dimanche 7 juin 2015

26/03/2015 Salon à Louisville

Petit point boulot dans cet article puisque je vais évoquer un voyage (comme presque toujours !) entrepris cette fois-ci dans le cadre de mon travail.

L'occasion au passage de vous expliquer un peu ce que je fais ici : même si j'ai couvert le sujet en privé avec beaucoup d'entre vous, d'autres ne savent pas (et les premiers ont dû oublier. On oublie tellement souvent le taf des autres !).

Donc, très vite fait : je bosse pour Parrot. Pas les drônes Parrot ou les casques audio, qui sont "célèbres" dans le monde des particuliers, mais pour leur division automobile. Qui est la spécialité historique de la boîte : ceux-ci ont commencé (il y a 21 ans) en créant des modules Bluetooth qu'ils vendaient aux fournisseurs automobiles. Les fournisseurs automobiles prenaient le composant, l'intégraient dans un système plus gros, et revendaient les tout aux constructeurs (Peugeot, Ford, tout le tintouin). C'est ce qui vous permet d'appairer votre téléphone à votre voiture pour converser sans les mains, ou de jouer la musique présente sur votre mobile via votre "radio" (comme ses facultés se sont diversifiées, on appelle ça une "head unit").
La gamme de produits s'est étendue, on a ajouté le Wi-Fi, la reco vocale, on a multiplié les fonctionnalités Bluetooth, la fête. 

Comme la connectivité s'est beaucoup démocratisée ces derniers temps, la concurrence est devenue plus rude. Donc on a continué à développer ces petits modules à revendre à des intermédiaires, mais on s'est dit que malins comme nous le sommes, nous avons également la possibilité de faire l'intégration nous-mêmes, et de générer de beaux produits entièrement développés à la maison. Plus grande liberté, moins d'interface, plus de marge.
Par contre, c'est aussi beaucoup de boulot, car les constructeurs automobiles sont diablement réputés pour casser les bonbons du monde entier, et être en contact direct avec eux n'est pas une mince affaire.

Bref, dans cette optique, on a sorti des produits comme le Sensus Connected Touch, pour Volvo : une "radio" qui embarque Android et toutes les applications qui vont avec, un équivalent Head Unit pour MacLaren, et d'autres trucs dont je ne peux pas vous parler ici parce que ce petit monde aime le top sicrète. Sachez juste qu'on diversifie nos atouts, qu'on tâche de faire des produits qui vont à l'arrière pour amuser les petits et grands enfants, des super routeurs pour partager les contenus et les connexions à travers de la tuture, et d'autres concepts innovants.

Comme le monde de l'auto est un peu un gros dinosaure déplumé, pas facile de convaincre les gens de nous engager comme fournisseur vu que nous sommes un tout petit acteur. Notamment aux US où ils sont encore plus conservateurs qu'ailleurs. Donc on a beau être mieux que la concurrence (à mon très humble avis) et souvent moins chers, ces gens qui ne maîtrisent pas toujours où en sont les nouvelles technologies Software et jouent beaucoup sur la sécurité ("je veux un lecteur dvd !" à l'heure de l'abolition des supports physiques, ça fait mal).

Avant mon arrivée, l'antenne de Southfield pour l'OEM était constituée de trois personnes. Comme nos offres évoluent vite et que la communication avec les filiales n'est pas aisée, je suis là un peu comme borne avancée de Paris, pour avoir un lien privilégié avec l'unité de Business Development de là-bas. Vu mon background technique, j'aide aussi à préparer les démos avant qu'on aille voir les clients, je file des coups de mains sur les réponses à appel d'offres, j'aide à développer les applications Android maison... En gros, un peu tout et n'importe quoi.
 Je fais également dessiner des conneries à mon chef

Dans ce taf, il est impératif de nouer des contacts avec les clients, et de se rappeler à eux très régulièrement. Pour ça, des salons sont organisés où l'on se ruine pour exposer notre savoir faire, en espérant qu'un gros poisson se présentera et qu'on n'aura pas de crash sous ses yeux.
C'est dans cette optique que nous nous rendons à Louisville, Kentucky, pour tâcher de rencontrer des constructeurs. Mais pas n'importe lesquels, car notre cible ici seront les fabricants de ... CAMIONS.

Yeah, baby. Mid-Americas Trucking Show rien que pour vos yeux.

Comme le Kentucky, c'est loin mais pas trop, on décide de faire économiser de l'argent à la boîte en s'y rendant par la route. Yeah baby, road trip avec les collègues.
Pour l'occasion, sachant qu'on sera 4 et qu'il y a tout le matos à embarquer avec nous, on loue... un minibus !

La bestiole, Ford Transit 13 places, apte à faire se retourner les statues
Le matériel à charger est volumineux et on n'a pas envie de s'embêter à faire la queue-leu-leu dans le micro couloir en trimballant tout cela. Résultat, nous choisissons d'enlever les sièges arrières (il n'y a pas de coffre dans ce monstre). Ce qui donne lieu à une situation sympathique de type "nain de jardin dans Amélie Poulain".
 Les sièges de bagnole dans l'ascenseur
 Les sièges de bagnole dans le bureau du chef
Les sièges de bagnole sur le parking du bureau
Ceci fait, en route mauvaise troupe ! Tim résidant sur l'itinéraire qui nous emmène vers le sud, nous le récupérons. David et moi n'aimons pas conduire, Tim et Tobias n'aiment pas ne pas conduire : tout va pour le mieux pour les deux flemmards que nous sommes. Les deux autres ne se chamaillent pas trop, car Tobias est salement malade et passe son tour pour la plupart de l'aller.

[...]
Cinq heures de route et un repas plus tard, nous voici à Louisville. Ce soir sera destiné à s'installer à l'hôtel. Demain, on va sur place pour la préparation du show : il va falloir mettre en place tout le matériel et s'assurer que les démos fonctionnent bien. Piece of cake, ça devrait être plié en deux heures.

Evidemment, le lendemain, on galère comme des boeufs. Les workbenches nous pètent à la gueule, des bugs que nous n'avons jamais vus surgissent, il faut reflasher, reconfigurer, appeler Paris en urgence pour un souci de son, et trouver des solutions de remplacement & scenaris qu'on peut montrer sans trop prendre de risque. Suite à ce petit coup de bourre, nous méritons bien d'aller voir de plus près la ville majeure du Kentucky : Louisville. (Le salon était situé en dehors, près de l'arrêt au port de Nice).
 L'envers du décor : un joyeux bordel de câbles

L'équipe de choc (David, Tobias, Tim et Enguerrande) qui a enfin fini son install se prend pour les men in black
Qui s'avère être assez chouette ! Nous déambulons, agréablement surpris, dans son centre ville. Qui tourne autour de 4th street, et de son espace "Live" réservé aux piétons, où on trouve un écran géant sur lequel sont diffusés les évènements sportifs du moment. Il y a également des concerts très régulièrement par là-bas.

En plus ils ont eu la bonne idée de couvrir l'espace, permettant d'en profiter sous la pluie
En bons snobinards de première, nous ignorons cet endroit trop néoné pour nous rendre dans un petit bar fancy avec une magnifique terrasse ne donnant pas trop sur la rue (RARE aux US !! Encore plus dans le Michigan)
Ca s'appelle MarketPlace. Le fait qu'on puisse être en terrasse en mars a rendu cet endroit quasi divin.
 Puis, notre Tim national étant trèèèèèès difficile sur tout ce qui est nourriture, direction une micro-brasserie qui fait de bons burgers pour qu'il puisse s'y restaurer. La marche de retour a semblé bien longue après le départ du soleil qui nous a fait regretter notre témérité climatique (une veste ? mais pourquoi faire ?).

Je ne vais pas trop détailler le reste du salon, si ce n'est sur un point. On s'est fait violemment chier.
Petite illustration :
Nous étions localisés dans le Pavillon. Ca sonne bien, non, comme nom d'endroit ? En entendant ça au départ, je me suis représenté le Pavillon Baltard, l'hôtel du Pavillon de la reine, ce genre de lieux prestigieux.
Autant vous dire que les organisateurs ne doivent pas avoir grand chose à voir avec la Place des Vosges et Nogent-sur-Marne puisque cette salle constituait le Trifouillis-les-oies du salon.

Grosso modo : tous les constructeurs (nos cibles) et leurs fournisseurs exposaient dans les quartiers chics : la south wing et la north wing. Là, on avait notre population habituelle de parc de expositions, avec tout le monde en costard, de belles keynotes défilant sur des écrans géants, des stands bien léchés au petits oignons. La West Wing constituait une passerelle, un entre-deux vers le monde perdu... du pavillon. Ce dernier, c'était le repère des vendeurs de tuning camion. Les exposants présents là ne s'adressaient qu'aux particuliers, et par conséquent les gens qui déambulaient étaient des purs et durs, avec toute la panoplie made in salopette land.
Le fort bien nommé "Kevins worldwide" vendait des t-shirts et autres gilets fluos personnalisables à nos chalands.
"Il est trop beau" (Copyright Le Petit Journal)

Bref : on n'avait rien à foutre là. Sans compter que comme ceci se déroule aux Etats-Unis, le salon était gigantesque ! Facile de se perdre et de ne jamais trouver la façon de rejoindre un hall depuis un autre. Donc à part se faire piquer nos bics et porte-clefs, être amusés par le nombre de clients du stand de couteaux (wtf ??) à côté du nôtre, et s'éberluer sur les conversations surprises ("- alors mec, ta mère est sortie de prison ? - Non, pas encore, mec, pas encore..."), les occupations ne furent que très limitées.

A tel point qu'un matin, nous sommes tout bonnement allés visiter un musée dans Louisville en laissant David gérer le stand tout seul. Je l'admets parce que je sais très bien qu'Augustin ne lit pas ces pages... Et sinon, euh, haha lolilol c'était pour de rire grand frère. On a été très très assidus pour montrer CarPlay aux bouseux du coin.
Je vous vois vous emballer derrière votre écran, "oh musée = culture = wahou vous êtes vraiment des gens bien". Ttt, ttt, ttt. Ne nous avançons point. Le lieu en question était consacré à ... la batte de baseball ! Kabim. N'empêche que visiter une usine de fabrication reste une activité super intéressante, et on a pu voir toutes les étapes qui conduisent à cette chianterie maximale qu'est le baseball.

Celles-ci ont un process de fabrication moins compliqué, et cependant un process d'utilisation bien plus intéressant

Au final, on a programmé de très bons restaurants et on a bien visité la ville qui s'est avérée surprenamment sympathique.
 Une dorée statuette d'un monsieur tout de rien vétu
 Une limo recouverte de brillants rouges 
 Le coin un peu "nouveau centre" de la ville, sur Bardston Road
 Où les gens ne manquent ni d'alcool ni d'humour
 4th street...
...où Tim peut professer une fois de plus son amour de la bouffe asiatique (grosse ironie inside)


Et bien sûr, en tant que débile mentale adepte de la fine cuisine, il a fallu que je mange un vrai poulet frit du Kentucky !

2 commentaires:

  1. Enfin un article sur ton travail \o/

    du coup il était bon ce Poulet Frit du Kentucky ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il était, comment dire... frit ?
      Du coup ça se mange bien mais on sent que ce n'est pas de la bonne cuisine :-)

      Supprimer