mercredi 17 juin 2015

19/04/2015 Canyons en Utah - Partie 4

(Non, je n'atteindrai pas ces foutus deux mois de retard à nouveau !)

Le dimanche matin, rebelote Bryce, pour l'autre "méga rando" que propose le Canyon : la Fairyland loop. Ca ne s'invente pas.

Mais d'abord, un petit arrêt dans Bryce Town, où d'ingénieux concepteurs ont reproduit un bout de village du Far West abandonné. Sortez vos filtres sépia, vos santiags et votre clope au bec à la Lucky Luke, on aborde le tournage...

 Il était une fois dans l'ouest...
 ...une brute et une bonne...
 ...accompagnées d'une truande.
 Pour gagner quelques millions de dollars en plus,
 elles décident de se ruer vers l'or !
(Et je coupe cette suite de titres pour souligner que nom d'un petit bonhomme, même les véhicules d'antan avaient un porte gobelet ! Welcome to 'meuwica)

De retour au Parc National, nous nous élançons donc dans un sentier de 13km. Je vais moins l'illustrer que celui de la veille (c'est tout aussi magnifique et bluffant, n'ayez crainte) et plutôt évoquer nos petits jeux dans les canyons.

Petit jeu #1 - Le bebop

La loi stipule que les drones sont interdits dans les parcs nationaux. Cependant, nous avons vu plus haut que la prison ne nous fait pas peur (quand bien même cela nous déprimerait). Aussi Ju avait-elle embarqué son Bebop© Parrot© pour tester la bête. Dès que le vent et le passage se calmait, on se permettait de le sortir.
Je vous laisse admirer l'un des résultats, avec notre partie de cache-cache au pays de clochette.

Vidéo Drône (500Mo, gaffe, c'est long à charger)


Petit jeu #2 - Hike the hoodoos !
On l'a mentionné dans l'article d'hier : Bryce est un parc naturel qui accueille les flemmards avec plaisir. Énormément de beaux points de vue sont disponibles à moins de 5 minutes de marche des parkings. Ce qui a un côté sympa pour les handicapés, et un côté moins sympa de par le cautionnement de l'obésité locale.
Afin de pousser les gens à se bouger un peu les fesses, le parc a implanté des panneaux "Machin was here" à de multiples endroits du parc. Les bons élèves peuvent ainsi prouver qu'ils ont vadrouillé, soit en crayonnant l'emblème du panneau en question sur papier libre, soit en se prenant en photo à son côté.

Évidemment, nous optons pour la seconde de ces deux possibilités.

En plus de permettre de démontrer sa classe intersidérale de manière indubitable,
ces signes donnaient des infos sympa sur la faune, la flore, et l'environnement global du canyon.
Grâce à ça, nous avons pu aller demander une surprise à l'un des rangers du Visitor Center. Celui-ci, visiblement amusé de voir trois jeunes femmes réclamer (nous imaginons qu'il a plutôt l'habitude d'être confronté à des modèles réduits de type scouts), nous a donné un superbe pin's à chacune. La classe.

Petit jeu #3 - Souplesse !
Par peur d'un futur Alzheimer, nous avons décidé de réaliser à l'aide de nos petits corps des signes mnémotechniques inoubliables qui ressurgiront inconditionnellement dans nos petits neurones. Allez vous comprendre, chers amis de Laurent Romejko ?











La première personne perspicace dans les commentaires gagne une carte postale de ma prochaine destination !!


Comme la veille, nous torchons notre magnifique balade en deux temps trois mouvements. Ce qui nous laisse une petite marge pour aller découvrir un autre sentier, la Mossy Cave, un peu à l'extérieur du Parc National.
La grotte n'est pas folle, néanmoins on passe près d'un choupi cours d'eau. Malgré notre éloignement du site principal, les Hoodoos sont toujours légion.

Nous retournons ensuite doucement vers Zion, en profitant des lueurs du couchant qui caressent les roches. La route est absolument superbe, de jour, on est entourées de massifs rocho-montagneux stratifiés à l'envi, et aussi très différents dans leur structure de ceux que nous avons vu jusque là. C'est à se baver dessus.
 
A un moment, n'y tenant plus, nous nous arrêtons au bord de la route. Vous vous souvenez peut-être que j'ai tenté d'expliquer mon amour passionnel et décadent des rochers dans un post précédent. C'est à ce moment là qu'il a éclaté au grand jour...

A peine la voiture arrêtée, je me mets à courir vers ce grès divin qui m'appelle à grand cri. Je balance mes tongs sans y réfléchir à deux fois et je gravis, mi-courante mi-escaladante. La matière sous mes plantes de pied est à la fois douce et anti-dérapante, j'ai l'impression d'être revenu à l'état primal de l'humanité. Bonheur.

Laetitia garde ses claquettes et s'en mord les doigts (enfin, les orteils). Le soleil est en train de se coucher simultanément et on court pour se maintenir dans la lumière du jour baissant.
Comme partout ici, le paysage se prête à merveille aux photos de couverture !

 Ou de profil, en mode pub pour une marque sportive / hype.


Finalement, comme on est un peu trop bien sur cette colline de pierre, pourquoi ne pas y prendre l'apéro ?

Quand le soleil nous quitte, il commence à faire frisquet. Adios, cher caillou, et merci pour ces instants de pure joie enfantine.

 
Nous nous rendons au motel de Zion pour nous délasser et prélasser (la piscine et le jacuzzi de rigueur ne sont pas pour nous déplaire). Afin d'éviter de répéter l'échec culinaire de l'avant-veille au soir, on se renseigne sur l'heure de fermeture des restaurants et apprend que certains ferment à dix heures. Large ! Sauf que les cuisines sont closes bien plus tôt...
Au final, un mexicain fait des heures sup' (étonnant qu'il ne se soit pas agi d'un resto écossais...) et nous permet une sustentation en terrasse des plus agréables.

18/04/2015 Canyons en Utah - Partie 3

Le lendemain matin, nos trois protagonistes se lèvent, prêtent à en découdre. Ainsi sortent-elles leurs aiguilles à tricoter de leur paquetage, et foncent dans un magasin de pull-overs qui traînait par là. Ainsi revêtent-elles leurs costumes de castorettes juniorettes, prennent un petit déjeuner des championnes au resto le plus proche (remarquez-vous à quel point cette expression est rarement utilisée pour un repas sain et riches en fibres et beaucoup plus fréquemment pour un festival de gras sucré ?), achètent un casse dalle, et c'est démarrent d'un pas décidé (de leur Toyota) vers Bryce Canyon.

La déco ne déroge pas à la règle du kitsch des motels pourris.
Le menu ne déroge pas à la règle du fat des petits dej de champions

Après avoir reçu le guide du parc, Laetitia, Julie et Marie sont parées pour la randonnée. Elles choisissent une grande boucle de guerrières de la piste, combinant des sentiers de durée non négligeable dont certains sont qualifiés de difficile. 
Rien que l'entrée du parc semble une ôde à l'aventure.
 


C'est donc pleines de courage, avec un équipement digne des plus grandes expéditions qu'elles s'engagent vers le Sunrise point, point de départ de la randonnée de l'extrème : Queen's Path + Navajo loop + Peekaboo loop. S'attendant à affronter les éléments pendant de longues heures, de devoir petit à petit entrer en osmose avec la nature environnante avant d'apercevoir le panorama qui constituera leur récompense ultime, elles parviennent d'un bon pas à ce début de sentier et...



"Je... Mais keûmment ???", s'exclament-elles en chœur, après avoir passé 5 secondes bouche-bée.
Il s'avère que Bryce Canyon est le site de rando des feignasses par excellence : les points de vue accessibles en voiture sont déjà au Panthéon des plus beaux paysages du monde. Welcome to 'meuwica.

Néanmoins, leurs racines européennes s'avèrent être à l'image de celles des arbres locaux : baladeuses. C'est donc parti pour une tournée au sein de ces inimaginables amas de pierre rouge.

Très vite, elles cèdent à l'appel de la technologie et se mettent à mitrailler numériquement tout ce qui les entoure.
 Les appareils électroniques ne sont pas les seuls à provoquer des cris du cœur : la vadrouille en hors-piste sera à l'ordre du jour.
 Entre deux cache-caches avec les géants de pierre...
 ... la faune locale ne peut qu'être admirée ...
 ... tout comme le sont les murs rougis qui nous entourent.
 Au fil de leur progression, les randonneuses apprennent que ces formations s'appellent des "Hoodoos" (ou également "cheminées de fées", "demoiselles coiffées", "pyramides de terre")
Les colonnes sont constituées de strates (plusieurs couches de sol superposées) composées de roches friables (calcaire par exemple)...
 ... alors que leur sommet est composé d'une couche de protection (par exemple une couche de grès ou une grosse pierre plus dure) bien plus résistante à l'érosion.
Ce casque de protection protège de l'érosion les couches friables positionnées en dessous tandis que les couches voisines disparaissent au fil du temps.
 En résumé, ça crée une sorte de parc d'attraction naturel et beau à pleurer.
 Les pérégrinations ne sont pas sans danger, comme le prouve cet arc-en-ciel sur le mollet de Julie (très probablement causé par l'excursion sur le toit du bus, la veille. Aucun regret.)
  C'est la mi-avril, il fait un temps superbe qui amène nos amies à penser que randonner en ces lieux au milieu de l'été doit être mortel.
Autre avantage : il reste de la neige, donnant à l'oeil des paysages encore plus irréels...
... et au cerveau des possibilités créatives pas dégueulasses ...
...uhm. Cerveau est peut-être un bien grand mot. 
On dirait qu'ça n'la gène pas d's'allonger dans la neige (HEY!).
Après une pause dej glamour bien méritée suite à toutes ces dépenses cérébrales et physiques, c'est trois comparses requinquées qui se remettent en route. Et que ça saute !



 Après de nombreuses...
 ... nombreuses...
 ...nombreuses...
...pléthores de...
 ...quantités de...
 ...tonnes de...
 ...pauses photos...
...(dont certaines avec mise en abîme)...
...(car nos randonneuses, comme précédemment illustré, sont créatives dans l'âme)...
 ...enfin bref, un paquet,...
 ...et encore vous n'en voyez pas la moitié,...
...(avouez tout de même que ce cadre est propice à servir de cadre)...
 ...(d'ailleurs le fond d'écran de ce blog a été modifié en concordance)...
 ...
 ...où même les chipmunks locaux s'incrustent...
 ...où la flore décide de faire son originale...
 ...où la pose est parfois une pause...
 ...où les photographes constatent que même le paysage est d'humeur potache...
  ...après toutes ces photos, donc, nos commères arrivent enfin au bout de la grande boucle !
 Avec une montée finale qui mériterait un maillot à poix.

Suite à cette épopée les menant à Sunset Point, on pourrait penser qu'elles vont s'effondrer et dormir jusqu'au lendemain matin. Que nenni, cette mise en appétit les incite à aller gambader près des autres points de vue du canyon. Encore une fois, c'est très laid.





 Les héroïnes tentent de faire leurs malignes.
 Et subséquemment tombent dans la ravine.
 L'environnement peut changer du tout au tout en l'espace de 20 mètres.
Plus elles vont haut, plus l'armée de soldats de pierre à perte de vue se fait imposante.
 Enfin le soleil commence à se coucher...
 ...allongeant les ombres...
 ...désertant les roches (et la chaleur ambiante ne perd pas de temps à déserter non plus).
 Il est temps de dire au revoir pour ce soir !