mardi 15 septembre 2015

05/09/2015 Un festival de... festivals (et même trois)

Tiens je viens de remarquer que ce mot contient "estival". Coïncidence ? Je ne crois pas. Après tout, la majorité de ces évènements ont lieu durant les beaux jours (on pense notamment à Mardi Gras et à l'Oktoberfest comme exceptions qui confirment la règle).

Les retours de vacances ont toujours un peu le même effet sur moi : une léthargie nostalgico-fatigo-feignante s'installe invariablement dans mon petit corps et je passe facilement mon temps à larver devant un bouquin ou une série, ignorant les appels du monde extérieur qui continue pourtant à tourner rond.

Cette année n'a pas dérogé à la règle. Et la seule chose qui ait pu me sortir de ma torpeur fut le constat que Détroit et sa région, eux, se remuaient le popotin à grands renforts d'animations. Rappelant à moi les souvenirs clairs et amusés de la Saint Patrick ou de Color Me Rad, je décidai de répondre à tout cet investissement humain en gratifiant de ma noble présence ces mouvements populaires.

Ainsi munie de mon sceptre et ma couronne mon éternelle brioche, et motivée par la présence d'autres amis désœuvrés en ce long Week-End de fête du travail (hé oui, rappelez-vous, ici c'est le premier de septembre, et non en mai).

Premier arrêt : Art Beats and Eats, à Royal Oak. Je rappelle, parce que ça fait longtemps : cette ville constitue l'endroit brancho-chic de la région (Détroit et Ferndale : branché mais peu chic; Birmingham, Berkley, Bloomfield Hills : chic mais peu branché; le reste des bourgades du comté d'Oakland : je vous laisse juges).

Autre avantage : c'est pas loin (*) de chez moi
 
(* pas loin en américain = moins de 30 minutes en voiture) 
 
Comme son nom l'indique, c'est un festoche d'élevage d'autruches en plein air. 
Le jeu consiste à se balader dans les rues, pour une sorte de mix entre exposition artisanale et fête de la musique. Agrémenté de moult Food Trucks de restos locaux. J'y vais le premier jour avec Şule (à prononcer Choulè), une amie turque rencontrée via le site couchsurfing, et le lendemain avec Lætitia (à prononcer Létissha si vous voulez la saouler) que je ne devrais pas avoir à présenter vu qu'elle figure déjà , et
On crève de chaud sous un cagnard bien pesant et tous les prix tapent dans le légèrement onéreux. Cependant, les 7 ou 8 scènes très diverses, couplée au bonheur de voir du monde dans la rue, à la créativité de certains artistes/artisans et à la présence de bonne bouffe compensent largement.

L'un des bars fait sa pub en faisant cuire des steaks au barbecue sous les yeux et le nez alléchés de Şule. 
La dégustation sera gratuite, à l'ombre, et accompagnée de Rock qui tâche : yum yum yum.
 
Le lundi, autre destination puisque (et je trouve ça à la fois génial et malheureux) un autre évènement a lieu le même foutu week-end, cette fois dans Détroit. Il s'agit du festival de Jazz de la ville, qui se déroule dans le centre, près du Riverfront, et a le bonus d'être complètement libre d'accès.

Encore une fois c'est Şule qui m'y emmène (et m'arrache ainsi à l'aprem canap' que je me programmais, merci à elle), et on retrouve là-bas d'autres gens rencontrés via des évènements couchsurfing. Le premier concert auquel nous assistons est sympa dans le genre lounge. C'est typiquement le genre de musique qui fait un fond parfait dans un bar à cocktails tamisé à fréquenter en fin de journée. Là, avec la chaleur de dingue et l'absence d'ombre, ça donne plutôt envie de faire une longue sieste (et ne jamais se réveiller à cause de mort par déshydratation).

Frisant (et non freezant, n'en déplaise au boss de Namec... et aux protagonistes de cet article) l'insolation, nous décidons de migrer (c'est d'actualité) vers un point d'ombre, proche d'une autre scène.
 
Johnna-Vendémiale, Jon-Michael, Daniel et Şule
 
Bien nous en a pris, car nous arrivons pile poil en même temps qu'un nouveau groupe à la fois très funky et talentueux qui redonne des couleurs à toute l'audience. Leur nom c'est Tuba Skinny et je vous les recommande chaudement : leur musique propulse directement dans la langueur d'une barque qui chemine sur le bayou, avec parfois des petits détours dans les vieux quartiers plus que festifs de la Nouvelle-Orléans (où ils sont évidemment basés). La voix de la chanteuse principale, d'une profondeur qui rappelle celle de Rosemary Moriarty, a des accents méridionaux parfaitement adaptés à la musique, exécutée avec brio par une demi-douzaine de virtuoses. Bref, on alterne entre dansouiller dans nos sièges ou aller s'allonger sur l'herbe pour profiter en paix totale des morceaux plus lents.

On finit la journée dans Greektown après une traversée agréable d'un Détroit en fête, avec une terrasse cachée à l'intérieur du casino de Détroit parfaite pour papoter et profiter de l'air enfin rafraichi du jour tombant.
 Tuba Skinny <3
 Même le Spirit se protège du soleil
Beau temps et animations jazzy font plutôt bon ménage

Enfin, troisième arrêt dimanche dernier à un festival Médiéval (appelé le Renaissance Festival, parce qu'ils kiffent les jolis mots franchouillards dans la région), à environ 45 minutes de chez moi. Encore une fois, j'y vais avec des gens de couchsurfing : Fai et James, et nous retrouvons là-bas Aisha et Ben. Malheureusement j'ai pas de photos de tout le monde donc il va falloir user de votre imagination. Je suis légèrement atteinte de zombification ce jour là car la veille a eu lieu LA soirée de l'année, avec un triple anniv (qui aurait pu être quadruple si j'avais incrusté le mien) de folie qui s'est terminé bien tard.
 
Ce qui m'empêche donc d'être un élément actif de cette journée, mais pas d'apprécier la visite : le festival a 37 ans, et un village mignonnet entier a été construit (occupant près de 7 hectares, tout d'même !) à cette fin. Avec moult attractions, un paquet d'artisans (du cuir, du bois, du verre, de tout...), des scènes avec des shows plus ou moins drôles et plus ou moins impressionnants, la possibilité de s'essayer au tir à l'arc ou au lancer... de haches. On peut même monter faire un tour de chameau dans la partie "autour du monde" ou encore essayer de faire claquer un fouet.
La joute constituait le clou du spectacle. 
Vous avez sous les yeux Sir William, extrêmement talentueux à toutes les épreuves (sérieux, là où les autres compétiteurs armaient leur lance 20 mètres à l'avance, lui le faisait sur le coup, hop, et en fonçant deux fois plus vite)
Aisha participe à la dernière minute à un tournoi de bras de fer... 
Et l'emporte au terme d'une lutte acharnée !
 De vraies pierres et du vrai bois, pas de carton-pâte. Pas mal.
 Une vraie fête de village. D'autant que pas mal de monde a joué le jeu du costume.
 Ces petits signes faisaient tout le tour de l'échoppe, et le dernier m'a tiré un franc rire.
Pléthore d'artisans qui doivent avoir été sollicités pour le chef d'oeuvre d'EL James.
Fai et James s'essaient au lancer de haches.
Leur conclusion ? "Bizarrement très satisfaisant".

Après moult ripaille (les cuisses entières de dindonneau ainsi que la soupe dans son bol de pain étaient notamment au programme), force rigolade et maintes pérégrinations nous emmenant d'un bout à l'autre du village, nous prenons nos montures et mourrons d'apoplexie au bout de 10 minutes, foutues allergies rentrons au bercail. 
...enfin, après un petit détour de trois miles afin d'aller chercher ma bagnole, laissée en plan la veille pour plus de sécurité.

mardi 25 août 2015

22/08/2015 Calgary

Haaaaaa, qu'il est bon de retrouver un véritable clavier. Ainsi qu'une souris. Pour l'occasion mes chers petits choupinous, je suis repassée sur tous les articles des grandes vacances afin
                                                                de rectifier
            un peu
                        la mise en page,
de gérër ùn pêü mieux lès accéñts, de légender les photos & tutti quanti (oh l'autre, hé, ce qu'elle ferait pas pour avoir plus de vues !).

Ce samedi sera le jour des adieux : Alec part très tôt pour récupérer son avion, les autres décolleront vers midi, et moi-même ai un vol plutôt tard le soir. Ayant la veille dit au revoir au courageux du matin, on profite d'avoir de vrais lits à l'hôtel pour faire une semi-grasse matinée.

Puis j'accompagne les loulous qui embarquent en voiture vers l'aéroport, et j'ai la journée pour découvrir Calgary.

Sachant que les guides - qui rivalisent usuellement de laudatifs sur tous les lieux décrits -  en ont dit "Si vous marchez pour chercher une âme à la ville, ce sera en vain", ce que nous ont confirmé Lætitia et Paul. Aguicheur.

Du coup, comme mon plan va consister en "errer au hasard dans les rues, et p'tet tenter de trouver un tour piéton de la ville", ce qui n'a rien de spécialement pressent, je prends le temps de faire un plouf à la piscine de l'hôtel dont la vue n'est pas totalement dégueulasse.

En plus, avec la température frisquette qui régnait à l'extérieur et l'eau à 32°, des volutes de fumée post-apocalyptique flottaient à la surface de l'eau.

Puis je prépare mes bagages, et quitte l'endroit pour partir à l'aventure du petit bonheur de la chance.
Et là, surprise. Des gens dans les rues, qui semblent plutôt animées, je croise une parade Caribéenne fraiche et bigarrée (mais pas très bien formée, un tas de gens étaient à la bourre et courraient pour rattraper le cortège principal). La rue principale, piétonne, est super sympa, la plupart des bâtiments sont beaux, les bars et restos ont du charme, les transports en commun ont l'air actifs. Et le soleil miroite au firmament. Bref, je trouve le jugement un peu dur.

 Et donc c'est là que j'ai réalisé que OUI, il y a des black & métis au Nord-Ouest du continent !
 Calgary est la capitale mondiale du Rodéo, qui l'eut cru ?
 Les entrées de la rue principale me rappellent un peu le signe "Métropolitain", je suis la seule ?
Vue de la Calgary Tower depuis le parc Olympique.

Je ne parviens pas à trouver le point de départ de la visite guidée. Tant pis, j'évoluerai toute seule. Au nord, il y a un espace vert très sympa qui longe la rivière Eau Claire, et même une petite île. Ce sera l'endroit parfait à parcourir pour l'aprem. Malheureusement, leur terrasse qui semblait magnifique a été réservée pour un mariage dans la soirée. Je me rabats ailleurs, car cette ville, une fois n'est pas coutume aux US, donne la part belle aux tables en extérieur.

 L'espèce de petite passerelle rouge qui enjambe la rivière a un design intéressant
 Du soleil, des chaises, de la glace. Et pas de voitures.

C'est aussi l'occasion de bouquiner un peu, activité à laquelle je n'attribue clairement pas assez de temps depuis que je suis ici.
Après un retour en centre ville (et une nouvelle animation de rue : le Yogathon !), repas dans un resto dont le nom m'a attirée, je retourne à l'hôtel pour prendre une navette vers l'aéroport, prévoyant d'y acheter quelques souvenirs.
Comment ça, je suis prédictible ?
Mauvais calcul, quasiment toutes les boutiques sont closes lorsque j'y parviens. Tant mieux pour mes sous ! J'apprends au passage que les vols des autres n'ont pas été exempts de surprise : celui de Raphaël, plein, lui a proposé de partir plus tard contre la modique somme de 600$, ce qu'il a accepté avec grand plaisir. Celui de Robin, frappé par la tempête, parvient à Minneapolis juste à temps pour lui faire louper sa correspondance. Il devra dormir à l'aéroport et arrive donc pratiquement à la même heure que moi le lendemain. Pratiquement, c'est le mot juste : Marion vient nous chercher tous les deux et me dépose gentiment à Southfield où je retrouve ma petite tuture qui a sagement attendu tout ce temps.

Voilà, c'est la fin de ce voyage époustouflant ! Je rentre chez moi claquée mais heureuse de toutes ces étendues parcourues, de toutes ces merveilles aperçues, et de toutes ces paroles échangées. Merci à mes braves compaings de voyage grâce à qui ça s'est trop trop vite passé :-)
Le dernier repas de la team (non, nous ne sommes pas décédés) :
Lyse, Alec, Raphaël, Marion, Robin, Adolpha
Pour mes gentils lecteurs, bravo et merci de votre patience. N'hésitez pas à me dire si ce format court et "en live" est plus léger pour vos petits yeux, ou alors si vous préférez mes pavés interminables habituels. Ou un mix des deux.

Histoire de vous faire une idée plus précise, voici un aperçu du périple :

vendredi 21 août 2015

21/08/2015 Retour vers Calgary

Comme prévu, nous nous réveillons sous la pluie. Ce qui ne motive pas spécialement à se lever... Le petit dej dans la voiture s'avère spécialement bucolique. Et le démontage de tente humide et tachée de boue ne peut que nous mettre en joie. Ajoutons à cela la partie de Tetris à base de bagages crado et vous obtenez une matinée des plus agréables. 

Cependant on se rend compte que nous avons eu de la chance. Beaucoup. Parce qu'après 15 minutes de route, le paysage change radicalement. On vient de faire un bond quantique et de se retrouver en
...hiver. 

La brume danse autour des sommets blanchis de neige, les sapins croulent sous des nuées de poudreuse. C'est complètement surréaliste. Rappelez vous qu'on était en t-shirts la plupart du temps, les jours précédents : la température a juste décidé de perdre 18 degrés d'un seul coup. Grosse pensée pour les gens qui dorment sous tente et ont retrouvé un duvet d'un autre type au réveil...
Du coup, on a fait une bataille de boules de neige en plein mois d'août. Normal. Latitude à peu près équivalente à celle de Dublin, pour vous faire une idée.

On s'arrête à quelques reprises pour faire de surréalistes photos.
Puis c'est l'heure de la pause dej. Comme nous n'avons pas eu la possibilité de préparer les sandwiches sur notre table de camp trempée, on espère pouvoir se poser dans une cafète, leur acheter des soupes et cafés, et faire et manger nos baguettes (luxe!!) au jambon en plus. À peine arrivés, on se fait chasser comme des malpropres, alors que l'endroit est à moitié vide. Le proprio a failli nous accepter  mais est revenu sur sa décision "vous comprenez, je ne peux pas vous laisser faire ça ". Bah oui gros pu, c'est sûrement une excellente décision de faire dégager 6 personnes qui auraient dépensé minimum 10 balles chacun dans ta concession...  Surtout qu'ils se retrouvent dans le froid et la neige, finissent à devoir préparer des sandwiches dans une voiture et vont avoir une folle envie de te donner une bonne réputation. Donc si vous passez dans les environs un jour, je vous invite à aller pourrir les chiottes de la cafétéria au niveau du croisement avec la rivière Saskatchewan, peu avant l'entrée du parc Jasper.

Finalement, on s'en est quand même sortis. Et sommes repartis vers Calgary. Petit arrêt au Lac Moraine afin de voir à quel point son paysage a été transformé par la neige. Étant donné la brume, pas simple de faire la comparaison. Et le froid ne nous donne pas massivement envie de nous attarder...

À un moment, Alec commence à avoir mal au crâne. Comme d'hab, je propose mes ibuprofenes. Là il éclate de rire instantanément. Il s'avère que je n'avais pas investi dans de simples cachets, mais dans des médicaments PM:  en plus de leur potentiel anti-douleur, ils aident également au sommeil. Donc en gros je drogue tout le monde depuis le début de ce séjour: Lyse la veille, Raphaël à Vancouver, moi même le premier jour vers Port Angeles !

Le reste de la route (cinq heures, tout de même) est conduit avec maestria par Marion alors que je dors comme un loir (merdique, le loir) à l'arrière. Nous voici arrivés à l'hôtel à Calgary. Au programme:  récurage, un dernier resto tous ensemble, un 'ro dodo puis nous reprenons nos vols chacun de notre côté. 

 
Un 20 août un peu spécial...
 
 Il y avait du rab' de yaourt au menu, là-haut. Faut croire.
Adieux au lac Moraine... 
 
On savoure notre chance d'avoir profité du parc par beau temps pour la grande majorité du séjour !

20/08/2015 Jasper 2

On a tous passé une nuit plutôt frisquette et l'émergence tarde plus que les autres jours. Heureusement, pour une fois, nous nous sommes dit qu'il ferait bon de varier nos habitudes sandwichières et de chercher notre collation dans l'un des nombreux cafés qu'on a pu apercevoir à Jasper (notablement plus qu'à Banff). Donc ça soulage un peu le rituel matinal.

Au programme du jour:
- tout d'abord de beaux points de vue sur le lac Pyramide, qui tient son nom de la montagne le surplombant. Montagne qui date du Précambrien siouplaît, c'est une très vieille et noble dame à qui nous faisons face. On se balade un peu aux environs, sur une petite île habitée d'une foule d'écureuils roux... très agressifs! Ils nous canardent littéralement de petites pommes de pin, Robin s'en prend d'ailleurs une en pleine poire.
 Mais où est Pépita ?

- ensuite, go vers le lac Medicine, qui a la particularité de se vider quasi entièrement en hiver car il surplombe un gigantesque réseau de couloirs souterrains (mais la fonte glaciaire l'été le remplit plus vite qu'il n'a le temps de se déverser)
 Mais où est Docteur House ?

- oh tiens, des chèvres des montagnes font leurs divas sur la route !
 Mais où est Pierre Richard ?

- notre pause déjeuner s'effectuera à proximité du Lac Maligne, assez légendaire car il s'agit du plus grand de la région (bon, venant principalement  du Michigan, nous ne sommes pas spécialement impresionnés... ). La cafet' n'est pas donnée mais ça fait plaisir de savourer un plat chaud. 
 Mais où est l'ours Gabby ?

- après quoi, Lyse et Alec louent un canoë tandis que les trois autres et moi faisons une balade qui longe le lac et nous emmène aussi dans les paysages plus alpins de l'arrière pays.
 Mais où est Charlie ? (Ah, la tenue de Lyse s'en rapproche un peu.)

- enfin, nous filons vers le Canyon Maligne avoisinant pour admirer à nouveau un combat eau vs roche. Lyse a un peu mal au crâne et je lui propose des cachets d'ibuprofene achetés en début de séjour. On se balade bien, on regarde un mec faire voler son drone au dessus d'une cascade (et se comporter un peu comme un enfoiré avec les touristes qui passent, sans doute par paranoïa... ouf, ce n'est pas un modèle de chez Parrot à qui il donne une sale image). La rando finie, une petite pause à un café muni de Wifi ne nous fait pas de mal.
Mais où est donc Ornicar ?
Mais où est Rémy Julienne ?
Mais où est le petit pont de bois ?

Enfin (bis), on retourne en ville pour s'offrir un bon dîner au resto. La pitance et l'ambiance sont réjouissantes. Après la fin du repas, Lyse a un énorme coup de barre.
On rentre au camp, démarre un coup de feu, et les 4 survivants relancent un Phase 10 (jeu officiel du voyage) tandis que Lyse s'endort et qu'Alec bosse.


Nous craignons vachement la nuit qui va venir : de la pluie à foison est prévue, ce qui n'est jamais très agréable pour démonter un camp, d'autant moins dans nos circonstances de serrage véhiculaire... 

A noter : deux nouveaux Wapiti aperçus au bord de la route, toujours pas d'ours.

19/07/2015 Jasper

Après une deuxième nuit très fraiche mais heureusement non pluvieuse aux abords de Lake Louise, nous démontons les tentes et préparons le pique nique.
Pendant ce temps, une équipe de géomètres experts dirigés par Raphaël, réussit à faire rentrer tout notre barda dans la voiture. Good job, ce n'était vraiment pas gagné. Et la caméra de recul de la voiture va s'avérer des plus nécessaires car les bagages atteignent le plafond.

En route vers le Nord, vers Jasper National Park, pour de nouveaux horizons.
Le premier arrêt se fait au niveau du très célèbre Lac Peyto, avec sa fameuse silhouette cyan en forme de tete de chien de traineau. Peut-être même un peu trop célèbre: des cars larguent des touristes par dizaine et il est compliqué d'admirer la beauté du lieu dans la quiétude des hordes de barbares en furie qui veulent absolument jouer des coudes pour avoir leur photo.
Lyse, Alec et moi nous aventurons un peu plus bas sur un sentier abrupt pour disposer d'un meilleur point de vue. 

Le minivan repart un long moment avant d'atteindre le glacier Athabasca devant lequel nous avons l'intention de déjeuner. Cependant nous n'avions pas prévu la force du vent, qui nous fait opter pour un court  détour par l'Office du tourisme local , de l'autre côté de la route, où nous avons la possibilité de disposer de tables un peu plus abritées. Par ailleurs des activités assez uniques sont proposées: observer le glacier de dessus avec une plateforme transparente ou, encore mieux, louer un guide et un attirail adapté afin d'évoluer à même l'étendue gelée ! Plus que le coût assez onéreux, c'est la longueur de la file d'attente qui nous rebute. Nous allons nous contenter de marcher quasi jusqu'au pied du glacier pour admirer la bête (non, toujours pas d'ours).

C'est vraiment une vue assez incroyable et grandiose qui s'offre à nous, et sans les panneaux "sérieux, ne vous approchez pas sans guide, il y a des morts tous les ans, et c'est un peu pénible pour les secours de s'acharner à récupérer des gens décédés d'hypothermie deux heures plus tôt ", je pense que nous aurions tenté d'aller encore plus près pour nous casser la binette majestueusement sur toute cette eau solide.

La journée ne s'arrête pas, loin de là, et nous repartons pour contempler les chutes de Sunwapta, au débit encore une fois fichtrement balaise, et calées dans un décor que répudierait sans doute Valérie Damidot.
Encore plus tard, nous approchons des chutes Athabasca (certainement alimentées par le glacier du même nom, néanmoins je n'ai pas effectué de vérification) qui ont creusé des gorges impressionnantes dans la roche, conférant même un aspect argileux à celle-ci par endroits, tant le passage de l'eau à cette force a un pouvoir érosif. Qui plus est, la couleur de la rivière, d'un bleu ciel laiteux, finit de me faire oublier la teinte normale que devrait avoir l'eau dans la nature... Et le tout trône au beau milieu de roches rouges qui, pour moi, suffiraient à valoir le détour. Je perds un peu les autres et patiente siesteusement près de la voiture. 

Finalement, nous atteignons la ville de Jasper, bourgade centrale du parc éponyme. Quelques courses plus tard, nous prenons place au camp Wapiti et le montons. On peut dire que le lieu porte bien son nom : à peine descendus de voiture, nous remarquons un énorme Wapiti femelle sur l'emplacement d'à coté. Qui, manifestement mécontent de notre présence, manque tour à tour de charger Marion et Raphael, puis continue à faire sa star ailleurs dans le camping.

Alec et Lyse sont aux commandes de la cuisine et du feu. Qui commence donc par une petite leçon de bucheronnage de la part de notre américain, hyper au fait des différents types de bois et des goûts qu'ils peuvent conférer à la nourriture. Je tente de couper une buche à la hache sans grand succès par cause de trop plein de respect pour le bois (et pas parce que mes bras sont tout faibles, bande de vils médisants).
Nous nous délectons d'ailes de poulet rôties au grill et de petits légumes en papillotes, ça change des hot dogs !
Un petit jeu plus tard, il est temps d'aller se pieuter. Évidemment, le temps n'a pas décidé de maintenir une température stable pendant la nuit et on se pèle comme de d'habitude. 

 
Ti tududi tududu, dudi dududu, dudu didu du du.
   
Scoop : Milou s'est fait une teinture 
 
De gauche à droite : Raphaël, Robin, Lyse, Alec, Marion 
 
Non content d'être majestueux, ce glacier est entouré de mont gelés plus impressionnants les uns que les autres
Les chutes Athabasca 
L'un des chaudrons géants creusés petit à petit par ces pressions aquatiques énormes 
 
Sunwapta
 
Vue vers le ciel depuis le banc où je m'affale comme une marmotte Olympique
Tiens, bonjour madame la voisine ! 
Yum yum yum 

jeudi 20 août 2015

17/08/2015 Banff & Yoho

Le vol pour Calgary se déroule sans accroc... pour la plupart d'entre nous.
Alec se voit refuser l'entrée du sien parce qu'il est en train de faire refaire son passeport, et que malgré les précautions prises pour embarquer, la compagnie aérienne refuse. Il doit donc traverser la douane entre Détroit et Windsor pour prendre ensuite un vol domestique Canada.

Du coup il n'arrivera qu'à 18h, ce qui ne marche pas très bien avec notre programme du jour. Heureusement il y a des bus qui peuvent le rapprocher.
Mais déjà nous retrouvons Lyse ! La fête ! Ce sont ses dernières vacances ici avant de rentrer en France, bien méritées après une semaine éreintante. (Reminder pour les gens perdus : 1 -> Vous êtes ici, 2 -> Lyse, vous en avez déjà entendu parler par le passé, par exemple pour Thanksgiving ou à Memorial Day.)

Cependant, un léger mic mac se présente :  nous étions finalement censés prendre deux voitures, mais Marion et Robin se sont fait surclasser en minivan. Ce sera tendu pour 6 personnes et leurs bagages de camping mais.... fichtre c'est tentant... est-ce tentable ? Allez on y va !!
Et hop, en route pour l'un des plus beaux conglomérats de parcs nationaux du monde, le clou de notre voyage. 

Premier arrêt dans Banff, aux Lacs Vermillon, après deux heures de route. Le paysage est déjà bien montagneux, on commence à distinguer des neiges éternelles. Le temps est correct mais très nuageux, ce qui donne une luminosité pourrave à mes photos. 

Ensuite nous repartons pour le Lac Moraine, une véritable institution du parc. La couleur du plan d'eau, surnaturelle, surprend dès que le regard se pose dessus. Même si on ne fait que tourner la tête très rapidement, le cerveau redevient incrédule 1 seconde après, quand les yeux retournent vers le lac. Une fois encore, les photos ne rendent pas justice à la magnificence du lieu.

Après une mignonne balade sur les rives, la logistique nous rattrape:  il nous faut encore faire les courses, s'enregistrer au camp, monter les tentes, faire un feu, récupérer Alec (Rappel, toujours pour les gens paumés : bravo, vous avez au moins une main, et j'ai déjà mentionné ce protagoniste lors du week-end à Tobermory) et préparer la popote.
Premier soulagement:  il est possible d'utiliser le grill, l'Alberta ne souffrant pas des mêmes restrictions incendiaires que l'État de Washington. 

Avec ça, évidemment, il nous faut une déconvenue: nous n'avons droit qu'à deux tentes par emplacement. La tente d'Alec est grande et pourra abriter quatre d'entre nous mais nous allons devoir attendre son arrivée pour la monter. La team Lyse, Robin et Marion fait les courses et va chercher Alec pendant que Raphaël et moi montons la première tente et tentons de faire partir un feu avec le bois mouillé dont nous disposons. Heureusement, des voisins nous aident avec un brandon brûlant qui permettent de le faire partir.

Après une route balaise, les autres nous rejoignent, et nous nous délectons de patates cuites en alu et de saucisses. Ça nous donne des forces pour monter la dernière tente, et hop, au dodo. 
Sauf que bon, les températures tombent très vite pendant la nuit et on se pèle donc assez violemment. Il se met également à légèrement pleuvoir, ce qui trempe en partie les affaires. Pas simple de se réveiller efficacement. 

Le convoi se met en marche. Direction : le lac Moraine. Ouaip. Encore. Il y a une balade là bas qu'on n'a pas encore faite vers les lacs de la Consolation, et un autre point non négligeable : le soleil resplendit. Démultipliant la profondeur des couleurs du lac, je vous laisse apprécier en bas de l'article. 

La rando s'effectue sur un sentier propice aux ours : il est interdit d'y circuler à moins de quatre à la fois. Deux touristes sino-americains se joignent à nous afin d'éviter la prune considérable (5000 balles ! ça déconne pas trop au pays de Céline) qui résulterait du non respect de la règle. Mes espoirs sont au plus haut mais je tue le suspense directement : pas de gros mammifère aperçu pour l'instant. Sniff. 

En revanche on voit des écureuils locaux qui ressemblent à de gros gros chipmunks (le nom québécois de spermophile à mante dorée nous laisse perplexe), des pika, des chipmunks (normaux), et plein plein de bestioles à deux pattes munis de casquettes et appareils photo.
On arrive aux lacs avec un finish de fou dans les rochers. Comme la vue, une fois est vraiment coutume lors de ce trip, est magnifique et apaisante, nous pique-niquons sur place.
Puis retour, et nouvelle séance picturale car la lumière éclaire encore mieux le lac.

Le prochain arrêt, c'est le Lac Louise, aussi dans les parages de là où se trouve notre camp. Sa concentration en "farine de roches montagneuses " (je ne pense pas encore avoir vu de vrai nom scientifique) étant plus forte, sa couleur tire plus sur le vert légèrement laiteux. Lui conférant un air plus glaciaire, et tout aussi hors de ce monde. Évidemment, nous ne sommes pas les seuls touristes,  surtout qu'ils ont créé un soi-disant château sur l'un des bords (qui, à notre avis, dénature pas mal l'espace).

Pause photo de rigueur avant de remonter dans notre minivan, pilotés par Marion vers le parc Yoho pour y admirer un ingénieux système de tunnels en spirale permettant aux interminables trains de marchandises de s'aventurer dans les rocheuses, puis aux chutes Takkakaw (2ème plus hautes du Canada) qui bondissent des montagnes avec un débit impressionnant. 

Le dernier arrêt du jour se fera au lac Émeraude. J'arrête avec le speech sur les teintes invraisemblables de la pièce d'eau. Mais n'empêche... on bave.
Des gens très intelligents ont installé une terrasse donnant sur le lac qui nous fait de l'œil... Aussi, après un début de tour de lac, Lyse, Alec, Raphaël et moi-même faisons demi tour pour y étancher notre soif, pendant que Marion et Robin le terminent courageusement. 

Suite à ça, il est temps de revenir au bercail. D'abord nous faisons deux trois courses, puis c'est Night Out avec un bon dîner dans un pub.
Après une session décrassage et avoir enfilé quatre couches de vêtements, nous nous effondrons massivement. Totalement grisés à l'idée de la partie de Tetris grandeur nature qui nous attend le lendemain. 

 
Notre mastodonte de compagnie : le Ford Flex
Lacs Vermillon avec le Mont Rundle au fond 
 
Premier passage au Lac Moraine 
 
Second passage au Lac Moraine
Léontine, Alec, Lyse, Marion, Robin, Raphaël
(j'espère que vous commencez à maîtriser les prénoms maintenant !)
 Sur la rando vers les lacs de la consolation
 L'un des lacs en question
 Encore Moraine, parce qu'il est simplement impossible de s'en lasser
 
Le lac Louise et son merveilleux château
On entraperçoit le petit train qui serpente vers l'entrée du tunnel 
Ici, l'explication du système, qui a pour but de réduire la pente qu'auront à affronter les wagons 
Takakkaw Falls 
 
 Emerald Lake
 
Le pub !