mardi 28 juillet 2015

02/06/2015 - Le ciel bleu adossé à la prison

Et avec ça, j'ai atteint mon quota d'utilisations du mot "adossé" pour huit ans.

Donc mardi matin, l'empereur, sa femme et le petit prince (c'est Rachou l'empereur et Mathilde le petit Prince, dibs sur la femme !) se sont dirigées à trois vers la station Fruitvale d'Oakland pour la dernière fois.

On dépose nos valises au bureau de Rachida (qui a une vue imprenable sur le bay bridge) 
 
Après un casse-dalle au Ferry Building, nous longeons le front de mer lac océan.
Direction : le Pier 33. 
 
Où nous embarquons sur un bateau stylé. Direction : Alcatraz !
 
 
Notre cadeau d'adieu de la part de la ville : enfin une vue vide de toute brume sur le Golden Gate !!
 
En se rapprochant de l'île, elle semble familière : après tout, elle figure dans tellement de films.
 
 Après une courte intro, on nous laisse carte blanche pour notre visite.
On s'attend évidemment à croiser un paquet de bâtiments désaffectés comme celui-ci, vu que la prison est inoccupée depuis 1963.
On s'attend moins à ce que ce soient des abeilles mutantes qui aient fabriqué les vitres !
 Encore moins à ce que ce soit un endroit plutôt mignon...
...qui est actuellement l'un des plus grand lieux de nidification pour les oiseaux californiens !
La visite est vraiment intéressante. Elle aborde des questions qu'on ne se pose pas vraiment avant de venir : par exemple, ci-dessus, c'est le bâtiment où vivaient les familles du personnel. A même l'île !
 La visite de l'intérieur de la prison est extrêmement bien foutue.
 Pour vous dire : c'est la première fois de ma vie que j'écoute un audioguide de bout en bout sans soupirer toutes les 10 minutes sur la chiantise de la chose.
 Les narrateurs donnent des anecdotes sur le quotidien, nous faisant bouger d'une pièce à l'autre.
 En saupoudrant parfois d'évènements prenants, comme des évasions, pour relever la monotonie
 A un bon rythme, qui laisse néanmoins le temps de prendre des poses stupides si on en a envie.
 Bref, ça vaut vraiment le coup, je recommande chaudement. Vous apprendrez notamment pourquoi la cuisine contenait ce "tableau" macabre et martial.
 Il est ensuite temps de rentrer sur le continent... Et à vrai dire de rentrer tout court.
La classique et onéreuse photo kitsch nous attend à la sortie. En bonne radine, je choisis la solution bon marché pour l'emporter.

Il nous reste quand même une chose à faire pour finir de compléter notre expérience San Franciscaine...
Vous l'avez peut-être deviné, c'est le Cable Car !
Un trajet lent au possible qui coûte 6 balles, ça n'a rien de très attrayant, mais les guides répétaient bon nombre de fois qu'il fallait tester au moins une fois dans sa vie. Qu'à cela ne tienne, il nous ramènera dans le centre.
Cette photo a été prise a l'arrêt. Parce qu'encore une fois, on est restées un sacré paquet de temps coincées à notre point de départ (au moins là, on a chopé de bonnes places). Il faut croire que les transports d'époque ne nous aiment pas beaucoup.
 Et enfin c'est parti !
Verdict : le jeu en vaut la chandelle. Surtout avec des places où l'on est suspendu à l'extérieur. 
Ca a quelque chose de bon enfant et de grisant de monter et descendre les collines avec le vent dans les cheveux !
Nous récupérons ensuite nos bagages au nouveau siège de Parrot Inc, et faisons nos adieux à Rachou.
Merci encore Rachidamûr pour l'accueil !!

En parcourant une dernière fois le financial district pour nous diriger vers l'aéroport, je fixe les bâtiments avec une once de nostalgie. Cette ville a vraiment un côté accueillant et familier qui incite à y vivre (et explique sans doute les prix plus que mirobolants de l'immobilier).
Mathilde et moi sommes totalement crevées mais bien contente de nous être encouragées l'une l'autre pour tant visiter pendant ces quelques jours. L'escale en valait la fière chandelle.

Le retour en Red-Eye (vol de nuit) fera très très mal le lendemain : j'arrive avec 2 heures de retard à un salon important pour la boîte, avec des valises sous les yeux qui tombent à peu près jusqu'à mes genoux. Heureusement qu'il y a un paquet de souvenirs de ouf pour aider à faire bonne figure !

 

lundi 27 juillet 2015

01/06/2015 - Les collines bleues adossées aux collines

Bon, j'ai une semaine pour écrire 5 articles, du coup attendez vous à ce que ce soit torché, quitte à ce que je revienne dessus après (haha nous savons tous que ça n'arrivera pas !)

Lundi est notre dernier jour complet à SF, pour fêter ça on choisit de dégommer les semelles de nos chaussures en marchant plus que de raison.

 Le matin : Chinatown !
 On dirait Shenron !
 Un tas de petits vieux qui jouent aux cartes en déblatérant, dans Portsmouth Square.
Une fabrique de fortune cookies. Trop cool de savoir comment ils sont faits !

On visite également un temple planqué au troisième étage de ce qui ressemble à un immeuble lambda avec des apparts. Le plafond, d'où pendouillent des centaines de petits cartons rouges aux écritures calligraphiées, donne une aura tamisée à la salle, c'est vraiment magnifique.
 Ensuite, go le financial, pour se péter la nuque à force de regarder vers le haut
 La Transamerica Pyramid (qui n'est plus le siège de la Transamerica Corporation), pièce maîtresse des buildings du district
 Les urbanistes réussissent à glisser un peu de verdure dans tout cela
 Rendez-vous à midi sur la place près du Ferry Building afin de déjeuner avec Rachou et Sysy
Au menu : un sushirrito - énorme maki en forme de burrito. Apparemment ils existent aussi enveloppés d'une tortilla. Je suis plus sceptique sur ces derniers, mais celui que j'ai goûté était pas mal du tout !

 Nous décidons ensuite de prendre la F-line pour rejoindre les quartiers du Sud-Ouest de la ville. Cette ligne de trams est la plus vieille de SF (date de la même époque que les cable cars), et on espère en choper un antique.
Sauf qu'à faire les difficiles, on se retrouve à poireauter une heure. Finalement, excédées d'impatience, on monte dans celui-ci. Comme c'est le premier à passer après 35 minutes d'attente, il est bourré de paumés en tous genres. Dont un qui s'écroule "endormi" sur son siège et bouche le passage. La fête.
Le Castro, avant-garde mondial en termes de quartiers gay friendly, a de très mignons passages piétons.

 A partir de là, on grimpe...
 ...on grimpe...
 ...on grimpe, vous dis-je...
(ai-je déjà mentionné que cette ville est vallonnée ?)
 ...on grimpe deux heures durant...
...pour atteindre le sommet de Twin Peaks, un (enfin deux) des plus hauts sommets de la ville.
 Le jeu en vaut les glaires, comme on dit !


Après la redescente, on remonte vers le mignon (et très posch) quartier de Haight-Ashbury
 Puis nouveau dévalage et nouvelle ascension vers Alamo Square et ses "Four Painted Ladies" que Mathilde et Rachida sont déjà passées voir samedi soir
 Puis nous retournons dans le centre pour retrouver Syed et Rachida...
 ... dans le très fancy bar "The View"...
 ... qui porte fort bien son nom.

 Suite à ça, on se balade un peu...
... sur Union Square et ses environs.

Et nous nous délectons d'un très bon dîner dans un resto turc, avec Faizan qui nous a rejoints. Avant ça, on aura erré un moment pour trouver un endroit, passant notamment dans un bar où il n'y avait que des boissons alcoolisés (pas l'idéal pour nos hôtes qui n'en boivent pas), une nouvelle boîte complètement vide, un resto Vietnamo-Français à l'air chouette où des gens dansaient le tango, et j'en passe !
Ensuite, les autres rentrent au bercail. Je devrais les imiter, mais samedi soir il est une autre visite outre laquelle je suis passée en allant retrouver les iiens : mission district, les rues où il fait bon sortir.
Ne pouvant résister à l'appel de l'aventure, je m'y dirige à pieds (ce jour là, autant vous dire que j'ai pété les scores de mon podomètre comme jamais). Sauf qu'en fait, le lundi soir, le coin est plutôt mort et mal famé !
Et bizarrement, ça me fait sourire, de me retrouver dans une situation à moitié inconfortable où je suis obligée de garder l'oeil aux aguets. On m'a recommandé en particulier une rue : Clarion Alley, où il y a de superbes graffitis.
A l'aller, lorsque je passe devant, un groupe de junkies est dans les parages. Ils ne sont pas méchants et ont juste l'air défoncés/paumés, mais je décide tout de même de passer mon chemin. J'irai au retour.

Je continue à déambuler, fais une pause dans un bar très sympa (mais un peu vide, lundi oblige) : le Dr. Teeth and the Electric Mayhem. Puis reviens sur mes pas pour prendre l'un des derniers métros. Au moment d'arriver à Clarion Alley, celle-ci est quasi vide, à l'exception d'un gars qui marche 10 mètres devant moi. Parfait !

Je commence à regarder le street art sur les murs, mais le coin de mon oeil est attiré par un détail : la lumière des lampadaires semble se refléter sur quelque chose de liquide qui précède l'homme qui me précède. On dirait qu'il arrose la rue ? Seulement... ? Il a ses mains dans ses poches, non !?

Et là mon cerveau percute : le type est en train de pisser, en même temps qu'il marche ! Il se prend donc sa propre urine sur le pantalon au fur et à mesure, et réussit donc à me faire déguerpir, "légèrement" dégoutée.

Clarion Alley, on se retrouvera !

Pour maman qui s'inquiète : haha, tout ceci est évidemment une vaste blague, je suis rentrée avec les autres et nous avons regardé deux épisodes des bisounours avant de boire une camomille et d'aller au lit en se chantant des berceuses.

jeudi 23 juillet 2015

31/05/2015 - L'océan bleu adossé à la plage (& co...)

Pour ce dernier dimanche de mai, Syed et Rachida nous ont concocté un programme aux petits oignons. Mathilde et moi nous laissons transporter aveuglément vers le Grand Sud où ils nous emmènent.
À l'ordre du jour : culture geek, grand air, malbouffe, bonne bouffe aussi, animaux fainéants, et côte dénaturée.

Ceux qui en ont déduit que nous avons survolé des bunkers de plage albaniens en hoverboard, ingérant tour à tour hot dogs et souris d'agneau, tout en transportant des paresseux : vous avez bien évidemment raison. Ou pas.

Nous commençons donc ce périple en l'an de grâce MMXV, le dimanche qui aurait correspondu au 12 Prairial du calendrier révolutionnaire.

En guise de prairie, nous allons visiter un garage. Les gens qui ont tout compris. Mais pas n'importe lequel ! Celui qui fut le prémisse, la fondation, l'axiome même de la Silicon Valley : le ètchpi garrèdge. Là où deux étudiants, en 1938, décidèrent de suivre les conseils de leur professeur Frederic Terman, qui poussait ses jeunes à monter leurs propres boîtes plutôt que d'aller se faire embaucher dans des entreprises établies. Le nom des petiots ? William Hewlett et David Packard, qui ont ainsi fondé la fameuse société William David.

Donc là, nous faisons très fort : on ne voit ni le panneau historique, ni le garage.
Mais bon, y'a une maison. Faites fonctionner votre imagination !


Après ces quelques photos hommage, nous circulons un peu dans toutes ces villes de la Silicon Valley : Palo Alto, Mountain View, Seins de Pamela Anderson... Petit arrêt chez Gougueule, pour les remercier de stocker si gentiment toutes les données du monde et d'avoir la possibilité de faire un putsch global quand ils veulent.


Nous sommes ici. Ha bah la boîte le sait déjà grâce à nos téléphones !

Et ensuite la voiture repart vers l'une des institutions de la région, où ont d'ailleurs étudié (ou enseigné) les trois protagonistes mentionnés trois paragraphes plus haut : l'Université de Stanford.

Hé oui, des cartes touristiques avec zones


On découvre avec surprise qu'il est possible d'avoir un campus plus grand que celui de Berkeley. Celui de Stanford est si étendu qu'il faut une voiture pour y circuler. Ouf, on en a une à disposition.
L'université a une histoire assez triste : les parents l'ont fondée après la mort de leur fils Leland, atteint d'une fièvre typhoïde à l'âge de 15 ans. Ils décident de créer une école gratuite (enfin, plus maintenant héhéhé) pour donner à d'autres la chance que leur rejeton n'a pas eue.
L'un des musées à l'intérieur présente une sélection pour le moins éclectique, avec entre autres plusieurs galeries dédiées à cet auguste sculpteur qu'est Rodin.
 Un paquet de scènes étaient dédiées aux Portes de l'Enfer, une sculpture phare de l'artiste
Quoi qu'il ne soit pas unique, le penseur continue de claquer !

Plein plein de belles œuvres, mais ce qui m'assomme le plus, c'est de découvrir que cette sculpture de bois :
... est en fait en bronze !

L'artiste, Deborah Butterfield, a effectivement commencé par récupérer des branches et les assembler en équidé. Après, elle a moulé tout autour, et cramé le moule : le bois a brûlé. Elle a nettoyé les cendres, versé du métal dans le moule, et ensuite a appelé Marraine la bonne fée pour que celle-ci redonne un aspect bois au bronze. Le rendu est plus vrai que nature : bluffant. (Il a fallu que mon sac à dos m'empêche d'aller voir une des galeries pour que je me penche à fond sur l'ami d'Omar Sharif (T_T), et que je lise la pancarte dédiée à l’œuvre. Sans quoi je n'aurais jamais réalisé qu'il s'agissait d'une imitation.)

Le gigantisme de l'université nous met à la bourre sur le planning : nous avions prévu d'arriver à notre prochaine destination en début d'après-midi, or il est déjà 15h et il nous reste une heure de route.

Passage par In-N-Out burgers pour un snack, LA référence fast-food de Californie, que j'ai personnellement trouvé très moyenne (Five Guys FTW).

Et nous arrivons donc à notre objectif, au doux nom paradisiaque.... Santa (yeah yeah) Cruz. Je sais pas pour vous, mais rien qu'à l'évocation de cette ville, déjà, j'ai cette musique qui m'arrive dans la tête (qualité pourrave, vous me pardonnez, c'est trop gentil !). Je m'imaginais la station balnéaire trop mignonne, avec des petites cabanes de bois, des palmiers de partout, des gens qui nagent et bronzent joyeusement, un vendeur ambulant à l'authenticité douteuse qui tente de vendre des glaces et des paréos, et surtout une longue plage de sable blanc et fin, restée un minimum sauvage.

Évidemment, c'était oublier que je suis dans un coin ultra touristique des Etats-Unis. Dure est la chute lorsque je constate qu'il ont charcuté leur plage avec un parc d'attractions ET un énorme centre commercial spécialisé en casinos et salles d'arcade. Le bâtiment en question n'a évidemment quasiment pas de fenêtres : qui voudrait admirer un truc aussi naze que l'océan Pacifique ?
On peut littéoralement dire qu'il y en a pour tous les goûts.

Bref, nous nous baladons sur la jetée, tout à nos réflexions réactionnaires, et dégustons de bons produits frais de la mer à la baraque à frites (& plus) locale.
La simplicité de la fraîcheur !

Il y a du vent, le bruit de l'océan, de la pitance délectable, de la compagnie au top et même des otaries.
On se moque, on se moque, mais elles ont trimé pour se hisser jusque là, les bougresses

Que demander de plus ? Ha oui, une petite partie de GranTurismo en arcade dans une pièce sombre avec de la musique à fond.

Après quelques instants contemplatifs sur la plage (sans déconner, ça devrait être obligatoire !), nous décidons de nous mêler à la faune locale. Continuant sur la voie des gourmets, nous allons curieusement visiter l'énorme fête foraine permanente établie à même le sable. Nos expérimentations vont comporter :
- de la glace en billes
- des churros fourrés au chocolat
- des oréos frits
- une sorte de sandwich sucré : deux cookies abritant une couche de crème glacée.
Yumm, on se serait crus à la tour d'argent.

En revanche on n'a pas réussi à se motiver pour le bacon recouvert de chocolat.

Au passage, j'ai cassé l'écran de mon téléphone de manière fort stupide : dans une main, je tenais à la fois des emballages à jeter et mon portable. L'équilibre n'était pas bon, il a fallu laisser tomber quelque chose. Devinez ce que ma main a choisi ?

Quoi qu'il en soit, après cette journée au grand air, il a commencé à se faire tard, nous nous sommes donc redirigés vers Oakland. Faut pas oublier que nos deux loulous travaillaient le lendemain, et il nous restait un paquet d'exploration sur la planche !