lundi 6 octobre 2014

06/10/2014 La croisière s'amuse II

(Originellement posté le 11/11/2014) 

Après cet arrêt au port de Nice l'île privée, et tant de beauté naturelle comme artificialo-décorative, il fallait bien nous reposer un peu. Et justement, le lundi s'est avéré être un "fun day at sea". Oh bah ça ça tombe bien alors !

Basiquement, la journée a consisté en "profiter d'un maximum de choses sur ce bateau de folie". Ainsi, pas mal de larvage dans les hamacs avec de la lecture,  mais nous avons aussi décidé d'assister à quelques activités made in Carnival :

- blind tests (qui ne s'appellent pas comme ça ici, encore un rejeton du syndrôme "Very bad trip"), 
- concours du torse le plus poilu (malheureusement Julie et moi avons perdu),
- vente aux enchères d'oeuvres d'art (pour avoir du champagne gratuit. C'était intéressant mais long et diantre que la présentatrice était pénible !),
- cours de danse "thriller",
- le soir, un pestacle de stand up comedy (pas ouf malheureusement).

 Nos deux premiers candidats ne faisaient plus les fiers lorsque Jean-Pierre, l'Ours de Montreal, a enlevé son polo
 La personne très raisonnable que je suis a évidemment dépensé exactement ce qu'elle comptait dépenser et ne s'est aucunement ruiné pour au final ne pas obtenir la liasse de 50$ ici présente

C'est l'occasion de vous parler de Dr E. (Aucun lien avec l'égérie des casques Beats, fils unique), l'animateur principal de la croisière. Bien sûr, nous avions des GO qui encadraient toutes les activités, mais lui c'était genre le chef et la star d'entre eux. Il faisait notamment les annonces micro et nous avons entendu sa douce voix nous susurrer une chanson "Good morning" tous les matins (Les paroles, très profondes, disaient "I say a good morniiiiiiiing, a very good morning, oh yeah a good morning, you'd better good morning 'cause it's a good morning yeah good good morning". Mettez ça sur un air Gospel funky et ça vous donnera une idée.)

Pour ceux qui ont regardé How I Met Your Mother, cette chanson était un peu comme le "Five hundred miles" qui tournait en boucle dans la vieille voiture de Marshall : parfois entraînante et sympa, parfois très énervante. A la fin de la croisière, tous les passagers la reprenaient, que ce soit ironiquement ou non.

Et vous êtes chanceuuuuux ! Je viens de vous retrouver ceci pour vous. C'est seulement les dix premières secondes : https://soundcloud.com/eversen-bevelle/rev-e-goodmorning-3 

 Tiens aussi, petite parenthèse sur le bon poussage à la consommation à bord du bateau :
- Une grosse partie des activités se passaient près des bars et les GO les remerciaient toujours d'accueillir l'évènement et nous préconisaient de prendre un whisky d'abord.
- Sur le pont cinq, outre les magasins et le casino et le bar et le cabaret, il y avait en permanence une douzaine de photographes avec des décors derrière. Pour prendre des photos soit romantiques, soit drôles, soit sexy, soit normales avec la mise en scène de votre choix.
- Dès qu'il prenait la parole au micro, notre cher Dr. E. faisait systématiquement de la pub pour
  1. La steakhouse (prononcer Steakhaaaaahahahaassse avec une voix soul qui saoule) : unique resto non gratuit à bord. Qui avait l'avantage non négligeable de ne pas arrêter les gens pour mangeage de choucroute interdite.
  2. Les activités au port, sur lesquelles carnival margeait à mort (surtout qu'il y en avait pas mal ou c'était "shopping tour de l'île/la ville", où ils t'emmenaient en gros faire le tour des magasins partenaires de la croisière. Pas cons les gens)
- le spa faisait pas mal de "sensibilisations à": ils te parlaient d'un truc cinq minutes (acupuncture, reflexologie, posture, nutrition...) puis tentaient de te vendre le soin qui allait avec. Truc amusant : les soins étaient plus chers les jours sans escale, puisqu'ils savaient que les gens seraient plus sujets à les prendre.

Et ça ne s'arrêtait pas à bord, puisqu'à chacune de nos escales, il y avait des enseignes bien américaines qui attendaient que les pauvres américains privés de leurs habitudes fast-foodiennes se ruent vers eux... à raison ! De même, un Senor Frog (chaîne de bars à ambiance mexicano-electro) nous attendait systématiquement au bout du quai, pour que les touristes sans ambition de visite puissent y trouver leur compte.
Ah, les restaurants aux couleurs locales...

Le premier spécimen du genre que nous avons découvert trônait à quelques mètres du bateau, lors de notre débarquement du lendemain à Saint Thomas, des îles vierges. 
Celle-ci, il faut la voir pour la croire, et même alors on n'est pas tout à fait sûr. Et je ne dis pas ça uniquement pour la blague et pour vous dégoûter, l'île est sacrément magnifique et allie à cela un passé chargé d'histoires rocambolesques puisqu'elle était idéalement placée pour constituer un carrefour de la piraterie.

Non, pas ce type de carrefour

Contournant l'authenticité contestable du centre commercial discount localisé tout près du bateau (pas du tout grillé, étant donné l'absence totale de ville à cet endroit.
Quinze minutes et trois refus de taxis ("mais c'est loin et fatigant, montez !") plus tard, nous voilà dans le centre-ville de Charlotte Amalie, "capitale" historique, et confrontée pour ma part aux plus vieux bâtiments que j'aie vu depuis mon atterrissage en amérique.
Nous gravissons les 99 marches, petit challenge dans les anciens quartiers de la ville qui nous récompense par l'arrivée au chateau de Barbe-Noire et la fierté d'avoir grillé les gens du bateau ayant pris l'option bus.
Le guide était un très bon narrateur
Le château de Barbe-Noire n'était évidemment pas son lieu de résidence (celui-ci étant ... son bateau), mais une place forte de cette île dans laquelle il faisait régulièrement escale. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'un palace à proprement parler mais plutôt d'une tour dans une enceinte fortifiée.
 La piscine n'est pas d'époque... Mais nous ne sommes pas difficiles et en profitons pour piquer une tête plutôt utile après notre trek citadin sous quarante degrés
 Vue sur l'île Hassel, Off-shore
 Il paraît que les prisonniers étaient écroués au pilori après s'être fait re-jeter dans le mazout
Il paraît que j'aime toujours autant prendre des photos avec des petites fleurs au premier plan
La bonne surprise, c'est que la visite continuait après le chateau, nous faisant descendre les 99 marches, et traverser différentes bâtisses avec mobilier d'époque. Que je n'ai bien entendu pas pris en photo, privilégiant les statues de pirates (parce que One Piece, que fichtre).
Bataille entre Barbe-Noire et Robert Maynard (et je suis sympa, je vous épargne les 10 autres que j'ai prises)

 Le mur d'Ambre, qui est complètement Fou
 Dédale de petites ruelles plus choupinettes les unes que les autres
Et la rue un peu déprimante avec une bonne cinquantaine de bijouteries...

 Les gens étaient adorables et nous causaient sans chercher à nous vendre quoi que ce soit (à part dans la rue ci-dessus). On s'est donc fait indiquer comment voyager comme les locaux et se rendre de l'autre côté de l'île pour atteindre une plage spéciale snorkeling. Ca nous a rendu super contentes, et on n'a même pas vomi dans le bus-brousse !

La vue de la plage en question
Bon, seul défaut de ce spot, c'est que la plage était petite et donc "bondée"  (on était quand même loin de la côte d'azur, mais tout le monde ne disposait pas des habituels trois hectares de la région).

Plein de beaux poissons colorés (malheureusement pas de raie, ni d'odile) et un tour de l'île plus tard, nous revoilà à bord du bateau pour de nouvelles aventures !

samedi 4 octobre 2014

04/10/2014 La croisière s'amuse

(Originellement posté le 07/11/2014)

"Ô temps, suspends ton vol ! Et vous, heures propices, suspendez votre cours !

Laissez-nous savourer les rapides délices, des plus beaux de nos jours !

Sans quoi, nous autres procrastinateurs, artistes et troubadours

Serons dans l'incapacité de blogguer et de manger du boulghour."
                           - Alppronsimatif de Lamartine ; Lac, Méditation XIV (1820)

Nom d'un petit bonhomme en mousse de canard enchainé marne la vallée. Je m'empare de bretelles, d'une coiffe en dentelle et d'une voix rocailleuse pour émettre cette platitude extrême mais si vraie : "Diantre que le temps passe vite".
C'est vrai quand même, on a à peine le dos tourné qu'il se passe deux semaines sans aucun post sur le blog et qu'on a par conséquent plus d'un mois de retard.

En fait ce n'est pas plus mal car cet article-ci et les quelques suivants risquent de déclencher des crises de "nom de zeus, et dire que mes impôts aident à payer les vacances de ces gougnafiers de VIE !".
Donc, deux points avant le début de cet article qui fait déjà une page de long alors qu'on n'a pas commencé d'aborder le sujet, je sais, chut, si ça continue comme ça j'arrête d'écrire :
- 1. Merci, c'est vraiment chouette de ta part de bosser pour que je voyage.
- 2. A l'heure qu'il est, il fait plus froid chez moi que chez toi, tu peux donc me rire au nez avec la voix de Nelson des Simpsons (on approche à grands pas du 0° Celsius... Et vendredi dernier nous a offert notre première neige).

Ceci fait, je peux maintenant ouvrir mon dictionnaire de synonymes de paradisiaque pour commencer ma narration.

Julie, dont le deuxième prénom est "reine des bons plans" (cruels parents), nous a dégotté une semaine de croisière dans les Caraïbes au tarif imbattable de 650$ par personne, tout compris même le vol. Même avec le cassage de gueule de l'euro vous êtes en droit de me détester.

Personnellement, je n'avais jamais fait de croisière ni même envisagé d'en faire une, mes références en la matière étant Titanic ou Agatha Christie. Les rencontres mondaines entre personnes de haut lignage, c'est un peu comme des Chocapic périmés depuis 10 ans : j'en ai une énorme pas envie.

Il se trouve qu'en fait, pour les américains (et peut-être les européens aussi, à vrai dire), ça s'est beaucoup démocratisé et que c'est même un mode de vacances assez privilégié vu que nos amis d'outre-atlantique tendent à apprécier le all inclusive. Donc assez peu de Charles-Henris ou de Cunégondes à bord, ce qui est bien dommage pour les gens qui aiment se moquer des autres et qui se retrouvent avec le seul prénom composé à consonance prout-prout de la croisière.

Après trois heures à ronfler la bouche ouverte admirer la beauté du ciel dans notre vol pour Miami, et une petite balade sous une "légère" pluie tropicale, nous voici à bord du Carnival Glory, un fameux un mat fin comme un cachalot. 


La terre vue du ciel, par Julie Arthus Bertrand


 Dès l'entrée du bateau, une tendance se dessine qui s'affirmera par la suite : on fait tout pour pousser le chaland à l'achat.

Ce frèle esquif fait 300 mètres de long et peut héberger 2900 passagers et 1100 membres du personnel.
 Première impression en montant à bord: c'est kitsch. Trèèèèès très kitsch. Ca a beau être grand et posséder plein d'ambiances différentes, l'unité se fait autour de cette Valérie Damidot touch qu'on retrouve presque partout.


Le hall principal, pour vous donner une idée. Ca se veut classe. Ca ne réussit pas, c'est du plastique bas-de-gamme à tire-larigot.

Finalement, en considérant que c'est une vraie petite ville à l'intérieur, avec multiples piscines, cinéma, salle de spectacle, casino, salle de sport & spa, terrains de sport en extérieur, discothèque, salle de cabaret, bars, magasins et j'en passe, on se fait vite à ce côté un peu Disneyland et on prend plaisir à explorer le vaste monde qui s'offre à nous et sera notre maison pour la semaine.
Le "Fun Times", avec le programme quotidien, notre allié du séjour

Avant de partir, franchement, je ne savais rien du monde des croisières. Dans mon imagination, c'était un peu pénible puisque tu restais à bord du bateau en permanence et tu tournes donc un peu en rond. Dans notre cas comme dans celui de Mulder, la vérité était ailleurs puisque sur nos 6 jours de bateau, nous aurions quatre journées d'escale dans de magnificients endroits où le sublime se mèlerait à l'idyllique et à la concordance des temps foireuse.

Les lieux en question :
- Half Moon Cay, île privée de la compagnie Carnival aux Bahamas
- Saint Thomas, aux îles vierges
- San Juan, à Puerto Rico
- Grand Turks, des îles Grand Turks & Caïcos.

Après une soirée sympathique au piano bar, un bon dîner (inclus, chaque chambre a une table réservée dans son restaurant. Il y en a plusieurs en fonction du type de cabine. Nous on était au restaurant des pauvres, qui reste très très correct avec menu varié entrée/plat/dessert tous les soirs - et évidemment une décoration à chier), et un spectacle musical "Motown" dans le théâtre, première nuit en mer avant de débarquer à Half-Moon Cay.

Ce bar-ci était l'un des rares avec des éléments de mobilier sympa.

Je l'ai dit plus haut, l'île en question est privée. Donc les locaux sont tous des employés Carnival, les bars sont des bars Carnival, les bus de découverte sont aussi estampillés Carnival. On reste donc dans un environnement très proche du parc d'attraction, avec des prix qui rendraient presque nostalgique de Paris, des files d'attente un peu partout, peu d'authenticité (cabanes trop colorées, musique de boîte un peu partout), et du monde massé au même endroit.

Le gros avantage de cette île sur un parc d'attraction, c'est qu'il est très aisé d'éviter la foule. La foule aime les transats. Les transats sont proches des bars à touristes et du bateau (il ne faudrait pas prendre le risque de fatiguer le voyageur, tout de même !). Julie et moi enfilons nos costumes d'aventurières pour effectuer le pénible et dangereux périple semé d'embuches que constitue trois cent mètres de sable fin. Et nous voilà seules au monde sur l'une des plus belles plages qui m'ait été donné de voir de ma vie : mer (la vraie !) azur et farine de sable à perte de vue, le tout bordé de plantes tropicales luxuriantes, de pins, et de roches sculptés par l'érosion.

 Oui, ça existe en vrai
 Je précise que c'est non retouché et que je n'ai qu'un appareil photo compact à la con
Le ciel était presque aussi beau que la mer
Serait-il cruel de préciser que la température de l'eau complétait ce tableau enchanteur, avec un 30° des plus agréable, qui nous rafraichissait après d'épuisants bains de soleil.

Etant plus nordistes que bretonnes, nous n'avons pas fait les crêpes toute la journée et avons décidé de faire un tour dans l'île, histoire d'explorer un peu. Surtout que d'après la liste des excursions du jour, l'île possédait un sentier de balade orientée nature, ainsi qu'un coin pour faire du snorkeling avec la possibilité de voir des raies.

Après nous être paumées dans le maquis local sur mon initiative (la pauvre Julie s'est récolté une sale estafilade au front grâce à une ronce vicieuse), nous avons trouvé un petit lagon perdu où nous avons testé nos masques et tubas. Sans grand succès, puisque la seule chose exotique aperçu fut un car chargé de touristes où une guide donnait des explications peu pertinentes d'une voix monocorde (ça sera 25 dollars pour ce tour passionnant que vous auriez pu effectuer à pieds. Merci). 
 Comme l'île n'était pas large, la plupart des sentiers avaient le bon goût de donner vue sur la mer
 L'authenticité de ces villas de plage n'a pas de prix. Ah si, 300$ la journée.
 Le personnel organisait pas mal d'activités de plage proches du bateau:
- Concours de chateaux de sable
- Concours de course Alerte à Malibu
- Visite de l'authentique fausse épave-bar
Tout cela avait l'air bien sympa mais nous avons préféré nous concocter notre propre programme.
 Le petit lagon.
L'authenticité de cette paillotte avec des logos de boisson gravés dans le bois.
Afin de ne pas avoir trimballé notre attirail pour rien, nous sommes ensuite retournées tout au bout de l'île, près des rochers, où de jolis poissons tropicaux nous ont fait coucou. Comme nous n'aimons pas nous faire remarquer, nous ne sommes pas du tout remontées les dernières dans la dernière navette ramenant les croisés au bateau en devant tracer sur la plage (oui, je sais que "croisé" désigne les participants d'une croisade et non d'une croisière. Mais comme ces premières n'existent plus, autant utiliser ce mot qui se perdrait sinon, non ?).

Un resto et une soirée Game Show avec Monsieur Patate en guest plus tard, nous voici prêtes pour notre premier "Fun day at sea"... A suivre au prochain post !

Avant de vous laisser, quelques images empruntées au site de Carnival, vu que nous n'avons pas suffisamment pensé à immortaliser ce lieu de délices artistiques.
 Le magnifique théâtre du XVIIème, où Molière effectua sa dernière représentation de l'épileptique imaginaire.
 La salle de sport et son sol peint par Raphaël.
 Le casino, qui nous montre que l'esclavage a tout de même eu du bon.
 Gaudi est passé par ici, comme on le voit dans le Grand Hall.
 Le Platine Restaurant fut l'occasion de solutionner le grand problème du recyclage de sabre laser causé par l'extinction des Jedis.
 A cause de l'implantation de ce rocher naturel au coeur du bateau, de nombreux touristes ne sont pas descendus à la première escale, croyant être déjà sur l'île.

Bon, je me moque mais il y avait tout de même des endroits corrects.

 Le pont, tout de bois vêtu, avec moults transats permettant d'assister au séances "Dive-in cinema"

 Les cabines premier prix n'étaient somme tout pas si mal

 Le sauna/hammam avec vue sur la mer

 L'espace "Serenity" très cosy, interdit aux enfants pour garantir la tranquillité des passagers

dimanche 14 septembre 2014

14/09/2014 Detroit, Art City

(Originellement posté le 27/10/2014)

Et bim, ellipse narrative de dingo déglingo : je zappe sur le samedi 13.
Résumé de la journée : On a roulé, on a fait des lessives, on a mangé près de l'Eastern Market, on n'est _pas_ allés au Musée Ford, on a mangé un tout petit morceau de Fudge souvenir (merci Steph pour tes parts raisonnables), on a fait du shopping, et on a fait un tour à Ferndale, ville vivante et bar-bue.

Pourquoi cette injustice ? Est-ce de la Flemme, est-ce de la Superstition, est-ce du dédain envers cette merveilleuse journée, est-ce un oiseau, est-ce un avion  ?

Non, c'est Superman-ifestment-en-retard ! Outre le fait que j'ai 1 mois de demi à rattraper sur ce blog. Bah c'est le mien. Et j'fais ce que je veux. Et je n'ai pas de photo du 13, donc ça voudrait dire faire un article sans image et avec massivement du texte.

 Sans plus de préambules, passons-donc au dimanche 14 septembre. Le truc chouette du dimanche 14 septembre, en plus de son décuple set, c'est que nous sommes allés dans Detroit ! Et comme vous avez déjà lu cet article là, je vais pouvoir expédier celui-ci plus ou moins rapidement.


Première destination, le Heidelberg project !
Après s'être perdus environ deux fois pour y aller (merci à Google de nous avoir dirigés vers le siège social du projet...), nous y arrivons.
Quelques images pour vous mettre dans l'ambiance.



 Vous voyez donc que c'est un bringuebalant bazar en bizarre bordel !
En fait, ce projet artistique est assez génial. Non content d'être né en 1986, meilleure année du monde (n'est-ce pas, Sylvain, Steph, Flo, Coluche & Tchernobyl ?), il a permis, par son culot innovant, de rehabiliter un quartier totalement déserté par ses riverrains.
Tyree Guyton, un habitant de la rue Heidelberg, a voulu revenir habiter l'endroit où il avait grandi après son service à l'armée. Là, il se rend compte que les environs ont été métamorphosés pendant son absence, et pas en bien : c'est comme si une bombe y avait explosé. Les émeutes de 1967 ont fait fuir tout le monde et la déterioration a commencé ... et pris très rapidement.
Son projet est très simple. Au départ, peindre une ou deux maisons de points et y accrocher des objets de récupération pour leur rendre un peu de vie.
Ceci a fait arpenter la rue à Tyree Guyton jour et nuit pendant des semaines. Celui-ci a en plus invité les enfants du quartier à participer. Rendant les environs plus vivables de jour en jour, puisqu'à la base, les gens avaient peur d'y circuler, même de jour.
Maintenant pas moins de trois blocs ont été ainsi redécorés, attirant la curiosité du public, et rehabilitant les maisons ainsi peintes en oeuvres d'art. Les riverrains sont désormais fiers d'y vivre et le quartier se repeuple petit à petit. La rue s'est ainsi transformée en Musée vivant d'intérieur et d'extérieur. Les artistes qui y vivent travaillent quotidiennement à son agrandissement. 

On peut aller s'y balader quand on veut, et il n'est pas rare de tomber sur Tyree (nous, par exemple, on l'a vu).
 Un peu glauque, ce thé qui rappelle celui d'Alice au pays des Merveilles sur une maison cramée.
 Beaucoup de taxis. Pour représenter un quartier qui bouge ?
 Quelques notes d'humour...

Puis nous nous rendons au centre-ville, pour y voir deux des statues emblématiques de Detroit.

 Le Spirit, représentation du lien entre Dieux et Hommes (humanité dans une main, divinité dans l'autre)
 Le Point de Detroit, représentation de l'amour des américains pour le Pierre Feuille Ciseaux (et accessoirement de leur grande force ouvrière au début du siècle précédent)

Petite note sympa : une association distribuait des petits dejs gratuits juste à côté. Comme ça, pour le plaisir. Personne de nous a gonflés, personne ne demandait de sous. Et il y avait la masse de trucs !! Des fruits frais, du pain perdu, de la glace, des garnitures différentes, le tout à volonté !


 La vue sur le Canada, avec une statue qui explique qu'à l'époque de la ségrégation, un exode assez massif se faisait vers ce pays, nettement plus accueillant avec la population noire.
 Un panneau historique, en français dans le texte, s'il vous plaît, expliquant que les premiers colons du Détroit furent des Canadiens-Français en 1701.
Petit passage devant le Renaissance Center de GM avant de raccompagner les loulous à l'aéroport.