mercredi 3 décembre 2014

21/11/2014 Parfois, la vie est une pute.

(Pardon pour le vocabulaire, maman, c'est une technique marketing magique pour intriguer l'auditoire.)

Parfois, donc, la vie est une pute. Non pas qu'elle vous fait passer de bons moments éphémères de manière impersonnelle en vous délestant d'une partie de votre argent, mon intention n'est pas d'évoquer ceci. 

Je parle plutôt d'une situation comme suit.
Vous êtes tranquillement sur une plage quasi déserte, avec des proches appréciés, tranquillement en chaise longue en admirant un magnifique coucher de soleil. Il y a un feu de camp et quelqu'un joue de la guitare, un air de vacances. La température est presque trop parfaite, avec une légère brise chaude qui caresse les peaux. La journée a été merveilleuse, pleine de drôlerie et d'activités intéressantes (je vous laisse choisir celle qui vous plaît, moi je prends poney-épilé aquatique). Maintenant la détente gagne tout le monde, et un bien-être généralisé se fait sentir.
Ah oui, et important, un délicieux barbecue est en préparation, dégageant de sublimes effluves.

Alors que vous partez d'un énième fou-rire, prêt à recevoir la prochaine tournée de cocktails (généreusement offerte par l'un des joyeux de drilles) par le charmant serveur (ou la charmante serveuse, je ne veux pas ségréguer mes nombreux lecteurs) souriant(e) de la paillote voisine, un groupe de dauphin apparaît à l'horizon et s'envole dans une danse de joyeux saltos, rien que pour vos yeux.
Pile au moment opportun, un doux bruit de pas sur le sable vous signale l'arrivée des sus-nommés cocktails et de leur non moins bienvenu(e) porteur/euse, vous vous retournez rêveusement, souriant pour l'accueillir, ... et c'est le moment où vous recevez une magistrale baffe dans la gueule, prodiguée par Zangieff dans toute la splendeur de son slip rouge moulant. Suite à cette dite mandale qui vous a explosé la machoire, il vous tartine d'excréments de chameau marinés deux semaines dans un bain de cadavres pourris de poissons assaisonné de sulfure, et vous balance dans la poubelle de l'animalerie du coin où vous restez coincé des heures, sans que personne ne semble s'en rendre compte malgré vos appels à l'aide alarmés.

 La séduction par le clin d'oeil.

Voilà, c'est de ce genre de putise de la vie que je parle. Alors oui, tout à fait d'accord, la faim dans le monde et le cancer du sida sont bien pires, mais avouez que tant d'adversité dans un cadre idyllique, ça surprend, et pas en bien.

Cette introduction avait pour but de vous hameçonner et de provoquer des questionnements en vous (oh mon dieu, qu'a-t-il bien pu lui arriver à cette pauvre choupinette ? est-ce que cette grognasse est retournée aux Caraïbes ?? Quelqu'un créera-t-il un jour un générateur d'odeurs automatique qui provoquera la mort des futurs lecteurs de cet article ??? Euh, mais alors, elle écrit cet article depuis une poubelle ????). 
Ca a marché ? J'en suis fort aise.
Hé bien, lisez maintenant.


Si vous espériez que j'en viendrais au fait directement, je suis désolée de vous décevoir, nous passons simplement à la deuxième introduction, celle de la mise en contexte.
Me connaissant un minimum en tant que lecteur de ce blog (je ne parle pas de toi, robot google. Quoi qu'en fait vu toutes les données que tu possèdes sur moi, tu es sûrement mieux informé à mon sujet que moi-même...), ça ne semblera sûrement pas très surprenant que je me décrive comme une anti-midinette.
Pas de magazines, très peu de maquillage, je fais gaffe à ne pas trop m'habiller comme un sac mais ça reste très primaire (et pas repassé), j'ai moins de 5 produits différents à utiliser dans la douche, si je vois que je suis mal coiffée après 2 tentatives : so be it, j'exècre les clichés féminins de certains films (hihihihihihi / HIIIIIII horrifié -> TA GUEULE !), la grâce est non-existante chez moi, mes livres préférés sont plus proches de l'héroic-fantasy sanglante que de la romance girly, et je peux manger plus et plus vite que n'importe quel mec. Je ne dis pas que c'est bien. Je ne dis pas que c'est mal. Simples faits et constats.

Néanmoins, il y a un certain domaine qualifié de typiquement féminin dans lequel je me distingue, que dis-je : dans lequel j'excelle. Il est en effet évident que je aurais pu être formatrice dans cette perle de télévision, cette quintessence du petit écran que fut l'émission phare de Laurent Boyer : "fan de". Qu'il s'agisse de tennis, de bouquins, de musique, ou autres, parfois je me débarrasse de mon habituelle retenue Marie-Adelinienne et je me transforme en Groupie Ultime.

 Uhm, non, pas tout à fait...

Outre la présence, encore maintenant, de posters de Marat Safin dans ma chambre (hé ouais, on sort les dossiers. Surtout que je ne suis plus très loin de l'âge qu'il avait à sa retraite...), je suis également notablement fan du chanteur folk irlandais à consonance très emo-romantique Damien Rice.
 Voilà, plutôt comme ça !

Des morceaux magnifiques, une interprétation d'une puissance incroyable et un auteur-compositeur émérite au charisme époustouflant qui me donnent l'impression d'être une ado de 13 ans face aux One Direction. Sauf qu'heureusement mon vocabulaire me permet de camoufler cette passion de type "eau précieuse" à coups d'adjectifs prétentieux alors qu'en vrai j'ai juste envie d'écrire "omg c tro bi1 <3 <3 <3 <3 !!!1 *_*".

Bref, ce brave monsieur a malheureusement disparu de la circulation pile poil au moment où je déménageais à Paris et je commençais à avoir les sous nécessaires pour m'offrir un concert. Merci Damien, moi aussi je t'adore.
J'avais beau consulter son site régulièrement pour des updates, la page "Tour" restait désespérément vide. Le jour où cet enfoiré a fait un concert à Paris, en plus, il n'a _pas_ prévenu via sa newsletter, si bien que j'ai appris son passage qu'une semaine après la mise en vente, qu'il n'y avait bien entendu aucun billet restant, même pas sur les sites de revente. Je n'ai pu avoir un ticket que grâce à un tweet de la cité de la musique, entraperçu complètement par hasard, disant qu'une centaine de places supplémentaires allaient être mises en vente. Je les en bénis encore à ce jour puisque ce tweet m'a donné la possibilité d'assister au meilleur concert de mon existence. 

J'étais tellement intoxiquée que j'ai dû revoir/réécouter une bonne dizaine de fois sa prestation du soir sur une vidéo youtube à la qualité pourrie avec une madame qui meuhmeuhme en arrière plan. Apprendre après coup qu'il avait fait une after dans la rue avec Yael Naïm (après déjà trois rappels plus que mémorables sur scène), juste pour le plaisir des passants, m'avait à la fois émerveillée et dégoutée.
Depuis ce jour, je meurs d'envie de retourner voir un spectacle pareil. A l'époque j'avais failli prendre des billets d'avion aller-retour sur la journée vers Florence où il faisait un unique autre show, juste comme ça.
Ou comment un mec avec une tronche de clodo a foutu une branlée à Muse, The Wall, Gorillaz et M (entre autres)

Vous imaginez donc mon euphorie en apprenant la sortie de son nouvel album, et surtout de la tournée quasi mondiale qui allait avec. Malheureusement, pas de date à Detroit, mais une à Chicago et une à Toronto, deux villes accessibles en voiture. Devoir poser mon après-midi et conduire comme une dingue pour m'y rendre n'allait certes pas entamer ma motivation. L'ouverture de la vente commençait le vendredi 19 septembre à 10h. J'étais fin prête.

Sauf que... j'avais oublié mes vacances dans les Caraïbes. Les concerts tombaient pile poil cette semaine là. Deux autres dates accessibles (à New-York) : aussi pendant mon absence ! Les autres étaient soit sur la côte ouest, soit en Europe.
... J'étais sérieusement très très déconfite. Un concert tous les cinq ans, il faut que je le rate. Surtout que ces vacances, on aurait pu les prendre n'importe quand. Entre la montagne de taf qui s'annonçait pour cette semaine et le ratage de Damien, mon enthousiasme qui aurait dû être à l'Everest pour ce séjour paradisiaque est retombé au niveau du massif central (bon et au final c'était très très très très très bien. N'empêche que ça tombait la mauvaise semaine).

Me consolant d'avoir déjà eu l'infinie joie de pouvoir voir une fois ce génie musical, je noyai mon chagrin dans le cidre sans alcool local au cours du funeste week-end qui suivit.

Mais v'la-t'y-pas (le cousin de M. Poutine) qu'on annonce une nouvelle date de concert. Montreal, un vendredi soir. Mise en vente la veille de mon départ.
N'écoutant que ma fanitude débile (elle criait plus fort que mon découvert bancaire, et avait donc raison, au grand dam de... Jean-Claude ma raison justement), je cède à l'impulsion et j'achète place et billets. Sourire débile d'illuminée malgré la merde dans laquelle je viens de me fourrer. 
C'est seulement une fois cela fait que j'entends la voix du négatif de mon solde qui m'engueule copieusement à coups d'irresponsabilité et de déjà vu. Pour faire taire cette grognasse, et pour m'assurer un succès digne d'Uncle Ben's, je contacte ma pote Olga qui habite sur place. Elle est doublement heureusement là le week-end en question. Yay ! Super concert, retrouvailles et pas de logement à chercher !

*
* *
(^ Ellipse narrative, cf un ancien post que j'ai la flemme de déterrer)

(Au passage, si vous croyez qu'on touche à la fin de cet article, je vous prie d'enlever le doigt qui traîne dans votre gros orteil gauche. Sérieux, on dirait un mutant... Ce qui peut être vu comme cool, ok, j'admets. )

La semaine juste avant mon départ, je reçois le nouvel album de Damien (bien, mais moins que "O", suprême de qualité aux petits oignons et champignons). Je le fais écouter à tout le monde et découvre que d'autres collègues ont le bon goût d'être fans de la musique de ce bon vieux Mister Pasta. Dont un homme, Hallelujah ! (Ah non, ça c'est de Leonard Cohen. Mais mon irlandais préféré a été l'une des 500.000 personnes à la reprendre). J'imprime les billets et il y a longtemps que je n'avais pas eu ce petit frisson près de la machine, sachant ce que ces bêtes bouts de papier présagent.

Tout est prêt, pour une fois ma valise a été faite un peu avant la dernière minute, ma demi-journée est posée, l'itinéraire pour l'aéroport de Windsor (Bah ouais j'ai voyagé jusqu'au pays de Galles. On aime ou on n'aime pas. Bon, en réalité il s'agit de la ville jumelle de Detroit mais au Canada, qui me permet d'avoir un vol pour Montreal à prix abordable - sachez que les nord américains n'ont aucune inventivité pour les noms de villes, c'est que du réchauffé.) est tracé. J'imprime mes places et le caractéristique sourire débile ineffaçable des grands moments apparaît sur mon visage. Il me semble que mes collègues me prennent pour une tarée légère. Ils ont raison. Je m'en fous !

Mais, car vous vous doutez bien qu'il y a un mais (au pays du pop-corn, quoi de plus normal), mais à 10h30 du matin, vla-t'y-pas (décidément, il est collant çui-là) que je reçois un e-mail de Porter Airlines m'informant que mon vol Toronto-Montreal est annulé.
Cold, cold water surrounds me now...

Ca ne fait jamais plaisir... Mais des fois, ça tombe encore plus extrêmement mal

Oh, mais ! Comme ils assurent à fond, ils m'en proposent un autre ! Qui part de Toronto à 8h, et me permettra ainsi d'arriver pile-poil à l'heure... Pour voir les gens sortir de la salle de concert.


Celui-ci commence à 8h et le bonhomme n'a pas l'habitude d'être trop en retard... 

Ca va être cliché mais le monde s'effondre pour moi. Je tenais vraiment énormément à aller voir ce show (le but de cette introduction extensive était d'ailleurs de vous le faire ressentir, mais j'ajoute cette parenthèse au cas où ce n'était pas assez clair). C'est un peu comme si notre bien aimée RATP m'avait fait rater l'un des derniers matchs de Safin alors que j'avais tout orchestré pour que ça se passe bien. Parce que oui, ça me faisait plaisir d'aller à Montreal, mais j'aurais certainement choisi une autre date que fin novembre pour ce faire dans une situation moins exceptionnelle, d'autant que mon week-end me fait rater le pot de départ d'une copine VIE, Amandine.


Je cherche des solutions alternatives :
- voiture ? Pas possible, il est déjà 11h, il y a 10 heures de route prévues entre Detroit et Montreal, et sachant qu'il neige copieusement, j'ai toutes les chances d'arriver encore plus tard qu'avec l'avion.
- un autre vol ? Porter n'a rien qui part avant (en même temps, trois heures avant le décollage, ça paraît logique...) de Detroit. Une seule autre compagnie, Delta, fait le lien Detroit Montreal dans l'après-midi. Ca me fait atterrir à 19h30 et me coûte 800$. Euh... Trop risqué pour ce que c'est.
- un train ? ahaha mes amis que vous êtes rigolos. On est en amérique du nord. A eux de vous faire préférer la SNCF.
- un bus ? 14 heures de prévues, et de toute façon pas de départ dans l'immédiat.

La mort dans l'âme, démoralisée, dévitalisée, j'appelle Olga pour lui dire d'aller au concert avec quelqu'un d'autre. 

Pour le coup, j'aurais vraiment, vraiment préféré une baffe de Zangief. Même huit. Quitte à devoir porter un sac de Bob le moche pour le concert (j'aurais pu me faire passer pour Bob le Beau, en plus !).
Heureusement mes collègues sont partis en pause dej' et je suis donc sous le choc en solitaire dans mon mignon cubicle d'open space. Je laisse ma dernière demi-heure avant de partir à tenter de me calmer en balançant mon amertume à qui mieux mieux sur Gtalk (Version pour Augustin : Je travaille comme une forcenée pour noyer mon chagrin), merci à Saby & Flo pour le soutien moral.

C'est dans cet état down, down, down que je me rends à l'aéroport. J'avais prévu de prendre mon nouveau CD et de chanter à tue-tête dans la voiture pour me mettre en condition, au lieu de quoi j'écoute la suite du livre-audio Dracula, beaucoup plus en adéquation avec mon humeur actuelle. (En tapant ces mots, je me rends compte que le monde tentait peut-être simplement de protéger le Michigan de chûtes de neige dévastatrices). De toute façon je ne l'entends que d'une demi oreille sans enregistrer, distraite que je suis par mon ire contre le monde. Depuis le temps que je conduis, les calages s'étaient faits très rares. Ce jour-là, c'est trois fois que le moteur me pète à la gueule, histoire d'assombrir un peu une journée trop gaie par ailleurs. Je maudis cette péripatétipute de vie (oui je sais, famine, toussa. Rien à foutre, je peux moi aussi être une salope égoïste d'être humain). 
(Désolée maman, ça aurait moins d'impact avec "Je qualifie de margouline la vie (oui je sais, la famine commet de plus sombres méfaits et je m'excuse de la comparer avec mes bagatelles. Néanmoins parfois ma qualité humaine et ses imperfections sous-jacentes me font faire passer mes intérêts devant le bien commun)").

J'ingurgite sans appétit mon repas. Flemme de lire dans l'avion. Arrivée à Toronto City Airport, un très chouette aéroport par ailleurs, situé sur l'île juste en face de la CN Tower et du Rogers Center. Là, je me rend compte - heureusement très rapidement - que j'ai oublié mon passeport dans la pochette de mon siège d'avion. Je cours, le sas est fermé, plus personne. Les voyageurs le savent : s'il y a bien UN truc qu'on n'a pas du tout envie de perdre quand on est à l'étranger, c'est bien son passeport. Surtout quand on dépend d'un Visa chelou. La gaïté de cette journée n'aura de cesse de me surprendre ! Le premier bureau avec un type vaguement en uniforme me voit débouler comme une tarée, et déblatérer avec un accent Français plus moche que nature (la panique fait oublier tous les artifices) "Plize soeur, aïe foregotte maille passporte insaïdoffe ze plaïne." J'ai la chance de tomber sur quelqu'un de doublement compréhensif : il a saisi mon accent ET l'urgence de la situation. Il appelle dans l'avion : on ne le trouve pas. Chiottes (ou "dabeuliouci" pour les plus bilingues d'entre vous). Finalement, l'une des hôtesse l'a trouvé et l'a refilé à l'un des officiels de l'aéroport, que mon sauveur interpelle. Le laissant tomber comme une vieille chaussette avec un "ssenkiou" désarticulé, je cours apprécier mes retrouvailles avec mon bout de carton préféré.

C'est vraiment un mignon aéroport, avec une zone de distribution de café, cookies et cahuètes gratuits. Cependant les circonstances m'empêchent un tout petit peu de l'apprécier à sa juste valeur. De base parce que rester trois heures de plus que prévu dans un aéroport ne fait jamais plaisir à personne. D'autant plus parce que cette attente est en train de tuer un de mes rêves.

Dans la file pour faire changer mon billet et le décaler à plus tard, j'entends que le vol qui part pour Montreal n'est pas le premier. Les autres sont pleins à craquer mais les gens vont quand même tenter leur chance. 
...
...
Et moi donc.

La dame au guichet est très gentille, mais catégorique : les deux vols d'avant sont totalement surbookés. Luttant contre mes habitudes moutonniennes ascendant c'est-pas-graviste, je demande s'il n'y a vraiment rien à faire, quitte à payer un supplément, je suis prête à ça. Elle demeure négative.
Au moment de me tendre mes nouveaux billets, elle me dit doucement "ça ne marchera sans doute pas, mais vous pouvez tenter de demander une place en liste d'attente au bureau, en bas de l'escalier".
Voilà qui ne tombe pas dans l'oreille d'un mur.

Évidemment, cette brave dame n'a pas précisé "en bas de l'escalier... qui mène à la salle d'embarquement", et j'ai ainsi l'occasion d'effectuer la visite hautement touristique de l'étage de transit de l'aéroport de Toronto (non, pas les WC), tournant bien en rond comme il se doit. Et donc, de passer la sécurité bonne dernière des passagers de mon avion. Adressant intérieurement un nom d'oiseau (plus proche de la pintade que de la colombe) à ma pseudo-bienfaitrice grâce à laquelle je viens de perdre dix minutes et donc potentiellement 137 places de liste d'attente, je me munis de mon plus beau sourire pour aller au bureau sus-nommé et plaider ma cause.

Encore une fois, mon sens aigu des conventions, assaisonné d'une légère conviction que ça n'arrangera pas les choses, fait que je garde mon histoire de "C'EST L'UNE DES ASPIRATIONS UNIQUES DE MON ÂME, JE VEUX CETTE PLACE, SIVOUPLAIIIIT *Yeux de chat Potté*" et je me contente de demander poliment s'il est possible d'être dans les passagers volontaires pour faire partie du prochain vol pour Montreal. Celui-ci atterrirait vers 19h40, ce qui ne me ferait pas trop rater le concert.
La dame me regarde, peinée et confuse, pour me dire qu'il y a un surbooking jamais vu sur ce vol et qu'ils vont déjà devoir faire partir des gens. Elle m'inscrit quand même mais me fait signe de revenir pour le vol suivant, celui arrivant à 20h20.

Je fais mes calculs pour ce dernier, le plus plausible, en attendant dans le lounge (je le répète : assez génial) de ce coquet aéroport. 20h20, si je me magne le fion et si le trafic n'est pas trop intense, j'arrive à 20h50. Espérons que Damien soit en retard - après tout, je ne l'ai vu qu'une fois ! - je ne rate que 30 minutes de concert sur une heure et demie. Au pire je rate une heure. I'm still in. L'espoir, ténu, me gagne. Il ne faut pas que j'y croie trop, sinon la déception peut à nouveau faire très mal. Je tiens au courant Olga, qui d'ailleurs n'a pas trouvé de partner pour aller assister à l'Eden des concerts (les fous, s'ils savaient !) : je lui dirai au pire à 7h si je me pends ou non.

De peu crédibles, mes chances pour le premier vol passent à totalement mortes quand j'entend qu'ils font des appels au bureau pour que des gens poireautent à l'aéroport jusqu'au vol de 9h. Même la perspective d'un repas et d'un bon d'achat de 200$ ne les font pas décoller leur gras cul de leur canapé. Je tente d'utiliser la technique de Roberto Begnini dans "La vie est belle" pour les pousser à rendre leurs places. Là, j'entends les gens parler autour de moi et hésiter. Et je ne peux m'empêcher de penser "bon sang Marie, lève ce foutu postérieur, va leur parler, explique leur ton histoire et à quel point c'est important pour toi, comme dans les films. Au pire les gens rentreront chez eux trois heures plus tard MAIS AVEC 200$ EN POCHE !, tu es certainement la plus désespérée d'avoir le vol à l'heure. Vas-y, les gens sont compréhensifs. Toi, tu le ferais si tu étais dans leur cas, d'ailleurs. Tu n'as qu'à en motiver une dizaine - une quinzaine au pire - pour te garantir une place et assurer ta joie pour le mois à venir!" Ainsi, l'élan de motivation généré par ce monologue intérieur m'emporte et.... se fait réduire à néant par mon incapacité à générer quoi que ce soit qui s'apparente à une négociation, d'autant plus s'il s'agit de s'adresser à des personnes inconnues ! Dieu sait que c'est dangereux. Pourtant je serais foutrement prête à payer les gens pour qu'ils me laissent leur place. Je m'adresse un nom d'oiseau encore moins flatteur que celui décerné à l'hôtesse, maudissant mon inaction stupide.

L'appel aux désistements est répété, répété. Le bon d'achat passe à 300$. Toujours peu de preneurs. L'hôtesse est obligée de passer aux menaces (gentiment formulées, tout de même) : l'avion est trop plein, elle vais devoir tirer des gens au sort auxquels on attribuera un vol ultérieur.

Morose, je pars prendre un café. On annonce 6 personnes dégagées du vol de 6h30, qui s'apprête à partir. Au passage, crochet par le bureau pour demander qu'on me décale à la liste d'attente du prochain, sur laquelle je suis pour l'instant seconde. Elle me signale que du monde ne s'est pas encore enregistré et que le nombre risque de grimper mais semble plus optimiste que tout à l'heure. Je m'accorde un cookie motivationnel et consolatoire.

Et là, alors que, posée sur l'une des chaises hautes de la cafète magique (la gratuité dans un aéroport, vous qualifiez ça comment, vous ?), je savoure ce savant et consistant mélange de farine, d'oeuf, de lait, de sucre et de colorant E512, bref : que des bonnes choses naturelles; alors que s'émiette sur mon palais ces particules de matière savoureuse et délicatement nourrissante; alors que mes papilles commencent enfin à se réveiller après ne m'avoir évoqué pour tout goût que l'amertume en cette démotivante journée; l'annonceuse demande à "Kirsten Dunst et Marie Dufour de se présenter au bureau" (j'ai oublié le nom de l'autre nénette alors je choisis une actrice cool pour relancer mon auditoire - que je sens à la pointe de l'endormissement - allez, soyez sympa, dites vous que c'est au moins vingt-cinq fois plus long à taper qu'à lire !). 
Curieuse, et ne voulant pas perdre une seconde pour faire valoir mon droit à la liste d'attente, prête à devoir exploser Kirsten au bras de fer ou au dévorage de flammeküches s'il faut en passer par là pour que mes fessiers aient leur place à bord de l'avion de 7h10, je me dirige d'un pas décidé vers le point information. Là, on nous tend à toutes les deux un billet, avec l'indication "dépéchez vous d'aller à la porte d'embarquement".

Saperlipopette.

(Ce mot ne m'est pas venu à l'esprit sur le moment, mais je le trouve fantastique pour évoquer l'incroyable ébaubissement incrédulement surpris qui s'est subitement emparé de moi). Je saisis le manche de ma valise, balbutie trois remerciements incohérents à cet ange du paradis qui m'a offert le Graal, et je cours de toute la force de mes jambes vers la porte. D'une : pour choper cet avion prêt à s'envoler, de deux : parce que j'ai peur que ce soit une erreur, qu'on me reprenne mon billet, ou que les gens que l'on a désistés à l'insu de leur plein gré se liguent contre moi pour me tabasser la gueule à grands coups de licorne enturbannée.

J'arrive devant l'avion, et la distraction se fout encore une fois de ma gueule puisque j'ai laissé mon sac à main sur la chaise haute près du stands à cookies (merveilleux). Pour une fois, je ravale mes scrupules à être chiante : je plante les hôtesse d'embarquement impatientes alors que Kirsten grimpe à bord, détale comme une dératée à grands renforts de mouvements de bras sensés me donner de l'élan (mais si, ça marche !) mais risquant beaucoup plus certainement de heurter quelque passant sur ma route (POURQUOI SONT-ILS TOUS MASSES PILE POIL SUR MA TRAJECTOIRE ???). J'attrape le sac, fais crisser mes chaussures pour le demi-tour et redémarre au quart de tour pour arriver en vainqueur devant la Gate. On me fait signe de laisser mon bagage à main, je monte quelques marches et je suis dans l'avion. JE SUIS DANS L'AVION !!!! Désolée, le caps lock me fait mal aux yeux à moi aussi mais :




JE SUIS A BORD DE CE FOUTU AVION !!

Pour l'occasion, je me transforme en loutre qui applauprie

L'impossible, celui dans lequel il était dit que je ne monterais pas. J'ai envie de serrer tout le monde dans mes bras, de faire de la personne de l'accueil mon héritière inconditionnelle - que cette déesse vive mille ans de bonheur sans limite ! -, d'utiliser mes dons d'espionne pour trouver le nom des deux personnes qui ne sont pas montées à bord et leur offrir mes éternels remerciements un bon d'achat pour des lasagnes au cheval à vie... 
Le mec qui m'a piqué ma place ? Mais c'est avec un sourire démesuré que je l'assure que je comprends et que je vais en trouver une autre, fût-elle à côté d'un obèse puant mangeant des chips bruyamment tout le long du trajet en lisant un article sur Nabilla écrit par Marc Levy. 
Etant en veine depuis environ une minute trente, je tombe même à côté de quelqu'un de tout à fait normal. 
Je m'en fous de toute façon : je suis aveugle, je suis sourde, car je suis plénitude, je suis émerveillement, je suis dingue de joie, la bouffée de bonheur qui m'envahit est si écrasante que, pour un peu, je pourrais défaillir, tétanisée.

Merde, Olga. Prévenir Olga avant décollage avion. Mon état extatique est tellement proche de la transe qu'il est surprenant que j'aie été capable d'une pensée si terre à terre à cet instant fatidique. J'envoie le texto in extremis, et me repais de cet épanouissement jovial tout le trajet durant. Impossible de lire, impossible de dormir, impossible de me concentrer sur quoi que ce soit. Tiens toi bien, Damien Rice, Marie D arrive de France-Detroit-Windsor-Toronto et a vaincu le destin (les esprits chagrins diront que c'est de la chance. Soyez gentils et allez vous faire cuire un oeuf chez les grecs.), la neige, les tsunamis et les volcans (les esprits chagrins diront que ces derniers ne sont que très peu présents dans la région. Mais arrêtez ça et admirez l'Olympe, nom d'un singe en hiver !) pour te voir.

Tout n'est pas fini néanmoins. Avec un atterrissage à 7h30, il va falloir la jouer très serré pour arriver à 8h dans la salle de concert. Surtout que je suis tout au fond de l'avion et que les .... gens ...... ont ..... décidé ........ d'aller ........... très ........... lentement ....................... pour ............ récupérer ............ leur .......... bagage .................dans .............la ........... soute ....................... (mais bougez vous, mais bougez vous, mais bougez vous !!)
oh !................et ...............ce....................manteau ! ...............on  ................a ................ failli ............ l'oublier ............. ah................ah ...........ah ! (rah !! nom de zeus magnez vous le foutu fion !!!)
Les gens du complot des vieux se sont déguisés en gens de tous âges ! Rien ne va plus.

C'est donc avec trois veines prêtes à exploser sur le front que je sors de l'avion. Pour plus d'attente vu que les bagages à main volumineux n'ont pas encore été rapatriés dans le sas de sortie. Dès que j'ai accès au mien (au moins huit siècles plus tard), je chope la valise à bras le corps et je cours vers la sortie à longues foulées effrenées. Pendant au moins une minute dix-huit secondes. Ensuite, hors d'haleine (je le savais bien que j'aurais dû aller plus au sport cette semaine), je me rabats sur un rythme de marche rapide bien challengeant bien qu'évidemment trop lent à mon humble goût biaisé.

La ligne de taxis est pleine à craquer. Là ce coup-ci je vais le faire ! Je vais expliquer à quelqu'un rêvedemavie-damienrice-concertdébutedansquinzeminutes. 
Ou alors... je vais me mettre dans la queue et attendre en envahissant tout le monde de mon stress dégoulinant (on remercie bien fort la clim, qui a limité cette suintance au stress uniquement). J'appelle Olga qui est déjà à la salle. Le show n'est pas commencé, il y a un vestiaire où je pourrai poser ma valise, et est-ce que je veux une boisson ? 
Bon sang ne se rend-elle pas compte que je suis coincée et que je vais être en retââârd ? Quelle nonchalance insolente ! Je l'informe de ma situation périlleuse, elle reste cool.
Enfin, après le passage d'un crétacé tout entier, je monte dans le taxi. Il estime la durée du trajet à vingt minutes sans trafic.

Je hais les chauffards. Ces mecs, que dis-je, ces sales raclures qui se mettent sur une voie qui va être fermée juste pour doubler tous les bons conducteurs sagement en rang, et se rabattent à la dernière seconde sans foutre leur clignotant ? Ces gros bâtards qui accélèrent à fond au lieu de freiner lorsque le tricolore devient orange, et d'ailleurs se le prennent rouge ? Ces enfoirés qui klaxonnent dès qu'une demi-seconde s'est écoulée depuis le passage du feu au vert et stressent infiniment le conducteur devant eux ? On devrait rétablir la torture pour ces poisons de l'humanité !!
Mon taxi est de ceux-là. Et, à cet instant précis, je lui voue un culte adorateur... mêlé d'encouragements muets à commettre encore plus de crimes contre la bienséance routière.

Il mérite amplement le gras pourboire qui lui est destiné lorsque j'atteins le Metropolis, devant lequel m'attend Olga. Qui est vraiment ultimement détendue alors que je suis toujours sur le coup de ces pressions nerveuses et que je ne réalise toujours pas ce qui m'arrive. Le gros hug de retrouvailles est vite écourté parce que je déconne pas, faut toujours que j'aille poser mes bagages et qu'on se trouve une bonne place. En fait elle a tout prévu, des gens nous gardent une place assise vers le fond de la salle, et on a même le temps de commander tranquillement avant le début de la magie... Ô combien je profite ! La copine retrouvée, le concert en entier, et ENFIN la détente après cette journée d'abord follement déprimante, puis folle tout court.

L'artiste arrive sur scène sous les applaudissements d'un public connaisseur (ils ont hurlé comme il se doit pour saluer la rareté de l'apparition). Le concert commence bien, mais doucement : j'avais le souvenir à Paris d'un show à moitié One Man Show, où l'auteur nous introduisait chaque morceau par l'histoire de son écriture. En français dans le texte et avec énormément d'humour. Là, il enchaîne un peu les musiques pendant les vingt premières minutes. Puis, grâce à l'engouement des spectateurs, qui connaissent toutes les chansons sur le bout des doigts, il se détend et ouvre le dialogue. Sa voix et son intensité, d'or lorsqu'il chante, sont tout aussi appréciables quand il échange simplement.
C'est tellement incroyable qu'une personne qui émet une mélancolie si profonde et si touchante dans ses oeuvres soit capable d'autant de détachement et d'amusante subtilité !

Tout le monde est transporté dans son univers musical. Il fait partie des artistes qui ont une vraie valeur ajoutée sur scène, ne trahissant pas l'esprit de ses morceaux, mais y ajoutant toujours un petit quelque chose : parfois un rythme différent, parfois un commentaire sur une parole, parfois de l'a capella ou des expérimentations instrumentales, souvent un énorme jamm de guitare avec crescendo vocal et émotionnel à la fin. C'est tout simplement magique, et même de loin, nous sommes touchés à vif. Pas seulement Marie-la-fangirl, tout le monde prend son pied, alternant concentration extrême pour les parties jouées, et roulage par terre quand il nous raconte avec une naïveté désarmante les péripéties souvent débiles qui ont conduit à ce qu'on est sur le point d'entendre.

La qualité vidéo est pourrie. Mais on s'en fout.
(La vidéo n'est pas de moi, et je n'ai pas pris une seule photo du concert, parce que je suis convaincue que ça empêche de profiter pleinement. D'où le désert imagier dans ce post)

Après un "volcano" toujours aussi hypnotique avec participation accrue du public, il nous joue la dernière chanson avant son départ. Enfin le rappel. Classique quoi.
Le truc un peu moins classique, c'est qu'il a joué plus longtemps après le rappel que ce qu'il nous avait fait en introduction. Son exceptionnel "Cheers darling" (il fait monter une nénette du public et ils picolent ensemble sur scène, reproduisant les circonstances de la création du morceau), qui signale habituellement la fin du concert (parce qu'il se veut un minimum professionnel, tout de même), est un déclic qui le fait partir un peu en live (c'est le cas de le dire) et nous refait à peu près toute sa discographie, passant savamment de mélancolie triste et calme à mélancolie pêchue. Y compris une paire de morceaux qu'il n'avait pas joué depuis plus de sept ans et une totale improvisation d'une chanson qu'il n'a jamais faite sur scène auparavant.

Autant dire qu'on passe un moment incroyable, lui et les deux milles autres personnes du public. Il se fout un peu de sa propre gueule, expliquant que normalement, c'est pas comme ça qu'on fait un concert : on est censé jouer la plupart de ses hits, en claquer un bien gros, partir au plus haut pour provoquer le rappel, revenir pour trois-quatre classiques. Si le public est vraiment exceptionnel, bon, on repart et revient une seconde fois. Mais là ce soir, ce n'est pas un concert qu'il nous fait. C'est la fête de fin de sa tournée, et il se fait plaisir en nous gâtant.

Au bout de trois heures de David Copperfield de la chanson (le magicien, pas le jeune garçon de Dickens, mais bravo à toi pour ta culture) - c'est éprouvant, trois heures de Damien Rice, la tension qu'il dégage et fait ressentir quand il performe est d'une rare puissance -, il fait ses adieux à un public conquis. Les gens sont heureux d'avoir partagé un instant d'exception, et ne tarissent pas d'éloges à la sortie, planant un peu : gestation après la prestation.

Et moi, évidemment, je suis aux anges. 
Et je me dis que parfois, la vie est une pute. 
Mais parfois, elle fait juste semblant ... et ce qui s'ensuit s'en trouve dix fois meilleur.

lundi 17 novembre 2014

17/11/2014 Un peu d'ordre...

Ola à tous,

Il semblerait qu'après avoir testé le SPAM, je m'essaie également au spam... Profitez, ça ne durera pas.

Comme ça devenait un sacré bordel avec mes articles pas dans l'ordre qui partaient dans tous les sens, et que je me suis rendu compte que je pouvais modifier la date de publication, je ne m'en suis pas privée. Au passage, si des gens se sont mis à me lire très tard, pas mal de "ohlala, je poste dans le désordre" ou de "diantre que je suis en retard" seront incompris. Hé ben, euh... tant pis ! Ca fera peut-être de moi une artiste ? (je vais quand même tâcher de mettre la véritable date de publication des articles).

N'empêche qu'au final, ceux d'entre vous qui n'avaient pas lu les articles les plus récents vont se retrouver perdus.

Je les ai re-consignés ici :

- Caraïbes III le retour de l'attaque de sable géante
- Les pommes qui font rouli-roula dans un panier le basket
- Allo, oui ? Ne quittez pas.
- Le spam, ou comment ajouter un peu d'ersatz dans sa nourriture
- La neige, parce que c'est chôli tous ces flocons
- Pétage de bide en Illinois

Voilààà, bonne lecture. Je n'ai quasiment plus de retard !

17/11/2014 Winter is coming.

Bon bon bon, j'hésite à faire ce post parce que la météo n'est pas réellement mon sujet de prédilection, mais comme on me questionne souvent sur cet aspect de la vie au Michigan, prenez ça !
(En plus, ça a le mérite de faire un micro post qui ne me donne pas envie de procrastiner outre mesure).

Et voilà, après quelques premières mignonnes chutes sans attache ni conséquence, ce matin le blanc manteau a recouvert les environs.
On voit que les gens sont habitués : aucun souci de circulation, tout était parfaitement déneigé (même le petit parking privé de mon lot de condos).

 La madmobile joue à la mariée
Vue de mon bureau

La neige a même eu le bon goût de ne pas avoir gelé sur mon pare-brise, provoquant une non-perte de temps mirobolante.

Allez, plus que 5 mois avant le printemps !

samedi 15 novembre 2014

15/11/2014 J'ai testé pour vous... le SPAM.

(Originellement posté le 17/11/2014) 

Un autre sujet qui revient souvent quand on me demande comment ça se passe aux US, c'est l'alimentation.

Donc déjà, désolée de vous décevoir, mais je ne mange pas de burgers tous les jours. J'ai dû en prendre moins de 5 depuis mon arrivée, et c'était toujours parce que je n'avais pas le choix dans le menu.

"Burgers and fries"... et rien d'autre, effectivement. 
Pour info, ils ne sont pas mauvais du tout.

J'avais déjà évoqué, lors de la vegan week, le fait que les courses sont assez différentes ici et en France. Pas mal d'aliments sont introuvables ou presque, ou alors ne ressemblent pas à ce qu'on connaît.

 Le jambon... Quasi toujours assaisonné au miel, des tranches très fines, baigne dans son jus. Au final, c'est pas mauvais mais on ne mange pas du tout la même chose !




On se dépatouille toujours pour trouver des produits similaires ou des pis-aller (à ne pas confondre avec le p'tit salé, bien entendu inexistant par ici). Personne ne se plaint, mais ramenez-vous quelque part avec une quiche et tous les français vous demanderont où vous avez trouvé la pâte feuilletée/brisée, denrée rare par ici.

Autre constat : "préparer" un repas n'a que rarement la même signification ici et en France. Plus de la moitié des aliments vendus sont déjà pré-mixés, pré-faits, pré-assaisonnés, pré-salés, pré-E512és, préférant ainsi le presto sans préambule permettant la prélasse à la précision précautionneuse prêchée par les prélats de la cuisine. Résultat, si quelqu'un vous dit qu'il a fait des cookies, la plupart du temps il a pris son mix à cookies et ajouté de l'eau. Dans le rayon riz, il y a quelques riz "natures" à faire soi-même, et six fois autant de riz tout faits avec des légumes deshydratés et la sauce qui vont avec.

Même un truc aussi con que les Macaronis&Cheese (très populaires ici) se vendent quasi exclusivement en barquettes à réchauffer au micro-ondes.

Mais me direz-vous, les Etats-Uniens en visite à Paris ne sont-ils pas tout autant déboussolés en allant chercher à s'alimenter dans nos rayonnages ?
Où sont les 26 variétés de cheddar ? Et où les chips Bacon-Sirop d'érable ou Poulet-Gauffre ? Où sont les vrais gateaux, ceux où la quantité de Frosting bleu roi / jaune poussin / vert bouteille dépasse tout le reste conjugué ? Où les céréales aux couleurs arc-en-ciel chimique ? Où la bière-flotte que l'on peut décimer par packs comme du petit lait ?

Et surtout, mes amis, où est notre Spam national ??

Pleine de ces réflexions empathiques pour nos petits camarades, j'ai décidé de tester cet aliment emblématique de la culture US. (En vrai je suis juste passée devant en rayon, et j'ai élaboré toute cette longue introduction pour justifier ma curiosité débile).

Première chose à savoir : comme pour les chips et les m&m's, il existe toutes sortes de Spam. J'ai pris le nature, brut de décoffrage, l'historique.

 La boîte de SPamdore...

Premier constat : la liste des ingrédients est moins effrayante que prévu. Pork shoulder, ham, salt, water, potato starch, sugar, and sodium nitrite. Je m'attendais à voir plus de conservateurs et colorants chelous que ça.

Second constat : ce n'est pas appétissant. Un espèce de bloc rose avec un peu de gelée sur les bords.

En vile débutante, je n'ai pas coupé ma tranche dans le bon sens... Ste honte.

La consistance est assez indéfinissable, c'est à mi-chemin entre du pâté et du vrai jambon. Peut-être un peu comme une mortadelle trop molle car conservée hors frigo ?

 Uhhhhm... Voilà qui met en joie : l'attente d'un repas de gourmet.

En vraie warriorette, je goûte un bout. 
Troisième constat : ce n'est pas bon. Pas à gerber non plus, notez bien. Exactement l'équivalent du surimi pour le poisson.

Mon intuition me dit que je serai incapable de manger le bloc entier non cuit. Je les fais donc revenir et m'en sers donc comme garniture d'omelette.



La photo n'est pas de moi mais ça avait à peu près cette tronche

Résultat : c'est mangeable. Grosso modo, si vous avez été à la cantine étant petits, les dés de jambon dans les pâtes/quiches avaient un goût similaire. Je les soupçonne fortement à retardo d'avoir utilisé ce produit au rabais, d'ailleurs...

Note : mon coloc américain n'avait jamais goûté. Comme quoi, les mythes s'effondrent les uns après les autres. 

Il me reste trois quarts de boîte à écouler, si vous avez de bonnes idées, je suis preneuse !

dimanche 9 novembre 2014

08/11/2014 Chic chic chic chic chic !

(Originellement posté le 19/11/2014)

Diantre, ce titre contient du Chic à gogo. Je me demande s'il y a un jeu de mots moisi derrière tout cela.
Noooooon. Ce n'est pas le genre de cet endroit...

Dans la série des petites escapades sympathique, le week-end d'il y a dix jours figure plutôt haut. Sabrina, une pote de l'IIE, passe quelques semaines à Chicago et il était convenu que j'aille la voir et qu'elle vienne me voir.
Comme elle me déteste, finalement, je suis la seule à faire le voyage, au volant de ma merveilleuse madmobile.

Petit point sur le trajet : environ 4h30 me séparaient de Chicago d'après la première estimation de Google Maps. En comptant les pauses pour faire plaisir à ma gentille maman, 5 heures.

Seulement, maps a l'air d'adhérer à l'adage "il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis", puisque par deux fois pendant le trajet, sans changer de route ou rien, j'ai eu droit à une vingtaine de minutes bonus. On remercie bien bas le logiciel de navigation pour ses cadeaux. On remercie également les autoroutes américaines d'avoir des aires de repos pour la plupart pourries sans station service, et seulement tous les 40 miles en plus, nous obligeant ainsi à prendre une sortie random pour faire le plein, sans trop savoir s'il est facile de regagner l'autoroute après.
Trop fun ! Vous pouvez boire un café surdimensionné et manger des chips !

C'est ainsi que six heures et demi après mon départ, après quelques frayeurs liées à l'état de batterie de mon téléphone et l'incapacité à ouvrir le fichu emballage en plastique rigide me séparant de la possibilité de l'alimenter, une pause mémorable, quelques textos affolés à Saby disant que je risquais fortement d'être totalement paumée à mon arrivée, un explosage de stylo pour défoncer ce contenant et me secourir... j'arrive enfin à me garer près de chez elle !

L'énervement et la fatigue font ainsi en sorte que la demoiselle me trouve dans un état proche du pétage de câble, qui se transforme bien vite en sorte de folle euphorie cynique (oui bon, c'est un peu bizarre, mais ça se rapproche de ce qui se passait dans ma tête. Joker, tu n'as qu'à bien te tenir).

Grâce à des amis à elle, j'ai l'occasion de me garer dans une zone gratuite, ce est un luxe énorme dans cette ville réputée pour ses parkings à 30 ou 40$ la journée. Passée cette obligation logistique, il est temps pour de réelles retrouvailles, très sympathiques, où nous comparons un peu les modes de vie Paris/Detroit/Chicago.

Deux des sujets récurrents de ce week-end, outre nos expériences respectives :

- Le trône de fer. Ô Saby, ma chère petite, sois remerciée pour m'avoir permis de traiter extensivement ce sujet si cher à mon coeur et dont à peu près tout le monde se fout autour de moi à Detroit (même si je tente de corrompre coloc petit à petit...)
- La nourriture. Ma commère et moi ayant toutes deux bon appétit et loisir à déguster différentes concoctions culinaires tout en faisant attention la majorité du temps, nous avons fait de ces retrouvailles une excuse appropriée pour... se péter le bide joyeusement.

Ah, j'en rajoute un troisième qui me passe par la tête : Chicago est surnommée Windy City. Quand j'étais venue ici en août, je n'avais pas bien compris, mais le début de l'hiver est très propice à la compréhension de cette appellation.

Première attraction au programme : la Willis Tower, emblème de Chicago

En fait non, il y avait plus de deux heures d'attente donc nous sommes juste allées jusque là puis reparties avec des photos en poche.
Deuxième attraction au programme : la Pizza "Deep Dish", emblème de Chicago

Bizarrement, c'est LE plat que tout le monde recommande quand la visite de la ville est au programme : une pizza qui a la profondeur d'une quiche, mais donc la garniture est bien celle d'une pizza. Les files d'attente sont très longues et la cuisson au moins autant. Ce n'est qu'à notre troisième essai que nous avons trouvé un boui-boui qui en vendait avec seulement 30 minutes de préparation.
Pas mal, mais beaucoup trop pour deux personnes. Nous attaquons l'après-midi d'un pas lourd et sans réelle pêche, comme deux mollusques ne pétant(cle) pas le feu...

Troisième attraction au programme : Millenium parc, emblème de Chicago

Cet endroit, c'est un peu THE place to be dans l'Illinois. Entre le parc bien feuillu qui avait son habillage automnal, la vue fantastique sur la Skyline, les multiples fontaines et statues, on en prend plein les mirettes.
La scène en plein air de Millenium parc, où de nombreux concerts ont lieu l'été. Une énorme espanade couverte de pelouse invite les passants à s'y poser pour pique-niquer en profitant du spectacle
Les américains sont des champions des courses de demi-fond avec un but. On a ainsi pas mal d'animations funky-sportives partout aux US, dont :
- Turkey trot (Courir déguisé n'importe comment)
- Run or Dye (Courir en se faisant bombarder de poudre colorée et arriver tout bariolé)
- Ou comme celui-ci, être récompensé par du chocolat quand on termine sa course
The bean, emblème de Chicago

Là, on tape dans THE place to be INSIDE THE place to be. La sculpture la plus appréciée des Chicagoans (Oui c'est moche, mais ils n'ont pas choisi) et de leurs touristes c'est bien celle-ci. Elle a la bon goût de se situer dans Millenium Park, pour plus de comboterie. Peu importe l'heure où le jour, il y a toujours un tas de monde pour se mirer dans cette oeuvre superbo-ludique au pied des immeubles. Preuve s'il en est que personne ne se départit de son âme d'enfant s'extasiant devant des miroirs déformants.
Le nom du monument indique aussi que lorsque nous ne venions pas à la nourriture, la nourriture venait à nous !
A bas le snobisme, nous n'avons pas dérogé à la règle !
Vue du dessous, l'oeuvre d'Anish Kapoor offre encore plus d'effets de lumière amusants

Le Taureau, emblème de Chicago... 
Ah non tiens, qu'est ce que ça fout là ? 


Red Bull organisait une expo temporaire aux abords du parc. Une bonne occasion de se mettre au chaud se cultiver
 Pas mal d'oeuvres marrantes uniquement faites en canettes laminées


Le centre ville de Chicago est assez gigantesque et impressionnant. Ca fait beaucoup penser à New York. Nous y continuons donc notre balade, et en bonnes parisiennes, passons par les quais de la Chicago River (trouver des noms, aux US, c'est pas compliqué !)
Comme sur la seine, les berges ont été aménagées pour permettre aux piétons de marcher ou faire leur jogging
La selfie mal cadrée avec une tête pourrie est de rigueur
Nos déambulations finissent par nous ramener vers chez Saby, au bord de la mer du lac Michigan

Avant la soirée, nous devons repasser par la voiture afin de mettre un nouveau ticket de parking. Au passage, je décide de démarrer la voiture car la batterie broute un peu depuis quelques semaines...
En rentrant dedans, je me rends compte que j'ai oublié d'éteindre la loupiotte intérieure dans mon agitation de la veille. Oh oh.
Et en effet, ça ne démarre pas du tout.

On tente d'aborder quelques rares passants de la petite rue résidentielle où je suis stationnée, mais personne n'a de pinces croco.
La décision est de laisser Marie et Saby du lendemain gérer ce souci, et d'embrayer (ahah) sur la soirée.


N'ayant pu trouver de places de hockey pour cause de tarifs exhorbitants, notre dévolu se jette sur ... un ciné. Tout bête mais efficace car ni elle ni moi n'avons beaucoup fréquenté les salles obscures depuis notre arrivée aux US.
Complètement au pif, nous choisissons d'aller voir Gone Girl. Quelle n'est pas notre surprise en arrivant dans la salle de réaliser, une fois de plus, le génie des américains.
Je vous laisse constater ça en images...
Mais oui, le siège de ciné inclinable, mieux qu'un transat. 
Et évidemment, avec un porte-gobelets.
A importer en France de toute urgence (je ne comprends pas que ça ne soit pas déjà le cas !!)

Le film est vraiment pas mal, dans le genre névrosé. Suivi d'un frugal repas japonais (car nous avions du stuff nous attendant à l'appart), puis de tentatives de bar toutes plus infructueuses les unes que les autres.

Nous avions repéré 5 bars de type "speakeasy" (ambiance prohibition) à l'air très sympa dans le centre... Nous n'étions pas les seules. Environ 30 minutes de queue à l'entrée de chacun d'entre eux, par deux degrés... Non merci.
Subséquemment, nous poussons la porte d'entrée d'un pub irlandais lambda, qui s'avère être très sympa : un groupe local jouait des morceaux bien dansants. Chouette ambiance et bons cocktails ... que demander de plus ?

Il s'avère qu'il y avait quelque chose de plus à demander, et qu'ils l'ont fait spontanément. Grand sourire sur nos visages lorsque le chanteur aborde une playlist Disney. Nous avons sorti nos plus belles paroles françaises et chanté à tue-tête, suscitant la pitié beaucoup l'admiration et la curiosité autour de nous.
Même cet endroit assez peu "fancy" était sur-blindé. Il faut se lever tôt pour avoir une table à Chicago !

Retour à la maison où nous attendent :
- Une baguette de la meilleure boulangerie française du coin
- Un claquos président
- Du foie gras (importé illégalement par mes visiteurs de septembre, qu'ils soient bénis comme Monsieur Benassy)

Pour un bon gueuleton 100% froggies qu'il fait plaisir.

***

(J'avais toujours rêvé de faire ça pour illustrer une ellipse narrative, comme dans les romans de mon enfance. Merci à vous.)
Le lendemain matin, nous cherchons à nouveau à recharger ma batterie. 2 garages et un détaillant de produits auto plus tard, nous n'avons rien de concret. L'hésitation se fait entre acheter nos propres pinces ou appeler quelqu'un pour nous dépanner. On se dit que les pinces, ça va prendre du temps et il va falloir emmerder des gens dans la rue, ce dont nous sommes bien évidemment fanas.

Un peu plus tard, un mec arrive avec son camion dépanneur. Il sort les pinces croco, les branche à la va-vite (le capot était déjà ouvert)(on avait regardé des tutos sur le net où ils expliquaient qu'il y avait un certain ordre à suivre pour effectuer la procédure en toute sécurité, hé ben ça n'a absolument pas été suivi). Une minute et 65$ plus tard, le voilà reparti. Heureusement que j'étais prévenue du tarif avant sinon j'aurais (encore beaucoup plus) tiré la gueule devant ce prix à l'heure absolument rédhibitoire.
Grâce à mes arcanes ninja, j'ai quand même réussi à prendre une photo souvenir dans le peu de temps imparti

Puis direction Wicker Park, quartier un peu plus populaire (mais train de devenir hype) ou nous avons repéré un resto spécialisé dans les brunchs, avec les meilleurs oeufs benedict de Chicago.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce plat, il s'agit d'oeufs mollets placés sur un toast avec traditionnellement soit du bacon, soit du saumon; le tout recouvert de sauce hollandaise.
Comme tout petit dej anglais, c'est fat, mais c'est bon. Saby et moi avons découvert cette passion mutuelle pour ce plat méconnu la veille, et c'est d'un pied joyeux, mutin et léger (pour l'instant !) que nous nous y dirigeons.

Encore une fois, une heure d'attente. Mais comme ce coup-ci il s'agit de bouffe, nous sommes prêtes à faire l'effort, d'autant que ça nous permet de faire le tour des rues principales de Wicker Park. Pas mal de boutiques mignonnes qui nous fournissent en petits cadeaux pour remercier nos bienfaiteurs de parking.

Oeufs benedict au filet de boeuf puis pain perdu dans son bain de chocolat. Pétage de bide.


Nos estomacs nous poussent à l'exercice, et nous rentrons donc à pieds chez Saby. 
Elle habite dans un quartier sympa.
Wicker Park est un quartier sympa.
La route entre les deux.... est super pas sympa.

On traverse des quartiers industriels bien désaffectés comme il faut et glauques à souhait.
A la fin de la balade, nous sommes ravies d'apprendre que des locaux sont disponibles dans Hooker street. A envisager, pour sûr.

Quelques restes d'Halloween qui combinent citrouilles et bonbecs près de chez Saby.

Pour assurer le coup, je reprends la voiture tôt (elle démarre sans souci : ouf !), et nous nous séparons après de larmoyants adieux :
- à plus !
- ouais, ça marche !
Snirf, j'en renifle encore d'émotion.

vendredi 31 octobre 2014

31/10/2014 Halloween

(Originellement posté le 17/11/2014)

Avec un poil de retard, abordons maintenant une institution de la vie aux Etats-Unis : Halloween. Je l'ai déjà mentionnée dans ce post sur l'automne où vous avez pu voir un paquet de citrouilles.

Tout d'abord, un peu de contexte grâce à cette bonne vieille wikipedia.

"Ce nom est une contraction de l'anglais All Hallows Eve qui signifie the eve of All Saints' Day en anglais contemporain et peut se traduire comme « la veillée de la Toussaint ». 

En dépit de son nom d'origine chrétienne et anglaise, la grande majorité des sources présentent Halloween comme un héritage de la fête païenne de Samain qui était célébrée au début de l'automne par les Celtes et constituait pour eux une sorte de fête du nouvel an. (NDM : En même temps, c'est assez logique : la Toussaint a été créée au VIIIème siècle par les papes de l'époque, afin d'opérer un syncrétisme avec Samain...)

La fête d'Halloween est introduite en Amérique du Nord après l'arrivée massive d'émigrants irlandais et écossais notamment à la suite de la Grande famine en Irlande (1845-1851). Elle y gagne en popularité à partir des années 1920 et c'est sur le nouveau continent qu'apparaissent les lanternes Jack-O'-lanterns confectionnées à partir de citrouilles, d'origine locale, en remplacement des rutabagas utilisés en Europe."

Une des multiples maisons décorées du voisinage... Quand je vous dit que les américains ne déconnent pas.

Et d'ailleurs, pourquoi ces lanternes ? Hop, un autre copier-coller, je sens que je vais aimer "écrire" cet article.

"Jack-o'-lantern est probablement le personnage le plus populaire associé à Halloween. Il nous provient d'un vieux conte irlandais. Jack aurait été un avare, un personnage ivrogne, méchant et égocentrique. Un soir, alors qu'il était dans une taverne, le diable lui apparut et lui réclama son âme. Jack demande au diable de lui offrir à boire, un dernier verre avant de partir pour l'enfer. Le diable accepte et se transforme en pièce de six pence. Jack la saisit et la place immédiatement dans sa bourse. Cette dernière ayant une serrure en forme de croix, le diable ne peut s'en échapper. Finalement, Jack accepta de libérer le diable, à condition que ce dernier lui accorde dix ans de plus à vivre. Dix ans plus tard, Jack fit une autre farce au Diable, le laissant en haut d'un arbre (sur lequel il avait gravé une croix grâce à son couteau) avec la promesse qu'il ne le poursuivrait plus.
Lorsque Jack meurt, l'entrée au paradis lui est refusée, et le diable refuse également de le laisser entrer en enfer. Jack réussit néanmoins à convaincre le diable de lui donner un morceau de charbon ardent afin d'éclairer son chemin dans le noir. Il place le charbon dans un navet creusé en guise de lanterne et est condamné à errer sans but, jusqu'au jour du jugement dernier. Il est alors nommé Jack of the Lantern, ou Jack-o'-lantern. Il réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween."


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mon jack'o perso, spécialement creepy de nuit.


Enfin, d'où vient cette tradition de s'incruster chez les gens et de les racketter ? (Pour celle-ci, je traduis)

Dès les années 1000+, les commémorations de Samain incluaient déjà des feux de joie, et des masquarades. En plus de celà, les pauvres allaient de maison en maison et recevaient des patisseries appelées "Gateaux de l'âme" en échange de la promesse de prier pour la famille des donateurs. C'est donc une prolongation de cette tradition qui se passe maintenant.
Sachant tout de même qu'elle a été beaucoup détournée au début du siècle dernier, puisque les "farces" faites à l'époque étaient pour beaucoup à base de dézingage des environs, avec plus de 100 000$ de dommages décomptés dans les grosses métropoles. Ca a empiré après la grande dépression de 29, et les célébrations devenaient franchement violentes, avec pas mal d'agressions dénombrées cette nuit là.
Ces excès ont conduit à la création d'un comité du Trick-or-treating dans les années 30, qui a posé des limites à la pratique et réduit les "farces" violentes faites en représailles du non-don de bonbecs.
Aujourd'hui, c'est 6 millions de dollars qui sont dépensés chaque année aux US pour la célébration de la fête (répartis entre costumes, friandises, décorations de maisons), en faisant la seconde fête commerciale aux US.

Okay, maintenant que le contexte est bien posé, sachez que cette fête est vraiment énorme ici. Les gens ne lésinent pas : intérieur et extérieur, dans les commerces comme les maisons, tout évoque l'épouvante (le mot ici est "spooky", c'est tellement plus mignon).

Si bien que j'ai eu l'occasion de célébrer Halloween pas une, pas deux, mais trois fois. Avec trois costumes différents, SVP (mais je n'ai malheureusement pas de photo du troisième où j'incarnais un magnifique nain de jardin).

- La première fois, c'était la Boo Bash, une énorme soirée organisée dans un théâtre à Royal Oak (the ville cool de la région). Qui a eu le bon goût de tomber le vendredi soir de la pire semaine de taf de l'histoire de l'univers, autant dire que ça se fêtait !

Juste après la préparation chez Ju. Sylvain, Augustin (le jour où tu auras le temps de lire ce blog) : vous n'avez pas vu cette photo
 
Tout le groupe était de la partie, avec pré-soirée et tout le tralala. La musique était assurée par un groupe très américain (je vous invite à retrouver de qui il s'agit !). Excellente ambiance (ils s'en assurent en fournissant trois tickets conso à utiliser obligatoirement avant 23h), mais malheureusement ça a fini très tôt (1h30).
 
 Les joyeux drilles de party animals. Il y avait du level chez certains (plusieurs heures de maquillage !)
 La musique était bien fat

- La seconde était au taf. Halloween n'est pas ferié ici... Mais quasiment. Presque toutes les entreprises organisent quelque chose. 
Chez Parrot, on avait le repas offert pour tous les gens qui venaient déguisés (au final, tout le monde), plus un apéro, plus la possibilité de partir plus tôt. 
J'ai un pote qui travaille dans une boîte où il y avait un concours de déco des booth des gens, et ils ont passé la journée à mettre ça en place, ils avaient cuisiné des petites collations flippantes (cookies momie, patisseries en forme de doigts découpés, bonbecs "vers" maison faits à base de jelly et de chocolat).
 
Bref, le mot d'ordre était bel et bien la productivité.
 
La nouvelle égérie de Parrot étant Conchita Wurst, nous avons décidé de marquer le coup
 
 
- La dernière était aussi le jour J, Delphine avait organisé une petite fête chez elle et Raul et elle s'étaient aussi mis en quatre pour le buffet et la déco de la maison, après avoir trick-or-treaté. Fun fact : il a fait un temps de chien ce jour-là, notamment pile à l'heure où les gentils n'enfants commençaient leur tournée des voisins. Qui s'est donc vue très très écourtée. Et perso j'avais acheté des bonbecs pour l'occasion, mais personne n'est venu sonner à la maison (j'ai appris après qu'il fallait allumer la lumière sur le pas de sa porte pour signaler qu'on participait... Plus de sucre pour coloc et moi !!)
 
 On ne voit pas tout, malheureusement, mais déjà admirez la cervelle sculptée, les oranges-citrouilles, le gâteau de l'horreur et les muffins décorés. 
En outre, on a eu des saucisses-momifiées à la pâte feuilletée, des oeufs-araignée, du guacamole "vomi de citrouille"... Spooky-Pétage de bide.
 
La fête en question s'est terminée par l'un des jeux les plus stupides de mon existence (pire que les m&m's, pour les connaisseurs).