lundi 17 novembre 2014

17/11/2014 Un peu d'ordre...

Ola à tous,

Il semblerait qu'après avoir testé le SPAM, je m'essaie également au spam... Profitez, ça ne durera pas.

Comme ça devenait un sacré bordel avec mes articles pas dans l'ordre qui partaient dans tous les sens, et que je me suis rendu compte que je pouvais modifier la date de publication, je ne m'en suis pas privée. Au passage, si des gens se sont mis à me lire très tard, pas mal de "ohlala, je poste dans le désordre" ou de "diantre que je suis en retard" seront incompris. Hé ben, euh... tant pis ! Ca fera peut-être de moi une artiste ? (je vais quand même tâcher de mettre la véritable date de publication des articles).

N'empêche qu'au final, ceux d'entre vous qui n'avaient pas lu les articles les plus récents vont se retrouver perdus.

Je les ai re-consignés ici :

- Caraïbes III le retour de l'attaque de sable géante
- Les pommes qui font rouli-roula dans un panier le basket
- Allo, oui ? Ne quittez pas.
- Le spam, ou comment ajouter un peu d'ersatz dans sa nourriture
- La neige, parce que c'est chôli tous ces flocons
- Pétage de bide en Illinois

Voilààà, bonne lecture. Je n'ai quasiment plus de retard !

17/11/2014 Winter is coming.

Bon bon bon, j'hésite à faire ce post parce que la météo n'est pas réellement mon sujet de prédilection, mais comme on me questionne souvent sur cet aspect de la vie au Michigan, prenez ça !
(En plus, ça a le mérite de faire un micro post qui ne me donne pas envie de procrastiner outre mesure).

Et voilà, après quelques premières mignonnes chutes sans attache ni conséquence, ce matin le blanc manteau a recouvert les environs.
On voit que les gens sont habitués : aucun souci de circulation, tout était parfaitement déneigé (même le petit parking privé de mon lot de condos).

 La madmobile joue à la mariée
Vue de mon bureau

La neige a même eu le bon goût de ne pas avoir gelé sur mon pare-brise, provoquant une non-perte de temps mirobolante.

Allez, plus que 5 mois avant le printemps !

samedi 15 novembre 2014

15/11/2014 J'ai testé pour vous... le SPAM.

(Originellement posté le 17/11/2014) 

Un autre sujet qui revient souvent quand on me demande comment ça se passe aux US, c'est l'alimentation.

Donc déjà, désolée de vous décevoir, mais je ne mange pas de burgers tous les jours. J'ai dû en prendre moins de 5 depuis mon arrivée, et c'était toujours parce que je n'avais pas le choix dans le menu.

"Burgers and fries"... et rien d'autre, effectivement. 
Pour info, ils ne sont pas mauvais du tout.

J'avais déjà évoqué, lors de la vegan week, le fait que les courses sont assez différentes ici et en France. Pas mal d'aliments sont introuvables ou presque, ou alors ne ressemblent pas à ce qu'on connaît.

 Le jambon... Quasi toujours assaisonné au miel, des tranches très fines, baigne dans son jus. Au final, c'est pas mauvais mais on ne mange pas du tout la même chose !




On se dépatouille toujours pour trouver des produits similaires ou des pis-aller (à ne pas confondre avec le p'tit salé, bien entendu inexistant par ici). Personne ne se plaint, mais ramenez-vous quelque part avec une quiche et tous les français vous demanderont où vous avez trouvé la pâte feuilletée/brisée, denrée rare par ici.

Autre constat : "préparer" un repas n'a que rarement la même signification ici et en France. Plus de la moitié des aliments vendus sont déjà pré-mixés, pré-faits, pré-assaisonnés, pré-salés, pré-E512és, préférant ainsi le presto sans préambule permettant la prélasse à la précision précautionneuse prêchée par les prélats de la cuisine. Résultat, si quelqu'un vous dit qu'il a fait des cookies, la plupart du temps il a pris son mix à cookies et ajouté de l'eau. Dans le rayon riz, il y a quelques riz "natures" à faire soi-même, et six fois autant de riz tout faits avec des légumes deshydratés et la sauce qui vont avec.

Même un truc aussi con que les Macaronis&Cheese (très populaires ici) se vendent quasi exclusivement en barquettes à réchauffer au micro-ondes.

Mais me direz-vous, les Etats-Uniens en visite à Paris ne sont-ils pas tout autant déboussolés en allant chercher à s'alimenter dans nos rayonnages ?
Où sont les 26 variétés de cheddar ? Et où les chips Bacon-Sirop d'érable ou Poulet-Gauffre ? Où sont les vrais gateaux, ceux où la quantité de Frosting bleu roi / jaune poussin / vert bouteille dépasse tout le reste conjugué ? Où les céréales aux couleurs arc-en-ciel chimique ? Où la bière-flotte que l'on peut décimer par packs comme du petit lait ?

Et surtout, mes amis, où est notre Spam national ??

Pleine de ces réflexions empathiques pour nos petits camarades, j'ai décidé de tester cet aliment emblématique de la culture US. (En vrai je suis juste passée devant en rayon, et j'ai élaboré toute cette longue introduction pour justifier ma curiosité débile).

Première chose à savoir : comme pour les chips et les m&m's, il existe toutes sortes de Spam. J'ai pris le nature, brut de décoffrage, l'historique.

 La boîte de SPamdore...

Premier constat : la liste des ingrédients est moins effrayante que prévu. Pork shoulder, ham, salt, water, potato starch, sugar, and sodium nitrite. Je m'attendais à voir plus de conservateurs et colorants chelous que ça.

Second constat : ce n'est pas appétissant. Un espèce de bloc rose avec un peu de gelée sur les bords.

En vile débutante, je n'ai pas coupé ma tranche dans le bon sens... Ste honte.

La consistance est assez indéfinissable, c'est à mi-chemin entre du pâté et du vrai jambon. Peut-être un peu comme une mortadelle trop molle car conservée hors frigo ?

 Uhhhhm... Voilà qui met en joie : l'attente d'un repas de gourmet.

En vraie warriorette, je goûte un bout. 
Troisième constat : ce n'est pas bon. Pas à gerber non plus, notez bien. Exactement l'équivalent du surimi pour le poisson.

Mon intuition me dit que je serai incapable de manger le bloc entier non cuit. Je les fais donc revenir et m'en sers donc comme garniture d'omelette.



La photo n'est pas de moi mais ça avait à peu près cette tronche

Résultat : c'est mangeable. Grosso modo, si vous avez été à la cantine étant petits, les dés de jambon dans les pâtes/quiches avaient un goût similaire. Je les soupçonne fortement à retardo d'avoir utilisé ce produit au rabais, d'ailleurs...

Note : mon coloc américain n'avait jamais goûté. Comme quoi, les mythes s'effondrent les uns après les autres. 

Il me reste trois quarts de boîte à écouler, si vous avez de bonnes idées, je suis preneuse !

dimanche 9 novembre 2014

08/11/2014 Chic chic chic chic chic !

(Originellement posté le 19/11/2014)

Diantre, ce titre contient du Chic à gogo. Je me demande s'il y a un jeu de mots moisi derrière tout cela.
Noooooon. Ce n'est pas le genre de cet endroit...

Dans la série des petites escapades sympathique, le week-end d'il y a dix jours figure plutôt haut. Sabrina, une pote de l'IIE, passe quelques semaines à Chicago et il était convenu que j'aille la voir et qu'elle vienne me voir.
Comme elle me déteste, finalement, je suis la seule à faire le voyage, au volant de ma merveilleuse madmobile.

Petit point sur le trajet : environ 4h30 me séparaient de Chicago d'après la première estimation de Google Maps. En comptant les pauses pour faire plaisir à ma gentille maman, 5 heures.

Seulement, maps a l'air d'adhérer à l'adage "il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis", puisque par deux fois pendant le trajet, sans changer de route ou rien, j'ai eu droit à une vingtaine de minutes bonus. On remercie bien bas le logiciel de navigation pour ses cadeaux. On remercie également les autoroutes américaines d'avoir des aires de repos pour la plupart pourries sans station service, et seulement tous les 40 miles en plus, nous obligeant ainsi à prendre une sortie random pour faire le plein, sans trop savoir s'il est facile de regagner l'autoroute après.
Trop fun ! Vous pouvez boire un café surdimensionné et manger des chips !

C'est ainsi que six heures et demi après mon départ, après quelques frayeurs liées à l'état de batterie de mon téléphone et l'incapacité à ouvrir le fichu emballage en plastique rigide me séparant de la possibilité de l'alimenter, une pause mémorable, quelques textos affolés à Saby disant que je risquais fortement d'être totalement paumée à mon arrivée, un explosage de stylo pour défoncer ce contenant et me secourir... j'arrive enfin à me garer près de chez elle !

L'énervement et la fatigue font ainsi en sorte que la demoiselle me trouve dans un état proche du pétage de câble, qui se transforme bien vite en sorte de folle euphorie cynique (oui bon, c'est un peu bizarre, mais ça se rapproche de ce qui se passait dans ma tête. Joker, tu n'as qu'à bien te tenir).

Grâce à des amis à elle, j'ai l'occasion de me garer dans une zone gratuite, ce est un luxe énorme dans cette ville réputée pour ses parkings à 30 ou 40$ la journée. Passée cette obligation logistique, il est temps pour de réelles retrouvailles, très sympathiques, où nous comparons un peu les modes de vie Paris/Detroit/Chicago.

Deux des sujets récurrents de ce week-end, outre nos expériences respectives :

- Le trône de fer. Ô Saby, ma chère petite, sois remerciée pour m'avoir permis de traiter extensivement ce sujet si cher à mon coeur et dont à peu près tout le monde se fout autour de moi à Detroit (même si je tente de corrompre coloc petit à petit...)
- La nourriture. Ma commère et moi ayant toutes deux bon appétit et loisir à déguster différentes concoctions culinaires tout en faisant attention la majorité du temps, nous avons fait de ces retrouvailles une excuse appropriée pour... se péter le bide joyeusement.

Ah, j'en rajoute un troisième qui me passe par la tête : Chicago est surnommée Windy City. Quand j'étais venue ici en août, je n'avais pas bien compris, mais le début de l'hiver est très propice à la compréhension de cette appellation.

Première attraction au programme : la Willis Tower, emblème de Chicago

En fait non, il y avait plus de deux heures d'attente donc nous sommes juste allées jusque là puis reparties avec des photos en poche.
Deuxième attraction au programme : la Pizza "Deep Dish", emblème de Chicago

Bizarrement, c'est LE plat que tout le monde recommande quand la visite de la ville est au programme : une pizza qui a la profondeur d'une quiche, mais donc la garniture est bien celle d'une pizza. Les files d'attente sont très longues et la cuisson au moins autant. Ce n'est qu'à notre troisième essai que nous avons trouvé un boui-boui qui en vendait avec seulement 30 minutes de préparation.
Pas mal, mais beaucoup trop pour deux personnes. Nous attaquons l'après-midi d'un pas lourd et sans réelle pêche, comme deux mollusques ne pétant(cle) pas le feu...

Troisième attraction au programme : Millenium parc, emblème de Chicago

Cet endroit, c'est un peu THE place to be dans l'Illinois. Entre le parc bien feuillu qui avait son habillage automnal, la vue fantastique sur la Skyline, les multiples fontaines et statues, on en prend plein les mirettes.
La scène en plein air de Millenium parc, où de nombreux concerts ont lieu l'été. Une énorme espanade couverte de pelouse invite les passants à s'y poser pour pique-niquer en profitant du spectacle
Les américains sont des champions des courses de demi-fond avec un but. On a ainsi pas mal d'animations funky-sportives partout aux US, dont :
- Turkey trot (Courir déguisé n'importe comment)
- Run or Dye (Courir en se faisant bombarder de poudre colorée et arriver tout bariolé)
- Ou comme celui-ci, être récompensé par du chocolat quand on termine sa course
The bean, emblème de Chicago

Là, on tape dans THE place to be INSIDE THE place to be. La sculpture la plus appréciée des Chicagoans (Oui c'est moche, mais ils n'ont pas choisi) et de leurs touristes c'est bien celle-ci. Elle a la bon goût de se situer dans Millenium Park, pour plus de comboterie. Peu importe l'heure où le jour, il y a toujours un tas de monde pour se mirer dans cette oeuvre superbo-ludique au pied des immeubles. Preuve s'il en est que personne ne se départit de son âme d'enfant s'extasiant devant des miroirs déformants.
Le nom du monument indique aussi que lorsque nous ne venions pas à la nourriture, la nourriture venait à nous !
A bas le snobisme, nous n'avons pas dérogé à la règle !
Vue du dessous, l'oeuvre d'Anish Kapoor offre encore plus d'effets de lumière amusants

Le Taureau, emblème de Chicago... 
Ah non tiens, qu'est ce que ça fout là ? 


Red Bull organisait une expo temporaire aux abords du parc. Une bonne occasion de se mettre au chaud se cultiver
 Pas mal d'oeuvres marrantes uniquement faites en canettes laminées


Le centre ville de Chicago est assez gigantesque et impressionnant. Ca fait beaucoup penser à New York. Nous y continuons donc notre balade, et en bonnes parisiennes, passons par les quais de la Chicago River (trouver des noms, aux US, c'est pas compliqué !)
Comme sur la seine, les berges ont été aménagées pour permettre aux piétons de marcher ou faire leur jogging
La selfie mal cadrée avec une tête pourrie est de rigueur
Nos déambulations finissent par nous ramener vers chez Saby, au bord de la mer du lac Michigan

Avant la soirée, nous devons repasser par la voiture afin de mettre un nouveau ticket de parking. Au passage, je décide de démarrer la voiture car la batterie broute un peu depuis quelques semaines...
En rentrant dedans, je me rends compte que j'ai oublié d'éteindre la loupiotte intérieure dans mon agitation de la veille. Oh oh.
Et en effet, ça ne démarre pas du tout.

On tente d'aborder quelques rares passants de la petite rue résidentielle où je suis stationnée, mais personne n'a de pinces croco.
La décision est de laisser Marie et Saby du lendemain gérer ce souci, et d'embrayer (ahah) sur la soirée.


N'ayant pu trouver de places de hockey pour cause de tarifs exhorbitants, notre dévolu se jette sur ... un ciné. Tout bête mais efficace car ni elle ni moi n'avons beaucoup fréquenté les salles obscures depuis notre arrivée aux US.
Complètement au pif, nous choisissons d'aller voir Gone Girl. Quelle n'est pas notre surprise en arrivant dans la salle de réaliser, une fois de plus, le génie des américains.
Je vous laisse constater ça en images...
Mais oui, le siège de ciné inclinable, mieux qu'un transat. 
Et évidemment, avec un porte-gobelets.
A importer en France de toute urgence (je ne comprends pas que ça ne soit pas déjà le cas !!)

Le film est vraiment pas mal, dans le genre névrosé. Suivi d'un frugal repas japonais (car nous avions du stuff nous attendant à l'appart), puis de tentatives de bar toutes plus infructueuses les unes que les autres.

Nous avions repéré 5 bars de type "speakeasy" (ambiance prohibition) à l'air très sympa dans le centre... Nous n'étions pas les seules. Environ 30 minutes de queue à l'entrée de chacun d'entre eux, par deux degrés... Non merci.
Subséquemment, nous poussons la porte d'entrée d'un pub irlandais lambda, qui s'avère être très sympa : un groupe local jouait des morceaux bien dansants. Chouette ambiance et bons cocktails ... que demander de plus ?

Il s'avère qu'il y avait quelque chose de plus à demander, et qu'ils l'ont fait spontanément. Grand sourire sur nos visages lorsque le chanteur aborde une playlist Disney. Nous avons sorti nos plus belles paroles françaises et chanté à tue-tête, suscitant la pitié beaucoup l'admiration et la curiosité autour de nous.
Même cet endroit assez peu "fancy" était sur-blindé. Il faut se lever tôt pour avoir une table à Chicago !

Retour à la maison où nous attendent :
- Une baguette de la meilleure boulangerie française du coin
- Un claquos président
- Du foie gras (importé illégalement par mes visiteurs de septembre, qu'ils soient bénis comme Monsieur Benassy)

Pour un bon gueuleton 100% froggies qu'il fait plaisir.

***

(J'avais toujours rêvé de faire ça pour illustrer une ellipse narrative, comme dans les romans de mon enfance. Merci à vous.)
Le lendemain matin, nous cherchons à nouveau à recharger ma batterie. 2 garages et un détaillant de produits auto plus tard, nous n'avons rien de concret. L'hésitation se fait entre acheter nos propres pinces ou appeler quelqu'un pour nous dépanner. On se dit que les pinces, ça va prendre du temps et il va falloir emmerder des gens dans la rue, ce dont nous sommes bien évidemment fanas.

Un peu plus tard, un mec arrive avec son camion dépanneur. Il sort les pinces croco, les branche à la va-vite (le capot était déjà ouvert)(on avait regardé des tutos sur le net où ils expliquaient qu'il y avait un certain ordre à suivre pour effectuer la procédure en toute sécurité, hé ben ça n'a absolument pas été suivi). Une minute et 65$ plus tard, le voilà reparti. Heureusement que j'étais prévenue du tarif avant sinon j'aurais (encore beaucoup plus) tiré la gueule devant ce prix à l'heure absolument rédhibitoire.
Grâce à mes arcanes ninja, j'ai quand même réussi à prendre une photo souvenir dans le peu de temps imparti

Puis direction Wicker Park, quartier un peu plus populaire (mais train de devenir hype) ou nous avons repéré un resto spécialisé dans les brunchs, avec les meilleurs oeufs benedict de Chicago.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce plat, il s'agit d'oeufs mollets placés sur un toast avec traditionnellement soit du bacon, soit du saumon; le tout recouvert de sauce hollandaise.
Comme tout petit dej anglais, c'est fat, mais c'est bon. Saby et moi avons découvert cette passion mutuelle pour ce plat méconnu la veille, et c'est d'un pied joyeux, mutin et léger (pour l'instant !) que nous nous y dirigeons.

Encore une fois, une heure d'attente. Mais comme ce coup-ci il s'agit de bouffe, nous sommes prêtes à faire l'effort, d'autant que ça nous permet de faire le tour des rues principales de Wicker Park. Pas mal de boutiques mignonnes qui nous fournissent en petits cadeaux pour remercier nos bienfaiteurs de parking.

Oeufs benedict au filet de boeuf puis pain perdu dans son bain de chocolat. Pétage de bide.


Nos estomacs nous poussent à l'exercice, et nous rentrons donc à pieds chez Saby. 
Elle habite dans un quartier sympa.
Wicker Park est un quartier sympa.
La route entre les deux.... est super pas sympa.

On traverse des quartiers industriels bien désaffectés comme il faut et glauques à souhait.
A la fin de la balade, nous sommes ravies d'apprendre que des locaux sont disponibles dans Hooker street. A envisager, pour sûr.

Quelques restes d'Halloween qui combinent citrouilles et bonbecs près de chez Saby.

Pour assurer le coup, je reprends la voiture tôt (elle démarre sans souci : ouf !), et nous nous séparons après de larmoyants adieux :
- à plus !
- ouais, ça marche !
Snirf, j'en renifle encore d'émotion.

vendredi 31 octobre 2014

31/10/2014 Halloween

(Originellement posté le 17/11/2014)

Avec un poil de retard, abordons maintenant une institution de la vie aux Etats-Unis : Halloween. Je l'ai déjà mentionnée dans ce post sur l'automne où vous avez pu voir un paquet de citrouilles.

Tout d'abord, un peu de contexte grâce à cette bonne vieille wikipedia.

"Ce nom est une contraction de l'anglais All Hallows Eve qui signifie the eve of All Saints' Day en anglais contemporain et peut se traduire comme « la veillée de la Toussaint ». 

En dépit de son nom d'origine chrétienne et anglaise, la grande majorité des sources présentent Halloween comme un héritage de la fête païenne de Samain qui était célébrée au début de l'automne par les Celtes et constituait pour eux une sorte de fête du nouvel an. (NDM : En même temps, c'est assez logique : la Toussaint a été créée au VIIIème siècle par les papes de l'époque, afin d'opérer un syncrétisme avec Samain...)

La fête d'Halloween est introduite en Amérique du Nord après l'arrivée massive d'émigrants irlandais et écossais notamment à la suite de la Grande famine en Irlande (1845-1851). Elle y gagne en popularité à partir des années 1920 et c'est sur le nouveau continent qu'apparaissent les lanternes Jack-O'-lanterns confectionnées à partir de citrouilles, d'origine locale, en remplacement des rutabagas utilisés en Europe."

Une des multiples maisons décorées du voisinage... Quand je vous dit que les américains ne déconnent pas.

Et d'ailleurs, pourquoi ces lanternes ? Hop, un autre copier-coller, je sens que je vais aimer "écrire" cet article.

"Jack-o'-lantern est probablement le personnage le plus populaire associé à Halloween. Il nous provient d'un vieux conte irlandais. Jack aurait été un avare, un personnage ivrogne, méchant et égocentrique. Un soir, alors qu'il était dans une taverne, le diable lui apparut et lui réclama son âme. Jack demande au diable de lui offrir à boire, un dernier verre avant de partir pour l'enfer. Le diable accepte et se transforme en pièce de six pence. Jack la saisit et la place immédiatement dans sa bourse. Cette dernière ayant une serrure en forme de croix, le diable ne peut s'en échapper. Finalement, Jack accepta de libérer le diable, à condition que ce dernier lui accorde dix ans de plus à vivre. Dix ans plus tard, Jack fit une autre farce au Diable, le laissant en haut d'un arbre (sur lequel il avait gravé une croix grâce à son couteau) avec la promesse qu'il ne le poursuivrait plus.
Lorsque Jack meurt, l'entrée au paradis lui est refusée, et le diable refuse également de le laisser entrer en enfer. Jack réussit néanmoins à convaincre le diable de lui donner un morceau de charbon ardent afin d'éclairer son chemin dans le noir. Il place le charbon dans un navet creusé en guise de lanterne et est condamné à errer sans but, jusqu'au jour du jugement dernier. Il est alors nommé Jack of the Lantern, ou Jack-o'-lantern. Il réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween."


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mon jack'o perso, spécialement creepy de nuit.


Enfin, d'où vient cette tradition de s'incruster chez les gens et de les racketter ? (Pour celle-ci, je traduis)

Dès les années 1000+, les commémorations de Samain incluaient déjà des feux de joie, et des masquarades. En plus de celà, les pauvres allaient de maison en maison et recevaient des patisseries appelées "Gateaux de l'âme" en échange de la promesse de prier pour la famille des donateurs. C'est donc une prolongation de cette tradition qui se passe maintenant.
Sachant tout de même qu'elle a été beaucoup détournée au début du siècle dernier, puisque les "farces" faites à l'époque étaient pour beaucoup à base de dézingage des environs, avec plus de 100 000$ de dommages décomptés dans les grosses métropoles. Ca a empiré après la grande dépression de 29, et les célébrations devenaient franchement violentes, avec pas mal d'agressions dénombrées cette nuit là.
Ces excès ont conduit à la création d'un comité du Trick-or-treating dans les années 30, qui a posé des limites à la pratique et réduit les "farces" violentes faites en représailles du non-don de bonbecs.
Aujourd'hui, c'est 6 millions de dollars qui sont dépensés chaque année aux US pour la célébration de la fête (répartis entre costumes, friandises, décorations de maisons), en faisant la seconde fête commerciale aux US.

Okay, maintenant que le contexte est bien posé, sachez que cette fête est vraiment énorme ici. Les gens ne lésinent pas : intérieur et extérieur, dans les commerces comme les maisons, tout évoque l'épouvante (le mot ici est "spooky", c'est tellement plus mignon).

Si bien que j'ai eu l'occasion de célébrer Halloween pas une, pas deux, mais trois fois. Avec trois costumes différents, SVP (mais je n'ai malheureusement pas de photo du troisième où j'incarnais un magnifique nain de jardin).

- La première fois, c'était la Boo Bash, une énorme soirée organisée dans un théâtre à Royal Oak (the ville cool de la région). Qui a eu le bon goût de tomber le vendredi soir de la pire semaine de taf de l'histoire de l'univers, autant dire que ça se fêtait !

Juste après la préparation chez Ju. Sylvain, Augustin (le jour où tu auras le temps de lire ce blog) : vous n'avez pas vu cette photo
 
Tout le groupe était de la partie, avec pré-soirée et tout le tralala. La musique était assurée par un groupe très américain (je vous invite à retrouver de qui il s'agit !). Excellente ambiance (ils s'en assurent en fournissant trois tickets conso à utiliser obligatoirement avant 23h), mais malheureusement ça a fini très tôt (1h30).
 
 Les joyeux drilles de party animals. Il y avait du level chez certains (plusieurs heures de maquillage !)
 La musique était bien fat

- La seconde était au taf. Halloween n'est pas ferié ici... Mais quasiment. Presque toutes les entreprises organisent quelque chose. 
Chez Parrot, on avait le repas offert pour tous les gens qui venaient déguisés (au final, tout le monde), plus un apéro, plus la possibilité de partir plus tôt. 
J'ai un pote qui travaille dans une boîte où il y avait un concours de déco des booth des gens, et ils ont passé la journée à mettre ça en place, ils avaient cuisiné des petites collations flippantes (cookies momie, patisseries en forme de doigts découpés, bonbecs "vers" maison faits à base de jelly et de chocolat).
 
Bref, le mot d'ordre était bel et bien la productivité.
 
La nouvelle égérie de Parrot étant Conchita Wurst, nous avons décidé de marquer le coup
 
 
- La dernière était aussi le jour J, Delphine avait organisé une petite fête chez elle et Raul et elle s'étaient aussi mis en quatre pour le buffet et la déco de la maison, après avoir trick-or-treaté. Fun fact : il a fait un temps de chien ce jour-là, notamment pile à l'heure où les gentils n'enfants commençaient leur tournée des voisins. Qui s'est donc vue très très écourtée. Et perso j'avais acheté des bonbecs pour l'occasion, mais personne n'est venu sonner à la maison (j'ai appris après qu'il fallait allumer la lumière sur le pas de sa porte pour signaler qu'on participait... Plus de sucre pour coloc et moi !!)
 
 On ne voit pas tout, malheureusement, mais déjà admirez la cervelle sculptée, les oranges-citrouilles, le gâteau de l'horreur et les muffins décorés. 
En outre, on a eu des saucisses-momifiées à la pâte feuilletée, des oeufs-araignée, du guacamole "vomi de citrouille"... Spooky-Pétage de bide.
 
La fête en question s'est terminée par l'un des jeux les plus stupides de mon existence (pire que les m&m's, pour les connaisseurs). 

mercredi 29 octobre 2014

28/10/2014 Bucolismie et champétrisation

La meilleure saison, dans le Michigan, tout le monde en conviendra, c'est l'automne. Demandez à n'importe qui, la réponse ne changera pas (à part les gens bien qui diront que c'est la Saison 4 de Game of Thrones, évidemment). 

Pourquoi ? Demanderez-vous, et c'est bien naturel. Plein d'activités sympa pour illustrer ceçaci :

1/Visiter un Cider Mill

Quand on m'a proposé d'aller visiter un moulin à cidre, bien entendu, ma raison s'y est opposée puisque l'alcool c'est mal et que je ne voulais pas me laisser aller à la débauche.
Mais c'était sans compter que le cidre ici, c'est simplement le nom qu'ils donnent au jus de pomme "non filtré". Pleine d'une déception entrain bien compréhensible, nous avons visité celui de Franklin avec mon colloc Justin, et le verger de Blake avec Emilie, Julie et Rachida.

Premier constat, effectivement ce nectar a exactement le même goût que la compote de pomme que je faisais avec la rape orange de ma môman quand j'étais petite. Delicious.

 La presse à jus "Where the magic happens"

 

 


Second constat, ces endroits sont trop mignons tout choupis. En général ce sont des vrais moulins d'époque (= début du siècle dernier, = une éternité ici), et c'est tout beau, tout coloré, tout boisé, tout naturel.




Troisième constat: Qui dit moulin, dit visite, dit touristes, dit produits dérivés. Ici, c'est l'antre de la bouffe et la visite des vergers donne la possibilité d'acheter moults produits plus ou moins du terroir. Evidemment beaucoup de dérivés de la pomme, mais aussi du miel, du jambon fumé, des donuts souvent délicieux et ... des hot dogs, puisqu'il y a des hot dogs partout dans ce pays.
Justin dégustant un donut à la pomme trempé dans le cidre




Quatrième constat: les Etats-Unis sont un endroit de feignasses pures et dures, mais sont aussi super partisans du "Do It Yourself". Aussi dans le Verger de Blake, on a pu aller cueillir nos fruits et légumes nous mêmes dans un terrain gigantesque : le principe est de faire son propre choix et de payer au poids à la sortie... en se servant bien copieusement au passage. Pour goûter, bien sûr.

Pas moins de 12 variétés de pommes et quelques framboises dans l'estomac plus tard (nous n'avons goûté ni les potirons, ni les courges, ni les poivrons, ni les haricots, ni les choux.... etc... le choix est vraiment de la partie !), nous sommes reparties avec nos courses de primeurs de la semaine. Encore mieux que le marché.







2/Apprécier le paysage de multiples façons...
2.1 - Version flemmasse. Prendre la voiture. S'en prendre plein les mirettes.
Ca, je n'ai pas encore vraiment fait de voyage spécialement dédicacé pour simplement regarder les arbres mais du monde me l'a recommandé, et c'est vrai que les bords des routes sont vraiment tops.

2.2 - Version active. Aller faire une balade dans un parc. S'en prendre plein les mirettes.
Avec Julie on a testé le concept meetup. C'est le "Onvasortir" local, pour ceux qui connaissent. Là on a choisi un groupe qui fait des sports d'extérieur, et qui propose régulièrement des sorties rando etc... Celle-ci nous a mené près de Stoney Creek.


Quitte à être près de Stoney Creek, on a ensuite visité le parc en lui-même... Not bad.


2.3 - Version un peu tarée. Se lever avant six heures pour aller au taf à pieds. La route n'est pas très belle mais le lever de soleil attise le spectacle. Par conséquent, s'en prendre plein les mirettes.

Je précise que l'idée est de Julie, qui est une dingue de son podomètre et vise plus de 10.000 pas par jour. C'est une façon pas mal de commencer la journée, même si ça fait se lever tôt lorsqu'on a un meeting à 7h30 le matin...

C'est pas la première fois qu'on testait la marche, mais les couleurs du matin étaient sympathiques. On remet le couvert demain, wish us luck.






3/Préparer Halloween

 La grande fête de fin octobre n'est pas un mythe ! Tout le monde y va de sa décoration à coups de fantômes dans le jardin, les magasins se remplissent de déguisements, tous les cafés et autres restaurants ajoutent leur parfum "pumpkin" à leur menu, on trouve des bonbons partout, et, parlant de citrouilles, celles-ci pullulent...

Dimanche dernier, Louis a organisé un atelier sculpture chez lui ! Je ne voulais pas louper ça.
1ère étape: trouver la citrouille. J'ai récupéré la mienne au Blake Orchard, où je l'ai portée environ 1km avant de la mettre dans le coffre. Autant vous dire que j'aurais pu me faire des courbatures vu la taille de la bête.

2ème étape: Faire un trou circulaire en haut de la citrouille. C'est super chaud avec un couteau. Heureusement les américains vendent des kits de sculpture sur citrouille pas cher juste avant la période. Malheureusement, on était super nombreux et j'ai dû y aller au couteau, faisant un magnifique cercle en forme d'heptagone-non-régulier
3ème étape: Choisir son motif, et le poinçonner sur la citrouille. Puis prendre un bébé scie (ou un couteau pour les plus téméraires) et découper les motifs
(Optional): Gather the seeds to roast them and eat them

 
Certains sont plus rapides que d'autres...
 4ème étape: Admirer le résultat. Badass, non ? Eventuellement, améliorer le rendu en creusant un peu mieux l'intérieur.
5ème étape: Admirer le boulot des autres

6ème étape: Illuminer !

Petit bonus: on peut même acheter un costume pour son animal de compagnie...
C'est aussi ça le rêve américain.

4/Se faire vacciner contre la grippe (en pharmacie)

Ca se passe de commentaire. Ah, les US et leur phobie virale !

Et au passage, on remarquera que j'ai bien flemmassé en groupant 4 ou 5 articles en un. Youhou, vive l'Automne !