vendredi 14 août 2015

13/08/2015 North Cascades

Petit préambule sur les North Cascades: c'est une chaîne montagneuse d'Amérique du Nord qui s'étend de la Colombie Britannique jusqu'à la Californie (=> pour les nuls en géo: c'est grand), dont font partie entre autres St Helens, Rainier et le Mont Baker, assez élevée, donc, mine de rien. 
Et beaucoup de ces montagnes sont également des volcans (actifs ou non), qui font partie du Pacific Fire Rim (très etendu avec notamment les Andes, toussa). Donc l'espace que nous nous apprêtions à visiter ne couvre qu'une petite partie de l'ensemble. Maintenant que l'intro théorique est finie, hop, retournons à nos quatre premiers protagonistes. 

Comme d'hab, on se lève tôt pour ce jeudi complet à passer dans le parc. Surtout qu'il y a des chances de pluie pour l'après midi et qu'on veut voir un maximum de jolies choses avant que ça se mette à tomber.
Après un petit dej et une énième danse des valises (formulation ©RobinDenis), nous nous dirigeons vers le bureau de Tic-et-Tac-pas-du-risque afin d'avoir de bonnes recommandations d'itinéraire. 

Le ranger le plus rigolo et avenant de la terre nous renseigne. La route qui traverse le parc vaut déjà son pesant de maroilles en termes de paysages (dans le sens où c'est bon, pas où ça pue). Nous arrivons au départ du premier sentier qui démarre dans un camping trognon (qui ne faisait pas partie de ceux que l'on pouvait réserver en ligne, comme beaucoup dans l’État de Washington, malheureusement). Direction: plus haut. Afin d'avoir vue sur le superbe Diablo Lake, une retenue d'eau créée par l'homme (via un barrage, comme Serponçon dans les Alpes) et colorée d'une teinte turquoise irréelle liée à la présence de sédiments montagneux dans l'eau. 

Ça grimpe fort et la récompense pour les yeux , une fois encore, nous permet de savourer notre rando.
Petits chanceux que nous sommes, nous nous autorisons un pique-nique sous les frondaisons, à quelques coudées à peine du lac. Tant qu'à faire, nous allons également nous y poser pour épancher notre somnolence digestive, et même, pourquoi pas, y refroidir les boissons et y  tremper les pieds.
Ça caille. Salement. Parce que malins comme nous sommes, on goûte l'eau pile poil au débouché de l'un des ruisseaux qui alimentent la pièce, à environ 9°… L'avantage, c'est qu'une fois habitués (enfin... pour autant que ce soit possible) à ce froid d'ours, l'eau du lac en lui même, à environ 13/14° nous semble tout à fait tolérable.
Parenthèse non évoquée précédemment : depuis que nous avons quitté Olympic National Park (3 jours plus tot, donc, pour ceux qui ne suivent pas),  il a été possible de prendre environ zéro douche. Oui, ascension proche Rainier incluse. Vous en déduirez aisément qu'à l'instar des trolls de Lanfeust, nous commençons à collectionner les mouches... Parce que les lingettes nettoyantes ça va bien cinq minutes mais ça constitue plus un placebo qu'autre chose.
Par conséquent, nous commettons un crime contre la naturité en nous lavant dans cette splendeur liquide qui nous entoure. (À ce moment nous ignorions encore que c’était un lac artificiel. Et même, ça reste alimenté par de vrais cours d'eau montagneux et l'eau en est ultra pure). Tout le monde nous dévisage de travers...

S'ils savaient, on est certains qu'ils nous pardonneraient ces quelques gouttes de savon dans l'océan, il n'empêche qu'on n'est pas fières, Marion et moi...
Suite à ça, une autre balade nous emmène un peu plus loin (un peu en américain = 45 minutes). Il s'agit d'une rando assez alpine qui a pour but l'arrivée à un lac enclavé dans un cirque montagneux : le Lake Ann. En son centre, une micro île.
On croise une marmotte locale (plus fine que celles d'Olympic), des chipmunks (comme d'hab) et des  Pikas, petits rongeurs locaux de la famille des lapins. C'est gros comme un écureuil, avec une tête un peu cheloue. Et plein de petits humains, ces bestioles bizarres à la fourrure bariolée et aux cris variés qui se déplacent souvent en meute. Mais toujours pas d'ours malgré les moults moults panneaux d'avertissement, nous commençons à désespérer. 

Le jour commence à faiblir sacrément lorsque nous repartons vers le camp. Et là, sur la route, on remarque plusieurs départs d'incendie, justement pas loin de chez nous. A vrai dire... juste en face de notre lieu de villégiature. On s'alarme un peu et s'en va trouver les rangers, détendus, qui nous rassurent en disant que ça risque de monter plus que de descendre. Au pire ils nous préviendront si on doit évacuer. La perspective de démonter des tentes en pleine nuit nous réjouit au plus haut point. 

La prochaine mission: trouver des amis chez qui cuire nos Hot dogs, à cette heure si tardive (très rare de trouver un américain dehors à 8h si les feux de camp sont interdits). On envisage (pas vraiment, en fait), d'aller faire notre popote dans les flammes qui ravagent la rive d'en face mais coup de bol : nos voisins les plus proches sont arrivés tardivement et nous disent gentiment qu'ils apporteront leur grill dès qu'ils auront fini leur repas. Super !
Dix minutes, vingt minutes, une demi-heure, quasi une heure passent... toujours pas de news. On crève la dalle, il fait maintenant bien sombre. Et bon, y'a quand même un diabétique dans le groupe. Tant pis, on va les voir. Excuse bidon: "ha mais on a cuisiné trop longtemps, vous comprenez, et on a peur de manquer de gaz pour nos repas de demain... " 
Je rétorque : "Bah oui on comprend, blaireau, mais il fallait nous prévenir !!". Non en vrai j'ai fermé ma gueule et dit "d'accord, oui, je comprends", mais je m'en mords les doigts, il méritait vraiment de culpabiliser plus.

On se prépare à bouffer des chips et du pain à la moutarde en guise de repas quand ... le brasier nous sauve ! Deux voisines sortent pour l'admirer, passant ainsi devant notre emplacement. On les aborde sans trop y croire. Deux minutes plus tard, nous voilà munis d'un rechaud !

Artistiquement, on va faire cuire les saucisses directement dans le feu. C'est beau, l'arrache. On admire un peu le feu de l'enfer qui rage en face, un nouveau petit jeu, et on va au lit. Va falloir se lever tôt demain: on prévoit de grosses pluies orageuses dès 7h. Tant mieux pour l'incendie mais les tentes apprécieront moins...
Bien sur au réveil, nouveau fail des précisions météorologiques US : on évite la pluie 3h de plus et gagne donc 1h de sommeil. Plus la possibilité d'une dernière balade dans le parc.

Maintenant, après un gros déjeuner et un bon roulage, on se prépare à croiser la frontière Canadienne. La perspective de découvrir Vancouver nous réjouit, mais peut être pas autant que celui d'avoir accès à des douches et de faire des lessives ;-)
Les arbres de cette région sont impressionnants de finesse, de droiture et de grandeur. Nettement plus que les faux-frère proposant de prêter les grills (ou que ceux qui massacrent celui de leurs voisins) 
La vue sur le lac, ça se mérite ! Grimpons, grimpons.
 
Et pan, dans les dents. Ce cyan, c'est bluffant !
Le penseur sportif, un nouveau concept. 
Le cours d'eau caillant devant la splendeur du lac 
(où quelques courageux se baignent)
Et pouf, en peu de temps, le paysage devient champêtre et bucolique au possible vers le Lake Ann. 
Les contrejours, c'est ma grande passion. 
Du style dans l'accord de ses accessoires avec son t-shirt et dans sa cuisson des knackys : Raphaël is da man. 

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