Après toutes ces péripéties en février, il fallait bien se reposer le mois suivant.
Ainsi je restai à Détroit la plupart du temps (enfin dans la banlieue, les habitants s'avèrent être assez puristes en ce qui concerne "The D"), avec un petit passage immobile dans l'appartement illustré dans un article précédent concernant ma petite n'oreille droite.
Un paquet de gens du groupe "VIE et plus si affinités" avaient décidé de partir à Chicago pour célébrer la boisson houblonnée la plus populaire du monde l’évêque du Vème siècle évangélisateur de l'Irlande et je faillis être de la partie. Sauf que pour une fois, mon portefeuille a réussi à crier assez fort pour dépasser ma surdité passagère et me faire demeurer au bercail.
Comme il ne faut pas pousser mémé avec le dos de la cuiller, quand même, un petit groupe d'autres VIE restés sédentaires pour l'occasion décidèrent de voir comment l'évènement était célébré dans la ville capitale du Michigan (qui n'est pas son chef-lieu, d'ailleurs rappelons que c'est très rarement le cas aux Etats-Unis).
Nous décidâmes donc d'y aller de bon matin afin d'assister à la parade puis d'aller tâter de l'ambiance très...fle de Corktown, le quartier irlandais. Malheureusement, notre définition des aurores (= 14h, comme chacun sait) ne nous permit point d'assister au défilé de leprechauns, pompom girls et autres créatures celtiques. Qu'à cela ne tienne, nous attaquons directement la phase numéro deux.
Notre seul aperçu de la parade : cette petite hutte à saveur très armoricaine
A peine arrivés, premier constat : les rues sont noires, ou plutôt vertes de monde. Incroyable, cette ville semble toujours si déserte d'habitude qu'on ne peut s'empêcher d'avoir un sourire qui affleure aux lèvres. En outre, tout le monde joue le jeu du vêtement aux couleurs de l'Irlande, ce qui donne un côté bien agréable.
Deuxième constat, tout aussi extravagant de positivisme: c'est la mi-mars et le temps est fou ! Il fait un soleil radieux, une température qui permet de laisser son manteau à la maison (on rappelle pour les novices qu'une semaine avant, on se tapait du moins quinze... et c'est revenu après, mais ce jour là fut béni et nous badigeonna d'enthousiasme !), bref les éléments semblent sourire à cette célébration des américains d'origine irlandaise et de tous les incrusteurs qui en profitent.
Le soleil est tellement fort que nous sommes EBLOUIS. Mais non, vous ne rêvez pas !!
(De gauche à droite : Marie, Marion, Robin, Lyse, Alain)
Nous passons l'après-midi dans un pub fort sympathique qui nous régale de denrées plus ou moins authentiques du pays du Connemara et de Molly Mallone (je déplore d'ailleurs de n'avoir entendu aucune de ces chansons de la journée, même si j'avoue avoir eu assez peu d'espoirs pour la première)(au bout d'un moment nous avons pallié à cette absence, vous voici rassurés).
L'atmosphère est très festive : des jeunes, des vieux, des grands, des petits, des irlandais d'origine, des gens d'ailleurs, tout se mélange et ça donne un melting pot à consonance bien familiale. Pour assaisonner le tout, un groupe pas mauvais du tout joue des morceaux traditionnels que les connaisseurs meumeumment alors que les incultes (C'EST NOUS \o/) apprécient simplement.
(Ce n'est pas très gentil, cette dame était adorable)
Dans cet endroit un peu plus authentique que d'autres, pas de bière verte à la con (tradition purement américaine pour l'occasion : ils ajoutent du colorant vert à leurs boissons pour faire "plus irlandais". Savez-vous d'ailleurs que les vrais irlandais ne se déguisent pas en vert ?? Hé ouais, ça fait partie du folklore commercial de l'export de cette fête !), quasiment toutes les pressions étaient importées.
Le groupe, dont le bassiste s'est écarté à un moment pour faire monter monsieur Polo Vert sur scène. Celui-ci n'avait visiblement aucune idée de ce qu'il foutait là, mais ne s'en offusquait le moins du monde, pour le plus grand plaisir du public.
(Pour les So@tiens, si certains passent par là : vous ne trouvez pas que le bassiste en question est un clône d'Hugo P. à qui on aurait déteint les cheveux ? Cf ici)
Le bar a également une choupi terrasse pour l'occasion sur laquelle joue un instrumentiste-qu'on-ne-tolère-qu'en-irlande-ou-en-ecosse-quand-on-est-en-vacances-et-éventuellement-à-la-Saint-Patrick-si-on-est-de-bonne-humeur. Vous avez bien deviné : il s'agit d'un pianiste ! Qui aurait troqué son arme de prédilection contre un bignou. Sur ce coup, je ne suis pas malheureuse d'être à moitié sourde, et c'est la mauvaise oreille que je tends vers ce son si particulier.
Vous l'aurez deviné : ce n'est pas la terrasse, mais la seule photo qu'on à dessus est très floue.
Nous nous rendons ensuite en centre-ville pour nous y sustenter. En passant, l'arrêt à un second pub (pour tenter de profiter de son toit-terrasse) nous effraie : à 17h seulement, les gens sont principalement des épaves. Ce qui nous incite à fuir vers un resto dont le doux nom suffit à évoquer les belles landes irlandaises (ou pas) : le Santorini.
Puis nous nous maudissons d'être allés si loin, puisqu'avec la tombée du jour chutent également les températures. Bas. Très bas. Assez bas pour provoquer des envies de courir chez des gens généralement imperméables au sport.
Il n'empêche que ce premier jour de beau de temps de l'année aura fait beaucoup de bien au moral des troupes, et que tout ce vert aura bel et bien annoncé le printemps.



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