qu'on s'en fait d'après les films, ces bestioles sont de nature très docile et qu'ils sont très peu agressifs. C'est juste qu'une production d'horreur à base de ratons-laveurs foutraient un peu moins les boules.
 Et à partir de là, SURPRISE ! Le guide nous a ramené des spécimens de la faune locale pour nous faire découvrir le vrai bayou. Aucun animal n'a été maltraité durant cette manœuvre grâce aux explications de Brandon, sauf peut-être les morts. Un peu.

 D'abord des tortues rigolotes, dont celle-ci qui a un petit nez tout pointu et qui peut tirer la langue super loin.

 Puis ce ragondin; qui doit être l'oeuvre de Chuck Testa tant il est réaliste.
Un bout de fourrure de je-ne-sais-plus-quelle-bestiole, qui a adoré passer entre nos mains.
(Cet enfoiré de guide m'a grillée à cette occasion, attirant sur moi l'attention d'une trentaine de passagers)

La carapace de Tortue Géniale !
Et puis...
 Des serpents !
Truc fun : Brandon nous passait les spécimens l'un après l'autre, d'abord côté droit, puis côté gauche. Quand il a fait surgir un reptile, il a d'abord tenté de le faire partir à droite. Les 6 personnes à côté de lui ont hurlé (alors qu'il avait bien expliqué que la bestiole était inoffensive). Il a donc tenté de le filer à quelqu'un plus loin, sans succès.
Du coup, il se tourne côté droit, là où nous nous trouvions. Là, instantanément, 8 mains se tendent pour saisir le serpent ! Hé ouais, nous on est des vrais badass.
Autant le premier serpent était choupinou tout doux, genre pépère en charentaises, autant ce second se mouvait ultra rapidement. C'est vraiment une chouette expérience.

 Et enfin, le clou du spectacle, un alligator ! On croirait un bébé, mais il a en fait déjà deux ans. Le guide est obligé de lui mettre ce sparadrap autour du museau momentanément pour des raisons de sécurité, mais nous montre en live que ce n'est absolument pas nécessaire. Bébé wally reste en effet tout tranquille entre ses mains.

 On continue en même temps la balade sur le bayou et son paysage si pittoresque...
...avec encore 2-3 alligators en semi-hibernation aperçus. Puis retour à la voiture et Benoît nous embarque vers une balade dans le bayou pour aller voir le coucher de soleil.

 La végétation se prête bien aux compositions à la con.

 Le Yann et la Liane.

Victimes de notre temps: sur les 5 personnes de cette photo, quatre sont en train de prendre la selfie, ce qui nous a donné plein d'angles différents. Devinez c'est qui la pisse froid n°5 ?
La lumière du couchant ne rend pas trop, mais je poste cette image quand même : Je me souviens qu'il y avait un délire sur cette écharpe déployée mais si quelqu'un a une réminiscence plus précise, je prends.
 
 
Après cela, retour à NOLA pour une soirée similaire à celle de la veille, en un peu moins longue. Je ne détaille pas parce que j'aborderai tout ce qui est carnaval dans un post séparé. Juste, pour que vous ayez conscience des portions américaines, voici ce que nous avons reçu en commandant un "appetizer" pour 4.


 Le bazar coûtait une douzaine de dollars, donc on pensait réellement avoir des petites bouchées pour goûter. On est repartis avec 4 doggy bags ce soir là (vu que le plat qui suivait était également à la hauteur).


jeudi 16 avril 2015

16/04/2015 La SNCF vous informe...

... qu'un incident de flemmasserie mêlée de peu de temps libre a provoqué un retard d'environ deux mois sur toutes nos publications. Nous vous remercions de votre compréhension.

Bien le bonjour, chers lecteurs délaissés. 

Première info, ça va bien entendu mieux, et cette absence de nouvelles n'était pas le signe de mon trépas auriculaire, mais plutôt le chien de Mickey. Pardon, mais plutôt la conséquence d'une grosse montée en charge au travail qui m'empêche d'utiliser mon salaire pour raconter mes aventures. Ce n'est pas sur le point de se calmer, d'autant que je fuis vers Las Vegas ce soir, babies. 

Deuxième info, je suis super à la bourre. Il y a d'abord mardi gras à raconter, puis Vail, puis la Saint Patrick, le combat MMA, le Kentucky et son Trucking Show, le re-retour à Toronto et Niagara, la visite de Detroit avec un guest from NyouYôôr, et bientôt l'Utah également. En plus d'articles que j'ai envie de pondre depuis un moment sur les menues différences du style de vie américain, ou des évènements 100% Detroit comme la Marche du Nain Rouge. Et cette file d'attente conséquente me motive à peu près autant que la perspective de devoir récurer du parquet avec une brosse à dents usée jusqu'à la corde en écoutant Ilona qui chante "c'est Noël" en boucle.

Troisième info, il faut bien dire que je ne me sens pas de taille à habiller la Nouvelle Orléans de ma prose. J'ai passé un paquet de bons week-ends depuis que je suis ici, et jusqu'à présent j'ai fait de mon mieux pour les retranscrire au mieux ici en tâchant d'en capturer l'ambiance. Ça a plus ou moins bien marché par le passé : quand je rentrais d'un voyage et que je pensais à l'article à pondre, au fur et à mesure je préparais des phrases sympa dans ma tête, puis je raffinais. 
Pour la Louisiane, ça me semble compliqué : bizarrement je n'ai pas de subite inspiration pour des formulations fidèles et mordantes des moments vécus. A part énumérer des superlatifs, je ne vois pas  bien comment je vais m'en sortir.

Aussi,  j'ai pris la décision majeure suivante : mes futurs articles seront en mode album photo annoté. Plus d'envolée lyrique de 8 pages avec monologues intérieurs pour expliquer comment je me coupe les ongles. 10 lignes de texte max, puis une énumération de photos légendées. Ça ne me plaît pas outre mesure, cependant ça me paraît mieux que de laisser cet espace en friche totale, non ?