Continuons sur cette lancée productive !
Donc, après Toronto, Ludo était curieux de visiter Détroit. Ne connaissant moi-même pas assez bien la ville, je posai deux jours de congés pour l'accompagner.
Le truc, c'est qu'un lundi et un mardi ne sont pas forcément l'idéal pour tout ce qui est sorties, et bien souvent nous nous heurtons à des bars fermés ou vides. Tant pis !
On commence tranquillement avec le centre-ville de Détroit.
Le riverwalk, un peu grisâtre en ce début de semaine
Les tours GM et le renaissance center
Ludo comprend rapidement le lifestyle du Michigan
Les classiques : Spirit of Detroit
et Fist of Detroit
Une nouveauté pour moi : le Guardian Building
Très coloré de partout !
Après avoir passé 3 heures à prévenir mon hôte que la ville allait lui sembler très très vide et qu'il ne fallait pas faire attention / juger, v'la-ti-pas qu'on arrive en fait le jour où la saison de baseball reprend. Les rues étaient noires de monde. Hotdogs gratuits à la clé !
On embraye vers Belle-Isle
Puis c'est parti pour le "underground tour", à commencer par l'incontournable gare centrale
Le projet Heidelberg...
...qui d'ailleurs...
... a subi pas mal de changements...
... depuis mon dernier passage...
... chapeau à l'artiste ...
... pour son travail en continu...
... même en plein coeur de l'hiver !
Et on enchaîne avec le Russell Industrial Center !
Toujours impressionnant pour qui n'a jamais trop fréquenté d'usine désaffectée
Mais toujours très safe
Une bonne introduction à l'Urbex
Vu que quelques endroits sont bien glauques...
Sans parler du complexe entier, qui est très imposant.
Suite à ça, et grâce / à cause du train d'enfer que nous avons adopté pour accomplir toutes ces visites, je mentionne l'existence de la Packard Plant à Ludo. C'est une usine qui pour le coup est vraiment à l'abandon, et qui contrairement à la Gare Centrale et au Russell, ne connaît aucune surveillance ou maintenance. Je n'y suis encore jamais allée parce qu'on m'a dit que c'était un peu plus loin (genre 1h de route depuis Detroit). Evidemment, on décide de s'y rendre. Et on réalise que ce n'est qu'à dix minutes ! Plus le choix, c'est parti.
Déjà, la première épreuve a consister à trouver un endroit pas trop craignos pour se garer. Le quartier tout entier est une sorte de no man's land où on ne se sent pas spécialement accueilli.
Ensuite, après avoir finalement trouvé une place près d'un liquor store à l'air moins glauque que les autres (trouver du confort auprès d'une boutique d'alcool ne manque pas d'ironie), nous tombons après dix mètres sur un clodo qui nous aborde de la façon suivante "Est-ce que je peux garder votre voiture ?"
On prétexte être venus à pieds, avoir mis la voiture bien plus loin, etc, etc. Puis on l'écoute nous raconter son histoire : il ne comprend pas, il n'a vraiment pas de chance dans la vie alors qu'il l'attend, là, sagement, depuis 10 ans. Bon, on a envie de dire qu'il n'a pas forcément bien choisi son spot. Mais on le laisse poliment déblatérer sa vie et des conseils de ne pas poursuivre notre chemin. Au bout de cinq bonnes minutes de semi-incompréhension de ses radotages, on finit par réussir à s'extirper.
50 mètres plus loin, on tombe tour à tour sur deux gars qui marchent seuls mais d'une façon un peu plus inquiétante qu'une chanson de Jean-Jacques Goldman. Ludo leur trouve juste l'air paumé, rien d'alarmant.
Et puis, juste devant l'entrée, de l'autre côté de la route, est stationné un gros 4x4 blanc. A l'intérieur, la vitre ouverte, une grosse baraque affublée de lunettes de soleil et avec le crâne rasé à la hitman nous scrute.
En période de visionnage de Breaking Bad, ça me fait très fortement penser à un guetteur (en période de non visionnage de Breaking Bad, Ludo est d'accord avec moi). Gloups. Ca n'encourage pas trop à rentrer, cette potentialité de tomber sur un meurtre ou un échange de drogues. Sous le coup de l'adrénaline, nous y allons tout de même.
50 mètres plus loin, on tombe tour à tour sur deux gars qui marchent seuls mais d'une façon un peu plus inquiétante qu'une chanson de Jean-Jacques Goldman. Ludo leur trouve juste l'air paumé, rien d'alarmant.
Et puis, juste devant l'entrée, de l'autre côté de la route, est stationné un gros 4x4 blanc. A l'intérieur, la vitre ouverte, une grosse baraque affublée de lunettes de soleil et avec le crâne rasé à la hitman nous scrute.
En période de visionnage de Breaking Bad, ça me fait très fortement penser à un guetteur (en période de non visionnage de Breaking Bad, Ludo est d'accord avec moi). Gloups. Ca n'encourage pas trop à rentrer, cette potentialité de tomber sur un meurtre ou un échange de drogues. Sous le coup de l'adrénaline, nous y allons tout de même.
A première vue... ha bah oui, il s'avère que l'endroit est bougrement flippant.
Une petite consultation wikipedia nous informe que le terrain fait 16 hectares de décrépitude absolue. Il y a moins d'un siècle, 40 000 personnes y travaillaient.
L'usine a fermé en 1958 seulement. Et les locaux restèrent utilisés jusqu'aux années 90 : il a fallu moins de 20 ans pour atteindre ce niveau de délabrement !
On entre, ou pas ? Ludo ne se pose pas la question. Je le suis moutonnément.
On monte, ou pas ? Quitte à être là, autant vivre l'expérience jusqu'au bout.
Une petite consultation wikipedia nous informe que le terrain fait 16 hectares de décrépitude absolue. Il y a moins d'un siècle, 40 000 personnes y travaillaient.
L'usine a fermé en 1958 seulement. Et les locaux restèrent utilisés jusqu'aux années 90 : il a fallu moins de 20 ans pour atteindre ce niveau de délabrement !
On entre, ou pas ? Ludo ne se pose pas la question. Je le suis moutonnément.
On monte, ou pas ? Quitte à être là, autant vivre l'expérience jusqu'au bout.
Pour améliorer l'ambiance, je balance des petites phrases rassurantes comme "c'est rigolo, on se croirait dans un scénario de film d'horreur. Tu sais, avec l'oracle à moitié fou qui nous prévient de passer notre chemin, puis le guetteur stéréotypé... sans parler du décor".
Entre ça et les bruits louches inévitablement générés par de si gros bâtiments, Ludo commence à partager ma parano.
L'arme ultime pour casser l'envie d'aller aux toilettes.
On joue à "où est Charlie ?"... dans le bout de building qui risque de s'effondrer, c'est plus marrant.
On n'a pas tellement envie de s'éterniser, mais on ne peut résister à
l'appel de prendre des tas de photos, comme en témoignage de cette
empreinte post-apocalyptique qui marque certains endroits de Detroit.
Où comment j'ai chopé le tétanos.
Au bout d'un moment, quand même, il est temps de quitter cet endroit incroyable.
Au retour, le guetteur n'est plus dans sa voiture. Gloups. En revanche la mienne m'attend encore sagement là où je l'ai garée. On se casse fissa sans trop demander notre reste.
Petit remontant bien mérité au Motor City Wine, où la sélection, le décor et l'ambiance sont des plus appréciables.
Ensuite, direction Ferndale où j'ai envie d'emmener mon hôte au Oakland Art Novelty Company, qui m'avait tant plu la dernière fois, quand les loulous étaient passés en septembre. Au préalable, on se rend au Rosie O'Gradys, où Julie, Heather et Ken participent à une soirée jeux. Deux petits jeux (pas terribles du tout) plus tard, go au bar prévu ! Pas de bol, ça n'ouvre qu'à partir du jeudi soir.
Contre-soirée badass au niveau de 8 mile road (parce que je me suis perdue en repartant de Ferndale) :
Après d'autres tentatives de trouver des bars ouverts et vivants, il me semble que nous avons atterri au très underground Grasshopper où nous avions l'air un peu trop normaux pour passer inaperçus. Puis retour au bercail avant de se culturer un peu le lendemain.
A commencer par le Ford Museum.
Celui-ci se situe à Dearborn, et se compose de trois gigantesques entités : le musée en lui-même, la rouge factory, et Greenfield village. Je vais commencer par vous parler de ce dernier, que nous n'avons pas visité : c'est en gros une reconstitution d'une ville au début du siècle dernier, avec des petits artisanats, des tutures d'époque (des Ford, évidemment), et plein d'attractions super bien. Comme il fait froid, que c'est onéreux et que nous n'avons qu'un temps limité, nous passons pour cette fois.
Première destination : l'usine ! La visite est très intéressante, aborde des points sensibles sur le ratio productivité/exploitation de l'homme, tout en présentant Henri Ford comme un superhéros (il faut bien). Le truc qui nous a éclatés, c'est la première partie, où on te passe des films sur trois écrans panoramiques avec effets de projection 3D et robots interactifs pour t'éblouir et te montrer que wahou, fabriquer une voiture c'est trop la classe. On se croirait à une présentation marketing apple.
Le plein la vue continue, avec l'explication de comment l'usine est trop verte et respectueuse de l'environnement et moderne et jeune et jolie et abrite plein d'abeilles et d'oiseaux rares. On en pleurerait. (En vrai, c'est cool qu'ils fassent tout ça, mais la présentation est un peu too much).
Puis on arrive à la partie vraiment chouette, où on visite l'usine à proprement parler. On voit la chaîne avec les travailleurs, plein d'étapes différentes : des gens fixent les ampoules dans les phares, des machines viennent poser le pare-brise, tout est superbement orchestré. Pour plus d'efficacités, sur cette ligne là, on ne fabrique que des F150, gros pick-ups inimaginables dans les rues de Paris mais très présents ici.
Evidemment, les photos sont interdites. Evidemment, après la visite de la Packard Plant, rien ne m'arrête.
Sur la gauche, la chaîne automatisée où ils assemblent le pick-up avec la partie avant du camion. Sur votre droite, la chaîne semi-manuelle où ils placent les différentes parties du coffre.
Après une courte pause miam dans le café du bâtiment (bâtiment qui est gigantesque et plutôt luxueux), un petit tour de musée s'impose. Musée qui retrace l'histoire de la voiture, évidemment, mais aussi des avions et des transports en général, et aussi de la ville, et aussi un peu des US. Bon, on a carrément des machines à vapeur dedans pour montrer à quoi ressemblait l'époque industrielle. Ha et également des maisons de différentes époques. 'fin bref, c'est géant et hétéroclite. Admirez donc (j'aurais bien refait la blague de plutôt, mais il me semble qu'elle est trop récente) :
L'un des modèles qui a rendu Ford populaire.
Les voitures américaines si distinctives des années 50-60 sont légion.
Zoomer... Hé oui, c'est un train. Entier. Dans un musée. Normal.
Une voiture, juste avant l'ère automobile.
Un autre train. Parce qu'un seul, c'est pour les faibles.
Encore un train. Mais brise-glace, parce que les normaux ne prennent pas assez de place.
Une voiture qui détint longtemps le record de vitesse mondial
L'une des premières caravanes remorquables
Un peu d'histoire féminine...
Des avions, parce que se limiter aux moyens de locomotion terrestres, ça manque de fun.
Des avions, parce que se limiter aux moyens de locomotion terrestres, ça manque de fun.
Un peu d'histoire de la ville de Détroit. Courbe impressionnante.
Grosse découverte, les bagnoles hybrides sont en fait super vieilles !
Ha, le bon vieux temps où les femmes n'avaient pas le droit de vote et les horodateurs ne coûtaient rien.
Une enseigne d'époque, et aussi un vrai diner à l'intérieur du musée !
Les premières TV, et du mobilier des "trente glorieuses"
La partie industrie, dans laquelle nous avons dû tracer parce que le musée fermait, abrite des pièces imposantes
Et euh... un canapé hotdog. Juste parce que.
Quand le musée a fermé, la boutique est encore ouverte ! 'sont malins ces américains.
Au contraire des deux français qui semblent sacrément demeurés sur ces photales.
Et mine de rien, on y aura passé la journée ! En ne parcourant même pas la totalité des parties exposées... Y'a vraiment de quoi faire.
Après quoi nous regagnons le centre-ville pour y tester un bar à cocktails qui est supposément l'un des 10 meilleurs aux US : the Sugar House. Ambiance feutrée, liste de boissons longue comme le bras de Talon dans Zelda Ocarina of Time (référence référence).
Fancyyyyy
Même la déco des toilettes vaut le coup
Sans parler de la poésie Yoda Style
Laetitia nous y rejoint et on se remémore avec joie et nostalgie la Nouvelle Orléans (qui est la meilleure ville du monde, je tiens à le rappeler); puis on enchaîne sur une institution gastronomique de la ville : Slows, l'un des plus vieux restaurants "barbecue style" de la région.
That's what I'm talkin' 'bout !
On nous demande une pose sexy : aussitôt dit, aussitôt fait.
Le lendemain, je laisse la bagnole à Ludo qui visite Motown et d'autres parties un peu désaffectées de la ville, pendant que je bosse. Pour de vrai car SURPRISE ! Le frangin est en visite !
Nous sommes sensés aller au Cliff's Bell le soir, l'un des meilleurs bars Jazz de la ville. Sauf que bon, le passage d'Augustin n'est pas si fréquent donc on commence par boire un verre à son hôtel (il est crevé pour cause d'atterrissage tard dans l'aprem et ne préfère pas sortir trop loin). Ludo et Tobias nous y rejoignent, et de fil en aiguille, l'oiseau fait son nid... L'oiseau, c'est nous. Le nid, c'est le bar du Westin Southfield. Ca papote bien, ça picole pas mal (sauf bibi qui conduit), et on finit par rater complètement le concert.
Tant pis, on passe un bon moment, rien de sert de courir car à chacun son verre à soi. Quand il se fait tard, Tobias rentre chez lui, Augustin rejoint sa chambre d'hôtel, et nous allons récupérer les affaires du Ludo.
Mauvais calcul de ma part : cela nous fait arriver vers 23h à Détroit, heure à laquelle il n'y a plus rien à bouffer nulle part. Mon hôte se rend compte que je ne bluffais pas en parlant des rues désertes, et si nous trouvons quelques bars ouverts (pas ceux auxquels je pensais, qui ouvrent à partir du jeudi :-(), aucun ne sert de nourriture. On finit donc après 30 minutes de marche dans un Five Guys où nous sommes les derniers clients. Ouf.
Je dépose Ludo à la gare de bus où il prend son Greyhound pour Chicago, et c'est un goodbye jusqu'à la prochaine fois ! (Pas si longtemps plus tard, comme vous le verrez par la suite sur ce blog).

























Vous êtes encore vivant ça relève du miracle :o
RépondreSupprimerMais qu'est-ce que ça devait être excitant comme décor horroresque!
<3
C'est clair que c'est un endroit bien unique. J'pense que tu kifferais. Amène tes talons ;-)
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