Et nous voilà debout pour cette dernière matinée de Canyons, avec au programme de cette journée des retrouvailles avec le Lion de fer de Bob Marley.
Dans Zion, il y a des balades choupinettes, comme celles que nous avons parcouru le premier jour. Il y a aussi...
* Début de la cinquième symphonie de Beethoven *
(Je suis curieuse de savoir si elle se mélange avec du reggae dans votre tête ??)
Angel's Landing
* Suite de la cinquième symphonie *
Cette randonnée fait la fierté du parc : réputée pour ses points de vue inégalables, elle est également tristement célèbre car 6 personnes sont décédées en l'entreprenant. Etant donné que des milliers la tentent chaque jour, ça fait un ratio faible, mais disons que cela contribue à l'effet Ludwig Van de la bestiole.
Son joli nom provient du fait que ces roches sont si hautes que seuls les anges peuvent y atterrir. Fichtre, quand ils sortent de leurs habituelles dénominations à la "Rocky moutains" "Greenfield" "Sunnyvale", les amis américains sont quand même capables d'un peu de poésie. Je crois que je préférais tout de même l'ancienne appellation du lieu : "Temple d'Eole".
En tant qu'européennes sensibilisées à l'effort, organisées et habituées à ce genre de challenge, nous choisissons la meilleure heure pour le départ : peu avant midi. Bon, on se maudit un peu de notre flemme du matin parce que le dénivelé de cette escalade est ultra concentré au début, et on va donc se le taper sous le méga cagnard. Ca cogne. Et ça grimpe. Et ça cogne. Et ça grimpe. ...Vous me suivez ?
Ha ouais, même vous me dépassez.
Le début de la montée, on est souriantes, on s'ébaubit devant ces massifs rocheux toujours aussi bluffants...
Je suffoque à moitié (pas seulement d'admiration pour dame nature, il faut le confesser) et sens chaque fibre musculaire de mes mollets à mesure de la montée. Julie fait également une ou deux pauses pour boire et souffler un peu. Laetitia, en mode ancienne triathlète badass "Bitch please, I'm from Detroit", se tape tout d'une traite, soit 450m de dénivelé en environ une demi-heure.
Oh le mignon petit sentinou
Une fois cette partie pavée et bien délimitée achevée, on passe en mode escalade ! En guise de chemin, des pitons métalliques plantés à même le grès, reliés par des chaînes de foufou. Ce qui n'est pas pour me déplaire (cf mon fétiche rocailleux mentionné ça et là dans les articles précédents).
Donc, d'après le pictogramme, on va pouvoir faire du trampoline ?
Corniiiiiiiiche \o/
Cette partie-là de la marche est nettement plus courte qu'on ne l'imaginait ! Nous voilà au sommet super rapidement. La vue est ouf, il faut bien l'admettre !
Par contre haha, c'est bien une rando d'américains, et dire que ces
petits joueurs ont prévu qu'on passe 4 à 5h dessus, lolilol, on leur pète
la gueule !
Les filles sont un peu déçues, je suis trop occupée à grimper sur la plupart des rochers et à me gaver d'admiration pour les autres ("NON MAIS TU VOIS PAS COMMENT CES FINES STRATES SONT DINGUEMENT FOLLES ??") pour rejoindre leur opinion.
"On va quand même voir un peu le panorama de l'autre côté avant de redescendre ?"
"Tant qu'à faire !"
Oooohhhhh, c'est jol...
MAIS ATTENDS UNE SECONDE !
Ca continue par là, en fait ! On n'est pas du tout arrivées !!
Et donc nos corbaquettes, honteuses et confuses, jurèrent mais un peu tard qu'on ne les y prendrait plus. Afin de se faire oublier après ces propos imbus et diffamatoires, nous nous jetons la tête la première dans la suite de cette ascension. (Au figuré, hein. En vrai, c'était les pieds et les jambes qui géraient l'avancée).
Bon, et à partir de là, je suis sur mon petit nuage. Même plus besoin de sortir du sentier pour m'adonner à ma passion d'"escalade" rocheuse : il s'agit de l'essence même du sentier.
Ô joie, ô quel espoir, ô rochesse mon sourire, ai-je donc tant vécu juste pour te parcourir ? (© Le Cidre, Corbeille)
Disneyland ? Pourquoi faire ?
Erosion ++ !
A partir de ce moment, le sourire extatico-débile est donc de rigueur. Evoluer sur une mince lande de roche à la sécurité douteuse entre deux ravins à pic peut en rebuter certains, en ce qui nous concerne c'est plutôt "où est-ce qu'on signe ??". Seul défaut de notre épopée : le chemin est assez blindé, et comme nombreux sont les endroits où l'on ne peut se croiser, on attend (ou alors, des fois, on montre notre impatience aux lents - aussi parfois dénommés Gros Pus - en prenant un itinéraire bis, comme les déglingos que nous sommes). C'est l'occasion idéale pour faire plein de chôlies photos.
Est-il besoin de mots ? Absolument pas.
Seulement, j'aime polluer, aussi vais-je continuer à gloser.
On arrive finalement tout au bout. Vue de ouf tagada dry. J'ai voulu prendre un super panorama mais mon téléphone ne l'a pas enregistré (quant à l'appareil photo, il était décédé depuis la veille).
Sur votre gauche, une vue à tomber par terre (mais attention, c'est un peu haut)
Sur votre droite, un canyon incroyable à perte de vue (mais attention, vos yeux seront utiles sur le retour)
L'avancée finale du périple et une interprétation libre d'Envole-moi
Finale ? Pas tout à fait, on peut descendre au niveau des kerns ! (Et y faire du JJG à nouveau)
Là j'avoue que je ne fais pas la fierotte, parce qu'il y a une inclinaison à 15°, et aucune sécurité qui t'empêche de rejoindre le choupi cours d'eau qu'on voit serpenter plus bas.
Après un très frugal repas (chaleur à crever oblige), on se remet en route vers le plancher des vaches des dindes, des écureuils, et des biches.
Sincèrement, comment la végétation survit-elle ici ? Il n'y a pas une once de terre !
Ju, seule au monde...
Le rocher de la méditation, repéré à l'aller, est libre : GOGOGO !
"Correction je connais ton père"
Faut pas avoir les jambes lourdes, Ju !
Strenuous ? Hazardous ? C'est pour les faibles.
La descente finale est tout aussi impressionnante que la montée du début. Je me remercie d'avoir des genoux pas trop en carton.
Big up au couple de français croisé en sens inverse : ils portaient chacun un enfant sur leur dos, en étaient aux deux tiers de l'ascension, et se causaient joyeusement comme si de rien n'était.
Transpirer et avoir du mal à respirer ? C'est pour les faibles.
Dernier craquage sur l'improbabilité des caillasses locales...
Et nous faisons nos adieux aux canyons, pour cette fois-ci. Direction Vegas dans la super Toyo, où, après un mic-mac pas possible à base de sac de voyage pété, nous passons en quatrième vitesse dans la vieille ville pour voir les casinos "d'antan". Histoire de, on dépense 1$ chacune sur des bandits manchots, et ensuite c'est le rush...
On finit par se débrouiller avec les bagages en les casant un peu n'importe comment et en squattant à mort la valise de Ju (perdant au passage la trousse de toilette de cette dernière). Petit cafouillage de trajet, galère à trouver une station essence, parking des voitures de location planqué, on arrive à l'aéroport de manière un peu trop just pour être détendues. Heureusement, la sécurité est quasi vide, on arrive à notre porte juste à temps.
Un vol de nuit plus tard, nous atterrissons à Detroit. Petit détour douche à la baraque, et c'est parti pour une journée de boulot productive au possible...
L'idéal pour repenser à ce voyage génial. Un dépaysement incroyable. En bonne compagnie. Et diantre, tous ces rochers :')




Fichtre ça me retourne le bide rien qu'à regarder!
RépondreSupprimerFAUT PAS S'ASSOIR AU BORD DU VIDE COMME CA !!!!!! FAUT PAAAAAAS