jeudi 7 août 2014

02/08/2014 Boston part 2 - Boston



Après la découverte envoutante de la cité des sorcières, direction le centre-ville de Boston, accessible via Ferry ou via Ferrée. 
Bien évidemment je choisis le ferry pour avoir une jolie vue des côtes à l'arrivée. En plus notre hotel est proche du port, donc j'ai tout à y gagner.
Bien évidemment, j'arrive à l'endroit où le prendre la bouche en coeur, les pieds en crampe,... et la tête en l'air. Pas de consultation d'horaire = prochain départ deux heures trente plus tard.
Bien évidemment la station de train est à l'autre bout de Salem.

Je re-re-traverse donc la ville une nouvelle fois, toujours le sourire aux lèvres mais un chouïa plus crispé, allez savoir pourquoi.
Et je découvre une nouvelle fois la preuve que l'amérique du nord et le train... Bah c'est pas l'amour fou. Outre le labyrinthe d'où se sortir pour accéder aux quais, voici l'aspect moderne et reluisant qu'offre celui-ci.
Un vieux hangar en tôle pourri, pas d'affichage, 
une seule plateforme pour deux trains dans deux sens différents
Je crois que j'aime la SNCF

L'arrivée à l'hôtel se fait néanmoins sans heurt (à une vache u-bus-esque près), et j'y attends Noëmie pour pouvoir m'enregistrer. En attendant je me rafraichis un peu dans une vraie salle de bains parce que... j'en ai violemment besoin : j'ai dormi environ 4h30 pour prendre un avion de bien trop bon matin (aussi appelé le "mauvais matin"), que j'ai dû attraper en courant, puis j'ai marché 4 heures en plein cagnard avec un sac à dos sur le pied. Mais non banane, sur le dos !
Vous l'aurez compris, je suis fraiche comme une fleur baignée de rosé rosée.

La fière Harvard Alumni me retrouve et nous fêtons les retrouvailles autour d'un verre sur une terrasse ensoleillée... Image d'Epinal. Bon, avec un Epinal qui aurait bien grandi et déménagé à l'ouest.

Une copine à elle de New-York, Lina, se joint ensuite à nous. On se balade copieusement, on papote copieusement, on trouve un resto italien avec la trombine de la mère-grand qui inspire confiance imprimée sur le menu. Un bon gueuleton bien sympa (et copieux !) plus tard, nous réalisons être toutes claquées et allons nous pieuter pour être au taquet le lendemain.
A la demande de Tiff, j'ajoute une blague par peur que mon récit soit plan-plan
 
La journée du samedi est peuplée de séparations et de retrouvailles : Noë va dire au revoir à des amis de promo, Lina va rencontrer des gens, on fait la connaissance de Jonathan (ami de Noë de New-York) et de Ced (ami dudit Jonathan).... Je vous épargne le détail minuté de la journée, mais vous allez avoir droit à quelques photos de Boston qu'on a bien parcouru en long (e de cheval), large (-ge de de boeuf) et en travers (de porc).

 Un batiment classe de la "City" locale
 Cette statue fait face au State House du Massachusetts, point de départ du Freedom Trail.
Le Freedom Trail, c'est une invention géniale des Bostonites. Ils ont créé un fil rouge de leurs bâtiments historiques, qui permet de parcourir la ville en voyant un maximum de choses anciennes. Et quand je dis fil rouge c'est à prendre littéralement, puisque deux lignes de briques le marquent au sol.
 Le Quincy Market, grande ancienne halle reconvertie en food court, dans une zone très piétonne avec moult spectacles de rue (ici, un mec qui tenait debout sur des boîtes de conserve)
 Lina devant la Old State House
Cette photo permet de se rendre compte de l'extraordinaire variété de bâtiments dans le centre de Boston
En plus, dans le coin en bas à gauche, on aperçoit le trait de briques Freedom Trailien

 L'occasion de découvrir le style "Roman Richardsonien"
Décidément, ils aiment les sculptures d'animaux dans les parages !
 Le très mignon (et riche) quartier de Beacon Hill
 Avec des boutiques colorées qui vendent des albums de Tintin (en Français dans le texte)
 Les bus locaux ont autrement plus de classe que les double deckers européens. 
En plus ils sont amphibies.
En plus ils s'appellent "Duck tours"
 Près de l'hotel de ville, une foire Porto-Ricaine

 Le fameux pont "Os de poulet"
 Un magasin qui vendait des t-shirts "Duck you!" et "What the duck ?"



 Je ne me souviens plus de quoi il s'agissait, mais c'est très Victorien

Le soir, un bar-pizza sympatoche pour se reposer les gambettes

  Suivi d'autres bars assez trendy dans le quartier du port
(Vous remarquerez que mes cheveux sont en mode serpillère puisqu'il a pluviné toute la journée)
 
 Et un retour à papattes pour clore la journée comme de juste !


mercredi 6 août 2014

01/08/2014 Boston part 1 - Salem



La ville qui m'avait le plus plu, la dernière fois que je suis allée en Amérique du nord, c'était Boston.
Déjà, en québecquois, ça se prononce "Bosse-thon", et ce simple fait suffirait à justifier ma préférence. Ça ne s'arrête pas là, puisque la statue la plus célèbre de la ville... c'est des canards.

Ils ont bon goût, dans le coin

Mais surtout, européenne dans l'âme que je suis, le charme de la ville, de ses différents quartiers à petites ruelles ou grandes avenues, et son architecture tellement variée qu'elle en est bordélique m'avaient séduite. 

Donc quand ma copine Noëmie me dit qu'elle termine son Master à Harvard début août et qu'elle ferait bien un petit week-end sympa pour fêter ça, ni une ni deux ni d'oiseau j'achète mon billet d'avion !

Etant déjà venue, et atterissant le matin alors que les autres ne sont pas encore disponibles, je décide de varier les plaisirs en visitant une terra incognita : la ville de Salem, à une quarantaine de kilomètres au nord de Boston. Autant vous dire que les lunettes de soleil étaient de la partie et que pari réussi: j'ai foulé le sol et personne ne m'a reconnue !

Ces grands originaux d'américains ayant du mal à trouver des noms pour leurs cités, figurez-vous qu'il n'y a pas moins d'une trentaine de Salem là-bas. Première difficulté à l'aéroport, trouver la bonne, car deux étaient desservies.

Organisée comme je le suis, je savais déjà quel bus prendre, mais j'ai décidé de faire ma maligne à l'accueil en demandant la ville avec les sorcières. Ce qui m'a valu un regard quelque peu atterrée où j'ai pu lire "Toi, t'es vraiment une touriste à la con" en braille sur les yeux de la madame.

Un peu plus tard, me voilà en train de bourlinguer dans la dite antre aux magiciennes. Je m'attendais à un conglomérat de boutiques de goodies de sorcières attrape-touristes, et de ce point de vue là, je ne suis pas déçue, tout y est:
 Jeux de mots en enseigne de magasin...

Boutiques de cet acabit tous les 5 mètres, avec poupées vaudou, philtres d'amour, pierres mystérieuses et autres....
 Et même une statue de ma sorcière bien aimée !


Donc il y a ce côté, qui pourrait en énerver certains mais pour l'heure m'amuse beaucoup. Ce à quoi je m'attendais moins, c'est qu'ils ont tout fait pour préserver historiquement les lieux, histoire de marquer les populations et d'éviter que ce genre de folie ne se reproduise. 
J'ai donc l'occasion de visiter une maison datant du XVIIème siècle, avec les meubles d'époque. Et il y a plein de musées du genre dans la ville !


 La maison de l'un des hommes de loi de l'affaire, Jonathan Corwin, reconvertie en musée
 Reconstitutions de parchemins d'époque
 Herbes médicinales d'époque (de sorcières, donc)
Cuisine / Cheminée
 Salle de couture
(Truc rigolo : dans ces dernières pièces, des panneaux résumaient les conditions de vie et habitudes de l'époque. Certains américains semblaient très étonnés et y allaient à renforts de "That's crazy" !)
Chambre avec une carte de l'Europe

Pour la petite histoire (qui fait nettement plus froid dans le dos qu'un sortilège de froid éternel), en 1692 s'est déroulé le triste procès des sorcières de Salem. 
A l'origine, des jeunes filles qui se mettent à se comporter bizarrement et accusent des résidentes du village de leur avoir jeté un sort.
Bien entendu, les premières accusées sont trop pauvres pour se défendre convenablement. Les femmes sont emprisonnées longuement avant d'être jugées (on ne sait trop comment...) coupables. La folie continue et une vague de dénonciations pleut sur la ville.  

Au final, on aboutit à la pendaison de 19 personnes, la plupart de vieilles femmes misérables... Mais également : un ministre du culte respecté, un ancien policier qui a refusé d'arrêter davantage de prétendues sorcières, et trois personnes disposant d'une certaine fortune. Une bonne centaine d'autres emprisonnées à tort. Si vous voulez en savoir plus, wikipedia est là.

De nos jours, on assiste du coup dans la ville à pas mal de reconstitutions en costume des arrestations (dont certaines vous baladent dans la ville pour vous emmener ensuite dans un musée pour assister à la fin de la représentation... Pas con !)
Des braves gens qui avaient envie de mener Bridget Bishop au tribunal
Et hop, on se promène en suivant le flot de gens !

Je n'ai pas suivi la foule et continué ma visite en solo. En plus de toutes ces particularités, Salem est une ville en bord de mer, et très, très mimi.
Plein de petites maisons en bois "coloniales", très colorées. Un marquage au sol pour indiquer les coins chouetto-historiques de la ville (très régional). Des boutiques de quartier choupinettes. Un joli port de pêche. La possibilité de traverser la ville trois fois à pieds sans y passer la semaine. Et surtout...Des rues PIETONNES !!! (Ca faisait deux mois que je n'en avais pas vu !! Je n'avais pas réalisé à quel point ça me manquait !)







Sympa comme tout. Ce qui ne m'a pas empêchée de me réjouir de rejoindre les autres après dans Boston même.

lundi 28 juillet 2014

27/07/2014 De la potentialité néfaste de la motivation



Ou comment un agrégat d'actions positives peuvent aboutir à un évènement négatif.

Je sens que je vous ai hameçonnés, alors je me permets de faire quelques circonvolutions afin de vous mettre en contexte.

Ce week-end, c'était la première fois que je restais à la maison depuis que j'ai ma tuture. J'ai décidé d'en profiter pour être productive : aller m'acheter des meubles, faire plein de courses, et enfin aménager un peu ma chambre.

Donc je fais un tour des garages sales du quartier (ce ne sont pas des abris pour voitures dégueulasses, mais j'en parlerai plus tard), j'encadre une peinture pour la première fois de ma vie, je me trouve un mignon petit bureau en verre et la chaise qui va avec; et je les monte fièrement, pour les mettre devant ma fenêtre, afin de travailler sur l'ordi avec une jolie vue sur le Wendy's en face de chez moi.

D'autre part, hier, c'était le dernier jour du ramadan. Le groupe a son pesant de musulmans qui ont été assez courageux pour le faire, et ils ont lancé un repas de fin de ramadan ou chacun ramène un plat et ça fait un gros festin à la fin. D'autre part, ceux qui le voulaient pouvaient tenter le défi de faire une journée de ramadan. 
Vous me connaissez. Le mot "défi" a entraîné un processus irréversible au sein de mon neurone, et par conséquent j'ai tenté le coup. 

En conséquence hier matin, comme une vraie, je me suis réveillée à 4h. J'ai absorbé deux patates et un oeuf, et surtout deux litres d'eau et je suis retournée au lit. Vous serez heureux d'apprendre que oui, ma légendaire vessie m'a accordé un nombre de voyages non moins légendaires vers la salle de bain au fil de la nuit.
Malgré les deux litres d'eau, j'étais quand même salement deshydratée au réveil. Et là, c'est super dur de se faire violence pour ne pas boire. Surtout qu'il faisait très très lourd hier.
Je me décide à ne pas être une loque et à aller au magasin pas loin pour acheter un marteau et des clous pour accrocher cette peinture merveilleusement encadrée la veille. 5 minutes de marche plus tard, je me délecte de la clim' qui règne en maîtresse dans le magasin. Pour un peu je m'allongerais dans un de leurs transats criards et j'y passerais la journée.

Deux minutes, deux questions et un usuel "oh, your accent is so cute, are you French?" (grmglrglmrlgmrgl...) plus tard, je ressors du magasin. En arrivant, j'accroche le cadre.
Autant vous dire qu'une telle quantité d'exercice me laisse presque pour morte, et je m'étends pour m'en remettre.
"Un peu" plus tard, je bats la flemme et me lève pour aller faire les courses. Faut bien que je prépare à manger pour le repas du soir ! Au passage mon gentil coloc me nargue en buvant un verre d'eau délicieuse et fraiche.
En mode un peu zombie, je prends mon temps pour faire mes courses, je me rappelle plein de trucs que je m'étais dit qu'il faudrait me procurer un jour (genre du cirage. Qui a besoin de cirage ? Qui s'achète du cirage comme ça en plein été alors qu'elle n'a que deux paires de pompes ? Et surtout qui a besoin de lire que j'achète du cirage ??? Cher lecteur, tu comprendras que je te bassine avec mon cirage pour une certaine raison).
Je vais aux caisses auto bondées parce que les caissiers américains aiment bien utiliser un sachet plastique par article et que ça m'emmerde. De toute façon je m'en fous j'ai tout mon temps.
Mon caddie et moi quittons le magasin alors que la pluie commence à tomber. Pluie lourde mais éparse. Qui s'épaissit durant le trajet pour devenir torrentielle.
En portant les affaires sur les 5 mètres qui me séparent de l'appart', j'arrive à me tremper comme une soupe (oui, j'aime cette expression). J'évite de justesse les grêlons d'un centimètre de diamètre qui commencent à tomber.

Mon coloc, un peu zombie aussi pour avoir trop festoyé la veille et pas assez dormi, admire l'orage, et me file un coup de main. Puis vient la phrase "Au fait, j'espère que tu as bien fermé ta fenêtre, parce que la pluie tombe de ton côté". Evidemment que non, par cette chaleur.
Paniquée (mais bon, pas ultra dynamique non, faut pas déconner), je me dis que la moquette (so US) va être trempée, donc je monte pour fermer la fenêtre.

Et là, mon magnifique bureau en verre fraichement monté m'attend. Le truc génial avec le verre, c'est que ça n'absorbe pas l'eau qui tombe. Mes yeux décrépits admirent donc une très belle couche de flotte d'un demi centimètre de haut, parfaitement homogène et bien répartie sur la surface miroitante du meuble.
Au milieu, trônant fièrement, mon ordinateur portable.

Je cours, me jette dessus, le débranche, le sèche dans mes draps, essuyant chaque petite partie accessible, chaque touche. Il vomit de l'eau. Par trop grandes quantités. Je ne vois pas l'étincelle de la vie le reprendre, il est resté noyé trop longtemps. Cinq ou six minutes maximum, qui suffisent à ôter toute magie d'un petit être. Même le linge éponge n'y fera bien, je sens bien que le froid glacial de la pluie l'a atteint au plus profond de ses entrailles.

Rest in rice, petit laptop. Rest in rice.


Je n'avais pas le coeur de prendre le mien en photo après l'évènement, alors voici une image volée trouvée sur gougueule qui vous donne une idée de ma tentative desespérée de sauvegarde... Verdict dans quelques jours...


Mon ordi, je l'avais baptisé Saïgon, histoire de me motiver pour aller au Vietnam, à l'époque. Ce coup-ci, les US ont bel et bien gagné la guerre et il semblerait qu'ils aient décidé de se venger sur ce pauvre petit être sans défense.

PS : Le repas post ramadan était une putain de tuerie. Snirf, pourquoi toujours des morts :'(

samedi 26 juillet 2014

26/07/2014 Eastern Market & Rando industrielle

(Originellement posté le 05/08/2014)
 
Qui a dit que Detroit était une ville morte et délabrée ?

Ah, moi

...
Comme quoi faut pas faire confiance aux gens qui ont mis 25 ans avant de connaître la vraie couleur du Cheval Blanc d'Henri IV.

Je continue les digressions dans cet article, puisqu'en parcourant des sites qui expliquent les différentes réponses à apporter à cette question si célèbre, je découvre la vraie provenance de l'expression "casser trois pattes à un canard" et je ne peux m'empêcher
1/D'être atrocement déçue
2/De la partager avec vous
"Saviez-vous par ailleurs que l’expression « casser trois pattes à un canard » ne fait pas référence aux canards que vous imaginez, mais bel et bien aux chevaux dont c’était auparavant le nom en argot ? J’ai longtemps cru que lorsque quelque chose ne cassait pas trois pattes à un canard, cela voulait dire que cela n’avait rien exceptionnel (car ce serait tout de même extraordinaire de casser trois pattes à un canard non mutant !) ; et bien non : ne pas casser trois pattes à un canard, cela  signifie en réalité que l’on a ménagé sa monture, que l’on n’a pas fait d’effort particulier."

C'est nul. J'exècre l'argot en cet instant précis et je reprends la célèbre phrase d'un des meilleurs films de 2012 pour bien l'illustrer : "Argot fuck yourself!".

Bref, pour en revenir à nos moutons ... et n'allez pas m'apprendre la provenance de cette phrase ! Je préfère les savoir se pavanant tranquillement en écosse, à poil comme il se doit ! Pour en revenir à nos moutons donc, Detroit n'est pas toujours la ville dangereuse et sombre caricaturale qu'on cherche à nous présenter.

Pour preuve par neuf, ou plutôt par vieux : le Eastern Market, grand marché qui prend place tous les samedis (et depuis peu, tous les dimanches aussi) dans le centre de Detroit.

C'est beau, c'est sain, c'est bon marché (... dans tous les sens du terme), et pour ne rien gâcher, il y a plein de gens motivés qui s'y baladent.

On y trouve:
- Trois énormes halles abritant des marchands en tous genres (avec un gros focus ford fruits et légumes)
- Des boutiques sympatoches qui bordent la rue, avec des musiciens postés devant qui mettent une ambiance festive
 Delphine & Sherice, avec qui j'ai découvert le marché
 L'intérieur d'une des boutiques, avec des bonbons à l'air dégueu

- Pas mal de restos, dont au moins deux célèbres pour leur excellent rapport qualité/prix (je peux en attester)
Supino's, les meilleures pizzas autour de Detroit

- Un magasin de viande où tu rentres dans le frigo où travaillent les bouchers ! Bon, on n'est pas direct dans celui où les carcasses pendouillent mais le concept est sympa

- Un petit coin "art & bricoles pour touristes en tous genres"

- Un stand où ils vendent des croissants pas trop mauvais !

Bon endroit pour commencer le week-end sainement, donc.


La dernière fois que j'y suis allée, en outre (enfin en vrai on a voyagé en voiture) on s'est ensuite rendues à la Russell Tower pas très loin.
Je ne peux pas refaire si rapidement ma blague sur Là-Haut et Gladiator, alors je être obligée d'introduire en disant que ce n'est pas la tour de 30 millions d'amis.

Le Russell Terrier, un chien qui vole à votre secours quand vous n'avez plus de vanne moisie

Aha !! Mais si ce n'est elle, c'est donc son frère ! 
Du calme, Jeannot. D'une part tu es mort depuis quelques centaines d'années; d'autre part la tour de 30 millions d'amis n'existe pas, donc elle ne peut pas avoir de frère; d'une troisième part, si tu continues à squatter mon neurone comme ça, on va finir par perdre des lecteurs; d'une quatrième part, non merci je n'ai plus faim.

Le Russell Industrial Center, ça fait partie des bâtiments emblématiques de Detroit. A l'origine un énorme complexe d'une entreprise du monde automobile qui a fait des carrosseries et autres parties automobiles, il souffre dès la fin de sa construction de la première crise de '29.
Pas con, son possesseur le reconvertit pour usiner des ailes d'avions pendant la seconde guerre mondiale. Et ça embauchait à cette époque pas moins de 13.000 personnes !

Après la guerre, petit à petit, les crises s'accumulant, de moins en moins de monde y travaille, entraînant un délabrement certain. Le centre est vendu et revendu par parcelles et très peu occupé. Pour ne pas améliorer les choses, une tempête agrémentée d'une tornade en 98 provoquent son inondation (partielle, c'est quand même une belle bête); la casse du transformateur principal du bâtiment, et le bris d'une multitude de fenêtres.

A ce moment, le propriétaire est forcé de vendre et on est au plus bas.
Sauf qu'en 2003, un investisseur du nom de Kefallanos rachète le bâtiment, le réaménage un peu et le convertit en studio d'artistes. Loués pour pas cher, ils attirent immédiatement du monde, surtout que les grandes fenêtres garantissent pas mal de lumière.

Donc avec Julie et Delphine, on est allées s'y balader un peu. Munies de pompes confortables et d'un peu de courage (l'endroit respire quand même sacrément la glauquitude), on a visité ce bâtiment en reconversion.

 Vu de l'extérieur. Charme et bucolisme.
 Certains des artistes laissent leur studio ouvert et nous proposent gentiment de visiter l'atelier
 Pas mal d'affaires en vrac dans les couloirs
 Longs corridors froids, souvent les portes sont décorées avec la patte de leur locataire
 Vieil ascenseur à marchandises apparemment encore en marche
 Je... mais... oui, c'est bien une guillotine
 Les escaliers de service invitatent particulièrement à la flânerie
 Certains corridors sont décorés plus modernement que d'autres
 "Dare"... Pas mal !
 Vous le reconnaissez ? Julie m'avait prévenu dont ça m'a sauté aux yeux. 
C'est un artiste célèbre. Réponse dans le premier commentaire.
 Celui-ci est moins évident. 
Ca reste une belle perf d'évoquer une forme humaine avec tant d'objets disparates !
 Au (très) loin, les tours du centre de Detroit
 Chimera, une peinture de plus de 800m² !
Au rez de chaussée, un bazar avec quelques stands permanent a été amenagé. 
Certains jours, un marché d'art assez florissant s'y installe.