Tiens je viens de remarquer que ce mot contient "estival". Coïncidence ? Je ne crois pas. Après tout, la majorité de ces évènements ont lieu durant les beaux jours (on pense notamment à Mardi Gras et à l'Oktoberfest comme exceptions qui confirment la règle).
Les retours de vacances ont toujours un peu le même effet sur moi : une léthargie nostalgico-fatigo-feignante s'installe invariablement dans mon petit corps et je passe facilement mon temps à larver devant un bouquin ou une série, ignorant les appels du monde extérieur qui continue pourtant à tourner rond.
Cette année n'a pas dérogé à la règle. Et la seule chose qui ait pu me sortir de ma torpeur fut le constat que Détroit et sa région, eux, se remuaient le popotin à grands renforts d'animations. Rappelant à moi les souvenirs clairs et amusés de la Saint Patrick ou de Color Me Rad, je décidai de répondre à tout cet investissement humain en gratifiant de ma noble présence ces mouvements populaires.
Ainsi munie de mon sceptre et ma couronne mon éternelle brioche, et motivée par la présence d'autres amis désœuvrés en ce long Week-End de fête du travail (hé oui, rappelez-vous, ici c'est le premier de septembre, et non en mai).
Premier arrêt : Art Beats and Eats, à Royal Oak. Je rappelle, parce que ça fait longtemps : cette ville constitue l'endroit brancho-chic de la région (Détroit et Ferndale : branché mais peu chic; Birmingham, Berkley, Bloomfield Hills : chic mais peu branché; le reste des bourgades du comté d'Oakland : je vous laisse juges).
Autre avantage : c'est pas loin (*) de chez moi
(* pas loin en américain = moins de 30 minutes en voiture)
Comme son nom l'indique, c'est un festoche d'élevage d'autruches en plein air.
Le jeu consiste à se balader dans les rues, pour une sorte de mix entre exposition artisanale et fête de la musique. Agrémenté de moult Food Trucks de restos locaux. J'y vais le premier jour avec Şule (à prononcer Choulè), une amie turque rencontrée via le site couchsurfing, et le lendemain avec Lætitia (à prononcer Létissha si vous voulez la saouler) que je ne devrais pas avoir à présenter vu qu'elle figure déjà
là,
là et
là.
On crève de chaud sous un cagnard bien pesant et tous les prix tapent dans le légèrement onéreux. Cependant, les 7 ou 8 scènes très diverses, couplée au bonheur de voir du monde dans la rue, à la créativité de certains artistes/artisans et à la présence de bonne bouffe compensent largement.
L'un des bars fait sa pub en faisant cuire des steaks au barbecue sous les yeux et le nez alléchés de Şule.
La dégustation sera gratuite, à l'ombre, et accompagnée de Rock qui tâche : yum yum yum.
Le lundi, autre destination puisque (et je trouve ça à la fois génial et malheureux) un autre évènement a lieu le même foutu week-end, cette fois dans Détroit. Il s'agit du festival de Jazz de la ville, qui se déroule dans le centre, près du Riverfront, et a le bonus d'être complètement libre d'accès.
Encore une fois c'est Şule qui m'y emmène (et m'arrache ainsi à l'aprem canap' que je me programmais, merci à elle), et on retrouve là-bas d'autres gens rencontrés via des évènements couchsurfing. Le premier concert auquel nous assistons est sympa dans le genre lounge. C'est typiquement le genre de musique qui fait un fond parfait dans un bar à cocktails tamisé à fréquenter en fin de journée. Là, avec la chaleur de dingue et l'absence d'ombre, ça donne plutôt envie de faire une longue sieste (et ne jamais se réveiller à cause de mort par déshydratation).
Frisant (et non freezant, n'en déplaise au boss de Namec... et aux protagonistes de cet article) l'insolation, nous décidons de migrer (c'est d'actualité) vers un point d'ombre, proche d'une autre scène.
Johnna-Vendémiale, Jon-Michael, Daniel et Şule
Bien nous en a pris, car nous arrivons pile poil en même temps qu'un nouveau groupe à la fois très funky et talentueux qui redonne des couleurs à toute l'audience. Leur nom c'est
Tuba Skinny et je vous les recommande chaudement : leur musique propulse directement dans la langueur d'une barque qui chemine sur le bayou, avec parfois des petits détours dans les vieux quartiers plus que festifs de la Nouvelle-Orléans (où ils sont évidemment basés). La voix de la chanteuse principale, d'une profondeur qui rappelle celle de Rosemary Moriarty, a des accents méridionaux parfaitement adaptés à la musique, exécutée avec brio par une demi-douzaine de virtuoses. Bref, on alterne entre dansouiller dans nos sièges ou aller s'allonger sur l'herbe pour profiter en paix totale des morceaux plus lents.
On finit la journée dans Greektown après une traversée agréable d'un Détroit en fête, avec une terrasse cachée à l'intérieur du casino de Détroit parfaite pour papoter et profiter de l'air enfin rafraichi du jour tombant.
Tuba Skinny <3
Même le Spirit se protège du soleil
Beau temps et animations jazzy font plutôt bon ménage
Enfin, troisième arrêt dimanche dernier à un festival Médiéval (appelé le Renaissance Festival, parce qu'ils kiffent les jolis mots franchouillards dans la région), à environ 45 minutes de chez moi. Encore une fois, j'y vais avec des gens de couchsurfing : Fai et James, et nous retrouvons là-bas Aisha et Ben. Malheureusement j'ai pas de photos de tout le monde donc il va falloir user de votre imagination. Je suis légèrement atteinte de zombification ce jour là car la veille a eu lieu LA soirée de l'année, avec un triple anniv (qui aurait pu être quadruple si j'avais incrusté le mien) de folie qui s'est terminé bien tard.
Ce qui m'empêche donc d'être un élément actif de cette journée, mais pas d'apprécier la visite : le festival a 37 ans, et un village mignonnet entier a été construit (occupant près de 7 hectares, tout d'même !) à cette fin. Avec moult attractions, un paquet d'artisans (du cuir, du bois, du verre, de tout...), des scènes avec des shows plus ou moins drôles et plus ou moins impressionnants, la possibilité de s'essayer au tir à l'arc ou au lancer... de haches. On peut même monter faire un tour de chameau dans la partie "autour du monde" ou encore essayer de faire claquer un fouet.
La joute constituait le clou du spectacle.
Vous avez sous les yeux Sir William, extrêmement talentueux à toutes les épreuves (sérieux, là où les autres compétiteurs armaient leur lance 20 mètres à l'avance, lui le faisait sur le coup, hop, et en fonçant deux fois plus vite)
Aisha participe à la dernière minute à un tournoi de bras de fer...
Et l'emporte au terme d'une lutte acharnée !
De vraies pierres et du vrai bois, pas de carton-pâte. Pas mal.
Une vraie fête de village. D'autant que pas mal de monde a joué le jeu du costume.
Ces petits signes faisaient tout le tour de l'échoppe, et le dernier m'a tiré un franc rire.
Pléthore d'artisans qui doivent avoir été sollicités pour le chef d'oeuvre d'EL James.
Fai et James s'essaient au lancer de haches.
Leur conclusion ? "Bizarrement très satisfaisant".
Après moult ripaille (les cuisses entières de dindonneau ainsi que la soupe dans son bol de pain étaient notamment au programme), force rigolade et maintes pérégrinations nous emmenant d'un bout à l'autre du village, nous prenons nos montures et mourrons d'apoplexie au bout de 10 minutes, foutues allergies rentrons au bercail.
...enfin, après un petit détour de trois miles afin d'aller chercher ma bagnole, laissée en plan la veille pour plus de sécurité.